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Forum ouvert le 25/02/2014
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D'après les rumeurs,
Le Généralissime King Bradley aurait été vu dans les jardins du Q.G,
tondant la pelouse avec un tablier rose.

Témoin effrayé - "Faites attention à vous ! Scar n'est pas un véritable humain, c'est un Dalek déguisé... Fuyons !!!"
"EXTERMINATE"

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Un tableau ordonné [PV Chiara] [FB ~ 1906]

MessageSujet: Un tableau ordonné [PV Chiara] [FB ~ 1906] Sam 3 Fév - 23:26





1906

Je ressortais du bureau du Généralissime, la veste sous le bras et ma montre en main. Elle brillait de mille feux, éclatante comme sous un nouveau jour. Pour moi, c'était une renaissance. Elle représentait tout ce que mon maître d'alchimie réfutait et haïssait. Tout ce que je voyais comme le début d'une nouvelle destinée et la chance ultime de faire partie de ce monde. J'avais besoin de cet insigne pour faire prévaloir mon nom et accéder aux règles qui régissait le peuple. Nous avions besoin d'aide. Le peuple avait besoin d'aide et je pouvais le leur apporter. Néanmoins, le nom qui me suivrait faisait écho à Berthold Hawkeye. J'aurais aimé qu'il puisse en être fier et féliciter cette ascension dans le milieu politique. Mais il n'était pas ce genre d'homme. Il détestait tout ce qui se rapprochait de près ou de loin à l'Armée. Il n'avait pas voulu me transmettre ses recherches quand  j'avais rejoins les rangs. Mais, juste avant de mourir, il...

Je serrai la montre entre mes doigts gantés, déterminé à lui prouver que la voie que j'avais choisie était la bonne. Malheureusement, j'étais trop terre à terre pour m'imaginer le concevoir dans un univers parallèle ou pour croire aux fantômes... Mais quelque part, cette pensée me soulageait. Il reposait en paix, où qu'il soit. Il pouvait le faire sur ses deux oreilles.

« Hey ! Le Flame Alchemist ! Tu viens, ou quoi ? »

J'observai mes camarades de promotions se ruer sur la porte de sortie. Les statistiques de réussite de cette année avaient atteints des sommets et pour fêter ça, l'ambassadeur et ancien Haut-Colonel Charles-Edward Williams accueillait toute la clique à domicile. J'ignorais quel pouvait être l'avantage d'une telle proposition, mais il devait forcément y en avoir un. Avare d'apprendre, je ne pouvais pas manquer ça. Cependant, il y avait un code vestimentaire obligatoire. Nous passâmes par nos loges aux QG pour recevoir nos uniformes de cérémonie. Nous étions officiellement des Alchimistes d’État. Cette nouvelle me laissait perplexe face à mon miroir. J'avais du mal à reconnaître le jeune homme des rues, celui qui avait été éduqué par une hôtesse de bar, une femme continuellement mariée au plus offrant. Je me retrouvais dans un tissu si molletonné et épais que la richesse qui le surplombait me donnait envie de me l'arracher pour le départager. D'un autre côté, cette parure mettait très bien en valeur ce qui se cachait jusque-là. J'ignorais que je pouvais avoir l'air si humble.  Je me demandais si Berthold aurait apprécié cette image, lui qui refusait toute aide de l'Armée malgré leurs nombreuses demandes. Pourquoi s'était-il entêté ?
Je secouai doucement la tête, achevant de mettre le bouton qui coinçait mon col bleu foncé. D'une manière ou d'une autre, je voulais faire bouger les choses. Cette cérémonie était certes déconcertante, mais elle offrait de nombreux privilèges. Il y aura sûrement quelques noms à retenir et des grades de plus en plus faramineux. Je n'en étais qu'au stade de m'émouvoir pour ma promotion, pourtant une partie de moi refusait de se réjouir. Je redoutais ce moment. Comment se comporter ? Quoi dire ? Quoi faire ? Je connaissais le salut militaire au millimètre, mais qu'en était-il des usages ? J'avais cru comprendre rien qu'aux deux titres de notre hôte qu'il était important. Cela pouvait être une magnifique soirée tout comme elle pouvait devenir totalement déplorable. Tout cela ne dépendait que des mots qui sortiraient de ma bouche. Mais où était Hughes lorsqu'on avait besoin de lui ?
Je soupirai, plus convaincu par le monologue de remontrance qui me défilait dans la tête. Il fallait se ressaisir et garder l'allure. J'étais fraîchement promu et le monde ouvrait ses bras. Chris n'aurait pas approuvé que j'ai l'air si désinvolte devant la glace. Je relevai l'échine, bombant le torse.

[…]

La demeure faisait la taille d'un quartier à elle toute seule. Je déglutis en détaillant le nombre de fenêtres qu'il y avait autant à l'étage qu'au rez-de-chaussée. Nous n'avions pas encore mis un pied dans l'entrée que le manoir nous engloutissait dans toute sa splendeur ; le jardin qui nous encerclait faisait bien plus d'hectares que mon cerveau était capable d'en calculer à l'heure actuelle. J'avançais automatiquement, suivant le troupeau de bottes militaires, le nez en l'air sur les décorations raffinées. Les couleurs étaient chatoyantes et lumineuses où que l'on pose le regard. Le couloir qui nous emmena jusqu'à la salle de réception était joliment décoré de tableaux familiaux. Je ne connaissais en rien toutes ses personnes peintes mais leurs grâces invoquaient la sympathie. Le tapis rouge qui défilait sous nos pieds n'en finissait pas. Il semblait au moins aussi épais que mon costume, si ce n'était plus. Lorsque les cadres ne se succédaient pas, d'imposantes statues animalières se dressaient sur les murs à nos côtés. Mais le coup de grâce me vint de la salle de réception. Elle s'invita à nous plus que nous nous invitions dans la pièce. Généreuse en poutres dorées, en bougeoirs sertis d'or et en cadres taillés à la main, elle n'en fut que plus prestigieuse par son lustre gigantesque. Encerclé de perles de verre sur plusieurs étages, il scintillait sur le plafond comme une fleur éclot à l'aurore. Il fut si impressionnant que j'oubliais de rebaisser les yeux. L'impact qui suivit fut tout aussi pénible et un soupir féminin me vibra aux oreilles. Je rebaissai la tête, confus et levai les mains pour faire connaître mon incrédulité :

