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Ban fait de la concurrence à Riza.
Si la demoiselle va au GOT, lui il relâche le Kraken dans une musique épique !
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Bribes de passé et perspectives d'avenir [PV Roy]

MessageSujet: Bribes de passé et perspectives d'avenir [PV Roy] Lun 5 Mar - 18:18















Roy & Lou
Bribes de passé et perspectives d'avenir

~ Dettes ...~



Encore et toujours ce même gris morose, cette ville n'avait décidément aucun attrait pour moi. Et pourtant j'y étais toujours coincé. En peu de temps bien des choses c'étaient produites. Bon nombre d'ailleurs que j'aurais préféré éviter. Je me retrouvais donc en pleine convalescence dans une ville ennuyante comme la pluie. Si je pouvais l'appeler ainsi, mon "sauveur" avait disparu dans un coup de vent après m'avoir gentiment offert un toit. Bien loin d'être un logement digne de ma personne, il fallait que je reste à l'ombre le temps que tout cela se tasse. Je supposais fortement que H serait rentré à Drachma puisque je n'avais pas l'air d'être sa cible prioritaire, mais il allait revenir maintenant qu'il savait où me trouver, c'était sur. Par contre, la réputation qui me collait dorénavant à la peau à cause de lui ne risquait pas de disparaître aussi vite auprès des extrémistes Amestrien. S'ils ne courraient pas les rues, exposer ma personne dans la rue se révélait tout de même dangereux. Je pouvais toujours espéré qu'après l'intervention musclée des militaires, et surtout d'un d'entre eux, ceux-ci comprennent leur erreur et me lâche la grappe. Moi une terroriste, franchement ... Comme si j'avais besoin de m'abaisser à cela pour asseoir mon autorité ! Peut être devrais-je faire quelques recherche, trouver la famille de ces fauteurs de trouble et leur infliger moult malédictions sur plusieurs générations. Voyons ... Une sensation de peur et de paranoïa éternelle semblait coller à la situation ! Avais-je seulement le temps ? Bien sur que je l'avais. Mais bon, il ne s'agissait que de la première offense à mon nom de ce pays, aussi dans mon immense générosité, j'allais laisser passer pour cette fois et me faire discrète pendant une semaine ou deux. Les prochains sauront vers qui se tourner pour se plaindre par contre.

Cette douleur à l'épaule ne semblait pas vouloir disparaître du radar. Déjà par deux fois avais-je rouvert la plaie. Quand on connaît ma personne, une blessure à un tel endroit est une vraie plaie. Il faudrait que j’immobilise mon  bras si je voulais guérir, mais sérieusement, comment pourrais-je ne serais-ce que l'imaginer. Et puis ce n'était pas la première fois qu'un corps étranger métallique pénétrait mon corps. Étrangement, on ne s’habituait jamais à cette sensation. La première fois avait beau avoir été la plus grave, c'était bien cette fois-ci qui m'avait le plus humiliée. Devoir être secouru par un homme que je ne connaissais que peu était vraiment rabaissant. Quelle image de moi j'avais offerte ce jour là … Je grimaçai face à cette pensée et me tapai la front de ma main valide. J'avais beau détester cette perspective, au moins avais-je la vie sauve. Sans son intervention je ne serais sûrement plus là pour raconter cette anecdote.  Raaah mais qu'est-ce qui me prend maintenant ! D'abord prendre une jeune fille sous mon aile et maintenant me sentir redevable. N'importe quoi ! Bien sur que j'aurais été capable de m'en sortir toute seule ! Ce Roy n'avait été qu'une voie parmi tant d'autre quand à ma survie. Mais tout de même, j'avais vraiment du mal à faire taire cette petite voix au fond de mon esprit qui voulait le remercier de m'avoir sauvé. Pour l'instant, la pensée qu'il l'ait fait dans son intérêt personnel servait de verrou pour cette voix.

Toujours est-il que je n'aimais vraiment pas cette sensation d'avoir une dette envers lui. Il allait falloir que je m'en acquitte très vite, personne ne voulait s'attaquer à lui aujourd'hui, que je lui sauve les fesses ? D'ailleurs, si j'étais dehors aujourd'hui, c'était bien pour aller le retrouver. Et c'est bien parce que j'avais l'impression de lui être redevable que j'y allais. Ça et le fait que lui aussi avait une parole à tenir. Notre relation devait fonctionner sur une base d'échange mutuel, un peu comme l'alchimie, ainsi était-ce à son tour de me fournir de quoi retrouver Daniel. Je déambulais donc dans les rues de Central, bien plus calme cette fois-ci, en direction de la demeure du jeune officier. J'arborai une veste aussi grise que les murs de cette ville qui couvrait tout mon corps jusque mi-cuisse. Me balader les cheveux à l'air donnait une sensation étrange, mais bon ainsi en était-il. Me retrouver dans la banalité était tout aussi étrange. Plus personne ne me dévisageai en passant devant moi. On ne me regardait même plus. J'étais redevenu aussi invisible et insignifiante qu'au début et cela ne me plaisait absolument pas. Je n'avais pas enterré si profondément mon ancien moi pour qu'il resurgisse ainsi. Contrairement à mes habitudes, je pressais le pas afin d'arriver plus vite à destination.

Roy m'avait donné rendez vous directement chez lui. Je pouvais comprendre la manœuvre pour plus de discrétion, mais m'inviter directement chez lui … Il n'avait pas l'air d'être ce genre d'homme, mais il fallait toujours se montrer méfiante concernant les hommes. J'espère qu'il n'avait aucunes arrières pensées en tête, sincèrement il valait mieux pour lui. J'avais tout un panel de châtiment réservé à ce genre de comportement, d'ailleurs, à mon plus grand regret, cela faisait bien longtemps que je n'avais pas eu à m'en servir. Enfin, évidement, aujourd'hui non plus ne sera pas différent. Cela allait encore être une discussion barbante et professionnelle … tout ce que j'aime ! Je soupirai longuement avant de pénétrer dans ce qui semblait être la ruelle de destination. Au final, j'en savais si peu sur Daniel en ce moment que je ne savais même pas quoi lui demander. Au moins en apprendrais-je plus sur lui.

Arrivée devant la porte, je sonnai. A peine la porte c'était elle ouverte que je me glissais à l’intérieur dans une pirouette. Une main sur la poitrine et l'autre en l'air, je finassai ma tornade de blond de ma phrase d'accroche classique. « Et ainsi apparaît devant vous la fameuse ... ». Je n'eus guère le temps de finir ma phrase tant la stupéfaction du regard de mon interlocuteur me frappa. Oups, j'avais du me tromper de numéro. Je n'avais pas le souvenir que Roy ait des rides, des cheveux gris, long soit dit en passant, et un chat entre les bras. Je ressorti donc de cette pièce aussi vite que j'y était entrée, me grattant la tête d'un sourire désolé. La porte claqua sans même que je puisse entendre la voix de cette chère inconnue. Elle aurait au moins pu me remercier d'être passé chez elle … Comme on dit, le passage d'une sorcière n'est que bonne augure ! Je cherchai donc plus attentivement cette fois et frappa à la bonne porte. J'attendis que la porte soit ouverte pour refaire mon numéro, à l'extérieur au, cas où.

« Et ainsi apparaît devant vous la fameuse et superbe … Magilou ! »

Le silence s'installait dans le couloir de l’immeuble pendant un instant. Suffisant pour que mes gestes aient ravivés ma plaie et qu'un petit filet de sang s'imisce à travers les bandages. Je regardai dorénavant Roy et d'un rire gêné je souriais, prête à être réprimandée par le militaire.

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MessageSujet: Re: Bribes de passé et perspectives d'avenir [PV Roy] Lun 5 Mar - 21:48





25 novembre 1914.

Nous venions de revenir d'East City. Il semblait que j'y avais laissé toute mon énergie, pourtant je n'avais pas été capable de fermer l’œil de la nuit. Naturellement, quelques permissions avaient été accordées, mais rien qui ne jurait pas avec l'immense paperasse qui nous attendait. Pour l'heure, demain était un autre jour et une sorcière n'allait pas tarder à faire son apparition. J'avais pris ma douche au QG, mais ceci ne m'empêcha pas d'en reprendre une dans l'appartement. Ici, je pouvais prendre le temps qu'il faut pour me remettre les idées en place sans que cela nécessite de rester nu devant tout un régiment. Il n'était pas facile de faire abstraction de ce que nous venions de vivre. Les terroristes avaient frappé fort. Néanmoins, la personne que je m'apprêtais à recevoir n'avait rien à voir avec toutes ces histoires.

Quand je pense que tu dois ruminer, de là où tu es. Tu savais forcément quelque chose sur ce qu'il se passe autour de nous. Qui, Hughes ? Qui a fait ça ? Qui ? Dès que je le saurais, il ne sera plus question de qui...

La pression, la colère qui m'animait était une boursouflure gigantesque. Elle m’empêchait de desserrer les dents, de décrisper mes doigts, mes muscles… Plus je fatiguais, plus j'étais déterminé à trouver le coupable. Je voulais regarder cette enflure brûler. Je voulais le frapper jusqu'à ne plus savoir comment respirer. Cette ambition me couvait les yeux et les œillères que j'avais devant les paupières étaient immenses. Pourtant, je fixai mon reflet dans le miroir avec maîtrise. Il n'avait pas spécialement l'air en colère, à bien l'observer. Il était audacieux et gardait ses idéaux sous contrôle. Je me penchai en avant, les mains sur le rebord du lavabo. Quelque chose n'allait pas. La tension qui  resserrait ma poigne contre la céramique ne me quittait pas. Je soufflai. Ce fut un échec. Je pouvais voir la fissure dans mon masque. Elle était très petite, mais suffisante. Néanmoins quand la sonnette retentit dans l’appartement, je fus obligé de la quitter des yeux.

Elle n'avait rien à voir avec toutes ces histoires.

Je descendis lui ouvrir et Magilia tourna une fois sur elle-même, se présentant avec sa splendeur familière. J'esquissai un sourire, amusé par cette spontanéité et ce vent de fraîcheur qu'elle amenait avec elle. Notre relation n'avait pas débuté sur les meilleures bases et je n'oubliais pas de rester prudent, cependant son enjouement la rendait agréable dans ce paysage grisâtre. Sans son accoutrement habituel, j'avais faillis ne pas la reconnaître, mais son visage ne trompait pas. Sa plaie se réveilla dans la seconde, enjolivant son bandage immaculé d'une raie sanguinolente. Mon sourire passa la date de péremption. Elle rit, embarrassée et je la pressai de rentrer à l'intérieur. Je refermais la porte au-dessus de sa tête, agacé :

« Vous êtes recherchée, semblerait-il. Vous énoncer devant ma porte n'est pas nécessaire. »

Nous traversâmes le couloir dans lequel un miroir vertical nous renvoyait nos jumeaux. En rentrant dans le salon, je lui indiquais le canapé bordeaux qui faisait face à une petite table basse. Un peu plus loin, mon gramophone avait prit la poussière ces temps-ci, esseulé sur le buffet contre le mur.

« Vous devez vous ménager pour l'instant, à moins de vouloir garder ce bandage à vie. Asseyez-vous. »

Mon ordre pouvait paraître incongru et solennel puisque aussitôt je disparus dans la salle de bain pour aller lui chercher une bande neuve. Je descendis les petites marches et posai la trousse et le désinfectant sur la table. Magilia n'était pas là pour boire du lait et manger des cookies. Elle voulait des informations, tout comme j'en souhaitais de sa part. Nous avions décidé de fonctionner ainsi et même si je rentrais à peine d'East City, ce n'était pas le moment de fléchir. Mais je n'étais pas un mauvais hôte non plus, ramenant deux tasses de café de la cuisine, avant de faire le tour des murs comme si je les voyais pour la première fois. J'ignorais ce qui m'intriguait ce soir. Mais je n'aimais pas être celui qui était redevable, c'était sans doute ce qui expliquait mon empressement.

« Par quoi commençons-nous ? »

Je m'assis dans un fauteuil face au canapé, la hanse de ma tasse fermement maintenue entre mes doigts. Mes yeux dérivèrent sur la photo discrète, face cachée sur la table basse. Je relevai les yeux dans ceux de la jeune femme, prêt à l'écouter.



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Bribes de passé et perspectives d'avenir [PV Roy]

MessageSujet: Re: Bribes de passé et perspectives d'avenir [PV Roy] Mer 7 Mar - 15:54















PERSONNAGES
Bribes de passé et perspectives d'avenir

~ Naked Truth~



Guère impressionné par mon arrivée triomphale, j'avais tout de même réussi à voler un sourire à marbre-sama. D'apparence, l'homme devait bien trop s'enfermer dans son travail pour son propre bien et cela pouvait se lire sur son visage. On pouvait voir cela notamment à son attitude de ne rien laisser paraître ; une réaction typiquement militaire. Bien que ce sourire en demi-teinte soit déjà un bon de géant, je n'appréciais guère le manque de réaction face à mon arrivée. Enfin, ce n'était pas Joe le clodo qui sonnait à sa porte ! Toujours est-il que je ne pouvais nier la véracité des faits qu'il évoquait et que derrière ce manque d'accroche à mon numéro ce cachait surtout un semblant d'attention pour ma personne. Il ne voulait sûrement pas que je m'attire, et surtout que je lui attire, de nouveau ennuis. Pour cela aurait-il fallut que ce soit de ma faute, la première fois. Croisant les bras je pénétrai dans l'appartement d'une mine boudeuse, lâchant un « hmpf » plein de contrariété et renvoyant ma longue chevelure blonde derrière mes épaules d'un geste de la main princier. Roy referma la porte derrière moi et c'est à cet instant, tandis que mes cheveux reprenaient d'eux même leur position préférentielle, que l'ambiance me frappa.

Pour quelqu'un de normal, de peu réceptif, peut être que ce lieu aurait pu sembler chaleureux et accueillant. Mais je pouvais ressentir quelque chose dans l'air, quelque chose de néfaste. Sachez le, que vous le vouliez ou non, votre lieu de vie s’imprègne de votre personnalité et de votre humeur. Si la plupart des gens ne seront capable de voir que les traits les plus grossiers, comme de la négligence, de la flemme ou à l'inverse un rangement bien trop ordonné, avec un peu d'attention aux détails on pouvait presque tout savoir d'une personne en rentrant chez elle. Par exemple, ce miroir dans le couloir d'entrée que nous traversions était révélateur des ambitions du jeune militaire. Si cet objet était placé ici, c'était parce que Roy devait viser haut, suffisamment pour penser que son image envers les autres devait toujours être parfaite, qu'il devait toujours se montrer à la hauteur de ses responsabilités. Voir son reflet avant de partir et en rentrant pouvait servir à le lui rappeler dans les moments les plus durs. Mais là n'était pas la source de ce mal être que je ressentais toujours. C'était bien plus noir et profond, quelque chose que j'avais moi même ressenti il y a de cela quelques années maintenant et dont la source, apparemment, me traquait toujours.

Roy ne semblait pas être quelqu'un de très matérialiste. Il ne possédait pas une masse infinie de bibelot inutile contrairement à la plupart de ses semblables. On pouvait distinguer ça et là des objets achetés pour combler une nécessité ponctuelle, qui maintenant vieillissaient dans leur coin. Fidèle à son rôle, ce fut presque sur un ton d'ordre militaire que le jeune homme me pressa de m'asseoir. Oui très bien, mais je n'étais pas, contrairement à cette fameuse blonde, une de ses subordonnés. Je profitai alors de son absence dans la pièce pour fureter discrètement. Je ne recherchai rien de particulier, mais je voulais vraiment connaître la source de ce mal qui, s'il n'était pas endigué, pourrait ronger ce lieu. Cela sonnait un peu comme ce que pourrai dire un chasseur de fantôme et même si avec cette veste grisâtre j'en avais l'allure, ces charlatans n'étaient rien comparé à ma grandeur. Moi j'avais vraiment le moyen de trouver et je ne faisais pas cela contre de l'argent. D'ailleurs, peut être devrais-je reconsidérer … Mais ma curiosité l'emporta. Il n'y avait rien de vraiment intéressant et sa demeure semblait aussi vide de sentimentalité que ses expressions. C'était comme s'il cherchait à enfermer quelque chose au fond de lui. Et quand il s'agissait d'enfermer quelque chose, ou quelqu'un, au fond de soi, j'étais carrément l'experte. Mon enquête s'annonçait palpitante.

