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Angel of Darkness (PV Jin)

MessageSujet: Angel of Darkness (PV Jin) Ven 24 Nov - 21:44



9 Novembre 1914

Cela faisait trois jours que j’étais toute seule dans cette grande chambre d’hôtel. Edward était partit… Mon compagnon n’était plus là… Partit dans son village natal pour faire réparer son bras de métal, et ensuite, il faisait une halte à Central… Trois jours que je n’avais plus de nouvelle de personne, et que je n’osais presque pas sortit de cet endroit. J’avais été contrainte de quitter la chambre le soir même de son départ, pour me nourrir, car nous avions oublié de soigné ma cheville, et que la blessure continuait de saigner, bien que légèrement… Je ne guérissais pas, je stagnais… Et sans liquide vital, je m’éteignais… C’était de là que venais ma peur de la mort… Je ne pouvais pas vivre sans prendre le sang de quelqu’un, sinon, je redevenais ce que j’aurais dû être. Une morte… Et plus le sang venait à manquer, relançant cette soif impossible à étancher, et plus je sentais la douleur dans ma poitrine grimper.

Je ne voulais pas retourner à ce stade horrible, ce gout de cendre en bouche, cette douleur, je ne voulais plus jamais la ressentir… Je voulais retrouver le calme et la chaleur de l’humain qui sentait bon... Je voulais qu’il revienne et me rendormir contre lui… Je voulais me laisser envahir par son odeur, et n’entendre que ses soupirs et ses battements de cœur… Je me souvenais encore avec exactitude des sensations qu’il m’avait faite découvrir, mais aussi de l’effet qu’il avait sur moi, de sa chaleur, de ses baisers… Le jour où je l’avais retrouvé… J’étais en panique, j’avais même manqué de le tuer… Mais il avait su m’apaiser malgré la soif… Et maintenant, je comprenais un peu l’adulte du corps… Chiara… et Ban… C’était comme être privée d’air une fois parti… Je me sentais vide, fragile, incomplète… J’avais froid, et… J’avais de nouveau peur… Ce sentiment était revenu avec encore plus de force, mais je n’osais plus bouger…

Je m’étais enroulée dans la couette qui avait recouvert notre union, humant son parfum resté sur cette dernière, et j’attendais que les secondes passent… je ne pouvais plus sortir, les militaires quadrillaient la zone à ma recherche, ma dernière tentative de repas s’était soldé par un ivrogne violent, et le reste avait été un véritable échec… Si je mettais une plume dehors, je me faisais tirer dessus… Trois jours que j’étais ici sans ma moitié, et j’avais de plus en plus de mal à tenir… Je sentais ma vie s’éloigner… Ma respiration se faisait plus rauque, j’avais tout le temps froid, et je me sentais épuisée sans aucune raison… J’allais devoir bouger, je ne pouvais pas attendre plus longtemps, même si j’avais promis à Edward que je l’attendrais… Je… Je ne voulais pas mourir une seconde fois… Sauf que je ne voulais pas quitter l’endroit non plus… Son présent reposait entre mes seins, cette petite chouette qui tenait une jolie fleur scintillante… Je lui avais cédé une de mes plus belles plumes en échange, mais, j’avais l’impression que ce n’était pas assez…

Je reniflais malgré moi, presque malade de son départ, seule, sans aucun moyen de savoir quoi faire… J’avais promis de ne pas bouger… Je ne devais donc pas le faire… Pourtant, j’avais désobéis au renard, le seul qui m’avait apporté un véritable soutient, pour me nourrir… Et maintenant, j’étais perdue… Chiara ne s’était pas réveillée… Angelica ne disait rien non plus… J’avais l’impression que les pleurs étaient plus agréable que le silence… Et pourtant, j’aurais tout donné pour que les deux se taisent au début… Et maintenant que j’étais toute seule… Je voulais les entendre, savoir qu’elles étaient encore là… Parce que le départ d’Edward me rendait bizarre… Je me sentais… triste… ça faisait mal… Je voulais qu’il revienne, je voulais que tous reviennent, et que la guerre s’arrête… Je ne voulais plus que l’alchimie nous fasse mal une fois encore, je voulais vivre et faire comme je le voulais… Je m’en fichais de ne pas savoir si j’étais plus humaine ou animale, je voulais juste vivre et me sentir bien comme lorsqu’il était là…

Je fermais les yeux un instant, je me sentais épuisée sans avoir rien fait, mais c’était ainsi… Je voulais m’endormir et me réveiller dans ses bras… De préférence sans la machine horrible qui faisait un bruit pas possible et qui avait contraint le blond à se lever pour finalement me laisser ici… Perdue dans mes pensées… C’est une clef dans la serrure de la porte qui me fit redresser la tête lentement. Qu’est-ce que… ? Non… C’était trop tôt… ça ne pouvait pas être Edward… Mais alors… ? Je me concentrais le plus possible pour écouter ce qu’il se passait de l’autre côté de la porte tout en m’étirant… Il y avait de la lumière sous la porte, et de nombreuses ombres… je pouvais capter au bas mot une dizaine de battement de cœur… Et… Une odeur de poudre… ? Non ! J’ai quitté le lit dans un bond, mais avant même d’avoir pu faire un pas, il y a eu un son bizarre… Et une rafale de coups de feu dans ma direction…

Je me suis laissée tombée au sol pour me cacher derrière le lit, mais une douleur presque brulante me transperçait désormais l’épaule droite… Une balle… Ils étaient une bonne dizaine, tous en uniforme de militaire, armés au possible… Je sentais la poudre, et leur soif de vengeance… Ils étaient revenus après mon carnage d’il y a quelque jour… Je les comprenais… Mais je ne pouvais pas me laisser faire non plus… J’ai voulu déployer mes ailes, mais à peine les éclairs bleutés étaient apparu que j’ai senti quelqu’un tirer avec violence sur ma tresse et m’emporter en arrière. J’ai crié et tentait de me débattre le plus possible, mais il me tenait fortement, et j’ai pris un coup dans les reins.