« Pardonnez-moi. J'ai été maladroit. »

Une grande femme aux cheveux blonds se retourna. Je m'attendais à l'incendie. C'était une entrée en matière plutôt chaotique à en juger par sa tenue vestimentaire. Elle était drapée d'une robe riche en soie. Elle esquissa un sourire, une main devant la bouche pour tenir son allure :

« C'est beau, n'est-ce pas ? »

« Très beau ! … Pardonnez-moi ! Je m'appelle Roy. Je suis Alchimiste d’État. »

Un serveur munit d'un plateau jonché de coupes de champagne nous passa à côtés et l’hôtesse des lieux en attrapa deux avant de m'en tendre une :

« Félicitation ! Essayez de vous amuser ! »

D'un petit sourire, elle s’éclipsa. Sentais-je à ce point-là le jeune faon sortit de la forêt ? Je bus une gorgée revigorante, moins armé pour ce genre de réception que je ne le pensais. S'amuser semblait fort impossible à voir toutes ces personnes rires comme si nous étions intégrés à ce genre de monde. Mais j'avais l'habitude d'être ce que je n'étais pas. Du moins, l'ésperais-je.

Je soupirai dans mon verre, les yeux levés sur la haute marche mit en avant au centre de la pièce pour le discours de promotion. Vivement la fin.


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Un tableau ordonné [PV Chiara] [FB ~ 1906]

MessageSujet: Re: Un tableau ordonné [PV Chiara] [FB ~ 1906] Mar 6 Fév - 0:53

Choisir sa proie ~



Je n’ai jamais compris pourquoi les bals et les fêtes me rendait aussi joyeuse.

Mais chaque fois qu’on me l’annonçait, ou qu’on disait qu’il y aurait des festivités, j’oubliais instantanément la raison de celles-ci, et me laissait envahir d’une joie nouvelle, et d’un bonheur quasiment parfait. C’était comme, me dire que j’allais soudainement être la personne la plus heureuse du monde. Pourtant, lorsque je me fiais aux histoires que ma mère inventait sans cesse, les bals n’étaient pas forcément une source de bonheur. Un exemple flagrant dans ses premiers tomes, si la princesse Crystal avait bel et bien croisé le prince de la terre lors de son premier bal, le suivant avait déterminé sa vie, la condamnant par ces retrouvailles. Mais moi, j’étais en joie, la musique, les buffets, les invités, la décoration, tout me plaisait et me donnait envie de chanter. Bon d’accord, cette dernière est toujours présente, peu importe qu’il y ait un bal ou non, mais c’est pour insister sur le fait que j’étais contente. Dans tous les cas, je me sentais revivre, et voir le manoir être décoré, une semaine à l’avance, me faisait presque sautiller sur place…

On avait commencé par changer certaines tapisseries, restaurer les moulures d’or de la salle de réception, et puis, il y avait eu un grand ménage dans toutes les pièces organisées par Dame Olivia. Cette femme me faisait presque peur par moment, j’avais l’impression de voir une militaire aux dons oratoires extrêmement doué. Bref, la vie au manoir avait quelque peu changé, nous n’étions plus chacun de notre côté en train d’écrire un rapport, un roman, ou des chansons, nous nous faisions appelés toutes les heures pour savoir ce que nous pensions de l’état des lieux après le passage d’Olivia et ses hommes de mains. Voyez ? Dit comme ça, cette femme devient une véritable pirate… Quoi qu’il en soit, l’été apportait sa bonne humeur, et moi, je la partageais avec tout le monde, même ceux qui ne le voulaient pas. Et comme il faisait chaud, je me permettais de porter de belles robes d’été, en mousseline, en soie et autre, couvertes de fleurs colorées.

Autrement dit, je tapais sur les nerfs de tout le monde.

Mais je n’y pouvais rien, je ne pouvais pas contenir toute l’énergie que je possédais, alors attendre sagement que le temps passe, sur un fauteuil de velours, jusqu’à la fête… Impossible. Donc, je vadrouillais dans tous les couloirs du manoir, la plupart du temps pieds nus, et en courant, pour aller ennuyer ceux qui n’avaient pas eus le temps de se cacher. Eux, et les cuisiniers, parce que je raffolais toujours autant de ces pâtisseries Aerugolaises feuilletées… Les croissants, et que je réclamais une dose bien particulière de ces mets là… 15 croissants par jour. Dame Olivia dit que c’est beaucoup trop pour une jeune fille, mais ce qu’elle ignore, c’est que je dois en donner le tiers à ma mère dans son atelier créatif. Bref, nous étions le jour J, même s’il était encore très tôt… Quoi, il n’est que neuf heures, oui ? Et alors, j’ai le droit d’être hyperactive à toute heure du jour et de la nuit ! De toute façon, personne n’a son mot à dire, je suis ce qui se rapproche le plus d’une princesse. Je continuais donc d’arpenter les couloirs joyeusement, et de rendre fous tous ceux qui ne l’étaient pas encore…

Honnêtement, je pensais pouvoir continuer ainsi pendant des yeux, et ma mère avait même affirmé qu’entendre mes éclats de rire dans le manoir lui avait permis de trouver quoi faire pour un nouveau chapitre. À partir de là, je partais du principe que, ce que je faisais était donc la meilleure chose à faire. Et puis, n’est-ce pas le but de toute vie, être heureux ? Pour moi, ça l’est, et pour être heureux, chacun se doit de trouver sa moitié. Moi ? Je l’ai déjà trouvé ! Enfin… Je sais que je l’ai déjà croisé… Le problème, c’est que c’était il y a longtemps… presque douze ans, en fait, et je ne l’ai plus revu depuis… Mais c’est justement pour ça que j’adore les bals. J’ai l’espoir de croiser son regard rubis ici-même. Je ne m’y attendrais plus, et il sortira de la foule pour me saluer d’une révérence, ensuite, il m’appellera Small Lady et nous irons danser jusqu’à pas d’heure. J’en aurais même mal aux pieds ! Mais je sais que ce sera un moment magique, parce qu’il sera mon Helios, et que nous vivrons dans la joie et le bonheur, nous pourrions partir à l’aventure tous les deux et nous découvririons des merveilles sur notre chemin… Une vie de rêve…

