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On raconte que le Fullmetal et le Flame Alchemist s'amusent à se déguiser en femme et à; je cite : "se dépoiler le corps". Rentrez vos enfants aussi vite que vous le pouvez... L'apocalypse est proche.


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Les atrocités de la guerre.. [FB - Roy Mustang]

MessageSujet: Les atrocités de la guerre.. [FB - Roy Mustang] Mer 4 Jan - 22:06
Soyons amis, mon cher Mustang.
Solf & Roy



La guerre battait son plein à Ishbal. Depuis quelques semaines, le généralissime King Bradley avait décrété l'ordre 3066. Les Alchimistes d'états étaient tous envoyés pour participer à la bataille et surtout en finir rapidement avec les ennemis. Solf J. Kimblee se trouvait dans les rues poussiéreuses d'Ishbal, habillé de son uniforme militaire bleu roi. Ses cheveux noir jais étaient attachés en queue-de-cheval, évitant de le déranger à chacun de ses mouvements. Seules deux mèches en avant, retombaient sur son visage. L'homme semblait être à la recherche de quelque chose, ou plutôt de quelqu'un. Le silence était totale, pas le moindre bruit provenant des environs. Plissant ses yeux gris, il afficha un sourire en coin avant d'observer un endroit en particulier qui se trouvait sur sa gauche. Lâchant un rire à peine audible, il se tourna dans la direction de sa cible et leva doucement les mains devant lui. Des éclairs rougeâtres sortirent de ses paumes de mains tatouées. Les éclairs se dirigèrent dangereusement vers l'endroit en face de l'homme en tenue de militaire et l'instant d'après une explosion retentit, faisant voler en éclats les restes d'un vieux bâtiment déjà bien endommagé. Semblant satisfait et sans même vérifier si quelque chose se trouvait bien à l'endroit de l'explosion, il reprit sa route avec un étrange sourire sur le visage.

Un peu plus d'une heure plus tard, dans le camp où l'armée d'Amestris s'était établie, le commandant Kimblee se trouvait assit tranquillement assit sur un rocher, une tasse de café de très mauvais goût entre les mains. Il n'y avait pas à dire... Dans une guerre, la nourriture n'était pas franchement esquisse. Allons bon, il fallait bien faire avec les moyens du bord. Sirotant le contenu de sa tasse, Solf observa furtivement autour de lui et remarqua quelques soldats un peu plus loin, qui regardaient dans sa direction. Depuis son arrivée dans les rangs des soldats en guerre, tout le monde ne cessaient de le regarder étrangement. Avaient-ils donc tous peur de lui ? Cela ne serait guère étonnant. Les Alchimistes d'états étaient tous considérés comme des monstres. Kimblee n'était pas une exception, mais plutôt l'exemple le plus concret de la monstruosité de ces individus. En une seule journée, il avait éliminé plus d'une cinquantaine d'Ishvals alors que les militaires peinaient à les débusquer. Alors qu'il se mit à rire tout seul, son attention fut attirée par autre chose. Deux hommes en uniforme. L'un portait des lunettes et l'autre avait une sale mine. Ce dernier l'intrigua d'autant plus lorsqu'il entendit un soldat, non loin de lui, parler de ce même homme en le désignant comme étant le Flame Alchemist. Tiens donc, une autre légende venait de faire son apparition. Kimblee avait entendu parler de cet homme qui semblait être mystérieux. Le seul manipulateur de feu et certainement le dernier. D'après les rumeurs son maître était mort et l'apprenti aurait détruit toute trace qui pourrait permettre à apprendre cette alchimie. Avait-il fait cela par pur égoïsme ? Peut-être bien.