« Alors petite traînée, on fait moins la fière maintenant, hein ? » J’ai donné un coup de griffe dans le vague, je n’arrivais pas à l’atteindre, et il avait une arme pointée sur moi. « Sale monstre, tu vas payer pour tout ce sang versé ! »

J’ai soudainement percuté un mur, et je me suis effondrée sur la petite table en verre… Cette dernière a volé en éclat à mon contact, et je me suis retrouvée couverte de plaies sanguinolentes. Je crois que j’ai gémis de douleur à ce moment-là, mais en relevant la tête… les différents canons encore fumant me faisaient face… Je ne pouvais pas rester ici, pas tant qu’ils étaient à ma recherche… Alors j’ai laissé ma nature reprendre le dessus, mes ailes mouchetées se sont déployées, mes serres ont remplacé mes ongles et je me suis élancée en avant pour esquiver la nouvelle rafale de coups de feu. Je me suis jetée sur celui qui m’avait balancée contre le mur et j’ai envoyé ma main encore libre dans sa gorge sans hésitation. J’ai été éclaboussée par la pluie rouge, et alors qu’ils hurlaient tous des ordres pour me tirer dessus, je n’ai plus fait attention à mon entourage… J’ai couru en direction de la fenêtre le plus vite possible, et bras en avant, je me suis élancée contre…

Pour passer au travers dans un cri déchirant…

Les éclats de verre ont perforé ma peau une fois encore, et je pouvais sentir ma vie s’en aller de plus en plus rapidement… J’avais mal au cœur, du mal à respirer… Mais je ne pouvais pas rester ici malgré ma promesse à Edward. Je ne pouvais pas mourir, pas ici, et pas maintenant. Je me suis écrasée deux étages plus bas, et mon épaule droite s’est disloquée… Après la balle, ça… J’ai une fois de plus hurler un bon coup, avant de me redresser, tremblante, et de tenter de m’enfuir… Il pleuvait désormais des balles… Mais je m’en fichais… Aller le plus loin possible, c’était tout ce qui comptait… Sauf que je ne savais pas où j’étais, j’avais la tête qui tourne, du mal à respirer, et mon sang s’écoulait de tous les côtés… Autrement dit, je pouvais être pistée par n’importe qui… Je me suis effondrée au milieu d’une ruelle sombre, à genoux devant les rayons de la lune, et j’ai juste eu le temps de me retourner pour voir que mes poursuivants m’avaient suivi… Ils étaient plus nombreux… Ils avaient pensé au fait que je sauterais de la fenêtre… Humains misérables… Je vous hais…

« Elle est là ! »

J’ai voilé mon regard à cette annonce… Je n’arrivais plus à respirer… Je me sentais partir… Comme lors du festival… Pitié… Je ne veux pas… Pas maintenant… Ce n’est pas le moment… pas encore… Il n’y a pas d’alchimiste… je ne peux pas… Je veux vivre… Non… Ma poitrine me brule… Non… Le noir grimpe sur mes mains… je le sais… Pitié... Non… J’ai soudainement eu quelque chose de métallique autour de ma gorge qui est venu serrer avec violence et entailler ma peau… Avec le peu de force qui me restait, j’ai essayé d’attraper le câble métallique qui voulait m’étrangler… Un des soldats m’avait eu par derrière… Je n’arrivais presque plus à rien… Mes doigts s’effritaient sur le câble d’acier… Alors j’ai fait la seule chose qui me restait à faire… J’ai hurlé…

Et mon cri a résonné dans toute la ville…


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MessageSujet: Re: Angel of Darkness (PV Jin) Mer 31 Jan - 13:31
  • Jin-Wan Han
  • Angelica

Angel of Darkness.
Plus que quelques jours avant que les plans de Nikolaï Roskov puissent se mettre en place. Jin-Wan, médecin infiltré était envoyé à l’Est pour vérifier que les préparatifs aboutissaient avant le grand jour. Les cargaisons d’armes, les chimères sur le point d’arriver dans ce coin du pays. Tout devait être parfait et le xinois allait s’en assurer. Les ordres étaient les ordres et notre docteur et infiltré dans le pays de l’alchimie ne ferait pas autrement, même si, depuis une certaine rencontre, il commençait à se remettre en question, comme à l’époque où il était encore un assassin du clan Han. La vengeance menait les hommes à faire couler du sang, même celui des innocents. Le but n’était pas de faire passer un simple message, bien au contraire. Le sang versé et le soulèvement du peuple n’était que les prémices d’une grande guerre, visant à couper la tête de l’état et de son dirigeant. La mort rodait partout et son messager ne faisait que préparer le terrain pour sa venue.

Il faisait déjà nuit lorsque le xinois fut arrivé dans la gare de l’Est. Le vent était frais, mais le temps était plutôt agréable pour un mois de novembre. Certes, notre homme portait encore son long manteau noir et bien chaud, ainsi que son couvre-chef blanc, tacheté par endroits… Il n’aimait pas avoir froid. Même si le xinois avait vécu quelques années dans ce pays, il n’arrivait pas à s’habituer au climat. Quand on vient de Xing, difficile d’oublier la chaleur de sa patrie. Portant son baluchon sur son épaule, ainsi qu’un long tube en bois d’ébène cachant son immense sabre de la vue de tous, il marchait en direction du centre-ville pour trouver un endroit où se reposer. À sa grande surprise, les rues n’étaient point calme. La police militaire était agitée par quelque chose. C’était à se demander si Amestris avait compris que quelque chose de grave allait se produire dans cette partie du pays dans quelque temps. Impossible… Le groupe de Nikolaï faisait très attention à ne pas attirer l’attention et avec l’aide des illuminés, la population d’Amestris qui se faisait manipuler par les infiltrés, personne ne pouvait présager les futurs événements.

Le grand ténébreux marcha tranquillement, comme tout homme qui serait innocent, dans les rues. Alors qu’il s’apprêtait à rejoindre la grande place, il entendit des voix venir vers lui. Quelques instants plus tard, un groupe d’une dizaine d’hommes en tenu bleu-roi s’arrêta près de lui, cherchant quelque chose sans jamais le trouver. Trois de ces militaires s’approchèrent de notre terroriste et se plantèrent devant lui pour l’empêcher d’avancer. Le regard gris de xinois se posa lentement sur eux et garda simplement le silence avant d’en savoir un peu plus. Si jamais ces fous tentaient de l’arrêter, il avait le moyen de les faire taire avec quelques lames courtes dissimulées dans son long manteau. On n'approche jamais un assassin bien équipés, sauf si on cherche à mourir… Finalement, l’un des policiers lui demanda si notre xinois avait vu quelque chose d’étrange, comme une bête , parcourant les rues de l’Est, Jin-Wan secoua très lentement la tête avant d’expliquer qu’il était de passage dans le coin et qu’il venait d’arriver par le dernier train. On lui demanda alors de montrer ses papiers prouvant son identité. D’un geste très lent de sa main droite, la seule de libre puisque l’autre tenait le tube de bois, il alla chercher à l’intérieur de son manteau son papier officiel prouvant son identité en tant que docteur à Central. Ils furent étonné de constater qu’il s’agissait d’un médecin de la capital, se trouvant bien loin de son cabinet. Jin expliqua calmement qu’il était venu rendre visite à des amis vivant dans ce coin d’Amestris. L’un des policiers lui rendit ses papiers avant de le prévenir de faire attention, que les rues n’étaient pas sûres.  