« Mademoiselle ? Mademoiselle Williams pour l’amour du ciel ouvrez cette porte ! Je sais que vous êtes là et il n’est pas convenable pour une jeune fille de s’enfermer ainsi dans un placard à balais ! » Retentit une voix derrière la porte qui se trouvait sur ma gauche…

Vous l’aurez deviné, je me cache de dame Olivia… Elle a décidé, sans mon accord je précise, de me couper les cheveux de sorte qu’ils soient « parfaits » pour la coiffure et la tenue qu’elle a prévue pour moi ce soir. Problème ? je refuse de ressembler à une meringue juste bonne à marier. Oui, c’est bien ce qu’elle essaie de faire, me trouver un mari, et pour cela, je dois ressembler à la parfaite petite épouse modèle que tout soldat de haut rangs ou alchimiste d’état rêve. Ils peuvent toujours rêver pour m’avoir ! Oh oui ! Je n’appartiendrais qu’à un seul homme, celui de mes rêves à moi, et les autres peuvent retourner dans les jupes de leurs mères, ça ne changera pas ma vie. Oh non ! J’éclatais de rire par reflexe cependant lorsque ma gouvernante s’impatientait devant la porte et acceptais de sortir si elle me laissait un peu de place pour le faire, puisque la porte s’ouvrait dans l’autre sens. Elle ne le voit pas venir, le piège, ou c’est moi qui suis trop douée pour elle ?

« Bien, mais ensuite nous irons dans votre boudoir pour nous occuper de votre chevelure, mademoiselle… » J’ai attendu que ses talons claquent le sol pour ouvrir brusquement la porte et m’enfuir en courant dans une direction au hasard. « Ah ah ah ! Prise au piège ! » Je palis en tentant d’ouvrir la porte du grand couloir… Mais non… Rien ! Je me suis retournée alors pour voir qu’elle en tenait les clefs…

« Dame Olivia c’est un affront ! » Répliquais-je sèchement. Je n’étais pas vraiment contente d’avoir été enfermée… Mais il y avait toujours moyen de m’enfuir et ça je le savais… Êtes-vous déjà passé par-dessus bord ? Moi oui ~

C’est pourquoi je me suis précipitée sur la fenêtre sous les cris de Dame Olivia, et que je me suis accrochée au barreaux du balcon pour passer sur le suivant, et ainsi de suite, rejoignant le petit salon musical pour pouvoir m’enfuir de nouveau. Je dois admettre que je n’ai pas arrêté de rire ensuite, pendant que ma pauvre gouvernante hurlait à mon encontre… Ce que j’aime être moi… Je ne suis pas comme toutes les filles de bonne familles, riches et coincées, froides et sans passion. Non, moi j’aime la vie, et j’aime le faire savoir au monde entier. Voilà, maintenant vous savez pourquoi tout le monde me dit que je suis exubérante, ou casse-pied, ou ce genre de chose en général. J’aime vive, je ne me laisse pas marcher sur les pieds, et je mets un point d’honneur à toujours faire ce que je veux, quand je le veux. Et ce soir, ce sera pareil…

*****

J’étais enfin prête ! Un immense sourire sur les lèvres, je descendais le grand escalier de marbre du hall pour me rendre dans la salle de réception du manoir. Peu importe que Dame Olivia m’ai poursuivie dans toute la maison, j’étais parvenue à garder ma chevelure très longue, et j’en avais fait un chignon faux. Pourquoi faux ? Eh bien… Comment expliquer cela… Disons que pour quitter un peu le côté très riche de ma toilette, je me suis coiffée d’un chignon tenu uniquement par du lierre et des fleurs. Il est fort probable qu’il se défasse durant la soirée, mais je suis certaine que ce sera du plus bel effet. On ne sait jamais, je pourrais croiser mon Helios ce soir ! J’ai donc ma chevelure blonde rehaussée dans un chignon avec des roses, des lys, et des feuilles de lierres. En revanche, je me suis attelée à porter une robe de haute couture assez moderne et lâche. Le plus loin possible de l’énorme jupon que voulait me faire porter dame Olivia. Non, c’est une robe longue et échancrée, blanche, avec sur le bustier tout un tas de perles et de pierreries pâles, et des épaulettes perlées. C’était féminin, joli, et en même temps, j’étais libre de mes mouvements.

Bon… Maman m’avait fait jurer de porter la parure qu’elle m’avait offerte pour mes dix-sept ans, alors je portais un diadème avec une émeraude perlée sur mon front, et des boucle d’oreille assortie. J’avais même mit un peu d’ocre pour les lèvres, mais je m’étais arrêtée là, je n’aimais pas spécialement le maquillage, je voulais être moi… Ainsi, les gens m’apprécieraient pour ce que je suis, et non qui je suis, comme ils le font tous au conservatoire… Les idiots… Tous passent leur temps à dire que mes rêves ne sont justement que des rêves, que mon Helios n’existe pas… Que je l’ai inventé… Rien que pour ça, je vais leur prouver le contraire… Je le sais… Un jour, nous nous retrouverons, et je pourrais enfin avoir le prince dont j’ai toujours rêvé ! Et ce jour-là, je leur ferais savoir à quel point ce sont des idiots sans cervelles. Ils s’en mordront les doigts, j’en fais le serment ! Je soufflais de mon esprit ces mauvaises langues qui n’avaient rien à faire là, et profitais de la musique et des invités.