Un détail attira mon regard, mais avant que je puisse m'en saisir, Roy sorti de sa cachette. Il avait sûrement eu besoin de prendre une pause quand à une exposition intense et rapproché si prompte de ma personne. Je laissa donc tomber mon postérieur sur son fauteuil. Il avait dans ses mains deux tasses de café et un bandage tout neuf pour remplacer celui que je venais de souiller. Du café … Avait-il piégé ma tasse comme je l'avais fait par le passé ? Cela serait très surprenant, mais à dire vrai, j'aurais vraiment apprécié que cela soit le cas. En effet, après un tel geste, j'aurais pu m'attendre à ce que notre discussion soit amusante et pleine de rebondissement. Et non un rendez vous grisant, professionnel, pouvant s’apparaître à un interrogatoire mutuel. Je saisi le bandage de ma main valide et entama de le remplacer. Je me doutai bien qu'il aurait préféré faire ceci lui même, mais il avait eu le droit à bien trop de proximité avec mon corps pour demander du rab. De plus, j'étais suffisamment grande pour m'occuper de moi toute seule.

Enfin d'ordinaire, c'était le cas. Je me refusais à l'admettre, mais aussi rustre soit-elle, sont alchimie m'avait sauvée. Préférant rester fidèle à moi même, je plaçais sûrement en Roy plus de responsabilité qu'il n'en avait réellement. En fait, aucun de nous deux n'étions fautif dans l'histoire, ce qu'il c'était passé était due à madame pas de chance. Mais il était tout de même plus paisible pour mon esprit d'imaginer que c'était de sa faute, car la seule raison pour laquelle j'étais rentrée dans ce café c'était bien pour pouvoir m'entretenir avec lui. Mais dans l'instant, l'attribution de la plus grande part de responsabilité passait au second plan dans mon esprit, la curiosité l'emportant. Il fallait que je découvre le secret de cet endroit.

Pour le moment, mon j'étais quelque peu bloquée dans mon enquête. Je me permettais sûrement beaucoup de chose, mais compte tenu des circonstances, je n'allais pas non plus tenter de découvrir la vérité en  mettant les deux pieds dans le plat. Il allait falloir jouer de discrétion et de perspicacité. Afin de changer mon bandage, j'allais devoir retirer ma veste, ou du moins le haut. Et comme dans mes affaires, je n'avais que très peu tenues discrète il m'était apparu comme un évidence qu'au moins j'en mettrai, au mieux je me porterais. Aussi, n'avais-je qu'en bas un short noir à peine plus court que ma veste qui me tombait sur les genoux. Sous ma veste, en haut, et bien disons que je n'avais pas prévu d'avoir à la retirer. Le temps était relativement frais et même si je venais de Drachma, il n'était pas insupportable de rester ainsi vêtue même en intérieur. Aussi j'avais la mon excuse pour poursuivre ma petite enquête.

 « Et bien je vais sûrement par commencer par ME changer ce bandage. A moins que vous désiriez que j’égaie votre appartement avec le pourpre de mon sang ? »

J'insistais suffisamment sur le ''me'' pour qu'on me comprenne, même si je doutais qu'il en saisisse le sens caché. Ainsi pour me faire mieux comprendre, je me levai et attrapai le militaire par les épaules, l'intimant à se lever à son tour. Je le fis pivoter d'un demi tour sur place, et l'expédia d'une tape délicate dans le dos dans la pièce attenante. Si j'avais agi si prestement, c'était pour pouvoir jeter un coup d’œil au détail qui m'avait fait tiquer au par avant. Si je lui avais expliqué la situation, quand à ma veste, un homme comme lui m'aurait sûrement présenté la salle de bain pour que je change le bandage. Mais en prenant les devants de cette manière, je doutais qu'il ose revenir dans la pièce s'il me voyait à moitié nue et ainsi, je pouvais m'acheter quelques secondes pour aller regarder ce cadre de plus près. Celui-ci devait contenir quelque chose de bien plus important encore, puisque c'était la seule autre chose, hormis moi, sur laquelle le militaire avait posé les yeux. Avant qu'il ne puisse revenir dans la pièce clamer que je me sentirai sûrement mieux dans la salle de bain, je me retournai et ôtai le haut de ma veste. Le plus drôle dans cette histoire, était que je n'étais pas vraiment obligée d'enlever ma veste pour changer le bandage. C'était certes, bien plus pratique, mais j'aurais pu faire sans. En effet, les manches étaient amples, et je les avais retroussé jusqu'au dessus du coude. Cela permettait de faire respirer un peu la blessure, mais rendait le bandage également visible. Je m'avançai vers la table basse, levant la tête par dessus mon épaule.

« Je pourrai comprendre et pardonner la tentation, mais je ne pense que le prix à payer, si jamais vous veniez à regarder, serait trop fort pour en valoir la peine.»

Je lâchais un petit rire pour moi même. Du peu que j'en savais, Roy avait l'air suffisamment bien éduqué pour ne pas s'adonner au voyeurisme. Qui plus est, même si j'avais un fessier qui pouvait attirer le regard, en haut, par contre … Et cela, même à son insu, il avait bien du le remarquer. Je pris une grande inspiration tout en retirant le bandage usée, le plaçant immédiatement dans l'une des grandes poches de ma veste afin de ne pas tâcher quoi que ce soit. Je tentais de déterminer ce faisant quel pouvait être l'origine de cette sensation qui m'étais bien connue. Beaucoup de noir. Mais je n'arrivais pas à distinguer quel type de noirceur. Sûrement des souvenirs de guerre refaisant surface. Ou un sentiment de culpabilité envers ses victimes, peut être. Laissant glisser mes doigts sur la table basse en marchant, je saisi le cadre. On y voyait deux jeunes hommes, l'un d'entre eux était mon hôte, posant en uniforme dans le désert. Le massacre d'Ishval avait fait du bruit jusque dans mon pays natal et il ne fallait pas être un génie pour comprendre que cette photo datait de cette période. Je reposai doucement le cadre dans sa position d'origine, et terminai d'enrouler la bande autour de mon épaule meurtrie. Si ce cadre était posé face cachée, cela signifie qu'il devait lui rappeler de mauvais souvenirs. C'était bien la guerre, donc. Lui avait-elle pris son ami ? Ou était-ce les actions qu'ils avaient du faire ensemble là bas qui noircissait ce lieu ? Je préférai opter pour la seconde option, si c'était la mort transparaissait par chez lui, je l'aurais immédiatement senti, l'ayant si souvent côtoyée. J'avais été suffisamment rapide pour que le café soit encore trop chaud pour être bu. Ainsi donc, je retournai rejoindre mon hôte que j'avais exclu de la pièce et que j'imaginais déjà très agacé par cette première surprise. Certes, cette fois-ci, je ne l'avais pas prévue, mais cela restait tout de même toujours autant amusant.

 « Vous voyez, rapide comme l'éclair ! Pardonnez cette interruption, mais il y a des priorités à respecter ! Comme vous le dite, ce bras ne se guérira pas de lui même, n'est-ce pas ? Enfin, pour vous récompenser d'avoir garder vos yeux dans vos poches, j'accepte d'être la première à partager. Armée, espion, technologie … Tout ce que je sais sur Drachma et à vous. Et Si vous le désirez, peut être pourrais-je vous conter une ou deux de mes aventures extraordinaire ! Rooh allez, je sais déjà que cela vous intéresse ! »

Ayant pensé à prendre la tasse qui était la sienne avant de retourner le chercher, je la lui tendais dans un sourire amusée. Pour écouter ce que j'avais à dire, il en faudrait plus d'un, de café.

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MessageSujet: Re: Bribes de passé et perspectives d'avenir [PV Roy] Ven 9 Mar - 13:52





Avec sarcasme, la jeune femme souhaita changer son bandage en premier lieu. C'était raisonnable et personne ici ne voulait qu'elle s'évanouisse en pleine conversation. En la voyant s'approcher, j'ignorais si je m'étais fait la réflexion du pourquoi du comment. Elle ne me laissa pas le temps de me poser davantage de questions et toute en gestuelle, me cloîtra dans la cuisine. Je me retrouvais le nez en face de ma cafetière, les mains contre la poitrine. Je clignai furtivement des yeux, reniflant d'un air dédaigneux. Venais-je de me faire virer de mon salon ?

Je baissai les yeux sur le moulin à grains. Ce dernier n'avait rien fait, mais à l'heure actuelle, il était le seul que je pouvais fusiller du regard sans risquer qu'il se mette à nu dans le même temps. Car j'imaginais vaguement qu'il ne pouvait y avoir qu'une seule raison qui réunisse son besoin pressant de me jeter dehors et celui d'avoir une paire de bandages neuve. Cependant, Magilia était-elle venue avec sa veste sans rien porter en dessous ? Pourquoi avait-elle besoin de s’exhiber sur mon canapé pour une blessure au bras ? La toute première fois que je l'avais vu, il était vrai qu'elle portait un accoutrement si exposé que cela ne faisait que peu de différence... Mais peu importe. Je n'allais pas y retourner pour vérifier… Si ?

J'étais nerveux. Soit la jeune femme me prenait pour un parfait imbécile, soit elle portait un de ces nouveaux sous-vêtements dont les femmes déploraient l'existence. Il y un an de ça, l'une d'elle avait crée un tout nouveau support qu'elle avait nommé « soutien-gorge ». Mais face à la corseterie, il ne valait pas la mise en forme d'une taille gracile selon beaucoup d'entre elles. Le brevet passa vite à la trappe. Mary Phelps Jacob n'était décidément pas de son époque. Natasha m'avait fait tout un cirque de cette brassière de la mode, très certainement parce qu’elle n'avait personne d'autre sous le coude pour en parler. Elle m'avait confié combien c'était agréable de ne plus avoir le nombril dans les lombaires à chaque fois qu'elle resserrait les lacets de son corset. Etais-je vraiment en train de penser à l'industrie du vêtement féminin planté devant ma cafetière ? Je n'allais quand même pas rester là, comme un idiot ! Il ne fallait pas être trapéziste nudiste pour changer le bandage d'un bras, bon sang !

Je me penchai dans l’entrebâillement et entendit aussitôt la voix de la jeune femme résonner dans la pièce. L'avertissement fut prompt derrière un timbre ferme. Magilia devait décidément avoir un don pour avoir eu la réplique synchronisée à mes gestes. Je me redressai comme un bâton à ressort. Mon moulin à grains semblait me fusiller à son tour du regard, si ce n'était le reflet du mien qui brillait sur l'argent de son corps géométrique. Je soupirai, calmement... Il était inutile d’insister quand une femme nous mettait hors de son regard. Un des sourcils du moulin s'arqua, prononçant un peu plus mon scepticisme. Pourquoi n'était-elle pas allée dans la salle de bain ?

Aucun doute. Elle me prenait pour un idiot.
Mais qu'est-ce que mon salon décelait de si magnifique pour me faire jeter hors de sa limite ? Je l'imaginais mal dissimuler un gramophone dans sa veste pour partir d'ici et serait forcé d'apercevoir que dans ce cas, elle aurait largement la place de le mettre quelque part. Mais entre un B et un G, il y avait une grande différence, facilement repérable à l’œil nu. Je soupirai de nouveau, installé contre le plan de travail et dos à ce satané moulin. Quand la jeune femme fit son apparition dans la cuisine, je l'attendais de pied ferme, les bras croisés. J'hésitais encore entre détendre mes trapèzes devenus brutalement raides ou jouer la franchise. D'habitude, je n'étais pas tant irrité d'être pris pour ce que je n'étais pas, mais la colère me couvait comme un ciel orageux. A tout moment, l'averse pouvait tomber. Je tentais pourtant de la retenir à mon apogée. Magilia parlait, parlait, parlait... Je la fixai dans le blanc des yeux, bien incapable d'y voir une voleuse, mais encore moins une nudiste effarouchée pour changer un bandage au bras. Voyons, ça n'avait aucun sens. A moins que... Je repensais au cadre sur la table. C'était le seul objet de valeur qui traînait dans cette pièce. Quel serait l’intérêt d'y jeter un œil ? Devenais-je paranoïaque à force d'être surveillé à droite et à gauche ? Avait-elle un lien avec Evy Evans ? Pire encore... Avec le meurtrier de Hughes ?

Magilia me tendait la tasse de café, un sourire aux lèvres. Je restais immobile, proie à la stupidité qui venait de me frapper. Je savais reconnaître le regard d'un tueur et elle n'en avait pas un. Soit elle le cachait très bien, soit je me faisais des idées gigantesques pour m'être fait congédier. Et j'étais obligé de reconnaître que je venais de prendre un méchant coup de sang pour rien. Ma méfiance jouait avec mes nerfs comme on tire sur des élastiques pour calmer le stress. Actuellement, j'étais un trampoline sur lequel on pouvait sauter sans se rendre compte que les appuis se fatiguaient. Moi-même avais-je du mal à en prendre conscience. Le masque que je portais était si solide qu'il était difficile de s'en défaire. Néanmoins, l’interstice que j'avais décelé avant que la magicienne n'apparaisse me laissait quelques doutes. Je décidais de patienter. Le moment venu, je saurais à qui j'avais à faire. Après tout, je lui avais ouvert ma porte pour faire un pas vers elle. Cela me paraissait trop peu intelligent de sa part si elle décidait de se faire claquer les volets à la figure.

« Très bien. »

Armé de la cafetière et de ma tasse, je lui passai devant pour retourner dans le salon, sans même jeter un regard au cadre photo. Ce dernier n'était autre que la raison pour laquelle je devenais plus sec. Ça faisait des jours que je n'avais pas dormi dans mon propre lit, armé d'une insomnie revêche et d'une détermination sans faille jusqu'à pioncer sans haleine dans la réserve du QG. Shieska me laissait y séjourner le temps que je pouvais, mais malgré ma lecture assidue, je n'avais toujours rien trouvé de viable pour découvrir qui avait assassiné Hughes.

« J'espère que vos informations sont à la hauteur. »

Est-ce que sa confiance était à la hauteur ? Nous nous étions vu que deux fois. Celle-ci comptait dans l'addition. En somme, nous avions beaucoup de choses à partager. Mais les mots, parfois, n'étaient pas les informations les plus intéressantes. Les gestes, les regards et les manières l'étaient. J'espérais ne pas devoir flinguer une espionne dans ma propre demeure et pour cela, souhaitait farouchement qu'elle n'en soit pas une. Affublé d'une chemise militaire, mais d'un pantalon civil, j'avais tout de même mon arme de service sur moi. Mes gants dormaient au fond de ma poche et il serait plus facile de tirer le pistolet de son écrin que de fourrer cinq doigts dans leurs encoches respectives. D'autant que je n'allais pas les mettre devant elle car cela serait tout de suite interprété comme une menace, à moins de justifier leur port comme une cuisinière s'enfourche de ses maniques. Cependant, même sous son air amusé, je me doutais bien que Magilia cachait davantage de sombres souvenirs que de paillettes et de lapins. Elle ne croirait pas que l'on puisse mettre des gants d'alchimie pour éplucher des patates. Mais si pour certains, ne pas porter le sceau alchimique sur eux représentait l'impuissance, je ne me sentais pas concerné. La seule chose qui freinait mes ardeurs… était la pluie. Satané météo ! … Et je savais encore me servir de mes poings sans avoir besoin de devenir dépendant de la seule chose qui me rendait différent aux yeux des autres. Il était, de toute façon, hors de question que je m’inflige cette obligation à longueur de temps. Certains alchimistes allaient jusqu'à se faire tatouer les cercles sur les mains. Cela aurait été si risqué et impudent que Riza Hawkeye m'aurait très certainement enterré il y a des années de cela. J'avais porté le sceau toute une guerre durant sans pouvoir les ôter des mains. Plus jamais.