Les militaires s’éloignèrent alors, laissant le docteur derrière eux. Ils ne prirent pas la peine de vérifier ses effets avant de s’en aller. Allons bon, voilà pourquoi Amestris allait certainement se faire déborder dans les semaines et les mois à venir. Un grand sourire sadique se dessina sur les lèvres de l’assassin qui reprit sa route en direction d’un hôtel. Ce qui était resté dans son esprit, n’était autre que cette histoire de bête sanguinaire. Est-ce qu’une des chimères livrée pour le grand jour, venait de s’échapper ? Cela était impossible… Elles ne devaient pas être encore présentes dans l’Est, la livraison devait s’effectuer dans les prochains jours et sous la surveillance de notre homme. Alors qu’est-ce qui pouvait bien inquiéter ces gens-là ? Un mystère qui ne resterait pas sans réponse. Alors que le grand homme, habillé principalement de noir, arriva enfin devant un bâtiment, il remarqua de l’agitation non loin de lui. Jin-Wan entra à l’intérieur et fut accueillit par un vieil homme. Réservant alors une simple chambre, il monta dans les étages de l’hôtel avec sa clef à la main. Une fois à l’intérieur de la pièce réservée pour lui, il déposa son sac et sortit son sabre de son étui pour le déposer sur le lit. Des bruits se firent alors entendre de l’autre côté de la rue et attirèrent l’attention de notre infiltré. D’un coup d’oeil par la fenêtre, il remarqua des étincelles de lumière provenant d’un des étages d’en face. Des coups de feu ? Cela avait réussi à l’intriguer. Quelques instants plus tard, quelque chose traversa la fenêtre d’un autre hôtel et des hommes se précipitèrent vers la vitre brisée pour continuer à tirer vers la rue. Ce qui se trouvait en bas fit presque rogner notre homme. Pendant un instant, il avait pu apercevoir des longs cheveux roux et un visage qu’il avait déjà vu auparavant à Central. Cela ne se pouvait…

Sans réfléchir un instant de plus, le xinois se rapprocha de son lit pour attraper Kikoku, le sortant de son fourreau, et revenir vers la fenêtre qu’il ouvrit d’un coup sec. Il passa à l’extérieur, arrivant sur un petit balcon devant sa chambre et grimpa d’un bond vers un autre balcon, jusqu’à atteindre le toit. Avait-il vraiment reconnu cette chose qui venait de s’écraser deux étages plus bas en face de son hôtel ? Il n’y avait qu’un moyen de le savoir… La retrouver avant les autres. D’un coup d’oeil rapide, il constata à son grand regret qu’il était trop tard pour devancer les militaires. Ils étaient déjà à la poursuite de la « bête ». Sautant de toit en toit, il arriva près de la ruelle où des hommes se rassemblaient dans l’ombre. Un cri strident se fit entendre quelques secondes plus tard et qui fit glacer le sang de notre médecin. D’un autre saut, il arriva sur le toit au-dessus de l’assemblée et sans perdre une minute de plus, Jin sauta dans les airs, sa lame pointée vers le vide en dessous de lui. La descente fut rapide, et sa lame traversa alors un premier corps en partant d’une épaule pour ressortir par le ventre d’un des militaires. Alors que la pointe qui venait d’empaler ce pauvre homme se coinça dans le sol poussiéreux, les autres eurent à peine le temps d’entendre cet humain pousser son cri d’agonie que le docteur s’empara de scalpels à l’intérieur de son manteau pour en jeter quatre. Ces lames se plantèrent en une faction de seconde dans la tête de ses cibles, qui s’écroulèrent sur le sol. Les armes à feu qui étaient pointées dans la direction de la « bête », se retournèrent dans sa direction avant de se mettre à tirer en rafale. Cependant, il était déjà trop tard. Jin-Wan venait de retirer son long sabre du corps du premier militaire mort par sa main et sauta sur le côté pour grimper en hauteur. Il fit un autre bond pour se retrouver entre la créature, étranglée par un autre, et le reste du groupe. Ce fut à ce moment que l’un d’entre eux grimaça subitement, ayant reconnu le fameux docteur de Central dont il avait contrôlé l’identité un peu plus tôt. Un tir de pistolet fut déclenché dans sa direction et l’infiltré dans le pays de l’alchimie le dévia de sa lame avec un grand sourire sur son visage.

« Il est déjà trop tard pour vous, la mort réclame vos vies.»

En une fraction de seconde, notre assassin s’approcha du reste du groupe et son sabre s’abattit sur le premier, faisant voler sa tête loin de son corps, avant de faire de même avec les autres, ne laissant plus qu’en vie le dernier policier qui retenait toujours la bête avec un câble d’acier. Jin se tourna alors vers les deux autres et son regard se posa sur le dernier survivant. Celui-ci commençait à paniquer et il tenta alors sa dernière action qui allait lui coûter la vie. Il lâcha d’une main le câble qu’il tenait fermement pour essayer d’attraper son arme de service. Il n’eut même pas le temps de l’effleurer que la pointe du sabre de plus de deux mètres traversa sa gorge pour ressortir par sa nuque. Un dernier gémissement de douleur, mêlé à son sang giclant de sa bouche avant que la lueur dans ses yeux ne disparaisse et qu’il ne s’écroule comme les autres. Un air satisfait se dessina sur le visage de notre ancien membre du clan Han et il prit le temps de ramasser les scalpels plantés dans les corps des malheureux avant de venir vers la rousse qui était toujours à genoux sur le sol.

« Je ne pensais pas revoir un jour l’enfant de tous les silences. Tu es blessée et il ne faut pas rester ici, d’autres pourraient venir pour venger leurs camarades-ya. Si tu me laisses faire, je peux te venir en aide. Après tout, je suis médecin, mais aussi un assassin. »

Son regard anthracite se posa sur la blessure par balle avant tourner la tête vers la sortie de la ruelle. Les coups de feu et l’agitation avaient réussi à attirer l’attention de la population. Il fallait faire vite. Sans demander son accord, et après avoir rangé ses petites lames dans ses poches, il lui attrapa doucement le bras pour la relever et ensuite se pencher en avant pour la positionner sur son épaule afin de la porter, prenant soin de ne pas abîmer ses ailes . Il ne tarda pas un seul instant avant de se diriger vers un escalier de service un peu plus loin et de monter vers les toits. Ils seraient bien plus en sécurité dans les hauteurs et fort heureusement son hôtel n’était pas loin. Il n’était pas facile de se déplacer avec la jeune fille allongée sur son épaule et son sabre dans sa main, pourtant, il n’avait pas le choix de faire ainsi. Quelques minutes plus tard, attendant que personne ne puisse les remarquer, il arriva de nouveau à son balcon et passa cette fois-ci par les portes pour entrer dans sa chambre. Il prit soin de la déposer sur le lit avant de fermer la porte du balcon et la fenêtre ainsi que les rideaux pour éviter de se faire voir par les voisins d’en face. Avant de retourner vers la jeune demoiselle, il éteignit la lumière de la chambre pour allumer celle qui se trouvait sur la table de chevet. Lâchant un grand soupir presque silencieux, l’homme aux yeux gris se rapprocha du lit remarqua alors la couleur des mains de la chimère. Plissant le regard en l’examinant d’un peu plus près, il attrapa son baluchon de voyage pour chercher de quoi soigner la plaie par balle à son épaule.