Je savais être belle et courtoise lorsqu’il le fallait, mais pas trop non plus, ainsi, j’évitais la plupart des hommes qui me courraient après, et les nouveaux diplômés qui semblaient chercher en moi la future épouse fortunée qui changera leur futur. Toujours pas très loin de ma mère, je guettais, car il arrivait qu’elle veuille me présenter à des personnes qui en valent le coup. Ainsi, cachée entre le buffet et une pyramide de flute de champagne, je pus observer une scène très amusante. Ma mère avait été percutée par un jeune diplômé qui avait le regard fixé sur notre lustre central. Il semblait horrifié de ce qu’il avait fait, et je pouvais presque imaginer sa voix basse murmuré des excuses en étant traumatisé à l’idée d’être descendu plus bas que terre dans ces futurs emplois, ou encore de devoir rester à la même place à cause de cet affront pour la fin de ses jours. Je riais de cela, avant de voir ma mère s’éclipser ensuite, et lui fixer son champagne tel un condamné à mort… Le pauvre…

Honnêtement, je n’ai pas hésité très longtemps, et armé d’une flute de champagne à mon tour, je me dirigeais vers lui avec l’intention de le décoincer un peu… Ou de l’effrayer encore plus, je ne sais pas encore… Il faut dire que je ne suis jamais certaine à l’avance des réactions de mes victimes ! Je me glissais sans un mot dans sa direction et avec la discrétion du monde, avant de chercher le meilleur angle d’attaque. Avec un peu de chance, il en lâchera son champagne, ou alors il va pousser un hurlement de terreur. Je me suis alors glissée devant lui subitement et avec un sourire immense, ai annoncé :

« Bonsoir ! » Eh oui, ma folie surpasse de loin mes manières, mais que voulez-vous, je ne suis pas parfaite ~


2038 mots

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MessageSujet: Re: Un tableau ordonné [PV Chiara] [FB ~ 1906] Dim 11 Fév - 0:32





Le Colonel en charge de nos modestes uniformes attrapa la barre qui lui était lancée. Le discours allait s’avérer ennuyeux, mortellement théâtrale, mais nous devions tous passer par là pour avoir le droit de continuer cette soirée.

« Bonsoir, Mesdames et Messieurs ! Je suis ravi de vous accueillir dans la charmante demeure de l'ambassadeur Charles-Edward Williams ! Veuillez l'applaudir s'il vous pla... »

« Bonsoir ! »

Un tonnerre d'applaudissements me vrilla les tympans alors que je me noyais avec mon champagne. Une jeune femme venait d'apparaître sans crier gare, toute de blanc vêtue et fleurie. Moi qui m'attendais à apercevoir un homme bien plus âgé sur le piédestal, cette entrée en matière m'avait ébranlé. Je toussai, bien incapable de m'arrêter tant que mon œsophage ne comprendrait pas que le liquide ne lui était pas destiné.
La voix de timbale de notre hôte résonnait gravement pendant qu'il discourait. Je reprenais quelques couleurs, le regard fixe sur la nouvelle venue. Elle avait l'air amusée. J'ignorais si c'était parce que la soirée lui convenait ou si c'était parce qu’elle venait de me surprendre. Incertain, je préférais ignorer l'incident.

« Bonsoir, répondis-je au bout du compte. »

« ...C'est avec joie que je vous souhaite la bienvenue, jeunes diplômés ! Devenir Alchimiste d’État doit vous semblez être l'aboutissement d'un rêve mais sachez qu'il ne s'agit-là que du début d'une grande histoire ! Vous êtes l'avenir de ce pays ! Vous êtes l'aboutissement d'un rêve ! À vous ! A l'avenir ! »

Le grand maître des lieux leva sa coupe de champagne avant d'en boire une gorgée symbolique. Je baissai les yeux sur ma partenaire et fit tinter ma coupe contre la sienne :

« À nous. »

L'espoir du pays, semblait-il. Nous étions les étoiles montantes, les alchimistes du peuple destinés à le protéger. J'avais hâte de mettre la pratique au service de mes motivations. Amestris avait besoin d'aide et je me sentais prêt à lui offrir la mienne. De quelle nature sera l'offre ? Bienveillante et préposée à la communauté, à n'en pas douter. Il faudrait sillonner les rues à la recherche d'une main levée ? Courir pour rattraper le voleur de sac à main ? Dessiner des cercles d'alchimie dans tous les coins de rue pour réparer un bibelot ?
Une fois que les tâches modestes seront effectuées, nous nous attellerions aux questions existentielles. Celles qui ne sont jamais soulevées et qui gisent dans un bassin de poussière. Que ferais-je de mes mains gantées ? Qu'est-ce que le feu pouvait construire si ce n'était la chaleur et le réconfort ? Ma main n'était pas destructrice. Elle n'immolait pas. Elle voulait bâtir sur les hauteurs. Ne disait-on pas que la chaleur ne faisait que monter ? Que le feu brûle d'en bas mais que les flammes se sentent du ciel ? J'avais toujours pensé cela en bien avant que…

Ce discours avait vibré en moi.

Oui. À cette époque, j'ignorais quel sacrifice il allait en découler et combien ma naïveté allait servir de desseins plus grands. Je n'avais pas commencé à ouvrir les yeux sur le monde de cendres qui m'entourait que la guerre avait déjà débutée. Plus tard... Il me prendrait tout cet espoir. Le champ de bataille. Il prendrait bien plus que je ne l'admettrais jamais, à commencer par mon jugement. Sous le voile de fumée crée par l'incendie de mes doigts, les hommes s'étoufferaient dans leur sang, les fusils exploseraient et les balles s'envoleraient jusqu'à pénétrer la chair et la terre sèche. Les enfants fuiront la guerre aux seins de leurs mères quand ils ne cacheront pas des couteaux dans leurs bottes, quand ils ne se faufileront pas dans les tranchées pour piller les grenades et les munitions. Les soldats seront les proies du doute. Les femmes, des vipères bien plus agiles que les soldats. Mais face à nous, ils deviendront tous de la chair à canon. Je serais la proie de l'incertitude. Hughes me sauvera la vie sans hésiter une seule seconde, alors que j'en ôterais avec la voracité d'un tank. Et nous gagnerons. Paraît-il. La guerre retranscrite sur le papier annoncera la victoire d'Amestris. Mais dans les faits, il n'y aura absolument aucun vainqueur à cette tuerie.