Quoiqu'il en soit, cet homme piquait la curiosité de notre alchimiste écarlate. Depuis son arrivée, il avait pu faire la rencontre d'un nombre incalculable d'homme ayant le titre d'Alchimiste d'état, mais aucun ne l’intéressait vraiment. Le major Armstrong était un homme faible et qui débordait de clémence envers ses ennemis... Quel imbécile. Le vieux Comanche, il n'avait vraiment pas fait long feu et il s'était déjà retrouvé sur le banc de touche parce qu'il avait sous-estimé l'adversité. Basque Grand continuait à faire son héros de guerre de son côté et il ne valait même pas la peine à ce qu'on lui adresse la parole. Mais qu'en était-il de cette étoile montante du champ de bataille ? Roy Mustang... Il méritait un peu d'attention pour apprendre à le connaître un peu plus et savoir le fond de sa pensée. Kimblee ne savait pas vraiment ce qui le motivait à être ici et de tuer des centaines de personnes par ordre de sa partie. Peut-être que le moment était venu pour l’alchimiste écarlate de briser son silence et de s'amuser avec les humains dans son camp.

- Major Mustang, vous semblez exténué... Venez donc vous reposer et profiter pour vous restaurer un peu avant de repartir.

En disant cela, Solf montra des places libres à côté et en face de lui ainsi que des tasses vides.  

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Les atrocités de la guerre.. [FB - Roy Mustang]

MessageSujet: Re: Les atrocités de la guerre.. [FB - Roy Mustang] Sam 14 Jan - 10:13

Les atrocités de la guerre.




C'était comme voir à travers un trou de serrure. Le champ de bataille était infernal. La poussière s'apparentait à un voile sur les yeux et il était difficile de voir quoi que soit. Les ombres des ennemis se faufilaient, habitués au terrain. Les troupes alliées peinaient à débusquer les Ishvals. Ils passaient des heures à les rechercher entre les murs brisés, le vent redondant, le sang éparse. C'était dans ces moments là que je rentrais en jeu. Il suffisait simplement de savoir indistinctement où ils se trouvaient... Et je claquais des doigts. L'alchimie de feu ne fut jamais aussi sanguinaire. Elle me permettait d'interrompre les plans de l'ennemi sur le fil du rasoir. Je sauvais des vies. Et en exterminais d'autres. Sans états d'âmes.
C'est du moins ce que les autres pouvaient penser. La plupart des alchimistes d’État sur le front ne faisaient guère bonne figure. Nous étions généralement fermés aux autres bien qu'admirés ou détestés. Les militaires « lambda » apprenaient combien l'alchimie se trouvait être destructrice. Ils nous jugeaient. Ils se méfiaient alors même qu'ils finissaient de dire « heureusement qu’ils sont là. ».
Même Maes fut difficile à convaincre, au début. Son regard avait changé. Mais il avait fini par comprendre que « même pour nous », ce n'était pas quelque chose de facile. Il le comprenait mieux que quiconque car il était d'autant plus fort de corps et d'esprit. Maes était l'épaule sur laquelle se reposer, mais celle qu'on refuse par... Fierté. La fierté d'être un monstre. Un homme. Un homme qui décime une vingtaine d'autres.
Les principes de l'alchimie ne cessaient de venir creuser mes pensées alors que je déambulai dans les rues infâmes de cette ville maudite. Les règles et le respect avaient disparus. Ma colère grandissante se noyait dans la peur grondante qui me retournait l'estomac. Il me fallait me retenir de vomir. J'avais envie de gerber l'horrible pouvoir qui découlait de mes doigts. En ce même temps, je remerciais mon savoir pour me sauver la vie.
En un seul mot, j'étais perdu.
Invisible à mon propre regard. Ailleurs. Celui qui faisait fonctionner mes jambes était quelqu'un d'autre. Mon ombre. Elle palissait mes songes et me priait de les faire taire. Elle m'ordonnait de continuer, de vivre, d'endurer. Elle murmurait dans mes oreilles. Son haleine âpre m'envahissait.
Je ne supportais pas cette situation, mais j'étais obligé de faire semblant. Je ne pouvais pas faire comme Alex-Louis Armstrong. Et ne pouvais finir comme ceux retrouvés sur le sol, inertes et sans vie.