« Je vais devoir retirer la balle de ta blessure… Elle n’est pas ressortie. Cela risque de ne pas être agréable, mais cela sera moins douloureux que ces marques noires sur tes bras, je me trompe ? Si veux m’expliquer pourquoi ces militaires étaient à ta poursuite, j’en serai ravi. Ma curiosité a été réveillée, et ce, depuis mon arrivée en ville. J’étais loin de me douter que tu sois la bête sanguinaire qu’ils recherchaient.»

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Angel of Darkness (PV Jin)

MessageSujet: Re: Angel of Darkness (PV Jin) Mer 31 Jan - 23:09



Je ne voyais plus que du rouge…

Mon cri s’étrangla subitement tandis que l’homme qui m’avait pris par surprise tirait plus forte encore sur le câble d’acier autour de ma gorge. J’ai senti les larmes perler au coin de mes yeux, et la douleur exploser autour de ma nuque. La blessure de Chiara venait de s’ouvrir, parallèle à celle causée par le câble, et rien de ce que je faisais ne changeait quoi que ce soit à ma situation. Mes doigts devenus noirs commençaient à s’effriter sur le câble que je tentais de repousser, je le voyais, je partais en poussière, la mort commençait à me prendre… Et Edward n’était pas encore revenu… J’ai crié de nouveau, avant de reprendre mes tentatives pour m’échapper, j’ai réussi à donner un maigre coup à celui qui me tenait, mais il tira de plus belle avant que, privée d’air, je ne commence à partir en arrière. Je commençais à avoir froid, j’avais mal partout, mon cœur battait vite dans ma poitrine, et je le sentais perdre un rythme normal. La tête me tournait, je pleurais et gémissais malgré moi, je n’arrivais plus à me défendre… C’était fini… J’ai préféré fermer les yeux…

J’allais mourir ici, je le sentais… Pas à Central… Pas dans une forêt… Pas avec la meute… Pas dans les bras d’Edward non plus… J’allais mourir ici, seule… Et personne ne le saurait… Car mon corps tout entier allait partir en cendre et disparaitre au grés du vent, telle l’anomalie que je suis. Finalement, je n’aurais peut-être pas dû quitter la maison… Ban m’en voudra surement d’être partie me nourrir… Lui qui remuait ciel et terre pour me protéger… Il me manque aussi… Lui, Edward et Alois… Ils étaient ma plus précieuse famille après Lyl et les deux humaines… Mais ils ne sauront rien de ma disparition… Ils me cherchent probablement… Et je n’aurais pas eus le temps de leur dire que je les aimais… Aucun ne le saura véritablement… Et pourtant, c’est grâce à eux que j’ai toujours envie de vivre… Ce sont eux qui m’ont montré le ciel, la terre et le monde… Et je ne pourrais pas les remercier non plus. Non, je vais disparaitre dans cette ruelle, sous les yeux de ses hommes qui, comme la plupart des militaires, ne sauront pas distinguer le bien du mal… Et la guerre qui semble frapper ce monde m’aura emporté avant que je ne puisse faire la différence…

Mais la mort trainait à venir…

Il y eut un bruit de succion grotesque, mais ça ne venait pas de moi. Une sorte de gémissement d’agonie résonna dans la ruelle, et d’autres bruits infâmes, comme une lame tranchant de l’os… J’ai rouvert les yeux, pour ne voire que des taches de couleurs mouvantes… Pourtant, l’odeur qui m’assaillit avec rapidité était reconnaissable entre mille. Le sang… Et ce n’était pas le mien… Une tache sombre, à deux mètres de moi, se voyait noyée dans une autre tâche, très rouge, et qui devenait de plus en plus grande.  Il y eut quatre chutes, et du sang s’écoula de nouveau. Je ne comprenais pas ce qu’il se passait, mes yeux étaient injectés de sang, et ma vision rendue floue par mon départ précipité. Il y avait beaucoup de mouvement, et mes meurtriers commençait à paniquer. Je pouvais sentir différentes odeurs dans les airs, quand bien même je ne les reconnaissais pas. En revanche, j’entendais de moins en moins les battements de cœur de ceux qui me voulaient morte. Comme si, un à un, ces cœurs cessaient de battre au lieu de faire taire le mien à tout jamais. Je vis une tache noire se mettre entre les canons à poudre et moi-même, puis d’autres bruits, des coups de feu. Tout allait si vite, et je ne saisissais plus rien.

Puis une voix résonna dans la nuit après qu’un son aigu comme du métal frappant un éclat du même matériau eut résonné. Cette voix, je la reconnaissais plus que je la connaissais, car je l’avais déjà entendue lorsque j’étais piégée dans le corps. C’était la plus jeune qui avait le contrôle de notre être à ce moment-là… Et… Je crois me souvenir que c’était après la fin de Lyl. Je me souviens… Que la colère avait animée pour la première fois depuis que j’étais avec elle, la plus jeune des deux humaines… Et c’était contre cette voix qu’elle s’était mise en colère. Ici, la voix disait qu’il était trop tard, que la mort réclamait les vies… Mais quelle vie ? La mienne ? Je ne savais pas… Mais la pression autour de mon cou s’était faite moins violente… Presque, tremblante… J’ai senti un mouvement au-dessus de moi, et soudainement, une pluie chaude s’abattit sur ma tête, me couvrant toute entière et m’enivrant malgré moi. Je léchais comme je le pouvais mes lèvres, recueillant le sang si précieux qui me permettrait de rester en vie quelques secondes de plus. Le câble fut tiré sans douceur, m’entrainant quelque peu… mais pas par violence meurtrière, par un poids mort, dans tous les sens du terme.

Libérée, je me précipitais comme je le pouvais sur le câble métallique pour le tirer par-dessus ma tête, m’écorchant au passage le bout du nez et le front, mais je m’en fichais. Ensuite, tandis que je couvrais ma nuque d’une main pour empêcher le sang de s’écouler de mes deux lourdes entailles, je léchais la seconde pour recueillir un peu de sang et tenir. Ma vue enfin plus ou moins retrouvée, je parvenais à distinguer ce qu’il s’était passé autour de moi. Tous les policiers et hommes armés étaient à terre, baignant dans une mare de sang monstrueuse. Malgré moi, dans un réflexe instinctif, j’ai relevé la tête vers la cause de toutes ces morts autour de moi. Et je l’ai enfin vu, ce xinois qui travaillait pour nos ennemis. Il était grand, très brun, avec un regard sombre mais dépourvu de haine à mon égard. Il rangeait des petites lames dans ses poches, disant qu’il ne s’attendait pas à me revoir un jour… Il dit ensuite que je ne devais pas rester ici en étant blessée, que d’autres pourraient venir pour venger ceux qu’il avait tué. Je ne pouvais qu’acquiescer en silence à ses dires, la plaie de Chiara commençait à peine à se refermer et l’autre avait entaillé mes cordes vocales.