En outre, Magilia avait du potentiel. Si sa confiance n'était pas digne, elle aurait cherché à me nuire bien avant d'en arriver là puisqu’elle n'aurait jamais pu soupçonner un jour que je lui ouvre la porte de ma maison. Elle n'était donc rien de plus qu'une femme curieuse cachant un lourd passé. J'ignorais ce qui me rendait si sûr de moi si ce n'était cette gaieté particulièrement agaçante et qui résonnait avec la turbulence d'un blondinet tressé. Ou bien étais-je trop furieux pour me reposer sur la simplicité d'une jeune inconnue et me laisser aller au vent printanier qu'elle amenait ? Ce n'était, malheureusement, pas la seule chose qu'elle avait dans ses baguages. L'homme qui la poursuivait présentait une menace superflue dont je me serais passé. Mais même si je me jurais de ne pas plonger les deux pieds dans la soupe de problèmes qu'elle cuisinait, ce serait mentir que de se persuader la laisser se débrouiller. J'étais devenu militaire pour ça. Pour aider.

« Si vos histoires extraordinaires ont un lien quelconque avec les informations que vous avez promises, je suis prêt à les écouter. »


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MessageSujet: Re: Bribes de passé et perspectives d'avenir [PV Roy] Ven 9 Mar - 17:52















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~ The past that hurts the most~



Je pouvais m'y attendre, le militaire ne semblait pas ravi d'avoir été banni de son propre salon. Même s'il ne le laissait que vaguement paraître, je sentais la moutarde qui lui montait au nez jusqu'ici. Après tout, tirer sur les nefs des gens comme sur une corde d'arc était l'un de mes passe temps favoris, bien que cette fois-ci, je ne le faisais pas par simple plaisir. Si l'on regardait avec la bonne paire d'yeux, on pouvait même voir la fumée qui s'échappait de son crâne tandis qu'il me passait devant pour retourner s'asseoir à la place qu'était la sienne. Cependant, je n'avais pas énervé mon hôte en vain. Maintenant je commençais à toucher du doigt la nature du problème et je pouvais même commencer à en entrevoir les racines. Je ne connaissais pas suffisamment l'homme pour pouvoir affirmer quoi que ce soit, mais il m'était toujours permis de spéculer. Ces éléments de réponses avaient néanmoins soulevés de nouvelles questions. Qui était cet homme sur ce cliché, et quel était son lien avec l'aura que dégageait cet endroit ? Plus étonnant encore, pourquoi n'avais-je rien vu venir dans mes premiers échange avec Roy ? Par le passé, nul n'avait su mettre en défaut ma capacité à analyser l'âme de quelqu'un. Or, le militaire avait été loin de dégager telle noirceur lors de notre première rencontre.

Enfin, tout ceci devrait rester en suspens pendant un moment. Je ne pouvais pas vraiment me permettre de me transformer en psychologue improvisée juste après l'avoir congédier dans la pièce d'à côté. Et puis, malgré ma fascination quand à l'esprit humain et de quel manière on pouvait jouer avec, si je voulais vraiment que quelque chose sorte de notre relation j'allais devoir refouler ma curiosité et faire le premier pas tout en espérant éveiller une quelconque réaction.  De plus, aussi peu expressif qu'il pouvait être quand à ses intentions, je me doutai bien qu'il était tout aussi intrigué par ma personne qu'était la réciproque. Et puis que cela lui plaise ou non, mon passé et ce que je sais était bien trop étroitement lié pour évoquer l'un sans l'autre. Par où commencer … Je croisai et décroisai alternativement les jambes, posant finalement la tasse sur mes cuisses en me raclant la gorge. Pour gagner sa confiance, il allait falloir être franche. Et pour cela, il allait falloir retourner dans un endroit que je détestais : mon passé. Je baissai les yeux, mon sourire s’effaçant aussitôt.

 « Et bien … Ce ne sera sûrement pas une surprise pour vous, mais l'alchimie a créé de nombreux jaloux dans les autres pays. Il y a maintenant presque trente ans, Drachma s'est lancé dans l'expérimentation sur les êtres humains. Le but était de réussir à créer une arme équivalente, voire plus puissante que l'alchimie. Les seuls âmes et corps suffisamment malléabled pour ce genre d'expérience sont les enfants. En secrets, des chercheurs de l'armée ont donc monté tout un laboratoire sous une couverture d'orphelinat militaire. Au fil du temps, les enfant subissaient diverses expériences dont ils n'en concevraient aucun souvenirs. Malheureusement, tout les détails quand à ces expériences ont été détruits, mais je suppose qu'il devait s'agir d'un simulacre d'infusion d'énergie pour combler le lien inexistant, ou du moins le permettre, entre les Drachmans et l'énergie tectonique. Aucun de ces gamins n'a survécu.  »

Je ne pensais pas que cela m'affecterais autant, mais rien que d'y repenser je sentais les tremblements qui commençait à venir. Mon sang affluait plus rapidement dans mes membres et mes nerfs commençaient à s'exciter. Après tout ce qu'il nous avait subir, H osait revenir jouer dans mes pattes. J'avais bel et bien fait un croix sur ma personne à cette époque, lui cédant cette première victoire, mais n'avais-je pas mérité de vivre la vie que j'entendais sans avoir à être poursuivie par cette de chiens assoiffés de pouvoir ?  Je fermai les yeux, prenant une grande inspiration avant de reprendre.

 « Sauf moi, dans un sens. J'ai bien eu à mourir une fois, mais j'ai réussi à m'enfuir. Je me suis servi de ce qu'ils m'avaient fait subir pour développer mes pouvoirs. Quand l'état s'en est aperçu, ils ont commencé à vouloir me remettre la main dessus : j'étais la preuve vivante que leur connerie fonctionnait après tout. Même si je doute que qui que ce soit d'autre puisse être capable de maîtriser ce que je sais faire. »

Arborant un sourire distant et narquois, j'admirais mes ongles tout en terminant ma phrase. Je ne pouvais tout de même pas parler de cette période sans flatter un minimum mon égo. Déjà que ces révélations me perturbaient suffisamment profondément pour que des bribes de ma personnalité s'en trouve atteinte, je ne pouvais pas continuer sans équilibrer la balance. Et puis je ne voulais pas non plus que le jeune homme commence à s’apitoyer sur mon sort, c'était bien la dernière chose dont j'avais besoin. Je pris une gorgée du café que Roy nous avait préparé, suspicieuse que le bougre ait décider de se venger de la dernière fois. Malheureusement, il m'était impossible de sentir la douce saveur d'un alcool. Dommage, cela aurait été passionnant ! Et m'aurait également donné une raison de continuer mes petites vannes. Enfin, ce n'était pas parce que lui n'était pas friand de cela que j'allais m'arrêter là, bien au contraire. Me recentrant sur mes souvenirs, je passai ma main sur le bandage neuf qui recouvrait mon bras, appuyant dessus sûrement un peu trop fort, me remémorant délicatement la douleur de la première fois qu'une d'entre elle avait pénétrée mon corps.  

 « Vous devez donc bien vous en douter, celle-ci n'est pas la première intruse que j'ai porté en moi. Enfin, vous êtes quand même le premier, seul, et dernier à m'avoir vu dans cet état. Peut être devrais-je vous éliminer pour effacer les preuves de ma faiblesse ? Vous savez, peut être que votre pays s'est vu épargner des rumeurs, mais en Drachma, mon nom résonne en synonyme de crainte dans leur petite tête ! Alors s'il venait à savoir que je pouvais être blessée ... »

Cette fois-ci, je riais franchement, bien sur que ce n'était pas le cas, mais d'entre nous j'étais la seule à le savoir. Et puis, même s'il l'ignorait, je n'étais pas une meurtrière. Le peu de cadavres que j'avais laissé derrière moi l'avaient bien cherché.

' « Enfin, comme évoqué la dernière fois, l'homme qui me court désespérément après fait partie des services secrets de Drachma et est à l'origine de ce fameux projet. Contre toute attente, j'ai entendu dire qu'ils avaient troqués ces expériences démoniaques contre une tentative de coalition. Je n'en sais pas vraiment beaucoup, mais je sais qu'à défaut de se confronter directement à Amestris, Drachma finance les fauteurs de trouble. Je sais aussi qu'aucun mouvement important n'était prévu, jugé trop risqué. Après, ceci remonte à presque trois ans, mais j'ai du mal à croire que les intention du pays ait changé depuis. »

Je fini d'une traite ma tasse. J'avais réussi avec brio à éviter d'évoquer mon passé et avais retrouvé mon calme. J'espérais vraiment que Roy n'avait pas l’intention de me questionner dessus. J'avais une petite idée derrière la tête pour éviter d'être la cible des questions qui me dérangeaient et pour avoir quelques réponses à celle que je me posais.

 « C'est tout de même étonnant. Dans mon pays, je fais partie des personnes les plus recherchés depuis mon évasion, pourtant mon seul crime, à leur yeux, a été celui d’exister. Et à côté de cela, nos dirigeants sont capables du pire, Ishval, par exemple. »

Qu'il fasse parti d'un camp ou de l'autre, le militaire allait forcement réagir à ma remarque, tiraillant de nouveau ses nerfs. Mais je commençais aussi à connaître mon gibier, bien trop calme pour son propre bien (ou plutôt pour le mien), sûrement allait-il rebondir de manière tout à fait sereine, sans même évoquer ses souvenirs ou sa position par rapport à ce véritable génocide.

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MessageSujet: Re: Bribes de passé et perspectives d'avenir [PV Roy] Lun 12 Mar - 10:41





La jeune femme avait les yeux perdus sur le sol. Je découvrais une nouvelle facette, bien plus réaliste et douloureuse qui ne cessait d'affluer à mesure qu'elle parlait. La simple évocation d'enfants utilisés pour des expérimentations faisait serrer les dents. Mais quelle hypocrisie de juger les abominables expériences des territoires ennemis. Il se passait des choses ici qui conservaient une archaïque estime de l'être humain. Magilia avait donc été un de ces enfants enfermés dans un « orphelinat » militaire. N'y avait-il donc personne pour dénoncer les monstruosités qui s'épanouissaient sous leurs yeux ? Aucune preuve tangible puisque les enfants eux-mêmes en perdaient le souvenir. La jeune femme avait-elle été capable de se tricoter un fil linéaire de tout ce qui se déroulait autour d'elle a force de grandir dans un tel environnement ? Selon ses dires, il n'y avait plus personne à sauver. Elle était unique dans son genre. Je baissai les yeux sur ses mains. Le savoir des Drachmans était si primitif qu'ils s'accordaient ce genre de tentatives. Cette femme ignorait ce qu'était un parent. Elle ignorait ce qu'était l'enfance et les aléas stupides qui accompagnaient cette épreuve d'enfant. C'était sans doute ce qui lui épargnait un tournant plus sombre. Le souvenir de l'espoir en étant enfermée aurait été invivable.

Magilia tenta de plaisanter et quand bien même elle en suggérait de m'assassiner pour mon silence, je la fixai sans broncher, les mains liées et les coudes sur les genoux. L'expatriée avait réussi à se faire craindre au sein de son propre pays et cela démontrait d'un tempérament solide malgré son apparence fluette. Elle aurait plu à Chris.
L'homme qui la poursuivait n'allait pas lâcher l'affaire. Dans le pays de l'alchimie, il y avait la possibilité de la faire passer inaperçue. Il faudrait lui proposer de rester cachée un bon moment et il me fallait davantage qu'un portrait vaseux pour le signaler. Cet agent secret avait très certainement des moyens de faire prévaloir sa présence sur le territoire et cette affaire allait devoir se conclure de manière officieuse. Il ne serait sûrement pas assez stupide pour attaquer les alliés de la magicienne de front, essentiellement car nos uniformes nous désignaient comme défenseurs de l’État. Néanmoins avec le terrorisme qui sévissait, il avait de quoi camoufler et revendiquer toutes attaques envers l'Armée. L'étau se resserrait. Si Magilia disparaissait, personne ne le verrait quand bien même son égocentrisme feint accentuait sa présence. Qui s'interrogerait sur la disparition d'une jeune inconnue ?

Personne ne s'en soucis et c'est bien le problème.

J'allais la faire rebondir sur le portrait de son poursuivant quand elle évoqua brutalement Ishval. Il me fut difficile de distinguer dans quel but la jeune femme détournait la conversation. Avais-je tiqué ? Ma vision s’était rétrécit. Je la pensais ignorante vis-à-vis de mon passif et de l'évocation même de mon nom. Mais après un tel récit, il ne fut pas étonnant qu'elle se soit renseignée sur la personne qui l'invitait chez elle. Depuis que je l'avais rencontrée, j'ignorais si elle agissait ainsi avec tous les individus qu'elle côtoyait, mais elle semblait très curieuse. C'était sans doute légitime si l'on ignorait pas d'où elle venait. Elle voulait un échange équivalent. Mais nous n'avions pas convenu que celui-ci s’intéresse à cela.

Je me redressai :

« Il faut des preuves pour porter de telles accusations. »

Là était bien mon problème depuis des années. Depuis notre retour d'Ishval, plus rien n'était pareil et nous étions persuadés de changer le monde pour que plus jamais ne se reproduise un tel crime. Mais je lui donnais la réponse la plus rationnelle et la plus apte à être entendue, car s'il y avait bien une chose qui était inexplicable, c'était les raisons même de cette guerre et de toutes celles à venir. J'avais participé à l'une d'elles de mon plein gré sans jamais découvrir comment m'arrêter. Avec le recul, il était très facile de juger un homme du front pour lui intimer de cesser le feu. Mais qu’en était-il de ceux qui l'ont vécu, arme au poing, dans l'espoir de survivre ? Nous avions été lâchés dans un territoire hostile sans un mot de plus que celui de tuer. Nous étions devenus des moutons aussi belliqueux qu'inexpressifs pour notre survie. Était-ce un piège ? La réponse était « oui », mais de qui ? Ou de quoi ? Car une fois sur le front, nous ne pouvions faire plus confiance à personne. Si nous fuyions, nous devenions des déserteurs, des peureux, des crevures sans aucun espoir ni même aucune parole. Si nous foncions, nous étions des héros qui n'en avaient que le nom. Nous avions suivi les ordres sans nous poser de questions ? Non. Nous les avions suivis par bêtise et ignorance. Naïveté et amour de la patrie. Je pensais que ma patrie était le monde. Je ne me rendais pas compte que le monde avait rejeté cette idée depuis très longtemps.

« En avez-vous ? Si cet agent vient me voir et me raconte une version toute différente, qui dois-je croire ? Je n'ai que votre parole. C'est un peu comme me proposer deux tasses de café sans savoir laquelle est piégée... Cela vous connaît n'est-ce pas ? »

C'était à mon tour de tester ses limites et la véracité de ses propos. Je voyais bien dans ses yeux et durant son récit qu'elle disait les choses justes. Je voulais m'assurer qu'elle était prête à aller jusqu'au bout. Ou bien si Magilia était une deserteuse.