J'atteignis le camp de base où m'attendait la beuverie en l'honneur d'une courte victoire. Une parmi d'autres. Mes phalanges semblèrent se raidirent de leur chef. Réflexe. Ma mâchoire fit de même alors que je passai devant un groupe. Ils étaient mes alliés, pourtant leurs regards furent à la fois curieux et prudents. Derrière eux, le visage familier de Maes se profila. Il se détourna de l'homme avec qui il entretenait une discussion routinière, une tasse de café à la main.
Son sourire mince et quasiment imperceptible déforma le pli de ses lèvres :

« Toujours vivant ? »

Je hochai la tête le temps de chercher à délier ma langue. Cela faisait des heures que les flammes, la fumée et les crépitements étaient les uniques bruits qui m'entouraient. Il fallait un certain temps avant que je ne parvienne à retrouver une voix raisonnable qui ne soit pas à la hauteur de plus de cent-trente décibels.
J'inspirai longuement, les oreilles attirées par les messes-basses. Parmi ceux-là il était facile d'entendre :

« Le Faucon à encore frappé. »
« Heureusement qu'il était là. On ignore même de qui il s'agit. »
« Oui. Mais au moins, il cible uniquement les ennemis. Pas comme eux. »

Je cessai prestement d'écouter. Il n'était pas compliqué de savoir que par « eux », ils spécifiaient les « alchimistes d’État. »
Leurs regards se tournèrent vers des bancs libres. Je me décalai d'un pas, cherchant à connaître l'intrigue dont me cachait inconsciemment Maes. Un homme était assis, seul. Les bancs à ses côtés étaient libres. Les tasses éparpillés devant lui. Il avait l'embarras du choix. Et je n'étais pas sans savoir pourquoi.
Solf. J Kimblee. Il n'était qu'une image. Je ne le connaissais pas personnellement et n'avais fait qu'entendre tout ce qui disait sur lui. Mais son pouvoir n'était pas passé inaperçu. Loin de là. Cet homme, aussi mince qu'il avait l'air, détenait entre ses paumes une alchimie explosive. Et il ne s'en cachait pas. Son visage semblait fermé, à l'instar du mien. Mais son regard ne faisait clairement pas passer les mêmes messages. Il était difficile de comprendre cet homme. Il semblait imprévisible.
Je me détournai de son portrait pour me focaliser sur Maes. Celui-ci regardait loin dans mon dos, la bouche pincée. Je me retournai pour suivre son regard. Je surpris aussitôt ceux d'un groupe en train de me dévisager. Ils étouffèrent leurs fins de phrases, pourtant je n'eus pas de mal à les entendre :

« C’est le Flame Alchemist. Il aide les troupes isolées qui ne parviennent pas à cibler les Ishvals. »
« Et alors ? Est-ce qui se contente de tuer des « yeux rouges » ? Regarde-moi ces monstres. On ne ferait pas le poids devant un seul d'entre eux. »

La fatigue me plomba. C'étaient des discours que j'avais l'habitude d'entendre chaque seconde, minute, heure, jour à n'en pas finir à tel point que mon propre souffle semblait me manquer. C'était étouffant. Accablant. Pourtant, cette même ombre qui m'enlaçait sur le champ de bataille me répétait inlassablement « Tu leurs montreras. Tu leur montrera pourquoi tu es encore en vie. »
Était-ce naïf de chercher à rester vivant ? De vouloir le bien pour tous ?
Pour l'heure, cette question était pure bêtise.