Je me suis alors faite tirer par le bras doucement, il m’a aidé à me relever, mais, évidemment, ma blessure à la cheville s’était rouverte par manque de sang, et je ne tenais pas debout toute seule… En fait, j’avais deux plaies par balle et une épaule démise en plus de l’entaille sur ma nuque à cause du câble, et de toutes celles passées… Une ancienne plaie par balle sur l’abdomen, une autre dans la poitrine, des coupures sur les bras, des griffures sur chaque membre… En fait… J’ignorais même comment je faisais pour rester vivante avec toutes les plaies qui se rouvraient sur mon corps. Je n’étais qu’un amas de plaies sanguinolentes, et dont le bout des doigts, teinté de noir, commençait à disparaitre comme de la poussière sous une brise d’automne. Sous le vent frais de novembre, je n’allais pas tarder à disparaitre, parce que je n’étais rien de plus qu’une anomalie en ce monde, une créature n’étant pas supposée exister. Une morte-vivante. Un fantôme du passé… L’enfant de tous les silences. Du moins, s’il ne s’y prenait pas à temps pour me sauver, comme il disait vouloir le faire. Comprenant que je ne pourrais pas bouger, il s’est penché en avant et m’a soulevée pour me placer contre son épaule.

Je pouvais sentir la chaleur de cette étreinte qui n’en était pas une, et mon sang s’écouler le long de ses vêtements. Malgré ma main appuyée et tremblante sur mon cou, du sang s’en échappait encore, noir, épais… J’étais sur la fin… Je me sentais partir dans ses bras, épuisée, affamée, blessée. J’avais la tête qui tournait, et des nausées tandis qu’il grimpait presque en courant des escaliers de secours. Il passa par les toits et me traina de balcons en balcons. Je pouvais presque apercevoir l’hôtel où je m’étais liée avec mon compagnon de là. En fait, je le voyais, mais ce dernier devenait rouge, comme tout ce que je voyais. Il me déposa avec douceur sur un matelas, et naturellement, les draps de couleur crème se tintèrent de pourpre et de noir très vite. Mon sang commençait déjà à recouvrir toute la surface, tandis que la seule chose que j’arrivais à bouger, c’était mes yeux… Je le suivais donc du regard, implorant sa sympathie, tandis qu’il tirait les rideaux pour cacher la pièce du regard extérieur. La lumière baissa lorsqu’il éteignit le tout et ne laissa que la lampe de chevet, mais ma vue, toujours rouge, commençait à décliner elle aussi.  

Il se mit à fouiller quelque chose, non loin de moi, et j’entendis sa voix se faire plus douce, et plus lointaine aussi. Il disait qu’il devrait retirer la balle qui n’était pas ressortie. Que cela me ferait probablement moins mal cependant que ces marques sur mes bras… Il me demandait aussi si je voulais bien lui expliquer le pourquoi j’étais poursuivie, qu’il était curieux et ne comprenait pas… Et non, en effet, il ne comprenait pas… Je n’arrivais presque plus à respirer, et son regard perdu dans ses recherches ne voyait pas ce qui me posait réellement problème. Alors j’ai tenté de le lui montrer… Malgré ma faiblesse, malgré le sang qui recouvrait les draps, et ma vision floue, j’ai tendu la main vers lui. J’ai effleuré son épaule du bout des doigts, suffisamment pour qu’il se retourne un peu vers moi. En fait… Juste assez pour lui montrer le terrible spectacle que je représentais… Le bout de mes doigts, justement, se changeait en poussière noire pailletée, et s’élevait lentement dans les airs, disparaissant dans des éclats bleutés alchimiques… Je partais lentement mais surement… Mon corps tout entier allait s’évanouir dans ce phénomène… La mort reprenait ses droits sur moi… Encore une fois…

« Je… Du sang… Il… Il me faut… du sang… pour… vivre… » Ma voix, devenue si basse, tandis que ma main toute entière me semblait prendre feu dans ce processus final, me parue encore plus lointaine que les souvenirs passés de nos jours heureux… Lorsque le monde allait encore dans la bonne direction...
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MessageSujet: Re: Angel of Darkness (PV Jin) Mer 7 Fév - 19:19
  • Jin-Wan Han
  • Angelica

Angel of Darkness.
Les draps se teintaient de rouge. Lentement la jeune fille rousse se vidait de son sang. Toutefois, une chose bien plus préoccupante, inquiétait notre Xinois… Ses marques sur ses mains et ses bras… Elle commençait à disparaître sous ses yeux dans des petites étincelles bleutées. C’était étrange et Jin ne savait pas quel mal la rongeait. C’était la première fois qu’il voyait cela ou peut-être pas… Il se souvenait de son combat contre le monstre fait entièrement d’ombre. Lui aussi, à chaque fois qu’il était touché, il y avait des éclairs rougeâtres. Était-elle comme ce dénommé Pride ? L’enfant de tous les silences cachait bien des choses. L’assassin continua de fouiller dans ses affaires pour y extraire ce dont il avait besoin pour la soigner. Une chance pour elle qu’il prévoyait toujours de quoi prodiguer des soins dans son baluchon de voyage. Tout d’abord une bouteille d’alcool afin de nettoyer les plaies et ses instruments. Par la suite, un kit en tissus contenant divers objets, notamment des scalpels chirurgicaux. Il en aurait grand besoin pour retirer la balle logée dans son épaule. Soudainement, il sentit les doigts de la demoiselle agonisante se poser sur son épaule, touchant délicatement son manteau sombre pour attirer son attention. Jin-Wan détourna la tête dans sa direction en plissant le regard. Il observa ces doigts se désintégrer lentement avant de croiser son regard suite à ses paroles. Elle devait boire du sang pour vivre ?

La mort reprenait ses droits sur la jeune fille rousse, mais son bras droit ne le voyait pas de cet œil. Rares sont les situations où le docteur ne laisse pas la faucheuse terminer ce qu’elle a commencé. Cependant, il avait l’impression de devoir lui venir en aide, que le destin n’avait pas choisi au hasard cette nouvelle rencontre avec la rousse. Elle devait certainement avoir un rôle à jouer, comme si elle faisait partie de l’équilibre de ce monde et que si jamais elle venait à disparaître, l’ordre serait rompu. Sans perdre un instant de plus, l’infiltré dans le pays de l’alchimie retira son long manteau qu’il laissa tomber sur le sol à côté de lui. Il attrapa alors un scalpel de son kit et se releva pour venir s’installer à ses côtés. Il tendit alors son bras gauche devant lui avant de venir enfoncer la lame de son outil dans sa propre chair, au niveau de son poignet. Ne grimaçant nullement, le xinois regarda son sang s’écouler et se mélanger aux draps déjà entachés avant d’aller soulever la demoiselle à l’aide de son bras droit pour qu’elle puisse presque s’asseoir sur le lit. Il approcha alors son avant bras de ses lèvres avant de lui murmurer.