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MessageSujet: Re: Bribes de passé et perspectives d'avenir [PV Roy] Mar 13 Mar - 9:53















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~ Masks unveiled~



Les sensations qui traversaient mon corps aujourd'hui étaient inédites. Du moins, le cocktail l'était. Cela faisait tellement longtemps que la tristesse ne s'était plus abattue sur mon cœur que j'en avais presque oublié la douleur. Non, ce n'était pas cela. La tristesse et la douleur, je vivais continuellement avec, enfermées bien loin au plus profond de mon être. D'ordinaire, je savais la contrôler et la faire taire, mais aujourd'hui c'était différent. Pourquoi ? Une des nouvelles questions soulevée par mon enquête du jour. Était-ce parce que je profitai de notre entretien pour me confier sur mon passé ? Ou juste la perspective de s'y replonger peut être ? Il est vrai que je n'avais jamais eu quelqu'un à qui parler de mes … expériences passés, alors sûrement que d'en laisser un petit filet s’échapper me soulageait, dans un sens. Cela me déplaisait fortement. Depuis quand mon armure était-elle suffisamment ébréchée pour que des bribes de ma personnalités s'en échappe ? Il allait falloir que je cimente de nouveau ce mur de glace. Il était hors de question qu'un homme tel que lui, que je ne connaissais que depuis très peu, puisse que n'entrapercevoir mes faiblesses. En parlant de faiblesse, il en avait largement assez vu, d'ailleurs, ce fameux jour. Lui parler d'Ishval était en quelque sorte ma manière de reprendre le contrôle de la situation, de laisser le temps à la brèche de se refermer avant que trop de détails ne s'en échappe.

La réaction de Roy quand à ce sujet n'était pas vraiment étonnante. Lui aussi, en quelque sorte, portait la même armure que moi. Et à sa manière également, il s'échappa habilement du terrier d'épines. Nos situations n'étaient cependant pas vraiment comparable, même si tout deux, nous avions vécu notre lot d'horreur. Lui avait du monde autour de lui, des compagnons d'armes ayant vécu la même chose et avec qui, à défaut de pouvoir en parler, ils pouvaient se comprendre. C'était sûrement pour cela qu'il était si habile à se défendre sur ce sujet. Cependant, j'avais brièvement aperçu dans ses yeux une lueur, comme si l'évocation de la guerre le touchait plus qu'il ne le laissait paraître. La froideur de sa réponse me donnait raison. Par contre, je n’appréciais pas du tout la tournure que prenait les choses. Rêvais-je, ou me traitait-il de menteuse ? Des preuves ? Des preuves de mon récit ? C'était bien la première fois que j'entendais quelque chose d'aussi stupide. Celui capable d'inventer une telle histoire, j'aurais vraiment aimer le rencontrer. Si quelqu'un était capable de sortir des récits comme celui-ci de sa tête, il serait vraiment capable de me divertir. Je me mordais la lèvre nerveusement en serrant les poings. Cette fois-ci, le militaire avait tiré sur la mauvaise corde et, tel un chat qui en avait marre qu'on le caresse, je sorti mes griffes.

D'un point de vue complètement placide, je pouvais comprendre ses doutes. Bien sur que je pouvais être l'espionne de l'autre camp qui jouait de la situation pour me rapprocher de lui et au final le trahir. Mais, sérieusement ? Après ce qu'il venait de se passer ? J'avais déjà du mal à accepter que mon nom ne soit pas connu dans ce pays et que ma réputation n'ai pas déjà fait le tour du monde. Mais que l'on me prenne pour une menteuse, c'était là le pire des affronts. Si ce que j'avais voulu obtenir de lui, je l'avais fais pour mon pays d'origine, je n'aurais pas perdu du temps à être sentimentale avec lui, à préférer trouver la source de son mal que d'avancer dans mes recherches. Car oui, si je m’entêtais autant sur sa noirceur, c'était bel et bien pour laver l'ardoise qu'il m'avait faite en me retirant cette épine du pied, ou plutôt cette balle du bras. Et comme à chaque fois que je voulais faire preuve de générosité, on me rappelait que cela n'en valait pas la peine, et surtout pas avec les hommes de l'armée. Je n'en revenais toujours pas, croire que mon récit n'était qu'invention … Rien que le souvenirs des douleurs me faisaient monter les larmes aux yeux. Je me levai et me retournai, lui tournant le dos. J'avais les poings tellement serré que je pouvais sentir mes ongles qui pénétraient lentement la chair.

 « Alors il faut croire que vous avez vraiment la queue entre les jambes et que vous n'avez pas oser me regarder tout à l'heure. Bravo. »

Je laissai tomber le haut de ma veste sous mes épaules, dévoilant la fine peau qui composait mon dos. Peut être étaient-elles cachés de ma vue, mais je les imaginais avec une grande précision, chacune de ces marques. Témoins de mon histoire douloureuse, chacune de ces bien trop nombreuse cicatrices racontaient leur propre histoire. La plus impressionnante, une grande balafre le long de ma colonne. D'une précision chirurgicale, à l'époque on ne nous laissait pas vraiment le temps de cicatriser nos blessures. Elle n'avait donc pas si bien vieillit que cela. Elle était le souvenir de ma première mort, et de l'expérience ultime que j'avais vécu à l'orphelinat. Au niveau des lombaires, trois marques de brûlures. Ça je l'avais gagné en défiant l'autorité, là bas. Et oui, même enfant il fallait croire que j'étais déjà une emmerdeuse de première. À la hauteur de mes seins, sur mes dorsaux, ma première blessure par balle. J'avais eu énormément de chance ce jour là d'ailleurs. La balle s'était coincé juste avant de heurter la côte. Le ''docteur'' de l'époque m'avait dis qu'à une plus courte distance, la balle aurait continuer sa route jusque dans mes poumons et que j'en serais sûrement morte. Je pouvais continuer comme cela presque toute la journée, et encore je ne lui montrais pas la partie de mon corps qu'il ne saurait regarder, même en l'absence de poitrine proéminente. D'un geste sec, je remontais le manteau et rabattait mes cheveux par dessus en me retournant, le regard toujours aussi froid. Je sentais monter des larmes mêlant peine et colère. Roy devait bien être le premier à qui je montrai intentionnellement cela. Heureusement pour moi, mes yeux étaient devenu bien trop sec avec le temps pour laisser la moindre goûte s'en échapper, mais les nefs étaient toujours là.

 « Est-ce suffisant pour monsieur le dubitatif ? Oh, mais après tout, peut être que cela aussi je l'invente, n'est-ce pas ?  Peut être que, ces marques ne sont que le fruit d'un entraînement commando dans un pays plus froid que la glace elle même ? Oooh mais non ! J'aime tellement me flageller, que ces marques ne sont que le fruit de mon passe temps favoris pour m'aider à mieux mentir !»

Cette fois-ci, j'eus bien plus du mal à retenir les chevaux à l'écurie, et les nerfs me lâchèrent.

 « Vous êtes vraiment un imbécile ! Je me demandais d'où provenais le malaise que dégageait ce lieu, mais je comprend mieux votre solitude maintenant ! Douter de quelqu'un qui vous  raconte les secrets inavouable de sa vie ? Je cherchais juste à vous faire évacuer un peu de pression et à comprendre cette noirceur qui se tapis dans votre coeur, mais au final vous voulez entendre la vérité, celle qui se cache derrière votre mensonge ? Ishval, vous y avez pris bien plus de plaisir que vous ne voudrez jamais l'admettre. Derrière ce masque de gentil-homme, ce cache quelque chose de bien plus sombre, ce vous qui apprécie la chair brûlée. Vous pensiez vraiment que ce regard de braise m'avais échappé lorsque vous avez immobiliser mes poursuivant en usant de votre pouvoir ? Oooh oui, quel belle volonté masquée que de vouloir protéger les autres ! Regardez, ça c'est de l’efficacité ! »

Je disais cela en lui présentant mon bras meurtri, oui, ce n'était pas absolument de sa faute et je ne pensais pas tout ce que je disais. Mais le pauvre homme subissait le contre coup de colère accumulée depuis tant d'année, et il avait voulu jouer avec le feu, qu'il croyait savoir maîtriser.

 « Mais dites moi, vous comptez être aussi efficace auprès de votre équipe, auprès de votre peuple, auprès de lui ? »

Je désignai du regard le cadre photo retourné. C'était la seule photo de lui dans tout son appartement, alors cette personne devait lui être chère. Oui, je devais peut être un peu trop méchante vis à vis de mon caractère habituelle, mais l'on ne traîne pas impunément mon image et mon passé dans la boue.

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MessageSujet: Re: Bribes de passé et perspectives d'avenir [PV Roy] Mar 13 Mar - 14:58





La jeune femme se leva et me tourna le dos. Elle s'était tendue et s'apprêtait à partir. C'était du moins ce que je croyais avant qu'elle ne réplique, acerbe, avec des propos tout à fait incorrectes, mais qui me laissèrent stoïque tant cela semblait inapproprié. Néanmoins je compris son sous-entendu lorsqu'elle retira sa veste, juste assez pour me dévoiler les cicatrices de son passé. J'étais raide sur mon fauteuil, incapable d'en retirer les yeux. Les cicatrices recouvraient la plupart de la peau de son dos. Une blessure par balle rougissait ses dorsales. Je me levai, observant de plus haut les méandres d'un passif abusif. Des soupçons de torture qui ne la quitteront jamais. La marque de l'Homme dans sa plus terrible version.

Lorsqu'elle se rhabilla et se retourna, j'étais à moins d'un mètre de ses yeux peinés et colériques. Sarcastique, elle me demanda si cela suffisait. Ces propos n'étaient plus dissimulés derrière des rires nerveux et des sourires conciliants. Pire encore, elle se mit à hurler, changeant brutalement de sujet non sans m'avoir distribué l'insulte qui me convenait le mieux à ce moment précis. Je ne pouvais même pas la démentir, car c'était vrai. J'écoutais ce qu'elle avait dire sans broncher jusqu'à ce qu'elle parle d'Ishval, de nouveau. Elle ne se contentait plus d'en faire allusion et ses hypothèses crues ne manquaient pas d'être douloureuses. Le fait qu'elle puisse croire que j'avais aimé ce que j'y avais fait me donnait envie de vomir. Mes poings s'étaient serrés et je voulais marteler le mur jusqu'à ce que la maison s'effondre. Je ne bougeai pas. Si je le faisais, je n'arriverais pas à m’arrêter. Elle pensait détenir la vérité cachée derrière une myriade de nuages sombres. J'ignorais ce qui avait pu la pousser à croire cela et même si je ne cessais de la fixer, je sentis la hargne gagner du terrain. J'avais du mal à respirer calmement et il semblait que mes poumons avaient rétrécis au point de m’empêcher de le faire. Le souffle chaotique, je m'interdisais d'ignorer son regard et encore moins de le dévier. Le masque tenait difficilement. Les miettes qui s'étaient effritées étaient là, devant elle.

Elle m'accusa d'être inefficace et tendit son bras pour appuyer son propos. Elle me coupa définitivement le sifflet lorsqu'elle désigna le cadre photo du regard.

[...]

J'avais fais exprès de la provoquer sans jamais soupçonner que ça irait si loin. Je détestais l'hypocrisie et tout ce qui semblait s'en rapprocher. Les rires et les sourires qui accompagnaient un récit aussi néfaste n'avaient pas leur place. Elle me montrait son vrai visage. Enfin. Le plus ironique restait sûrement le fait que chacun de nous portait un voile pour montrer une image différente. J'avais beau plonger mes yeux dans les siens, j'ignorais si elle pensait réellement tout ce qu'elle venait de dire. Étrangement, depuis qu'elle avait évoqué Hughes, je respirais avec plus de facilité. Combien de temps passa durant lequel je ne faisais que la fixer sans plus savoir si les jointures de mes doigts étaient douloureuses parce qu'ils étaient repliés ? Ma mâchoire semblait vouloir ressortir par tous les côtés tant elle était compressée. Succinctement et bien malgré moi, le souvenir de la cabine téléphonique vide et maculée de sang me piqua les yeux. J'avais chaque petit détail de ce jour en mémoire. Je me souvenais avoir été las lorsque la secrétaire m'annonça qu'il voulait me parler. J'imaginais de très loin qu'il allait encore me faire un cinéma sur sa femme ou sa fille. Il allait peut-être exagérer à propos des frères Elric. M'assurer qu'ils allaient bien et qu'il fallait cesser d'être aussi sévère avec eux. Qu'aurait-il pu dire ? Il était comme ça tout le temps. Il plaisantait et prenait les choses à la légère jusqu'à ce qu'il ne tienne plus. Profiter de la vie était son credo. Profiter de tout ce qu'elle pouvait donner de plus beau. Malgré la guerre, il voyait en chaque personne le bénéfice du bonheur. Jusqu'à preuve du contraire, il laissait sa chance à tout le monde. C'était le plus fort d'entre nous, capable de voir au-delà de son propre fléau. En dessous de sa carapace se tenait l'homme le plus droit et le plus dur que je connaissais. C'était une énigme que seul les ressortissants pouvaient comprendre. Il soutenait tous ceux qu'il aimait sans s’essouffler. Il s'investissait autour de lui et même pour ceux qui ne le voulaient pas. Edward ne l'avait pas forcé à faire des recherches. Le garçon ne devait pas croire qu'il était mort à cause de lui, car ce n'était pas le cas. Hughes était intelligent. Il avait vu quelque chose. Il m'avait appelé pour me mettre au courant. Il était mort juste avant que je ne saisisse le téléphone. Je le tenais dans la main. Je... Je tenais ce satané téléphone dans la main quand lui...

« Il est mort. »

La voix rauque, je continuai de l'observer. J'avais levé la main sans m'en rendre compte, les doigts repliés sur un combiné totalement invisible. Je la baissai. Ce soir-là, le fait même qu'il ne réponde pas était un mauvais signe. Son silence avait été le bruit le plus tempétueux que je n'avais jamais entendu.

Magilia avait raison. Je n'avais rien pu faire pour lui et j'étais d'autant plus impuissant face à sa famille.

Je desserrai les poings et entreprit de faire le tour de la table basse avant de me rasseoir sur le divan. Penché en avant, les coudes sur les genoux et les mains en dessous du menton, je poursuivis :

« Je conçois que vous ayez sans doute tuer des gens sur votre chemin... Pour vous protéger. Vous n'avez pas l'air d'une criminelle, et je me trompe rarement sur les personnes que je côtoie. Néanmoins, si c'est le cas, je n'hésiterais pas à vous arrêter. »

J'avais bien faillis lui sous-entendre que ce serait la mort qui l'attendrait, le regard assombrit par l'image impotente d'un meurtrier invisible. Celui qui avait assassiné Hughes. J'avais bien fait de me dire en boucle qu'elle n'avait pourtant rien à voir avec toutes ces histoires... Je relevai les yeux vers Magilia :

« Nous allons commencer par tirer un portrait de celui qui vous pourchasse. Nous le trouverons et nous l'arrêterons. Mais dès que ce sera fait, que ferez-vous ? Quel est votre but ? »

Je n'avais rien à justifier. Ni la guerre, ni la colère qui me prenait aux tripes. Les mots ne suffisaient pas à rendre un homme juste aux yeux des autres et si je pouvais lui prouver qu'il restait encore de l'espoir, ce serait par des actes. J'étais loin de me douter à quel point j'étais fourbe sans m'en rendre compte. Mes idéaux étaient toujours là, enfoncés sous ma peau. Mais il suffisait que je la soupçonne de vouloir rendre justice pour me méfier de ses intentions.