« - Major Mustang, vous semblez exténué... Venez donc vous reposer et profiter pour vous restaurer un peu avant de repartir. »

Je me tournai vers le propriétaire de cette voix distinctive. Solf J. Kimblee. Il m'invita d'une main tendue à venir m’asseoir à ses côtés. Il avait raison quant au délai avant la prochaine bataille. Le gong n'allait pas tarder à sonner et bientôt, tous états d'âmes disparaîtront le temps d'une tuerie. Les moments passés au camp de base étaient difficiles à vivre par leur aspect de confession. Je n'avais qu'une seule envie et c'était celle de me cloîtrer dans ma tente, seul avec mes pensées. Mais il n'était pas possible d'ignorer l'énigme vivante qui venait de m'inviter à m'asseoir. Ceci serait d'abord perçu comme un manque de respect avant de se montrer comme un affront total envers ma propre personne. Je n'étais pas du genre à ignorer les autres et ne laissait aucune place pour les bruits de porte quand je ne détenais aucune information sur la personne. Je lui laissais le bénéfice du doute, moi-même en prise avec mes démons intérieurs. Chaque alchimiste d’État avait ses raisons, ses défenses et sa force unique. J'étais curieux de connaître celle de cet homme dont le regard n'était pas aussi éteint que ceux de la plupart des soldats sur le front.
J'ignorai les yeux insistants de Maes pour me diriger vers Solf. J Kimblee. Il ne fallait pas en prime que je reçoive un quelconque avertissement ou quelque chose dans ce genre m'indiquant qu'il n'était pas prudent de parler à cet homme. Une partie de moi était déjà en connaissance de ce fait. Il était inutile d'en rajouter. Car, quand bien même le bénéfice du doute lui était accordé, il était impossible de passer à côté de l'atmosphère malsaine qui l'englobait.
Je m'assis, repoussant les pans de ma veste couleur sable. Elle n'était utile que sur le champ de bataille. En ce lieu, elle me réchauffait de trop et je passai un doigt entre ma chemise et le col de mon uniforme pour le desserrer. Une bouffée d'air frais vint piquer la naissance de mon cou et mon esprit fut moins cotonneux.

« Commandant, le saluai-je d’une voix impassible. »

Je me versai un café dans une tasse délavée. À portée de narines, son odeur était forte et rugueuse. Son goût n'en fut pas moins amer, mais il était froid. L'intérieur de mes joues se sentit agressé et je réprimai une grimace. C'était, en un mot, le goût de la guerre.

« Merci pour cette invitation. Je vois que vous n'avez pas beaucoup de compagnie. »

Son style suffisait à définir qui il était. Intouchable. Dans l'armée, les apparences étaient carrées. Il fallait avoir un uniforme impeccable, des cheveux coupés, une barbe à peine visible... Seuls les hauts-gradés et quelques visages célèbres pouvaient se permettre de la fantaisie. Mais cet homme ne faisait pas de soucis quant à ses cheveux longs, rapatriés en une queue de cheval. S'il n'était pas intouchable alors cela voulait dire autrement qu'il ne recevait aucun ordre inverse. Ceci laissait percevoir ce qu'il faisait ressentir.

« Comment ça se passe de votre côté ? Demandai-je en reposant la tasse. »

Elle était vide. Je levai les yeux sur mon interlocuteur, conscient des cernes noirs qui dessinaient leurs contours. Il avait nettement meilleure allure. Quel pouvait donc être le secret d'un bon sommeil en temps de guerre ?


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MessageSujet: Re: Les atrocités de la guerre.. [FB - Roy Mustang] Lun 8 Mai - 17:24
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La guerre faisait rage depuis plusieurs années. Il était maintenant tant qu’elle cesse. Voilà la raison pour laquelle, le généralissime Bradley avait décrété le commandement 3066. Tous les alchimistes d’état mobilisables étaient présents sur le terrain pour en finir une bonne fois pour toutes avec la population Ishbal. Solf J. Kimblee ne fut pas surpris de reconnaître des grandes figures du moment, tel que Roy Mustang, l’étoile montante. L’écarlate savait très bien qui se trouvait maintenant à quelques mètres de lui et il ne put s’empêcher de l’attirer vers sa personne grâce à une tentative de communication. Le flame Alchemist avait mordu à l’hameçon et venait de prendre place pas très loin de Kimblee. Pauvre fou, si seulement il savait qui était en face de lui… Cet homme aurait peut-être amplement préféré retourner aux batailles que de passer une minute avec notre commandant à la queue-de-cheval. Ce dernier souriait maintenant en coin, observant le moindre geste de la part de son interlocuteur. Il n’était pas seul, pas très loin derrière lui, il y avait un autre homme avec une paire de lunettes. Quel était son nom ? Peu importe. Il n’était clairement une personne intéressante pour notre Solf. Celui-ci ignora le compagnon de Mustang pour se concentrer sur sa cible.