« Si tu as besoin de sang pour survivre, tu devras te contenter du mien.  Bois autant qu’il te plaira, si cela peut éloigner la mort qui rode autour de toi.»

Il n’attendait pas une réponse de sa part. Sans qu’elle puisse dire ou régir, son bras ensanglanté se posa sur ses lèvres assombries. Le xinois sentait son sang s’écouler hors de son corps pendant de très longues minutes. Puis, alors qu’une légère fatigue se faisait ressentir, il décida d’éloigner son bras en espérant que cela puisse être suffisant pour la garder en vie et de se rétablir quelque peu. Il la rallongea sur les draps avant de se relever doucement pour venir attraper une pince chirurgicale propre, mais aussi la bouteille d’alcool. Il fit le tour du lit pour se pencher vers elle, faisant face à la plaie par balle. Il fallait la retirer pour qu’elle puisse guérir… Mais avec toutes ses blessures sur son corps qui ne se refermaient pas, il n’aurait pas d’autres choix que d’utiliser un autre procédé venant de son pays. Il prit soin de déboucher la bouteille avant de verser une infime partie de son contenu sur son instrument. L’odeur de cet alcool d’hopital était forte, mais cela serait suffisant pour éviter les microbes. Il se mit alors à genoux sur le lit et prit une inspiration avant d’approcher sa main droite de la plaie.

« Retiens-toi de crier. Je ne veux guère attirer l’attention de nos voisins-ya.»

Après tout, il serait fâcheux que quelqu’un ne vienne fourrer son nez dans cette chambre. Il y avait déjà bien assez de sang versé et de victimes à déplorer dans les rues. Jin-Wan croisa une dernière fois son regard gris avec celui de la jeune femme avant d’approcher la pince de la blessure. Le métal froid et humide s’enfonça alors dans la chair de son épaule et se mit à trifouiller la plaie dans l’espoir de trouver l’objet qu’il cherchait. Une fois celui-ci emprisonné par son outil, il commença à tirer doucement pour la déloger. Ce ne fut pas sans effort… La balle était logée dans son omoplate, ce qui compliqua un peu les choses. Rien d’insurmontable puisque quelques minutes plus tard, il retira lentement la pince de la blessure en retenant le projectile entre les pattes de son outil. Lâchant un soupir de contentement, il déposa le tout sur la commode avant de se lever du lit. Maintenant, il lui fallait guérir les diverses plaies sur son corps avant qu’elle ne se remette à saigner de nouveau et ne se vide entièrement de son sang. Pour cela, il alla chercher une craie dans son sac et commença à tracer une grande étoile dans un cercle puis la même chose en plus petit à moins d’un mètre. Il revint alors vers le lit pour soulever la rouquine dans ses bras afin de la déposer au centre du grand cercle au milieu de la pièce. Il planta par la suite des scalpels à chaque branche des deux étoiles, faisant bien attention à ne pas toucher la jeune fille avant de se mettre accroupit devant le plus petit,

« Je suis peut-être médecin-ya, mais cet art venant de mon pays va permettre à toutes tes blessures de se refermer intégralement. Tu n’auras pas mal, je peux te le garantir.»

Sur ces mots, il posa ses deux paumes de sur le petit dessin à la craie. Deux lumières vives s’échappèrent des deux dessins et des étincelles commencèrent à virevolter autour de la rousse allongée sur le plancher. Jin-Wan observa l’elixirologie faire son travail avant de remarquer que quelque chose se baladait sur le corps de sa patiente. Un autre cercle… Son regard se plissa durement avant qu’il ne constate que les blessures guérissaient, mais ne se refermaient pas totalement. Quelque chose empêcher son art Xinois à la guérir entièrement. Soudainement, les étincelles blanches presque bleutées passèrent au rouge et la lumière disparue aussitôt. Interloqué par cet étrange phénomène, Jin se releva pour venir s’agenouiller près de la blessée. Il examina ses plaies pour remarquer qu’en effet, cela avait bien guérit, mais ce n’était pas totalement refermé pour autant. Au moins, elle ne saignerait plus, c’était déjà ça.

« Quelque chose empêche ton corps de guérir entièrement grâce à l’elixirologie-ya. J’ai aperçu un cercle bouger sur ton corps, que je n’avais jamais vu auparavant. C’est peut-être cela qui bloque mon art. Au moins, maintenant tu es hors de danger. Tu a besoin de te reposer alors, j’attendrai pour obtenir certaines réponses à mes questions. »

Il se surprit à sourire doucement avant de la reprendre dans ses bras. Il fit quelque pas vers le lit avant de grimacer en voyant le sang sur toute la surface. Une personne normale devrait être morte, mais pas elle. La rousse était peut-être dans un état faible, mais elle vivrait. Il se détourna du lit pour se diriger vers un simple canapé au fond de la chambre. Il l’a déposa avant de venir la recouvrir de son manteau sombre. A son réveil, il l’aiderait à retirer le sang sur elle, mais avant… Il devait s’occuper de la pièce avant que quelqu’un ne découvre le désordre et le lit ensanglanté. Heureusement pour lui, dans un des placard de la chambre, il y avait des draps propres ainsi que des serviettes. Il ne pouvait rien faire pour le matelas, mais il pouvait le dissimuler facilement. Mais avant tout… Il devait panser son avant bras. Avec tout ça, il avait oublié qu’il s’était mutilé pour lui faire boire son sang.  

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MessageSujet: Re: Angel of Darkness (PV Jin) Jeu 15 Fév - 2:54

Lost in the dark

J’ignore ce qu’il s’est véritablement passé.

Je me sentais partir lentement, le flou avait remplacé ma vision jusqu’à ce que je ferme les yeux, et les sons ne me parvenaient plus qu’en écho. Pourtant, au lieu de poursuivre dans sa lancée, la douleur, qui était devenue seule émotion en mon être, commença lentement à s’estomper. J’ai d’abord ressentit des picotements légers dans le bout des doigts, pourtant, je me souvenais que ces mêmes doigts avaient commencé à partir en fumée. Mon souffle se fit alors plus lent, moins douloureux, et je pus bientôt respirer sans avoir l’impression d’être entravée par cette douleur sourde dans ma poitrine. Puis, j’ai pris conscience que quelque chose entravait ma bouche, et que ce quelque chose y déversait un liquide chaud. Et puis, le gout de cendre perdu sur mes papilles disparues, laissant le parfum ferreux et sucré du sang. Mes paupières perdirent de leur lourdeur, et j’ai fini par ouvrir les yeux lentement. La lumière me fit d’abord mal, mais je m’adaptais rapidement, et mes sens prirent le dessus ensuite. J’étais assise sur le lit, appuyée contre l’homme xinois qui m’avait sauvée, son poignet se trouvait dans ma bouche et le sang qui s’écoulait dans ma gorge et me ramenait à la  vie était le sien.