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MessageSujet: Re: Bribes de passé et perspectives d'avenir [PV Roy] Mar 13 Mar - 16:58















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~ Weakness~



Mes mains tremblaient et mon regard émeraude brillait tel les astres du ciel. Le militaire se retrouvait bien trop proche de mon visage pour que j'arrive à me focaliser sur son visage. La mise au point était difficile, mais le message semblait être passé et désormais. Tout deux avions les poings suffisamment serrés pour que cela ressemble à un rituel satanique où chacun devait partager un peu de son sang. S'il était bien alchimiste de flamme, il avait réussi à enflammer ma colère et mes yeux. J'avais l'habitude d'exposer mes caprices au monde, mais rarement m'énervais-je pour de vrai. En prenant un peu de recul, je ne savais pas vraiment ce qui avait déclenché une réaction si violente de ma part. Certes je ne supportais pas être insultée ou ridiculisée, mais je parvenais en général à garder le contrôle de la situation, à ne pas être celle que ses sentiments mettent en défaut. En cherchant un peu, la raison était assez évidente. Remontons trois ans en arrière. Le seul être humain qui possédait une partie de ma confiance en ce monde me trahissait et me vendait au plus offrant : l'Etat Drachman. Personne d'autre ne savais d'où je venais. Personne d'autre ne connaissais l'origine de ma magie. Malgré cela il m'envoya en prison. Ce n'était pas vraiment l'insubordination de mon acolyte qui me travaillait, à l'époque, mais la trahison de l'homme qui connaissait mon vrai visage. Cela avait du m'affecter bien plus que je ne me plaisais à le croire.

Or, aujourd'hui, poussée par les événements et les circonstances, je m’apprêtais à faire les même confidence à un homme que je ne connaissais guère, mais en qui j'avais senti ce quelque chose de particulier. Ce sentiment que malgré tout, ses intentions sont louables et que lui aussi avait vécu suffisamment d'enfer pour entendre le mien. Cette intuition m'avait fait commettre cette première erreur que de vouloir m'y fier trop rapidement. La précipitation, je la devais au bourbier dans lequel j'étais et à la blessure de la trahison. J'étais bien plus que capable de me débrouiller seule, mais je m'étais persuadée que j'avais besoin d'alliés dans ma quête. Tout aussi dur à admettre, j'avais aussi besoin d'une raison d'être. La survie n'avait rien d'amusante et mis à part ma petite revanche personnelle, je n'avais pas vraiment d'objectif. Rencontrer cet homme m'avait ouvert une porte. Un moyen de ne pas tomber dans la lassitude de la vie. Un moyen, si je le jugeais apte à recevoir mon soutien, de mettre mes talents à contribution tout en restant moi même. Et voila que celui ci me mettait d’emblée en position de faiblesse, bafouant mes révélations d'une manière bien trop semblable à la trahison de Daniel. Je savais pertinemment que cela n'avait rien à voir, mais l'entendre dire qu'il était possible que la méchante, ce soit moi, cela ravivait cette balafre bien trop récente. J'avais pensé reprendre le dessus en réagissant ainsi, mais j'étais loin de me douter que je ne faisais que m'enfoncer dans ma propre galère et que je rendais les choses bien pire encore. Je m'attendais à ce que lui aussi s'enflamme après un tel discours, que lui aussi, commette un faux pas et qu'ainsi, nous nous retrouvions sur un pied d'égalité. Son stoïcisme apparent me rendait encore plus folle de rage. Dans ce duel de confiance, il était largement en train de m'écraser et de me forcer à retirer le filtre de ma personnalité auquel j'étais bien trop habituée. Les mots qu'il employa vinrent me frapper encore plus brutalement que ma blessure au bras.

''Il''. C'est vrai, je ne m'étais pas suffisamment posé cette question avant de cibler le cliché. Qui était cet autre homme, sur la photo ? La proximité entre les deux étaient bien trop frappante pour qu'il ne s'agisse que d'un camarade de bataillon. Malgré les circonstances, les deux hommes ne tiraient pas de salle tronche sur la photo. Il y avait forcement un lien particulier entre les deux hommes. Peut-être était-il son mentor ? Un proche avec qui il traversait cet enfer ? Les choix étaient multiple, mais tous montraient du doigt la proximité entre eux.

''Est''. Il est. Est-il en vie ? S'il venait à parler de cet autre homme sur la photo, c'était sûrement que oui. Il devait vouloir m'annoncer quelque chose de particulier vis à vis de lui. Quelque chose lui permettant d'asseoir l'avance qu'il avait pris sur moi et de faire voler en éclat ma tentative de déstabilisation. La certitude que j'avais établie précédemment tombait en lambeau. La suite tournait sous le sens. Je venais ici de faire ma seconde erreur, que je m’apprêtais à payer cher. Je redoutais la fin de sa phrase comme un criminel attendant sa sentence.

''Mort''. Ce mot lourd de sens que je redoutais tant était aussi affûté que la lame d'un bourreau. Pour une fois, j'avais réagi excessivement et j'avais oublié de réfléchir. Je m'étais bien trop exposée et voila qu'on en arrivait là. Jamais je n'aurais du laisser s'échapper des bribes de mon passé. Cette déclaration enflammait mon cœur et fendit littéralement le minuscule interstice de mon armure, dans lequel j'avais laissé Roy y plonger le regard. Idem à la boite de Pandore, tout ces souvenirs profitèrent de cette ouverture béante pour s'échapper et s'infiltrer dans mon esprit ; de vieille blessure se rouvrait.

Trois coup de feu retentissaient, presque dans un unisson parfait. Si l'unisson était l'un des intervalle favoris des religieux, la mort semblait tout autant l'apprécier. Contrairement à tout mes souhaits, je n'étais pas, ce jour-ci, figurante sur la liste de la faucheuse. Son corps glissait lentement de mes bras emmitouflé dans la fourrure de ma veste. Ses mains, chaudes et glissées sous mon haut relâchèrent leur étreinte. Ses lèvres rompirent le contact et j'eus tout le loisir d'admirer son âme quitter son corps à travers ses yeux. Pourquoi ? Pourquoi, après tant de souffrance, alors que je venais tout juste d'effleurer le bonheur du doigt, la vie me reprenait ce que j'avais eu tant de mal à obtenir ? Et l'échange équivalent dans tout ceci ?! Mes mains se couvraient lentement de pourpre gluant, mais mon esprit refusait d'accepter la réalité. Cela ne pouvait être réel, pourquoi ce soir ? Je n'arrivais pas à crier, je n'arrivais pas à pleure. En fait, je n'arrivais même plus à bouger. Ces balles ne m'étaient peut être pas destinées, mais c'était tout comme. Frappée en plein cœur, je sentais en moi quelque chose qui mourrait, désireuse d'accompagner dans l'autre monde l'âme de mon ami déjà partie. Cette douleur que je ressentais, rien ne saurait la décrire. Les mots n'existaient pas. Son regard bleu éteint me fixa une dernière fois, avant que son corps s'abattent lourdement au sol et que le vide s'empare de ses yeux. Mon corps entier brûlait de l'intérieur. C'était comme si un torrent de lave se répandait depuis mon cœur. J'étais prête à abandonner tout ce que j'étais pour que l'on revienne quelques secondes en arrière. Et je ne pouvais, impuissante, que regarder une partie de moi s'envoler au loin tandis que corps me hurlait de prendre la fuite. Je tombais au sol sur les genoux et fixais mes mains tachées de sang. Tout était de ma faute.

Et aujourd'hui, tout était encore de ma faute. Il pouvait la cacher aussi bien qu'il le voulait, je connaissais que trop bien cette peine pour ne pas la reconnaître et savoir qu'elle venait, à l'instant ou j'avais fini de parler, de remplir son cœur. Je pouvais souhaiter énormément de chose dans ma vie, mais de faire ressentir cela à quelqu'un, jamais. Encore une fois, je me retrouvais là, impuissante face à la douleur d'un autre, qui après tout semblait bien mieux gérer la situation que moi. Je voyais Roy se mouvoir, je le voyais parler, mais rien de tout cela ne semblait parvenir à mes oreille. C'était comme si j'avais basculé dans une autre dimension. Les larmes trouvèrent enfin le chemin de sortie et d'une crise de nerf, je me retrouvai sur les genoux, frappant le sol du poing. Le pauvre homme ne devait rien y comprendre et devait se demander quelle genre de folle j'étais pour passer d'une colère noire à la fragilité d'une madeleine. Sans même le savoir, il venait d'ébranler la muraille qui me séparait de la réalité. Celle qui protégeait la jeune femme impuissante qui n'avais jamais vécu réellement du monde extérieur. Et je détestais cela. Comment avait-il fait pour briser avec de si simples mots une protection que j'arborai depuis si longtemps ? Pourquoi le souvenir de la mort me hantais et me faisait sentir telle une criminelle de lui avoir imposé cette vision ? Cette culpabilité qui commençait à me ronger, d'où venait-elle ? Voyons, il n'avait rien fait ! J'étais bien plus forte que cela, comment trois mots simplistes pouvaient me mettre dans cet état ?

La nouvelle de la mort de son ami n'avait été que le déclic d'une bombe prête à exploser. Tout d'abord, j'avais du m'enfuir de chez moi, pour au final me retrouver de nouveau traquée là où je pensais qu'on me ficherais la paix. Ensuite, j'avais du, moi, la grande Magilou, être sauvée par un homme qui m'était étranger et duquel j'avais de base songer me jouer. Il m'avait vu dans un état de faiblesse qui ne m’allait guère et j'avais comme une dette de mort envers lui. Et maintenant que nous mesurions nos force d'esprit, je me faisais écraser à plat de couture. Mais qui était-il ? Ou était-ce moi qui était devenue si faible sans m'en rendre compte ? Le retour de H m'avait, au final, bien plus secouée que je ne l'imaginais et voila que maintenant j'en rajoutais une couche.

 « Ne.. ne me regardez pas »

J'étais honteuse d'être tombée si vite, si bas et surtout de lui permettre de voir cela. Qu'en était-il de mon image vis à vis de lui désormais. Il n'y aurait plus d'égalité et j'allais être dominée, comme avant. Au fond, ce qui me torturais vraiment, c'était cette peur d'être utilisée. C'était cela, que cachais mon armure au plus profond de moi. Et je venais de lui montrer ce que je redoutais le plus : mon vrai visage d'un cœur brisé, aisément manipulable. Il fallait se reprendre, il n'y en avait peut être que très peu, mais je devais sauver les meubles. Je m'asseyai sur mes talons et d'un revers de la main balayai se dernier sanglot. Après une longue inspiration, je redirigeais mes yeux, teinté d'une crainte mal dirigée, vers ceux de mon hôte. Celui-ci ne devais vraiment rien comprendre à ce qu'il se passait.

 « J'ai … été rude. Il y a du noir en vous, ne vous leurrez pas. Je me suis laissé aveuglé par cette stupide dette que j'ai envers vous et je me pensais suffisamment forte pour la régler ainsi : En empêchant cette corruption de s'étendre. J'ai été maladroite dans ma démarche, mais je sens au fond que votre coeur est bon. Ne soyez pas aussi faible que moi, et ne laissez pas la mort s'emparer du votre. Voyez où cela mène.»

J'avais troqué ma colère contre une tristesse et cette sensation de culpabilité. Je finissais mes mots d'un léger rire sans fond tout en me relevant. Je m'assis de nouveau face à Roy, je n'avais absolument pas écouté ce qu'il avait dit, mais j'avais compris qu'il s'agissait de H. Après avoir fait voler en éclat mon voile, je n'étais même plus sure d'être assez forte pour affronter le H de mon passé, mais le militaire semblait y tenir et par respect pour ma défaite, je me devais de céder à sa demande.

 « Je ne peux pas vraiment vous aider à le reconnaître. Son visage … il doit être vu pour être reconnu. Cet air malsain qui l'anime, c'est comme cela que je le reconnais. Mais il est mon problème et ne sera pas une menace directe pour vous, je vous le garanti. A l'heure qu'il est, il est sûrement déjà de retour à la cité blanche, en train d'élaborer un plan pour me récupérer. Dans tout les cas, il ne reviendra pas avant un moment, je connais son mode opératoire. Il va falloir me demander autre chose »

Cette manière peu habile d'éviter d'en parler laissait vraisemblablement bien trop transparaître que j'avais du mal à me remettre de mes émotions. En y réfléchissant, une autre peur commençait à envahir mes pensées. J'espérais que la dureté des mots que j'avais employé tantôt ne risquait pas d'aggraver la situation que j'avais tenté de régler maladroitement. De toute façon, maintenant qu'il m'avait vaincu, la balle était dans son camp. Ce revirement de situation avait bien du lui faire comprendre que je ne présentais aucun risque pour lui ; J'étais prête à lui donner mon soutien, mais en voudrait-il toujours après avoir vu à qui il avait réellement affaire ?

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MessageSujet: Re: Bribes de passé et perspectives d'avenir [PV Roy] Mer 14 Mar - 17:57





Magilia s'effondra en larmes. Incrédule, je me relevai pour m'approcher avant de m'immobiliser. Je connaissais son aversion pour les contacts humains et avec ce recul de quelques secondes, je savais que je n'étais pas la personne qui pouvait prétendre la réconforter. Elle tapait ses poings contre le sol. Je ne comprenais pas ce qu'il venait de se passer, laissant mes bras retomber le long de mon corps. Sans faux semblant, je restais debout devant elle, rembruni par sa réaction. Malgré son ordre larmoyant, je ne pouvais pas détourner les yeux de son chagrin. D'une quelconque manière, nous en étions arrivés là. Elle avait sans doute beaucoup trop parlé pour quelqu'un qui cachait si bien sa véritable identité. C'était une bombe humaine qui était chargé d'une pression incommensurable. Avec de telles cicatrices, il n'y avait rien de plus compréhensible.
J'étais parvenu à éveiller la vraie personne qui se trouvait sous son masque, mais ça n'enlevait rien à la colère qui m'obsédait. Je détestais pousser les autres à faire ce dont je n'étais pas capable. Comme elle, je gardais des secrets enfouis que même mon équipe ignorait. Depuis le temps, nous avions tous cessés d'être des inconnus les uns des autres, mais j'étais persuadé qu'ils ne savaient pas à quel point je fondais de rage. Je faisais tout pour le leur fait oublier, mais j'ignorais pourquoi. Nous avions tous confiance en nous. Je savais que je pouvais tourner le dos à l'un d'eux sans me poser aucune question. Qu'est-ce qui me retenait de parler ? Nous n'avions ni le temps, ni l'habitude de confier nos peines et nos incertitudes. J'étais, de toute façon, aussi déterminé et sûr de moi.
Le doute a toujours fait parti de ma vie. Se remettre en question était devenu une manie depuis la guerre. Avant ça, qu'avais-je à me reprocher ? Naïf et boursouflé d’idéaux tout aussi stupides, j'étais certain que m'engager dans l'armée pour aider le peuple était la solution. Je voulais montrer à mon maître combien il avait tord et lui mettre le nez dans mes exploits pour qu'il soit fier de m'avoir choisi. Finalement, il avait eut raison. Le fait de ne pas avoir écouté sa mise en garde avait engendré un feu destructeur. Brûler le dos de sa fille fut la chose la plus difficile à faire en rentrant d'Ishval. Contrairement à ce que le monde pouvait croire, claquer des doigts n'était pas si facile. Concentrer et manipuler le dioxygène était une manœuvre complexe, mathématique tout aussi ambiguë et fourbe dans le processus de l'alchimie. Mais lorsque je m'étais retrouvé dans le dos de Riza et que j'avais contemplé des lignes que je serais le seul à avoir en mémoire, j'avais su qu'elle avait raison. Plus personne n'irait chercher le pouvoir de destruction qu'Hawkeye avait mis au monde. J'étais le seul à le détenir, mais je m'étais juré de ne plus utiliser l'alchimie de flamme dans ce but. Nous avions fait une promesse. Quelque part, au fond de moi, je savais que je me fourvoyais. Mais dès que les traits du visage de Maes se dessinaient sous mes yeux, je ne pouvais pas rester stoïque. Le mot « deuil » était aussi violent que celui du sang. Que pouvais-je faire d'autre que de poursuivre son assassin ? Détourner le regard serait comme s'arracher un bras. Pour sa veuve et sa fille que je n'étais plus capable de regarder en face. Car bien avant la promesse de rester droit, nous nous en étions fait une des plus cocasses. Nous avions jurés de protéger ceux qui étaient sous nos ordres. Cela ne devrait pas être aussi difficile. Quand Havoc s'était retrouvé entre les griffes d'une créature qui ne devrait pas exister, j'avais su ce qu'il me restait à faire. Le garder en vie était la priorité. Qu'aurais-je fait s'il était mort ? Qui aurais-je pu prétendre être ? J'aurais fini aussi misérable que tous ces dirigeants qui envoyaient les soldats au front sans aucun savoir des circonstances. Hawkeye aurait placé son canon dans ma nuque et tiré. Car si je n'étais pas capable de protéger ceux qui m'importaient, je ne serais plus rien. Si le pouvoir que j'avais entre mes mains n'était rien d'autre qu'une bombe d’énergie destructrice, je ne serais rien. Le seul qui me voyait encore comme un homme et non une bête se trouvait six pieds sous terre. Le seul qui avait connu la joie téméraire d'aider les autres sans porter préjudice. Le seul qui avait vu le changement opérer quand un Ishval que l'on pensait connaître leva son bras pour me descendre. Le seul qui n'avait pas hésiter à tirer pour l’empêcher de le faire. Je serais mort, ce jour-là, éhonté d'avoir cru avec tant de foi en l'Homme. Mais qui aurais-je pu être, baignant dans mon sang, pour contester alors que j'étais allé sur place pour tuer des inconnus sans même savoir pourquoi ? Hughes m'avait sauvé la vie pour me dire quoi en faire. Il était mort et je devais poursuivre sans même m’arrêter sur son assassin ?