Alors… À l'avenir.

Ce discours avait vibré en moi.

Je bus une gorgée avant de froncer les sourcils. Outre la tenue de la nouvelle venue, je me rendais enfin compte que je ne l'avais jamais vu auparavant. À la détailler, elle était bien plus jeune qu'il n'y paraissait sous ses parures de luxe. La simplicité sophistiquée qui avait été employée dans sa coupe de cheveux semblait maîtrisée. Un naturel mathématique.

Le champagne trouva la bonne route cette fois-ci et je m'empressais d'incliner la tête :

« Veuillez m'excusez, vous n'êtes pas une diplômée. »

Les alchimistes se ruaient sur le buffet, leurs voix s'élevant à des hauteurs de plus en plus faramineuses. Il devint difficile de s'entendre. Notre hôte avait disparu derrière la grille de politiciens qui n'en voulait qu'à lui pour s'attirer des faveurs encore plus grosses. Je bus une nouvelle gorgée en indiquant la table d'entremets, sourire aux lèvres :

« Vous devriez aller vous servir avant qu'il n'en reste plus. »

À ce rythme, le buffet allait se vider avant les bouteilles de champagne et la suite de la soirée finirait dans une fumée d'ivresse pour beaucoup. Personne ne pouvait leur en vouloir de fêter l'avenir, glorieux qu'il avait l'air.

« Attendez. »

Courageux face à cette cohorte de militaires, je m'infiltrais dans la ligne qui barrait les victuailles et attrapait une assiette de charcuteries et de petits légumes pour les ramener à la jeune femme. Si Chris m'avait appris quelque chose après s'être confronté à la vue d'un lustre gigantesque et d'avoir percuté un individu, c'était de se montrer autrement plus galant et charmant avec qui que ce soit. Hors de question de passer pour un imbécile, encore une fois et rester planté devant elle sans mot dire n'aurait pas été la bonne solution. Je lui tendis l'assiette, ayant oublié ma flûte de champagne dans la bataille.

« Tenez, c'est pour vous. »


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Un tableau ordonné [PV Chiara] [FB ~ 1906]

MessageSujet: Re: Un tableau ordonné [PV Chiara] [FB ~ 1906] Lun 19 Fév - 6:59

L'ordre des priorités ~

Mon père avait commencé un discours, qu’il dirait ensuite très ennuyeux au lendemain de la fête, mais c’était ce que les gens demandaient, alors il s’exécutait de bon cœur. Mais j’avais coupé son écoute avant que l’on demande les applaudissement en surprenant le bel homme en uniforme vivement. Le pauvre s’était alors étouffé dans son champagne et s’était mis à tousser plusieurs fois, tentant de reprendre sa respiration. Moi, je riais sans retenue, enfin si, un peu, puisque j’avais couvert ma bouche du bout de mes doigts immaculés. Le pauvre, heureusement, n’avait pas taché son bel uniforme de cérémonie, juste recouvert son menton de pétillant brut et parfumé. Il me lorgna un instant avant de parvenir à se calmer, écoutant avec attention le début du discours de mon père. Mais il finit par me saluer avant de retourner à son écoute principale. Et dire qu’il était captivé au possible par quelque chose qui ne captivait même pas celui qui discourait… C’était impressionnant, mais peu de gens savaient comment était mon père… Un véritable blagueur jaloux, qui n’aime pas le protocole ni même se mettre sur un piédestal. Il nous réservait généralement cette partie-là à maman et moi. Mais ce soir, cela nous était impossible. Si maman était plus que douée avec une rapière et savait rivaliser avec bon nombre de soldats, elle n’avait jamais été dans l’armée.

Du moins, officiellement… Car si nous évitions d’en parler, pour que la jalousie de mon père ne soit pas mise à rude épreuve, je savais que c’était un ancien colonel qui lui avait appris à se battre ainsi. C’était aussi lui qui lui avait fait vivre une belle aventure, comme elle le décrivait dans son livre… Pour ma part, je n’écoutais pas le discours, je me perdais dans l’observation méticuleuse que je faisais du jeune homme. Il était assez grand et costaud, mais peut-être que le rembourrage de l’uniforme de cérémonie y était pour quelque chose. Un visage encore un peu rond de l’enfance, le menton pointu et le front bas, avec des sourcils fins et sombre, caché par une chevelure toute aussi noire de jais et souple. Ses yeux étaient tout aussi sombres, mais dégageait une certaine chaleur, contrairement à ceux de certains des convives. Il avait donc l’air gentil, non dénué d’un certain charme, je ne pouvais pas le nier, mais… Mais il n’était pas le garçon de mes rêves. Il serait un ami pour la soirée en revanche, et ça, je ne comptais pas lui laisser le choix. Après tout, il faut bien que je tronque l’ennui en attendant que mon prince ne me retrouve, n’est-ce pas ?

Mon père vantait les mérites des alchimistes d’états, quand bien même nous savions tous dans la famille qu’il préférait travailler de lui-même et combattre par ses propres moyens. Il avait essayé l’alchimie, et avait même réussi de nombreuses choses dans sa jeunesse, mais ça s’arrêtait là. Il n’aimait pas ça, il préférait le froid de l’acier et la douleur des combats, quand bien même il était un très bon tacticien. Papa parlait ensuite d’avenir à placer entre leurs mains, qu’ils étaient l’aboutissement d’un rêve… Oui en quelques sortes, la plupart des jeunes alchimistes d’états ne l’étaient devenus que par rêve, un peu comme moi avec la musique. Ce sont des passions qui nous animent et qui nous font vivre. Lorsqu’il leva sa coupe de champagne, tout le monde fit de même, ma victime aussi, et d’ailleurs, il la cogna contre la mienne avec un regard qui en disait long. Le discours l’avait inspiré. Etait-ce une bonne chose ? Je l’ignorais, mais pour tout dire, je me fichais pas mal de ce genre de discours, à mes yeux, tous étions tous une partie de l’avenir, peu importe notre lignée, notre argent ou nos talents. Nous avions tous notre place en ce monde, il suffit juste de la trouver. Et évidemment, l’amour est ce qui illuminera notre chemin, cela semble peut-être enfantin, mais c’est réel.