J’entendais désormais sa voix, ses murmures, mais je ne saisissais pas tout… Il disait éloigner la mort autour de moi, mais le reste, me semblait encore trop brouillé à mes oreilles pour que j’en comprenne le sens. Je me contentais donc de boire, et cette sensation de reprendre vie, d’exister, et d’énergie qui s’écoule dans mes veines me faisait un bien fou. Je pouvais sentir la vis se glisser en moi et reprendre ses droits, mon corps se remettre à fonctionner, mon cœur battre correctement. Toutes mes fonctions vitales étaient de nouveau effectives, et la douleur passée s’en fut, ne laissant que celle présente. Ainsi, je sentais avec exactitude la balle qui s’était logée dans mon épaule, et le tiraillement de la blessure laissée à la cheville, ainsi que les hématomes sur le bras que j’avais utilisé pour atterrir au sol lors de ma chute. Ces blessures là n’avaient pas eut assez de sang pour se refermer aussi… Je palliais du plus ancien au plus récent, et avec tous les évènements qui avaient eu lieu, notre corps se retrouvaient de plus en plus couvert de blessure à mettre en stase par du sang. Nous allions bientôt avoir besoin de 5 litres de sang quotidien pour tenir bon…

Puis, l’homme, au bout de quelques longues minutes, finit par retirer son bras de ma bouche. Par instinct, je me léchais les lèvres afin de ne perdre aucune goute du précieux liquide vital, mais je n’en avais pas eu assez pour être en excellente santé non plus. Ainsi, je ne bougeais pas plus et me laissais faire. Il me rallongea lentement sur le lit de la chambre que je ne connaissais pas, et par conséquent, sur mon sang déjà bien étalé de partout. J’avais soif… Cette odeur n’aidait pas à garder mes instincts au plus bas, et ce besoin de sang était bien présent au creux de mon ventre. Je l’observer se relever et aller fouiller dans son matériel du coin de l’œil. Il avait sortit une lame et une bouteille transparente. Je ne savais pas ce que c’était, mais ma curiosité avait été piquée, et je voulais comprendre. Je n’étais pas humaine de naissance, mais je l’étais devenue, et plus encore, mon compagnon était humain, alors… Peut-être devrais-je un jour vivre comme eux… ? Par principe, je préférais m’instruire, d’autant que si c’était pour me soigner, ce pouvait être utile.

Il déboucha la bouteille transparente, et une odeur infâme et puissante envahie l’air. Je fronçais le nez et venait le couvrir de ma main intacte en gémissant. Ça puait horriblement. Il frotta sa petite lame avec ce produit, et moi, je fronçais toujours le nez sous ma main, cette odeur était encore plus horrible que la charogne… Il s’agenouilla alors à coté de moi sur le lit, approchant sa main droite de mon épaule meurtrie avant de se mettre à parler. Il disait que je devais me retenir de crier pour ne pas attirer l’attention. Pourquoi devrais-je crier ? Je me crispais violement entre ses mains lorsque la petite lame s’enfonça dans mon épaule et commença à fouiller à l’intérieur. Je n’allais pas crier, c’était bien moins douloureux que ce que je venais de vivre il y a peu, mais ce n’était pas agréable pour autant. J’avais l’impression qu’un insecte me mangeait l’intérieur du bras. Je me contentais donc de grimacer tandis qu’il travaillait sur mon membre blessé, du moins jusqu’à ce qu’il se mette à tirer… Là, ce fut assez horrible. C’était une sensation similaire à la torture offerte par l’homonculus de l’envie, lorsqu’il m’avait brisé une aile… je sentais l’os être tiraillé…

Au bout d’un certain temps, quelques minutes tout au plus, la douleur s’estompa, et je pus voir la balle être retirée de mon épaule. Je soufflais en même temps que lui le soulagement que cela soit terminé, et fermais les yeux une seconde, le temps de me reprendre. Je l’entendais fouiller de nouveau, mais je me contentais de me reposer quelques secondes pour essayer de palier au manque de sang. Sinon je risquais de l’attaquer, lui et sa plaie encore ouverte. Cependant, je rouvrais les paupières en sentant ses bras venir se glisser sous mon corps pour me soulever. Je haussais un sourcil, essayant de comprendre ce qu’il était en train de faire, mais pas moyen. Voulait-il me laver lui aussi ? Je clignais des yeux alors qu’il me déposait délicatement sur le sol… Au milieu d’un… cercle ? Je me crispais malgré moi, était-ce de l’alchimie ? Non, il y a avait un petit cercle plus loin, ce n’en était donc pas… De plus, il n’avait pas le même gout que les alchimistes… Etait-ce là le second savoir de Lyl ? Je n’en étais pas certaine, et lorsque des petites lames vinrent se planter à chaque branche des deux étoiles, je clignais des yeux, stupéfaite. Ce n’était définitivement pas de l’alchimie, mais je ne savais pas non plus ce que c’était…

Il se plaça ensuite devant le plus petit des cercles étoilé, disant que s’il était médecin, son pays possédait un art capable de refermer toutes les blessures possibles. Il affirma ensuite que je n’aurais pas mal. Cette fois-ci, je ne comprenais vraiment plus rien, pourtant, à cette affirmation venait se lier un souvenir lointain. Lyl avait utilisé deux cercles aussi pour nous rendre nos jambes après Aerugo. Il fit comme les alchimistes et posa ses mains sur le sol… Et d’un coup, des lumières très fortes vinrent me chatouiller la peau vivement. Je me crispais un peu et gesticulait sans quitter le cercle sous ses effets, lorsque les étincelles prirent une autre teinte. Du bleue, elles passèrent au rouge, avant de disparaitre rapidement. Je clignais des yeux, stupéfaite. Ça avait marché ? Je tournais la tête pour voir que mon épaule n’avait plus de plaie visible… Enfin, si, je voyais les lèvres de la plaie soudées l’une à l’autre, sans mouvement. Il m’avait donc bel et bien soignée. L’humain se releva pour venir se poser à coté de moi, et il examina mes plaies à son tour. Je hochais la tête, prête à lui dire que c’était normal, lorsqu’il prit la parole avant moi.

Il disait que quelque chose empêchait son pouvoir de me guérir totalement, puis, il parla du cercle qui bougeait sur mon corps… je relevais un peu la tête pour le voir, en effet, partir vers ma cuisse. Il affirma ensuite que j’étais hors de danger mais qu’il attendrait que je me repose pour avoir des réponses. Je haussais les épaules, prête à me relever, mais il ne me laissa pas le choix. Je me suis donc de nouveau retrouvée dans ses bras sans pouvoir rien faire, tandis qu’il m’amenait sur le lit sanglant. Là, son visage prit une nouvelle expression, avant qu’il ne vienne me déposer sur le canapé et se mette en action autour du lit. Il avait déposé sur moi son grand manteau, comme si je pouvais craindre une quelconque fraicheur… Et à présent, les yeux bien ouvert et éveillée, je le suivais du regard.