- Mais de rien, commandant. Oui, comme vous pouvez le remarquer, nos chers soldats n’osent m’approcher de peur de perdre la vie. La rançon de la gloire est parfois cruelle, vous ne trouvez pas ?

Son sourire en coin s’agrandit pendant un instant avant de disparaitre pour laisser un soupir sortir d’entre ses lèvres, tenant plus fermement sa tasse qu’il tenait encore dans ses mains. Ces pauvres idiots étaient très loin d’imaginer toute l’ampleur que pouvait avoir notre commandant aux cheveux tirés en arrière. Ils ne pouvaient pas imaginer une seule seconde que cet homme était bien plus dangereux que ce qu’il pouvait bien laisser montrer. Solf avait reçu des ordres, mais ce dernier n’en avait que faire. Si Kimblee désirait faire ce qui lui chantait, il le ferait sans crainte des représailles. Toutefois, pour le moment, il avait mieux sous la dent que de faire un carnage parmi les rangs alliés. Son attention resta sur le commandant en face de lui et de son… Petit chien à lunettes qui se tenait près de lui. Roy Mustang venait de lui demander comment cela se passait de son côté. L’autre alchimiste venait de poser une question qui fit frissonner plusieurs soldats qui pouvaient entendre la conversation. Un rictus presque déformé fit son apparition sur le visage de notre écarlate, qui décida de lâcher sa tasse d’une main pour venir remettre une mèche de ses cheveux à sa place. Il lâcha ensuite un autre soupir et plongea son regard vide dans celui de son interlocuteur.

- Ma foi, tout se passe plutôt bien de mon côté. Je suis même attristé par nos ennemis. En venant ici, je pensais rencontrer des opposants bien plus… Résistants. Je suis déçu, cette guerre va très vite se terminer à ce rythme.

Pendant un instant, notre alchimiste repensa à sa journée. Très tôt le matin, les hauts-gradés présents avaient demandé à l’écarlate d’aller se charger de s’occuper d’un secteur au nord. Kimblee avait seulement acquiescé de la tête avant de s’y diriger avec une poignée de soldats armés. Pas besoin d’une escouade entière pour ce genre de chose. Ce fut très rapide. A peine arrivé, Solf avait détruit des bâtiments qui devaient abriter des réfugiés blessés et des enfants. Sans aucune pitié, il en fit de même avec le reste du secteur. Inutile de perdre son temps à chercher des ennemis, il était bien plus simple de tout faire exploser. Il n’avait pas rencontré de résistance. Peut-être parce que tous les ennemis présents venaient de se faire désintégrer en quelques tapotements de mains. D’un ennui mortel. Il s’en était retourné vers le camp des militaires par la suite pour obtenir de nouveaux ordres. Il répéta plusieurs fois ce genre de chose dans les différents secteurs qui lui étaient confiés avant d’en arriver à ce moment de pause avec cette tasse de café. Il pouvait entendre encore et encore les hurlements des femmes, des enfants et des hommes qu’il venait de massacrer en ce jour. Une douce mélodie qui n’avait jamais de fin. Cela était la seule chose plaisante qui lui était arrivée en cette matinée. Et la journée était loin d’être terminée. Kimblee s’éclaircit la gorge avant de plisser un peu les yeux, toujours en regardant le commandant aux cheveux courts et presque en batailles.