Était-ce ce que Magilia me disait à cet instant ? Était-ce le « noir » qu'elle voyait en moi ? De quelle corruption parlait-elle ? Etais-je en train de refouler mon savoir pour mieux m'enfermer dans la haine ?

La jeune femme retourna s'asseoir et je la suivis du regard. Je me sentais vidé comme si j'avais  réellement pu déverser toute ma colère. Comme si j'avais pleurer à l'endroit même où elle s'était effondrée.

J'aurais pu être à sa place si Havoc était réellement mort. J'aurais tué cette femme que son cœur batte ou non. Ils méritaient tous, dans cette équipe, que l'on se batte pour eux. L'Ishval qui m'avait tiré dessus méritait qu'on se batte pour lui. Il avait quitté l'armée pour rejoindre sa patrie. Son seul défaut, à mes yeux, a été d'ignorer que sa patrie n'était pas confinée dans un unique coin du pays. Mais qu'aurais-je fais à sa place ? N'étais-je pas justement en train de me dire que je défendrais les membres de mon équipe contre n'importe quel autre fléau humain ?
C'était un cercle vicieux. Ce genre de questions sans réponses m'obsédaient. Elles me hantaient depuis que j'avais foulé les terres sacrées. La guerre se résumait finalement à identifier son allié et son ennemi. C'était un jeu auquel je n'avais plus envie de jouer.  Je m'accroupis devant la jeune femme, les coudes sur les genoux :

« Très bien. Je vais vous demander autre chose. »

Je baissai furtivement les yeux avant de les relever dans les siens :

« Pouvez-vous vous faire suffisamment discrète le temps qu'on l'appréhende ? En toute honnêteté, il faudrait que vous changiez de coupe de cheveux, de vêtements... Voire de vocation. Il serait aisé de lui faire croire que vous êtes morte. De nouveau. »

Je fronçai un sourcil avant de soupirer :

« L'astuce serait de bouger, mais j'aimerais tout de même vous garder à l’œil. »

Je me relevai, en pleine réflexion, une main contre le menton :

« Prétendre que ce n'est pas mon problème ne vous mènera nul-part. Et vous n'avez aucune dette, ajoutai-je en baissant les yeux sur elle. Sauver la vie d'une personne ne doit jamais être considéré comme un devoir. C'est normal. »

Je croisai les bras, têtu.

« Alors cessez de fouiller là où ça ne vous concerne pas. Cette photo n'est pas à l'envers sans raison.  Vous n'étiez pas invitée à la soulever. »

Je soupirai, plus détendu :

« Vous ne me devez rien. »


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MessageSujet: Re: Bribes de passé et perspectives d'avenir [PV Roy] Jeu 15 Mar - 2:49















Roy & Lou
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~ Hope~



Se ressaisir. La dernière fois, cela avait coûté la vie à quatre hommes, certes loin d'être innocents. J'avais voulu mettre Roy face à ses doutes, au final je me retrouvais prise à mon propre piège. Cela faisait si longtemps que mon impulsivité me protégeait  que je ne savais plus vraiment comment réagir autrement. Il fallait que je réfléchisse posément à une issue, il y en avait forcement une. Mes pensées se bousculaient si vite dans ma tête que j'avais du mal à suivre le fil. Je pouvais désormais juger de inefficacité de mes tours,  maintenant que j'en subissais le retour de flamme. On le dit souvent sans jamais vraiment y faire attention, mais pourtant c'est bien vrai : notre pire ennemi est tapis en notre être. Maintenant que je l'avais libérée de sa cage, il allait falloir l'affronter. Mais je n'étais pas prête pour ce combat, seule, envahie par d'anciennes sensations que je pensais avoir dominées. Pourquoi étais-je si effrayée par cet alter-ego qui venait de se révélé face au jeune militaire ? Jusqu'à aujourd'hui, je n'avais pu me montrer faible devant personne, ma survie en dépendait, et étrangement cet instinct demeurait. Dans un tel état, j'étais à la totale merci de l'homme qui me faisait face. Or quelles étaient ses intentions vis à vis de moi ? Je n'arrivais plus à me fier à mon instinct, alors il fallait coûte que coûte que j'arrive à me ressaisir, maintenant.

En résumant la situation dans mon cerveau, je me rendais compte à quel point, outre le ridicule, je m'étais fourrée dans une situation, il faut le dire, … merdique. Après avoir laissé entrevoir une partie de mon passé à un ''inconnu'', je venais de détruire sous ses yeux l'image forte que j'avais mis tant de temps à construire. Qu'avais-je découvert contre cela ? Pas grand-chose, si ce n'est qu'au fond, nous n'étions pas si différent. Son armure à lui était simplement plus solide, même si j'arrivais à toucher du doigt ce qu'il y enfermait. Si moi j'y avais enfermé mon passé, ma peur et mon cœur, j'avais pu entrevoir que quelque chose de bien plus dangereux dormais chez mon hôte. Quelque chose qui, au fond, m'effrayait. Quelque chose que j'avais peur d'avoir éveillé tantôt et c'était bien pour cela qu'il fallait à tout prix que je retrouve ma lucidité. A partir de maintenant, les choses pouvaient vraiment mal tourner. Je l'avais attaqué sur son terrain et le reflet de mon geste avait, au final, brisé mes défenses. Deux graves erreur stratégiques qu'un militaire tel que lui devait sans doute comprendre.

Je ne parvenais pas à comprendre. Pourquoi rien ne se passait-il ? J'arrivais petit à petit à reprendre mon souffle, mes yeux toujours embués que je cachais maladroitement derrière mes mèches blondes. Son regard perçant ne m'avais pas quitté. Cependant, je ne percevais plus le voile qui m'effrayait tantôt. Au final, ma crise avait-elle eu comme effet de le calmer, lui aussi ? De lui permettre, de manière induite, d'évacuer certaines choses qu'il gardait sous clé ? J'avais envie de sourire malgré le contexte, si mon empathie permettait au moins cela … Finalement, Roy se rapprocha de moi. Un pincement au cœur réveilla cette peur que j’essayais à tout prix de renvoyer dans son sommeil. Il s’arrêta à quelques centimètres de moi : cette distance qui nous séparait m'aurais normalement fait tiquer, nous étions bien trop proche l'un de l'autre pour que je me sente à l'aise. Étrangement, je ne ressentais pas le besoin de le renvoyer au loin, comme j'avais pus le faire auparavant. Je ne comprenais vraiment pas. Il avait vu qui j'étais. Il avait vu que ma faiblesse égalait ma grandeur. Alors pourquoi, pourquoi diable s’entêtait-il avec moi ? Les larmes commençaient à revenir, je n'étais pas encore prête à accorder ma confiance à quelqu'un et pourtant ce grand bougre insistait beaucoup trop pour que je reste insensible. De toute façon, d'une certaine manière il venait de voir le pire dont j'étais capable. Et malgré tout, il continuait d'avancer vers moi.

De toutes les issues possibles, il avait choisi celle que je redoutais le plus. En commençant à jouer avec lui je me doutais bien que nous y arriverions sûrement un jour, si nous concédions à nous aider mutuellement. Mais cela arrivait bien trop vite et bien trop brutalement. Il n'y était pour rien, mais dans l'état je n'avais que deux options. Le rejet. Il était probable que le jeune homme agisse par pitié, les hommes de ce pays étaient bien mieux éduqués que chez moi après tout, peut être voyait-il cette main tendue vers moi comme un devoir sociétal. Cette vision me répugnait au plus haut point. Accepter la pitié de quelqu'un serait comme m'avouer vaincue et accepter les chaînes qu'on cherchait à me ficeler depuis ma naissance. L'accepter. Son passé était loin d'être glorieux et était tout autant tâché par la mort que le mien. Peut être me comprenait-il, auquel cas cette main était similaire à celle d'un camarade cherchant à en relever un autre dans le feu de l'action. Cette phrase toute simple qu'il venait de prononcer me frappa bien plus qu'elle n'aurait du. Dans ses mots, il n'y avait aucun sens caché et il acceptait de lâcher l'affaire avec H pour le moment, de me laisser gérer mon problème. Ainsi se scellait donc mon choix : nous nous comprenions. La peur d'une nouvelle trahison résidait, mais contrairement aux autres fois -même s'il n'y en eu que deux- je l'acceptais plutôt que de l'enfermer. En agissant ainsi, j'avais laissé la trahison de Daniel avoir trop d'impact sur moi. Si jamais il s'avérait que j'avais fait le mauvais choix ici … J'en avais déjà accepté les conséquences et le risque. Un chaleur étrange parcouru mon corps, et je sentais que mes démons retournaient se tapir dans leur coin. Après cette tempête infernale de douleur, de doutes et de craintes j'étais de retour. Mais d'une manière différente. Cette expérience quelque peu traumatisante pour mon esprit m'avait au final montré ma voie. Depuis mon incarcération, trois ans plus tôt, je n'étais animée que par la vengeance. Je voulais retrouver Daniel et lui faire payer en mille fois ce qu'il m'avait fait subir. En continuant sur cette voie, j'étais sur le point de créer un monstre bien pire que celui que je venais d’apercevoir, dormant au fond du cœur du militaire. Je voulais toujours retrouver Daniel, mais pour comprendre son geste. J'étais aussi animée d'un autre objectif, tout récent et bien différent de ce que j'avais pour habitude de faire jusqu'alors. J'inspirai ; Magilou is back. Pour Roy, les choses allaient être un peu différentes. Il avait vu ce que personne ne sait à propos de moi. En quelque sorte, il allait avoir à faire à une Magilou 2.0, certainement plus pénible que la version précédente. Il y avait quelque chose d'autre en cet homme. Quelque chose qui, dieu seul sait pourquoi, m'avait dans un premier temps poussé à lui raconter mon passé.

Il avançait tout de même la possibilité de l'arrêter à la régulière, j'eus envie de rire : si cela était possible je souhaitais de tout cœur qu'il y arrive, mais je savais pertinemment que cette possibilité était bien au-delà de l'envisageable. J'arrivais maintenant à comprendre que s'il s’intéressait à mon problème, ce n'était pas uniquement pour moi. D'une manière plus officielle, mon problème était devenue le sien sous couvert d'une sorte de conflit politico-militariste. Je l'écoutais parler sans broncher. Au fur et à mesure que les mots sortaient de sa bouche, je sentais mon ego reprendre la place qui lui revenait de droit, même si je n'arrivais pas à effacer totalement la tristesse de mon visage. Je fermai les yeux un instant, déclarant dans ma langue natale « Ya u tebya v dolgu ». Ces quelques mots qu'il ne devait sûrement pas pouvoir comprendre signifiait quelque chose que je ne pouvais lui avouer directement. En réalité, je lui en devais beaucoup. Par pour m'avoir sauvée avant, mais pour m'avoir permis d'affronter mes propres démons, même si cela ce fit à son insu. Malgré sa requête, je n'étais pas prête de lâcher l'affaire. J'allais continuer de me mêler de ses affaires qu'il le veuille ou non et tuer ce monstre dans l’œuf avant qu'il ne s'empare de cette facette de sa personnalité qu'il venait de me montrer. Je souriais légèrement. Pour la première fois de ma vie, je me fixais un objectif dont la source n'était pas négative. Reprenant confiance, je m'armais de ce regard qui m’allait si bien.

 « Sur le papier, votre plan semble parfait. Mais il présente quelques failles. Déjà, je vous assure que de mourir une fois, cela est largement suffisant. »

Je ne pouvais pas m'empêcher de m'en vouloir de dire cela, vis à vis de son ami. Je n'avais pas trouvé d'autre manière d'exposer ce que je voulais dire et j’espérai qu'il comprenais où je voulais en venir.

 « Vous me demandez d'être plus discrète, je suis déçu que vous n'ayez pas remarquer mes efforts ! »

J'écartais les bras et les laissais retomber de chaque côté des mes hanches. N'avait-il pas remarqué dans quelle genre de tenue je me trimbalais aujourd'hui ? Si ça, ce n'était pas faire preuve de discrétion ...
 « Et puis, n’espérez pas me changer en claquant des doigts. Je *murmure* -regrette- que vous ayez eu à voir cela, mais sachez que cet homme est loin d'être la source de mes peurs. Je ne lui céderait pas cette victoire de changer pour lui échapper. »

Je me levai, posant une main sur son épaule. Moi même j'étais choqué par ce geste, mais il fallait un symbole pour lui montrer que je lui faisais confiance. Certain acceptaient cela sous forme de poignée de main … dans mon cas ce léger contact suffisait amplement, même s'il semblait assez déplacé au regard de la situation. Oui, c'était bien déplacé. Je retirai donc vivement ma main, m'avançant vers la fenêtre. Dehors, tout était si gris …

 « Et je ne compte pas non plus renoncer. Je fouillerai chaque recoin de votre cerveau si je le dois, mais vous avez piqué ma curiosité, il fallait y réfléchir avant. Je le ferai sortir. Si ce n'est pas à charge de dette, prenez le comme une revanche pour la vision unique que vous avez eu. »

Je tournais ma tête vers l'homme, d'un air grave. Je du me retenir d'éclater de rire pour tenir mon rôle de femme sérieuse.

 « Ne devions nous pas parler business ? »


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MessageSujet: Re: Bribes de passé et perspectives d'avenir [PV Roy] Jeu 15 Mar - 17:41





Elle prononça quelques mots que je ne pouvais pas saisir, mais je doutais qu'il s'agisse d'une mauvaise intention. Si elle avait voulut user d'insultes, elle n'avait nullement besoin de le faire dans sa langue natale, comme elle l'avait prouvé un peu plus tôt. Magilia réfuta l'idée de se faire passer pour morte une seconde fois. Les bras croisés, j’acquiesçais. Cela aurait été terriblement pratique, mais je pouvais comprendre qu'elle refuse. Dans un sens, j'étais même satisfait. Elle décidait de ne plus fuir et c'était ce que je voulais voir. Ce qu'elle répondit par la suite démontra du courage qu'elle détenait. Refuser de se cacher et encore moins de changer pour ne plus être poursuivit était soit stupide, soit très téméraire. Mais dans son cas, elle n'avait jamais souhaité être la cible de quelqu'un et sa soif de vie n'en était que plus compréhensible. Pourtant, elle cachait sans arrêt qui elle était, de cela j'en étais certain après ce qu'il venait de se passer. Néanmoins, je n'allais pas renchérir. Elle avait eu son lot d'émotions fortes à en juger les coups qu'avait reçu mon parquet.