Lorsqu’enfin, mon père parvint à quitter l’estrade, ma future victime se retourna vers moi, m’observant un temps avant de boire une gorgée de champagne comme pour se préparer à parler. Et je ne m’étais pas trompée, puisque la seconde d’après, une parole ô combien évidente sortit de la bouche de l’alchimiste nouvellement diplômé. Non, je ne faisais pas partie des siens, mais il m’avait semblé que c’était visible depuis le début, sinon il m’aurait forcément reconnue, je le suppose. Il y eut alors une sorte de vague de jeunes gens portant ce même uniforme en direction du premier buffet, se ruant sur les amuses bouches et antipasti. Ma victime me montra d’ailleurs la horde, disant que je devrais aller me servir avant qu’il n’en reste plus un seul avec un demi-sourire. Je m’apprêtais à répliquer à ce sujet, mais il me fit signe d’attendre et disparu à son tour dans la foule. Je ne pus bientôt plus le distinguer parmi les uniformes militaires de cérémonies et les paroles vives. Je clignais des yeux, et plissais finalement ces derniers dans l’espoir d’apercevoir celui qui m’avait fait rire à son détriment. Mais rien, c’était comme s’il avait disparu dans cette foule de couleur, de tissus et de plumes. Oui, car certaines demoiselles arboraient ces chignons perlés de plumes qui était très en vogue. Et à cause de ces dernières, il devenait difficile de percevoir au travers. Pour ma part, je n’aimais pas du tout ces plumes.

Une assiette apparue alors devant mes yeux, et ma victime arbora l’air d’un sauveur, me présentant des entremets composés de charcuteries et de petites brochettes de légumes braisés.  J’inclinais avec délicatesse mon visage pour saluer son geste, et piochait dans la viande fumée un mince rouleau. Mais avant de le dévorer, je me permettais de le remercier d’un sourire… Et puis, n’y tenant plus, je lui révélais la vérité. « Merci… Mais vous savez… Ce n’était pas nécessaire… Ce n’est que le premier service de la soirée, il y en aura encore beaucoup d’autres… » Je me mordillais la lèvre pour retenir un rire, avant de finalement placer l’entremet sur le bout de ma langue. Je dégustais ainsi avec politesse, avant de sourire de nouveau, ma coupe toujours en main. « Mais c’était plus que galant de votre part, surtout après votre toux que j’ai causée… » Je souriais toujours, mais constatais alors qu’il en avait perdu sa coupe de champagne. Oh… Me léchant le bord des lèvres pour récupérer le sel de l’entremet, je lui délaissé ma propre coupe sans même lui laisser le choix.

« Gardez ma coupe un instant, je reviens vite. »

Et ainsi, je m’éclipsais tout aussi rapidement que lui, gardant pour indice qu’il se trouvait sous le lustre numéro trois, soit celui que j’avais escaladé une fois pour éviter de croiser Dame Olivia. Je furetais du regard un serviteur, sachant qu’il y avait beaucoup de monde, ils avaient préparé un château de coupes, mais aussi fait servir différentes boissons parmi les convives par le biais de serviteurs en costumes blancs. J’en repérais un et m’approchais, avant de voir qu’il ne s’agissait nullement d’un serviteur mais d’un politicien dans le même genre de costume, probablement quelqu’un de la bassesse. Et ce dernier accaparait ma mère en lui parlant des apports financiers de la famille. Le pauvre risquait de se faire envoyer balader sous peu, et ce en pensant qu’il aura lui-même prit cette décision. Je secouais la tête, mon pauvre homme galant de la soirée attendait, perdu, au milieu de la foule avec ma coupe. Ah, en voilà un avec un plateau… Oh, zut, plus de champagne… enfin… de brut… Mais il y a de la champenoise… Bon, ça fera l’affaire, après tout, ce n’est que du champagne avec de la liqueur d’orange et de la cannelle, n’est-ce pas ? J’en prenais une coupe avant de m’en aller en direction du jeune diplômé.

« Et voici, pour vous dédommager… J’espère que cela vous siéra malgré sa légère différence… » Je fis alors l’échange, récupérant ma coupe et lui cédant celle que j’étais allée chercher. « Alors, maintenant que nous avons échangé les festivités, serait-il possible d’avoir les civilités ? » Je me moquais un peu, mais cet homme était amusant, il ne semblait pas connaitre l’ordre des priorités… Ou peut-être en possédait-il un autre que la noblesse ici ? En tout cas, son coté peu dégourdit me ferait au moins sourire durant le bal, puisque je ne retrouverais pas mon prince ce soir non plus…

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MessageSujet: Re: Un tableau ordonné [PV Chiara] [FB ~ 1906] Lun 7 Mai - 17:08





J'étais parvenu à braver une armada de militaires en famine pour lui amener un plateau, aussi fier que s'il avait été question d'une ouverture dans les tranchées ennemies. La jeune femme sembla satisfaite jusqu’à ce qu'elle précise qu'il ne s'agissait que d'un service et que d'autres arrivaient. Embarrassé, j'aurais voulu rire, mais cela resta coincé. Je me sentis si stupide que l'idée de plonger la tête dans la fontaine à champagne semblait tentante si cela permettait de réellement s'effacer aux regards des autres. Cependant, l'inconnue brandit le coup de grâce, avouant non sans complimenter mon geste qu'elle avait bien fait exprès de me surprendre. Avant même de réagir, je me retrouvais avec une coupe dans la main et était laissé pour compte au milieu de la pièce.