- Et de votre côté, commandant ? Cela ne doit être simple pour vous. Étant un être supérieur comparé aux autres soldats, vous semblez tout de même assez fort pour résister à ces insultes incessantes à votre égard. J’espère que cela n’affecte pas, cependant, votre manière de déblayer le terrain… Il me semble que l’alchimiste d’état Armstrong, quant à lui, n’arrive pas à supporter le poids de cette guerre sur ses épaules. À l’heure actuelle, il doit être presque devenu fou à force d’avoir des regrets.

Un ricanement presque retenu se fit entendre. Oui, cela était une moquerie. Certaines personnes étaient faibles et ne méritaient pas d’être ici. Seuls les vrais élus avaient le droit de fouler ces terres sacrées et d’en faire comme bon leur semble. Est-ce que Mustang faisait partie de ses élus ? Allait-il mériter sa place au sein de cette guerre et avoir l’honneur que son nom devienne célèbre ? Cela restait à voir.

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MessageSujet: Re: Les atrocités de la guerre.. [FB - Roy Mustang] Mar 30 Mai - 16:52

Les atrocités de la guerre.





Des opposants plus résistants ? Il se disait déçu et que la guerre, à un tel rythme, allait bientôt se finir. Sous-entendait-il qu’il aimait ça ?!
Impassible, je le regardai. Le dos penché, les coudes sur les genoux. Il n'était pas étonnant de voir quelqu'un de répugné par les Ishvals. Encore. J'étais incapable de comprendre pourquoi il y avait tant de haine. Bien avant la guerre. Ils étaient considérés comme des attardés mentaux. Des impurs. Des bêtes. Pourquoi ? Qu'est-ce qui justifiait un tel massacre ? J'avais déjà posé la question à Hughes. Sa réponse n'avait, à mon sens, pas vraiment de valeur.

« Les Ishvals ont troublé la paix de ce pays. Et maintenant les hauts-gradés de Central nous ont ordonné de les exterminer. »

Hughes n'était pas à prendre au mot. Mais il énonçait des faits. Des réalités aux yeux des autres. Ce n'était pas par insensibilité. Au contraire. Mais il m'était impossible de faire de même. Je ne pouvais pas me satisfaire de la version officielle. C'était illogique. Immoral. Je ne rajoutais rien face au Commandant Kimblee. Mes yeux revinrent contempler la porcelaine de la tasse. Cet homme était de ces personnes face à qui il fallait en dire le moins. Et agir. Il n'y avait suffit que d'un coup d’œil pour s'en apercevoir. Quand bien même je me trompais, la prudence était de rigueur. Comme avec une grosse moitié de l'Armée déployée. Nous n'étions pas là pour parler, après tout...
La plupart des militaires n'osaient nous aborder de toute manière. Comme l'avait bien soulevé le Commandant. Ce n'était pas plus mal à mon sens. En ce temps de guerre, j'aspirais à plus de silence qu’à des discussions futiles. Si je ne voulais pas péter un plomb, c'était préférable pour tout le monde. Une colère sans mesure grondait dans mon esprit. Je ne la faisais pas taire. Elle se contentait de vivre à l'intérieur, tendit qu'à l'extérieur... Je survivais.

« Et de votre côté, commandant ? Cela ne doit être simple pour vous. Étant un être supérieur comparé aux autres soldats, vous semblez tout de même assez fort pour résister à ces insultes incessantes à votre égard. J’espère que cela n’affecte pas, cependant, votre manière de déblayer le terrain… Il me semble que l’alchimiste d’état Armstrong, quant à lui, n’arrive pas à supporter le poids de cette guerre sur ses épaules. À l’heure actuelle, il doit être presque devenu fou à force d’avoir des regrets. »