Naturellement, j'avais remarqué sa tenue toute différente de ce qu'elle portait la première fois que nous nous étions vus. Cependant, elle faisait preuve d'aussi peu de discrétion en s'énonçant devant ma porte avec sa lubie actuelle. J'allais pour le lui dire quand elle posa sa main sur mon épaule. Ce geste, en soit, n'avait rien de particulier, mais venant de Magilia, c'était comme avoir obtenu une certaine grâce à ses yeux. Étourdi, je clignai des paupières sans bouger. Je compris et esquissai un sourire. C'était étonnant, mais agréable. Cette conversation finissait bien mieux qu'elle n'avait co...

Elle s'éloigna dans mon dos, face à la fenêtre, une répartie en bouche prouvant une fois encore combien elle était têtue. Je grommelai. Sur le fond, cela ne me gênerais pas si le sujet n'était pas tant délicat. Irrité, je me retournai, le regard sombre.

« Vous avez un problème urgent à régler et pas le temps de vous arrêter sur ce genre de détail. Je suis un grand garçon et je sais quoi faire. »

Dans mon entourage essentiellement fait de femmes, j'avais déjà été bien trop materné pour qu'une nouvelle se mêle de ce qui ne la regarde pas. Il m'avait pourtant semblé que les informations qu'elle me livrait touchaient, certes, à sa vie privée mais que rien n'exigeait en retour que je lui dévoile la mienne. Ce qu'elle m'avait dit pouvait se montrer utile aussi bien pour appréhender l'homme qui la recherchait que cette histoire de coalition qui ne m'avait pas échappé. Qui plus est, Magilia perdait du temps à vouloir absolument se consacrer à une cause qui n'avait pas besoin qu'on la soulève. Se montrer altruiste était tout à son honneur, mais il ne me semblait pas avoir besoin d'aide. Je décroisai les bras pour fourrer mes mains dans les poches de mon pantalon. Si elle avait bien dit « revanche », j'ignorais totalement si elle souhaitait que je finisse à genoux sur le sol ou si elle m'intimait son soutien. Entendre dire que chaque recoin de son cerveau sera épié était envahissant. Si elle se montrait aussi obstiné dans sa quête d'une nouvelle vie, alors je savais qu'elle l'aurait. Je le lui souhaitait, comme tout à chacun. Dans un tel climat de terrorisme et de tension diplomate, je n'étais pas certain que quelque chose de bon l'y attende. Elle avait la nationalité d'un pays ennemi, une extravagance démesurée pour les citoyens et une langue bien pendue. Je ne voyait là qu'une succession d'ennuis. Néanmoins, elle était rusée.

« N'oubliez pas qu'ici, vous êtes dans le pays de l'alchimie. J'insiste car je commence à comprendre votre manière de fonctionner. Vous usez de votre talent pour intimider vos ennemis et à Drachma, ça marchait. Mais ici... Rien ne garantis que vous ne tombiez sur des rustres prêts à tout pour vous arrêter. L'alchimie est un sujet sensible. Le peuple a une mauvaise image de son utilisation. Disons même que les militaires ne sont pas réputés pour leur altruisme... »

...Alors que c'était un de leur devoir, à la base.

« Ici, vous pouvez croiser des alchimistes capables de ne pas se laisser surprendre par la vôtre. Il serait bon d'aiguiller votre stratégie. Votre métier n'est, en soit, pas un risque et vous n'êtes pas une menace pour le peuple. Mais vous l'avez vu vous-même.... Le soulèvement qui a eut lieu dans le café alors même que personne ne connaissait la vérité sur vous. Ce genre de choses peuvent se reproduire et c'est bien là le véritable problème. »

Je savais aussi qu'elle était capable de se défendre. Mais si elle venait d'un pays étranger pour fuir un tourment qui la poursuivait depuis sa naissance, n'était-ce pas pour trouver ailleurs ce qu'on ne lui offrait pas ? Se relèverait-elle d'un rejet aussi sanglant ? Après avoir confronté son passé comme elle venait de le faire, Magilia encaisserait-elle une fuite de plus ?

Je soupirai, conscient que ma mise en garde n'allait pas nécessairement lui plaire. A ce stade de nos négociations, il était tout de même important de lui dire ce genre de choses. Elle n'était pas seule.

« Vous me livrez des informations importantes même si à vos yeux ce ne sont que des fragments de vie désordonnés. Aujourd'hui, vous n'êtes plus une étrangère. »


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MessageSujet: Re: Bribes de passé et perspectives d'avenir [PV Roy] Ven 16 Mar - 19:35















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Ce que les hommes pouvaient être barbant, à essayer de me tenir tête. Il y avait quelques cas particulier, mais personne jusqu'alors ne m'égalait lorsqu'il s'agissait d'être têtue. Évidement, j'étais inégalée dans bien d'autre domaine, mais le trône du meilleur bélier faisait face à de nombreux prétendant. Aaaaah, cela faisait un bien fou d'être de nouveau soi-même. Ou du moins, cette partie de moi même avec laquelle j'appréciais vivre. Je soupirai en penchant la tête de cotée, regardant Roy réagir comme une petite fillette lorsqu'on lui dit qu'elle devrait se laisser aider en trimbalant quelque chose de lourd. C'était amusant, la manière dont il se braquait lorsque j'évoquais ce qui se cachait dans sa tête. Décidément, la tâche  n'allait pas être aisée, mais devrait se révéler très amusante. M'enfin, je n'allais pas insister maintenant. De toute façon la dose critique de sentimentalisme avait été atteinte aujourd'hui. J'avais toujours de la buée dans les yeux et j'étais bien heureuse de ne porter aucun maquillage. En y repensant, j'imaginais à quel point mes yeux devaient être rouge et, un peu honteuse, j'essayais de cacher mes deux émeraudes derrière un écran de cheveux blonds. Glissant mes doigts à travers une mèche, me revint en mémoire son évocation de me couper les cheveux. Autant je n'avais pas tiquer sur le coup, autant cette fois-ci un frison me parcouru l'échine. Avait-il la moindre idée du temps que cela prenait pour avoir une telle crinière ? Un sourire en coin, j'analysais avec plus d'attention que ce que j'avais pu le faire jusqu'à présent le physique de mon hôte. Le comportement était à revoir, mais …

 « Je ne le nie pas, de l’extérieur vous avez bien l'allure d'un grand garçon ! »

Je poursuivi en lui faisant remarquer ce que j'avais vu plus tôt : il réagissait comme une fillette dans des circonstances déplaisantes. Il n'y avait rien de méchant dans mes mots, mais s'il souhaitait vraiment que l'on collabore ensemble je ne pouvais pas le ménager sur mon caractère et mes taquineries. Et puis, cela m'amusait. Le plus drôle dans toute cette histoire, c'était qu'au dessous de sa pudeur mesurée quand à ce que je voulais découvrir, il réagissait dans ce sens comme pour me protéger. Comme s'il se sentait responsable de ma sûreté. C'était bien mignon, mais il semblait avoir encore du mal à comprendre que j'en étais très capable, toute seule, lorsque l'on je ne me piégeais pas moi même. J'avais toujours du mal à avaler ce qu'il s'était passé plus tôt, mais dans un sens, j'étais heureuse que cela soit arrivé. Son petit discours sur l'alchimie révélait au final son ignorance vis à vis de ce que je savais vraiment faire. Dans ce pays, la plupart des gens doués d'alchimie semblaient disposer de peu d'autre talent et se reposait souvent sur celle-ci.

Je ne pouvais par contre pas nier que les ennuis me suivaient de près. Mais cela, c'était devenu une généralité depuis bien longtemps. Et il était vrai que la rapidité avec laquelle H avait suscité une telle réaction parmi le peuple était … affligeante. Je comprenais que ces gens vivaient dans la peur et qu'ils n'étaient guère habitués à voir des visages étrangers. Je ne savais pas non plus ce que mon meilleur ennemi avait pu leur dire, mais ils n'avaient pas hésité longtemps à se fier au mot d'un inconnu pour se jeter sur moi. J'allais vraisemblablement devoir faire un peu plus attention à mes arrières. Même si celles-ci, comme d'habitude, se portaient un peu trop bien, surtout au profit de certains. Je doutais cependant que ce genre d’événement ne se reproduise tant que personne ne cherchait à propager de fausses rumeurs sur ma personne. Mis à part le regard surpris des gens quand à ma tenue et à mon attitude, inhabituelle pour ce peuple si terne, l'on m'avait accordé que très peu d'attention avant l'arrivé de H. Le problème avait surtout un autre degré de complexité. S'il se servait du peuple d'Amestris comme première ligne face à moi, cela n'était pas du hasard. En fonctionnant ainsi, il me sapait de mon droit de réponse. Même si je me défendais, en tant qu'inconnue si je m'en prenais à quiconque de ce pays je serais très vite montée en ennemie. C'était bien pour cela que j'avais préféré fuir ce café, me défendre m'aurait bien plus coûté qu'une balle dans le bras. J'allais justement lui exposer mon point de vue, lorsque Roy reprit la parole.

Ces paroles sortaient du lot et je n'étais pas vraiment prête. Ainsi je ne pu retenir l'afflux sanguin qui se dirigeait vers mes pommettes. Ces mots étaient presque aussi tordu de sa part que le geste que j'avais eu envers lui auparavant. Je me retournais vivement en râlant vers la fenêtre pour l'ouvrir, prétextant qu'il faisait chaud dans son appartement. Je passais les bras à l’extérieur de l'embrasure. Et me penchait en avant pour observer la ville, sur la pointe des pieds. J'étais assez surprise de ma réaction, n'importe qui d'autre aurait pu se faufiler dans mon dos et me pousser dans le vide, mais j'avais suffisamment confiance en lui désormais pour agir ainsi. Bien évidement, mes sens restaient en alerte rouge, je n'étais pas non plus devenue aveugle. Je repassais la partie supérieure de mon corps à l’intérieur après avoir pris une grande bouffée d'air frais.

 « Voyons, ne dites pas de bêtises. Aux yeux de ces gens, je ne serais jamais mieux qu'une étrangère. Une étrangère fichtrement belle et douée certes, mais je ne passerais jamais ce stade. Et cela ne me dérange pas.» 

Je savais très bien que Roy ne parlait pas vraiment de ses concitoyens plus tôt. Je disais cela dans un sourire léger, exprimant ainsi que je ne jugeais pas son peuple pour ses gestes. Au fond, Drachman, Amestrien, Aerugolais … Les peuples étaient tous les mêmes et les petites gens étaient loin d'être les problèmes majeurs de ces pays. Tel un serpent, les problèmes venaient de plus haut.

 « Soyez cependant rassuré. L'alchimie est loin d'être mon seul talent. L'on ne m'égale pas si facilement ! »

Je joint mes mains, et après une pause légère, j'ouvrais doucement mes mains, révélant ainsi la présence d'un petit moineau. Après s'être figé un instant, l'oiseau s'envola pour retrouver le ciel qui était le sien. De voir faire un tour comme celui-ci sans préparation n'était vraiment pas évident, mais je ne pouvais pas imaginer meilleur exemple. Comment j'avais fais ? Depuis que je regardais par la fenêtre j'avais remarqué un groupe d'oiseaux qui tournaient autour des appartements. Dans la poche de ma veste, j'avais les résidu du petit snack que j'avais pris en route. Une fois l'un d'entre eux à ma portée, le reste n'était plus que de la magie et du talent. Ou l'avais-je dissimulé une fois attrapé ? Voyons, où est la magie si je vous révèle tout mes secrets.

Je regardais le petit oiseau s'envoler d'un petit sourire amusé. Je ne savais pas si cela était suffisant pour faire comprendre à Roy que l'alchimie n'était qu'un outil pour moi. Je revins lui faire face et repris le fil de la discussion. D'un geste vif de mon bras gauche, une carte jaillit de ma manche que j'attrapais au vol. Tout en parlant, je m'amusais à la faire tourner entre mes doigts.

 « Le véritable problème ne réside pas dans mes capacités. Mais dans le fait que je puisse exprimer mon talent ou non. »

Lorsque je stoppai le mouvement de rotation, j'avais désormais deux cartes en main : L'une passant entre mon index et mon majeur, l'autre entre le majeur et l'annulaire. Satisfaite, je repris le même mouvement que précédemment, mais avec deux cartes.

 « Si ce sont vos citoyens qui me prennent en grippe, c'est un peu comme si je ne pouvais rien faire. Légitime défense ou non, si je venais à agir tel qu'ils le prétendent, il n'en faudrait pas plus asseoir leur conviction. »

De la même manière que précédemment, je stoppai le mouvement. Cette fois-ci, j'avais quatre cartes en main : une entre chaque doigt. Je levais les yeux vers Roy.

 « Donc il vaudrait mieux que je me remette en route vers l'homme que je recherche. Si je me contente de remuer quelques pierres, peut être que les gens comprendront enfin que je ne suis pas leur ennemi. Et puisque vous tenez tant à garder un œil sur moi. Je devrais pouvoir commencer par Central. »

Je lançais les quatre cartes en l'air, les rattrapant de la même main dans la phase descendante. Entre mon pouce et mon index, il ne s'y trouvait plus qu'une carte.

 « Mais gardez-vous bien d'utiliser vos yeux pour autre chose que pour me surveiller. Surtout lorsque j'ai le dos tourné ! »

J'avais bien compris que ces petites allusions à une perversité dont il n'était pas vraiment coupable, mais pas suffisamment innocent pour le nier en bloc, avait un don pour l'ennuyer et le mettre mal à l'aise. Ce n'était que le début !

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MessageSujet: Re: Bribes de passé et perspectives d'avenir [PV Roy] Dim 25 Mar - 11:19





La jeune femme faisait preuve d'habilité et de tour de passe-passe non sans une certaine prestance. Son assurance de nouveau acquise, c'était comme si celle qui s'était mise à pleurer un peu plus tôt s'était envolée, tel l'oiseau qu'elle libéra. Surpris, je l'observai jouer de ses talents, toujours aussi immobile qu'à son commencement. Si le fait qu'elle m'est tourné le dos ne me questionna pas, je ne cessais de me demander si avec sa magie, elle serait à la hauteur des obstacles qui se présenteront à elle. Elle n'avait pas le vent fougueux d'Evans, la lame d'Arsmtrong ni même l’œil d'Hawkeye, néanmoins son tempérament était à lui seul une balle à fragmentation. J'étais loin de la juger, plutôt inquiet et à juste titre. Si le froid et la violence de Drachma n'avaient en rien adoucit Magilia, il ne fallait pas oublier qu'Amestris était un terrain miné. C'était parfois pire de se promener dans cette verte prairie aux fleurs parfumées et colorées sans se rendre compte du poison qu'elles contenaient. Le pays était une image. Si l'on retournait le cadre, c'était comme se retrouver devant le miroir de Dorian Gray. Pourri et rongé jusqu’à la moelle.