« Quel idiot... »

Je secouai doucement la tête, lançant un regard sévère au champagne qui bullait tranquillement. J'ignorais totalement si je devais me détendre ou au contraire rester aux aguets comme un garde fou. Qui protéger ? Je devais m'attendre à tout dans un monde politique tel que celui-ci. Cette soirée sentait les opportunités à plein nez, les discussions administratives, les complots d'idées… J'étais fatigué après l'épreuve que nous venions de traverser. Un supérieur aurait pu venir dans l'instant pour me donner mes ordres et j'aurais rampé, ventre contre terre, pour m’exécuter tant j'étais pressé de mettre la pratique dans la théorie. Cependant, faire semblant d'apprécier des personnes hautement placées que je ne connaissais pas était un jeu, certes auquel j'étais habitué, mais qui rendait cette fête aussi peu intéressante que s'il s'était s'agit de s'asseoir à une table d'enfants lors d'un mariage.
De plus, je me retrouvais seul en dessous d'un lustre géant. Diable, pourquoi cette chose était si grande ? La lumière ne semblait pourtant pas plus vivace, ni même agressive, rendant la pièce dorée comme si nous étions en plein rêve féerique. Je ne cherchais plus la jeune femme, persuadé d'avoir été planté là de manière courtoise. Je n'étais pas du genre insistant, surtout pas auprès de la gent féminine de laquelle je savais, n'aimait guère cette pratique que certains gentlemans n'hésitaient pourtant pas à utiliser. Avec la famille que j'avais eu, je savais qu'il n'était jamais bon d'insister auprès d'une femme. Encore moins lorsqu'on ne connaissait pas même son nom. J'avais tout fait de travers. Je fronçai un sourcil dans ma méditation.

Hé bien. Je devais être très fatigué pour avoir été incapable de me présenter. C'était pourtant une formalité évidente qui en plus d'énoncer nos identités, avait en général la sensation d’apaiser les conversations. Après tout, il était plus agréable de savoir à qui l'on parlait. Mais visiblement, je n'allais pas beaucoup échanger en discours après m'être fait surprendre à si peu de manières. Je pouvais comprendre qu'elle eut pris congé.

Pourtant, elle revint. Coupe en main, elle procéda à l'échange de nos boissons devant mon regard hébété. Je ne notais pas tout de suite la légère différence dans mon verre, alerté par ses mots qui revinrent assidûment sur les civilités que nous n'avions pas partagés. Je m'étais attendu à ce qu'il n'y eut vraiment que des personnes concernés par la politique et la fausse courtoisie que je cherchais encore à découvrir pourquoi elle était revenue.

« Je vous remercie. »

Si une pointe d'étonnement perdura dans ma voix, je m'empressais de corriger mon faux pas :

« Je m'appelle Roy Mustang. »

Elle allait s'annoncer et j'allais enfin pouvoir mettre un nom sur cette moderne jeune femme. Son style vestimentaire s'échappait des codes de la mode actuelle, sans plumes pour toucher le plafond ni même entraver le regard. C'était appréciable, car tous ces froufrous semblaient destinés à détruire la beauté plus qu'à la mettre en valeur. Je ne lui précisais pas mon titre puisque de toute évidence, je l'avais confondue et ma bourde aura au moins servis à lui assurer que j'étais un alchimiste d’État. Au début, j'aurais pu croire que mon simple uniforme aurait suffit à le confirmer, néanmoins, plus la soirée avançait, plus les vestes étaient délaissées. À ce rythme, j'allais être le seul à garder ma veste d'uniforme. Si mon intérêt n'était pas de subir des discours politiques, je savais au moins me tenir vestimentairement parlant. Certes, nous allions avoir chaud, cependant j'étais certain d'avoir vu des hectares au-dehors suffisamment grands pour prendre un peu l'air quand l'envie se fera. Une telle nature dans la périphérie de Central City était appréciable. L'est venait à faire sentir son absence. Je n'avais pas encore revu Chris depuis que nous étions arrivés en ville, mais les affaires militaires primaient sur la vie de famille. De plus, il était de toute façon proscrit que j'aille la voir, telle une fleur, armé d'un uniforme militaire après avoir été le garçon d'un bar à hôtesses. Il fallait que je fasse oublier l'enfant qui parfois traînait avec Chris et ses filles. Pour cela, je n'avais d'autre choix que d'attendre et de grandir. Il n'était pas question de lui rendre visite sans avoir une raison valable de revenir vivant, car si elle était présente et voyait combien je manquais à mes manières, elle m'aurait tué.


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MessageSujet: Re: Un tableau ordonné [PV Chiara] [FB ~ 1906] Mer 4 Juil - 0:50

Adieu les rêves

J’étais revenue avec une coupe de champenoise, bien que différente de la première, j’espérais que celle-là puisse le satisfaire et compenser la perte qu’il avait subi quelques minutes plus tôt. Quoique le gout fut tout de même drastiquement différent, mais j’espérais qu’il ne m’en tiendrait pas totalement rigueur. Le goût était différent, et il n’était pas non plus impossible qu’il n’apprécie pas la liqueur d’orange et la cannelle. Mais j’aurais fait de mon mieux, et c’est ce qu’il faut toujours faire. J’avais alors fait l’échange avec ma coupe, lui laissant la champenoise et le prévenant de son goût quelque peu différent, avant de lui demander avec une plaisanterie, les civilités, dans un rire clair et léger. J’étais toujours naturelle, ce qui ne plaisait pas forcément à Dame Olivia, qui ne cessait de me répéter que je devais surveiller mon étiquette, et porter un masque en public. Par ailleurs, je savais que si je la croisais ce soir, elle hurlerait au scandale pour ma tenue, si loin d’être conforme à ce que j’aurais dû porter vu mon âge et l’idée folle qu’elle a de me trouver un mari potentiel.

Mais les gouts d’Olivia étaient à discuter. Car je n’étais pas certaine que les hommes cherchent des poules ou des volailles pour fiancées. Et les tenues riches de la mode d’aujourd’hui en mettait encore partout. Les cheveux, le buste, et des couleurs tellement vives… Oui, certaines étaient jolies, mais si complexes… Entre le panier à l’arrière pour donner un déhanché plus important, les corsages rembourrés, ou encore les voilettes devant les seins. Au diable toutes ses manières… Ma robe bustier était certes, très simple, n’avait qu’un seul jupon pour éviter la transparence, et n’était pas plus large qu’un diamètre de jambes classique, mais elle était agréable à porter, discrète et pourtant originale. Et surtout, elle me permettait d’être moi. Car c’était là l’une des robes dessinées par ma mère pour son livre, et faite par de grands couturiers qui se sont amusés là dans une idée audacieuse. Plus encore, c’est la robe de Small Lady dans le Tome 6 de ma mère, lorsqu’on la voit pour la première fois dans les bras d’Helios, tous deux revenant du futur.