Je ne réagissais pas. Là encore, j'étais habitué à ce que l'on me compare à un être supérieur, ne serait-ce sans l’alchimie Avec un Ishval. En revanche, je trouvais ses mots percutants. Outrageants. J'avais relevé les yeux sur lui, le dos droit. Je ne devais pas rentrer dans son jeu. Celui-ci même d’enchaîner sur sa remarque. Peut-être n’attendait-il que ça ? Au fond, je n'en savais rien. Mais je déviai, calme :

« Ça se passe. Je fais mon boulot. »

Je ne pouvais pas lui dire que j'avais croisé un officier ishval qui avait étudié en même temps que moi. Ce dernier à essayer de me tuer. Parce que je venais de brûler six de ses compagnons. Ou sept. Vu le dédain que le Commandant avait pour eux, il ne comprendrait pas. Il ne comprendrait pas cette colère. Ce massacre incompréhensible. Et a quoi bon, de toute façon ? Je devais y garder pour moi. Ça n'avait pas d'autre importance en ce lieu. J'accusai facilement que le Commandant comprenne combien j'étais lassé, à contrario de sa personne. Pourquoi m'en cacher ? Cela n'obstruait en rien mes capacités. Mais devant son air insatisfait, je rajoutai :

« Nous sommes sur tous les fronts en tant qu'alchimiste. Particulièrement avec une comme celle-ci. Ou la vôtre. Vous ne passez pas inaperçu, c’est certain. »

Je baissai les yeux sur mes mains.

« Moi non plus. »

Je repensai aux mots de Maes. Il disait qu'il allait assumer ses actes. Qu'il rentrerait chez lui et embrasserait la femme qu'il aime tout en gardant le sourire. Comment ? Comment faisait-il ? Qu'étais-je censé faire pour assumer mon acte ? Je n'avais pas pu me défendre. Maes l'avait fait. Il avait tué un homme innocent. Et moi, ses compagnons avant lui. Un homme que j'aurais défendu bec et ongles il n'y a pas si longtemps...
Pourquoi j'étais là ? Ah oui... Pour les faux-semblants.

« Ils ont besoin de nous. Alors nous faisons notre boulot. C'est comme ça et pas autrement. Le Commandant Armstrong aurait du s'y résoudre. »

Point. Final ?
Je relevai les yeux dans les siens. Résolu. Puis me servi un nouveau café froid. C'était le mieux que je puisse faire pour me réveiller de cette lassitude. Et dissiper la colère. Sentir le goût amer. Avoir la sensation qu'il me lave quelques secondes. Le jeu des regards et des mots ne me plaisait guère. Mais ce n'est pas comme si le choix était permis face à un homme de sa trempe. Alors je bus calmement.
J'attendais les ordres, comme tout bon soldat. Et je m'y résoudrai. Comme chaque survivant.

« Quant à déblayer le terrain... Ma foi, ce n'est pas un soucis. »

En un claquement de doigt, tout partait en fumée. Il n'était même pas utile de savoir viser, ici.

« Peu importe les bruits de couloir. Ce qui compte, c'est que le boulot soit fait. J'ose croire que c'est aussi ce que vous pensez quand bien même ceci signifie que la guerre va bel et bien se terminer.»

J'avais presque l'impression d'avoir ressassé cette phrase tellement de fois... Elle était sortit avec un naturel qui me surprit moi-même. Mais il ne fallait pas qu'il s'attende à m'entendre dire que j'aimais ça. Boulot. Boulot. Boulot. C'était un mot qui avait l'habitude de faire son bout de chemin sur mes lèvres. Il était parfois suivit d'une intonation interrogative. Mais pas aujourd'hui. Pas maintenant. L'heure tournait. Nous n'allions pas tarder à reprendre les armes. Je me raclai la gorge pour dissiper le goût infecte du café. Mes mains plongèrent dans mes poches et je mettais mes gants. Ils étaient immaculés. A l’exception du sceau alchimique. Rouge. Quand bien même, ils n'avaient aucune tache de sang... J'avais la sensation que mes mains étaient humides, mauvaises et pleines d’hémoglobine.


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