« Vous êtes la première illusionniste que je vois à l’œuvre et votre dextérité me paraît tout aussi complexe qu'un entraînement au corps à corps. C'est remarquable. »

Je n'allais pas aller à l'encontre de ses projets et lui forcer la main. L'avenir de tout à chacun lui était destiné et elle devait tracer sa route par ses propres moyens. Sa détermination et les mots qui sortirent de sa bouche me satisfaisaient. Elle avait lâché son démon, déversé sa colère et son chagrin et était plus convaincue encore de ce qu'elle devait accomplir. Je lui avais clairement donné mon soutien, mes mises-en-garde et elle saurait quoi en faire le moment voulu. Je n'avais rien à ajouter. Un sourire juvénile me tirait les joues. J'aimais voir le progrès se mouler et se formuler. Il y aurait des embûches, où qu'elle aille, mais pour l'heure, je ne pouvais que me réjouir de ce moment présent et éphémère. Même s'il allait se dissiper sous peu, son énergie garderait toute sa lumière. Si elle tombait, si elle doutait, je serais là pour remettre les pendules à l'heure. Magilia n'était pas la première personne que je rencontrais et qui, sans le formuler, cherchait quelque chose. Edward Elric avait le feu dans ses yeux et la volonté d'aider son frère. Quand la mort, le chagrin, la folie tentaient de lui barrer le chemin, je m'armais de mon infrangible morale pour le relever. Peu importe qu'il haïsse les mots qu'il entendait, qu'il se sente poussé par un vent violent. Il lui fallait marcher et continuer sans regarder en arrière. J'aimais être cette personne qui repoussait les tempêtes et pour cela, je ne pouvais pas confier mes craintes, mes peurs, ni mes faiblesses. Magilia voulait déterrer une chose qui pourrait me rendre fou de rage et j'ignorais comment réagir face au trou béant qui creusait ma poitrine. Pour elle et pour tous ceux qui en avaient le besoin, je ne souhaitais pas que mes blessures et mes démons rencontrent le jour. Ce que je gardais, j'ignorais si c'était bon ou mauvais, mais de tels moments comme ceux-là, en présence de la sorcière, me faisaient oublier que je ressentais une haine vivace pour un individu sur ce monde. Si cela ressemblait alors à de l’égoïsme que de ne pas confier mes maux, alors tant pis. Tant mieux, même. Peut-être que cela ressemblait d'avantage à de l'insouciance, de l’orgueil. De l'arrogance. Oh, je savais très bien de quel bois j'étais fais et forcément, j'avais tout de ça. Cependant, j'en avais bien moins que ce que l'on pouvait penser. Mais qu'importait que les autres le sachent. Le fait que j'en étais conscient était bien plus important. L'image était donc le plus définitif dans cette histoire. Cela faisait des années que je vivais avec la réputation d'être un coureur de jupons et d'aller régulièrement dans des bars à hôtesse. N'était-ce pas là la plus humiliante ? Il fallait croire qu'à l'époque où l'on vivait, c'était d'une flagrance virile et qui plaisait. Heureusement, cela ne jouait pas sur mes relations. Magilia, qui s'était informée sur ma présence durant la guerre d'Ishval n'avait rien fait comme référence sur un tel comportement. Si ce n'était, peut-être, cette dernière mise en garde quant à garder mes yeux dans ma poche.

Je ris. Qui prendrait le risque de s’attarder sur de telles courbes quand une carte suffisait à nous rendre aveugle ? Je tenais bien trop à mes yeux pour tenter quoi que ce soit. Je sentais le vent tourner, doucement. Peu à peu le soleil qui venait d’alléger nos peines se coucha derrière un nuage.

Magilia était une verte prairie pleine de boutons fleuries. Elle allait s'en sortir avec ses pétales mouillés dans le poison de sa fausse image coquette. Rien d'étonnant, de nouveau, à ce que je fasse la connaissance d'un tempérament si dur. Il fallait s'assurer qu'elle s'en sorte, c'était d'autant plus nécessaire que prudent. Rien ne garantissait qu'en cas de danger, je puisse de nouveau venir à son aide sans attirer un regard haineux. Son poursuivant allait faire en sorte que ce soit compliqué s'il n'était pas trop stupide. Auquel cas, il ne me resterait plus que ma langue pour dénouer les tensions que Magilia pourrait provoquer en se promenant dans Central.

« Si je peux vous aider à retrouver la personne que vous cherchez, faites-en une description. »

Si tenté qu'elle le fasse, j'espérais que cette dernière soit plus précise que ce qu'elle avait fait auparavant en parlant de son poursuivant. L'aider à être concise et rapide ne pouvait qu'être un atout dans ma manche après avoir été publiquement reconnu en sa présence. Le temps où l'on m'accuserait de négocier avec l'ennemi était loin d'arriver, car je restais prudent sur mes intentions et ma tolérance n'était pas quelque chose que je cachais, ni même que je mettais au grand jour. Rien ne prouvait qu'elle puisse être un agent de Drachma.

Je me souvenais de mon café abandonné et en bus une gorgée fraîchement tiède. Je ne formulais pas la moindre question sur l'échange d'informations qui ne devrait pas tarder à s’opérer. Elle était assez maligne pour en faire la référence elle-même.


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MessageSujet: Re: Bribes de passé et perspectives d'avenir [PV Roy] Mer 28 Mar - 23:06















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Bribes de passé et perspectives d'avenir

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Rester statique ne me plaisait guère, mais le choix s'imposait comme une évidence. Je vivais mes premiers jours dans ce pays qui m'était presque totalement inconnu, et je ne savais pas vraiment à quoi j'allais me frotter. Ainsi valait-il peut être au moins attendre que cette fichue blessure cicatrice correctement. Mon petit numéro avait peut être fait son effet, mais non sans douleur. A chaque mouvement preste de mon bras je sentais cette brûlure qui le parcourait et qui semblait s'y sentir chez soi. Cela ne m'empêchait pas de vivre, mais c'était tout de même gênant et dans un moment crucial cela pourrait me faire commettre une erreur, un faux mouvement. Si je m'en sortais toujours, c'était bien parce que tout mes spectacles étaient bien ficelés et que chaque détail comptait. A chaque fois que je fuyais, que je me battais, même lorsque je râlais simplement il était de ma nature d’illusionniste de ne rien laisser au hasard. Tout devait être sous contrôle afin de ne jamais se faire surprendre. La preuve en est, j'avais relâché ma vigilance en pénétrant dans ce pays, pensant être à l'abri, du moins pour un certain temps, de mes démons du passé. H était bien la preuve vivante que ceux-ci ne comptaient pas me laisser filer de si tôt. Me rasseyant à ma place d'origine, laissant ma carte disparaître dans la poche de ma veste, je soupirai.

L'air de ce pays me faisant cependant prendre des décisions inédites. Il n'était pas dans mes habitudes d'écouter ce que l'on me dis, ni même de me fier à quelqu'un si rapidement, aussi désespérée que je puisse l'être. Dans un sens, je savais pourquoi : ce pays était comme une nouvelle vie qui s'offrait à moi. Et comme lorsque l'on commence quelque chose de nouveau, il est bon d'expérimenter certaines choses. Peut être étais-je devenue lasse de ne courir qu'après la vengeance et que je voulais mettre mes talents à profit durant mon voyage. En soit : avoir un objectif. C'était en bonne voie après tout. Je me sentais comme garante de la protection de la petite rouquine que j'avais rencontré tantôt et je voulais aider Roy à combattre son propre monstre, qu'il le veuille ou non. Pourquoi ? La réponse est toute simple et réside dans la raison d'être d'une magicienne : apporter du bonheur dans le cœur des gens. Je ne savais rien de son objectif à lui, mais ce qui se tapissait dans les ombres risquait fortement de le restreindre. Enfin, tout cela faisait parti de mon métier après tout et je prendrais tout le temps nécessaire. Aujourd'hui n'était pas le moment adéquat.

Pour le moment, je me sentais flattée. Était-ce un compliment que je venais d'entendre ? Le premier depuis tout ce temps ! Ses mots étaient très terre à terre, mais je ne pouvais guère m'attendre à mieux, je pense. Je compris qu'il se rendait à l'évidence, finalement : J'étais la meilleure. Un sourire narcissique vint animer mes lèvres tandis que je fixais mon hôte, semblant perdu dans ses pensées. Son rire me pris de cours également. Ça aussi, c'était une première ! Je ne comprenais pas vraiment son sens, trouvait-il mon physique inadapté à son goût, et riait-il en pensant que cette remarque était inutile ? Je baissais les yeux d'un air perplexe. Bon j'avais peut-être perdue un peu de forme après ce séjour en prison, mais quand même ! Je restais le modèle de la convoitise masculine ! Non, il allait falloir chercher un peu plus loin que cela. Ah je sais ! Il devait rire en s'imaginant le nombre d'homme à qui j'avais du répéter cela ! Et bien … il est vrai que je rappelais souvent aux pervers de garder même leur pensées loin de ma personne, mais dans son cas je le piquais sur ce sujet pour tenter de le démilitariser un peu. J'avais bien compris qu'il avait du recevoir une éducation qui plaçait la femme en bonne place et qu'ainsi, il semblait être gêné quand je l'accusais d'un crime dont il n'était qu'a moitié coupable. Ces petites réactions le rendait finalement plus humain sous sa façade d'officier sérieux. Peut être s'imaginait-il le sort que je lui réservais si je l'attrapais en train de me mater délibérément ? Oooh et bien dans ce cas, j'avais touuuute une partie de mon cerveau dédié au traitement de faveur pour ce genre d'homme. C'était dommage d'ailleurs, parce que je savais qu'au final Roy n'en était pas un et que … Je n'allais pas pouvoir lui montrer l'étendue de mon imagination. Quelle tristesse …

Ainsi vint le moment fatidique où il me demandait de décrire Daniel. Ah oui c'est vrai … je l'avais presque oublié lui ! Et pourtant, j'étais là pour ça. Alors, par où commencer …

 « Et bien … Un petit freluquet de traitre blond, qui porte des lunettes, qui a peur des autres comme de son ombre et qui n'aurait jamais la force d'abattre une mouche ? »

Je savais que cela était très insuffisant, mais ces mots étaient les premiers qui me venait à l'esprit quand je pensais à lui. Allons, il allait falloir être objective si je voulais que le jeune militaire m'aide. Je soupirai une nouvelle fois en reprenant mon souffle.

 « Physiquement il est plutôt pâle de peau, trop de temps passé dans mon pays, je pense. D'ailleurs, il est originaire d'Amestris et en connaît un rayon en alchimie, même s'il est incapable de la pratiquer. Il n'est pas très grand, environs … comme ça. Il a une cicatrice à la jambe droite, blessure par balle. Il s'appelle Daniel … Daniel … »

Après avoir montré de ma main droite la taille approximative de mon petit merdeux de traître, je me grattai le menton. Je n'avais jamais su son nom de famille, en fait ? De nouveau, un soupir.

 « En tout cas, en cherchant sur les disparitions d'adolescent dans la région de Briggs autour des années 1903 vous devriez trouver quelque chose à son sujet. Oh ! Vous ais-je dis qu'il rêve d'un jour pouvoir poser le doigt sur ce corps magnifique qui vous fait face ? »

Certain appelait cela la friendzone, d'autre le syndrome de Stockholm, moi je trouvais, à l'époque, cela amusant de pouvoir jouer avec les hormones du petit Daniel sans jamais lui donner ce qu'il convoite. Il fallait dire les choses telle qu'elles étaient : Il n'aurait jamais eu les foies d'être à la hauteur avec moi, de toute façon, ni même d'entreprendre quelque chose. Roy saisit sa tasse de café et la porta à ses lèvres.

 « Il va vouloir m'échapper à tout pris s'il sait que je suis là et ainsi, il ferra forcement une erreur. Alors je ne me fais pas trop de soucis, un jour où l'autre je lui mettrais le grappin dessus ! Si vous pouvez faire en sorte que cela arrive plus vite cependant … Mais venons en à la véritable question, voulez-vous ? Je sais que vous attendez quelque chose de moi. J'ai bien compris que votre coeur de gentleman vous a poussez à ma rescousse, cependant j'ai du mal à croire que le petit officier en vous n'ait pas eu moults idées en tête en faisant cela. Je tiens à ma liberté, mais je suis encline à vous filer un coup de pouce pour quelques opérations que ce soit, surtout si cela permet de justifier ma présence ici. Mais j'aimerais avant tout savoir quelque chose ... »

Je ne savais pas vraiment comment amener cette question sans paraître trop brusque. Mais je ne pouvais pas non plus offrir mes services à une cause en laquelle je ne croyais pas, quand bien même le joli visage du jeune militaire pourrait être l'une des raisons … je secouais vivement la tête, oula. Cela devait faire bien longtemps que je m'étais abstenue de chair masculine pour laisser mon esprit dériver ainsi. Bref. Je savais depuis le début que Roy avait un plan qui me concernait, je n'étais pas stupide. Et j'étais aussi loin d'être naïve, si je l'aidais d'une manière ou d'une autre, lui trouverais une explication quand à ma présence dans ce pays. Car oui, j'étais en Amestris en tant que clandestine. Si je voulais pouvoir rester ici de manière pérenne, il me fallait bien une couverture, ou quelqu'un capable de le justifier.

 « J'aimerais savoir dans quel bord j'embarque. Savoir si je peux croire en vos actions. Quel est votre objectif, le vrai, celui qui vous à fait penser, qu'après tout, une petite sorcière haute en couleur puisse servir votre quête ? »

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MessageSujet: Re: Bribes de passé et perspectives d'avenir [PV Roy] Dim 20 Mai - 9:45





Magilia avait entamé une description physique d'avantage utile que celle qu'elle avait pu faire auparavant. Elle me faisait penser à Edward qui n'arrivait pas à trouver le vocabulaire adéquat pour décrire un petit animal tel qu'un bébé chat. Ou était-ce un panda ? Il avait des lubies inquiétantes, quelques fois.
J'avais attrapé un carnet à la volée tandis qu'elle parlait, notant les mots-clés qui définissaient ce Daniel avant de l'entendre s’enthousiasmer une énième fois sur son physique irréprochable. Elle semblait avoir le don d'interrompre chaque fil linéaire d'une pensée logique pour placer là, le détail insignifiant qu'elle souhaitait. Je m'étais vaguement demandé si elle souhaitait réellement qu'on retrouve son homme. J'allais avoir besoin de quelques papiers pour justifier sa présence sur le sol Amestrien, car je ne doutais pas qu'elle allait faire du grabuge. Dans tous les cas, il fallait savoir faire preuve de prudence. Il fallait qu'elle continue de passer inaperçue dans la toile politique et son déguisement extravaguant devenait son atout le plus pratique. Néanmoins, tout comme j'avais été capable de rattacher son excentricité au dossier qui la reliait, il était fort probable qu'un militaire en fasse tout autant s'il avait lu ce genre d’archives.
J'allais trouver une solution, ce n'était qu'une question de temps.
Magilia se posait des questions toutes légitimes en cette fin de journée. J'avais enfoncé les mains dans les poches, le regard rivé sur la sorcière avec un œil plus neuf que lorsqu'elle était entrée dans la pièce. Néanmoins, je n'étais pas prêt à dévoiler mes intentions au premier venu.

« À votre avis, de quoi peut-il bien s'agir ? Seriez-vous encore ici si vous pensiez que mes intentions étaient malveillantes ? Vous êtes une personne sûre d'elle et je ne doute pas que si vous aviez ressenti le moindre doute, vous ne seriez pas là. Avec ce qu'il vient de se passer, je suis même un peu surpris que vous posiez la question. »

Je haussai les épaules, un sourire fiché aux lèvres. Je n'allais pas m'incriminer seulement parce que mon posait la question. Après tout, nous nous connaissions que depuis quelques jours. Allait-elle s'en aller, douteuse au point de ne plus savoir quelle porte franchir ? J'ouvris les tiroirs du buffet avec des gestes aussi neufs que s'il s'était s'agit de la maison de quelque d'autre. Cependant je savais que le whisky restait planqué ici. Je sortis deux verres que je servis. Il était rare que je boive, d'autant plus ces derniers temps. Mais une goutte n'avait jamais tué personne et après avoir énoncé un souvenir aussi pénible que la mort de Hughes, rien ne valait une petite gorgée. Je lui tendis un verre ambré dans l'attente de sa réponse. La jeune femme ne devait pas prendre cette méfiance pour quelque chose de personnel mais après tout si moi-même je cherchais des alliés, nos ennemis, tout là-haut, en avaient aussi. Et parmi toutes ces personnes, sans doute que certaines jouaient double-jeu. Il fallait faire très attention.


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