Mais à mon retour, il y avait eu un étrange comportement dans tout son être. C’était comme s’il avait voulu se punir de quelque chose, avant de paraître trop surpris pour comprendre la raison de mon arrivée devant lui une fois de plus. Il s’était rattrapé cependant, mais le timbre de sa voix s’était vu légèrement… différent, comme s’il n’arrivait pas à saisir le pourquoi, alors que je venais de le lui annoncer. Ses remerciements se faisaient étonnés, et il corrigea ensuite le problème des civilités, bien que réagissant comme un enfant prit en faute. Je secouais la tête, amusée par sa réaction. Ainsi, Roy Mustang, jeune alchimiste d’état tout juste diplômé, était galant, gentil, un peu naïf peut-être, et surtout, peu habitué au retour de la gentillesse. Avec délicatesse, je vins frapper ma coupe tout juste récupérée contre celle que j’étais allée chercher pour lui, et d’un sourire, me nommais à mon tour, mais… Je gardais mon nom pour moi, ce soir, j’aimais bien cet homme, il était amusant, et je ne voulais pas qu’il change son comportement à cause de mon titre.

« Chiara Emeraldas » Le sourire que j’offrais cependant, disait clairement que le second n’était qu’un prénom de plus pour conserver le mystère. « Vous n’êtes clairement pas habitués aux mondanités, mais c’est rafraîchissant… Cela vous plait-il ? Vous avez le droit de dire non, je ne vous mangerais pas pour ça. » J’étirais un nouveau sourire, avant de voir une armada de serviteur apparaître au fond de la pièce, tous armés de plateau, et à leur tête, dame Olivia, donnant les directives pour le second service. Je palis un peu, avant de rougir malgré moi à cause de ce que je m’apprêtais à faire. « Et si nous allions prendre l’air, hmm ? Il fait incroyablement chaud ici ! » Et sans attendre, je glissais mon bras sur le sien avec grâce et l’emportait dans la direction opposée à ma gouvernante. Je ne lui avais pas laissé le temps de protester, et l’entrainais au travers de la foule en le questionnant sur son diplôme, et sur son sérieux. Je disais un peu n’importe quoi pour l’occuper avant qu’il ne pose des questions à son tour… Comme le pourquoi je fuis l’endroit où nous nous trouvions jusqu’à lors.

Il ne restait plus qu’une dizaine de mètres de foule à traverser pour arriver aux portes vitrées des balcons, lorsque soudain, mon dos – puisque je regardais le jeune diplômé pour lui parler tout en avançant vivement – percuta quelqu’un. Me confondant en excuses, je me tournais alors vers celui que je venais de bousculer, et mon cœur rata un battement. Il était grand, très grand, et sous son costume, je pouvais apercevoir une silhouette musclée. Je remontais alors, cette chevelure argentée… Ma main, sur le bras de l’alchimiste, trembla, tandis que je laissais courir mes yeux jusqu’à son visage… L’homme tourna ce dernier au trois quarts pour me fixer à son tour… Mais au lieu des rubis chaud et délicieux qui viendraient faire battre mon cœur avec puissance… Deux saphirs glacés me frappèrent, et j’y lus de la colère… Un soupçon de haine même, et de quelque chose d’ignoble… Comme si soudainement, on venait de me mentir en me regardant droit dans les yeux, et en sachant que je le saurais, sans pour autant changer d’avis sur les propos tenus.

Mes excuses moururent au fond de ma gorge, tandis que l’homme replaçait sur son visage, un masque sévère mais presque neutre, et qu’une lueur de politesse venait se loger dans son regard froid comme les pôles. « Ce n’est rien, mademoiselle Williams… Vous m’avez juste surpris… » Sa voix me gênait… Si celle de Mustang était chaude et agréable, la sienne, me donnait l’impression fugace d’être agressée. Je me suis crispée soudainement, tandis que l'inconnu au cheveux d’argent venait glisser sa main dans ma chevelure pour en tirer une rose, défaisant par la même, toute ma coiffure et laissant cette dernière venir s’échouer jusque sous mes cuisses dans une cascade de fleurs. Il porta la rose à son visage, et croisa mon regard avec un sourire qui me donna la chair de poule. « Bien que le temps passe, l’enfant s’est vue muée en une ravissante jeune rose… Passez une bonne soirée, Miss Williams… Jeune homme… » Il disparut alors dans la foule, et moi, tremblante comme une feuille, je ne parviens presque plus à tenir ma coupe de champagne, ni ma prise sur le bras de l’alchimiste.

« De l’air… L’air nous fera du bien… » Mes mots semblent décousus… Je me mords la lèvre, pourquoi croiser cet homme m’a fait mal… ? Il a agi comme tous ceux qui connaissaient mes parents et m’avait croisé dans ma jeunesse… Pourtant, j’ai eus l’impression de mourir en me plongeant dans son regard.

Plus lentement que prévu, nous sommes cependant arrivés aux portes vitrées, laissées ouvertes pour l’occasion, et j’ai entrainé l’alchimiste d’état sur l’un des grands balcons de marbre, sur lequel se trouvaient diverses plantes et large candélabres de cuivres. Ils offraient une lumière diffuse à l’endroit, et je ne doutais pas que certains, plus tard, viendront donner naissance à une aventure dans une alcôve de ce style. Pour ma part, je me sentais malade à cause de cette rencontre. Toujours accrochée au bras de Roy, je l’ai entrainé jusqu’à la balustrade, où j’ai posé ma coupe, toujours en tremblant, avant de me tourner vers lui. « Je suis désolée… Pour la précipitation, et pour… cette rencontre… Bizarre… » J’avais la tête qui tourne, et ce n’était définitivement pas l’alcool…


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