« Vous devriez vous soigner, vous aussi… Et... Merci... Pour le sang et... ça...» Me suis-je entendu dire. Ma voix était encore enraillée par le hurlement que j’avais poussé, dans la rue, mais ça allait encore. « Pour le cercle que vous avez vu… Les choses sont bien compliquée je dirais… je ne comprends rien à ces choses là pour ma part, juste… Que c’est le cercle qui nous sépare, Chiara, Angelica et moi… Mais il est dangereux… ça ne dure pas longtemps et il faut vite nous réunir, sinon on manque de sang… et ça fait mal au-dedans… » Terminais-je en montrant ma poitrine, là où la plaie par balle qui m’avait tuée existait encore… Je devais vraiment apprendre à m’exprimer comme les humains…


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MessageSujet: Re: Angel of Darkness (PV Jin) Mar 17 Avr - 17:01
  • Jin-Wan Han
  • Angelica

Angel of Darkness.
Étrangement, la chimère ne dormait pas. Jin venait de la soigner avec l'art de l'elixirologie et elle ne semblait pas être exténuée par ce qui venait de se passer. C'était une autre histoire de notre Xinois. Utiliser ce pouvoir de la terre le fatiguait assez. Même si l'homme n'était que l'intermédiaire entre les veines du dragon et la blessée, il était facile de se sentir dépouillé de son énergie au vue de l'énorme concentration dont il devait preuve pour soigner toutes ces blessures. Toutefois, ce n'était clairement pas le moment de flancher. Rien ne garantissait l'entière sécurité de la jeune demoiselle. Après tout, des soldats pouvaient très bien fouiller tous les recoins de la ville, recherchant le meurtrier de leurs camarades. Il fallait donc rester vigilant et surtout nettoyer la pièce.

Alors qu'il allait se retourner pour enfin se mettre à l'oeuvre, la voix de l'étrange jeune fille lui arriva jusqu'aux oreilles. Il ne tourna qu'à demi, juste assez pour que son regard croise celui de la blessée. Elle commença par le remercier pour ce qu'il venait de faire pour elle et lui indiqua qu'il devait aussi se soigner. Ah oui... Ce fameux bras mutilé pour elle. Jin baissa son regard étrangement clair pour un xinois et porta sa main sur sa plaie pour arrêter le sang se déverser librement sur le sol de la chambre. Il ne risquait pas de mourir à cet allure, mais il serait fort dommage d'oublier ce détail et finir par lentement se vider de son sang. Il fit pression avec ses doigts et hocha simplement la tête pour lui répondre qu'il allait y penser. Pendant que la demoiselle donnait des informations assez vagues sur ce cercle des plus étranges, il se retourna pour se diriger vers le lit, plus exactement son sac de voyage. Sans attendre, il défit la pression sur son poignet pour plonger cette main ensanglantée à l'intérieur. Il chercha sans effort de bandages et de quoi nettoyer la plaie béante sur son avant-bras. Evidemment, il n'avait pas oublier que la bouteille qui lui servirait à désinfecter sa propre blessure, était sur la petite table de chevet, près de la balle qu'il venait de retirer de l'épaule de sa patiente. Finalement, il choisit de ne pas garder son silence.

« Les choses compliquées méritent leurs attentions. Si je comprends bien, c'est un moyen de vous diviser pour un temps défini, mais aussi de vous fusionner.... Évitant votre mort à toutes les trois. Je n'ai encore jamais vu un cercle qui puisse se déplacer seul, sans marionnettiste-ya. Je dois bien avouer qu'il m'intrigue beaucoup. »

Il était rare que quelque chose puisse le surprendre. Ce cercle était l'une des rares exception. Il n'avait rien vu de tel de sa vie. Même son art ne permettait pas à ses traits de se mouvoir ainsi. Comment cela pouvait être possible sans que cela ne ressemble à de la magie ? Impossible à dire tant qu'il n'aurait pas regardé de plus près le fameux cercle. Pendant ce temps, il laissa une nouvelle fois le silence s'installer dans la pièce et l'homme attrapa la bouteille d'alcool à désinfecter pour en renverser une bonne partie sur sa blessure. Posant la bouteille à son endroit initial, sans même prendre le temps de la refermer, il se pencha sur le lit pour prendre les compresses. Il arracha l'emballage avec l'aide de ses dents et apposa les morceaux de tissus fins sur son poignet pour ensuite les bloquer avec du ruban adhésif venant de son cabinet. Heureusement que notre Xinois était un homme prévenant. Il savait pertinemment qu'avoir des compétences en médecine l'aiderait dans ses différentes missions. Il n'était jamais à l'abri d'être blessé... Après tout, il était un simple humain avant tout.

Une fois son bandage effectué, vérifiant que cela n'allait pas le gêner dans ses mouvement de poignet, il jeta un coup d'oeil rapide au lit ensanglanté et retira ses affaires pour les déposer avec délicatesse sur le sol, à côté du mur derrière lui. Il était plus que temps de faire un peu de ménage. Sans attendre une seconde de plus, il agrippa les draps entre ses doigts et tira d'un coup sec pour les retirer du lit. Il les laissa tomber à côté de lui et vérifia l'état du matelas. Par chance, il ne semblait pas être très abîmé par le sang. Le liquide rouge, presque noire avait était absorbé en partie par les draps. Il se contenta de retourner le matelas pour le remettre correctement à sa place avant de remettre les oreillers. Lâchant un soupir, il tourna la tête vers la chimère dans le canapé et plissa les yeux en voyant ses habits tâchés eux aussi d'hémoglobine.

« Il faut te changer et nettoyer ces traces de sang sur ton corps. »

Il se redressa pour se remettre droit sur ses jambes et s'approcha du canapé d'un pas décidé. Jin-Wan n'aimait pas vraiment que les choses traînent trop en longueur, surtout dans une situation compliquée. Sans attendre un simple geste de la part de la chouette, il se pencha en avant pour la prendre dans ses bras. Sans attendre son autorisation, il se dirigea vers la petite salle de bain de la chambre. La porte de cette pièce, il l'enfonça sans trop forcer avec l'aide de son pied. Rapidement, il déposa la jeune demoiselle sur le dessus d'une commode aussi blanche que le reste et vide.

« Attends sagement ici pendant que je te fais couler de l'eau dans la baignoire. Je vais te cherche de quoi t'habiller en attendant de trouver mieux. »

Il se recula pour aller vers la fameuse baignoire. D'un geste, il ouvrit les deux robinet d'eau et boucha l'évacuation avec le bouchon prévu à cet effet. Il y avait des savons et de quoi faire mousser l'eau si la chimère le souhaitait. En se relevant, il se dirigea alors vers la chambre pour sortir une grande serviette grisâtre. Sans perdre son élan, il alla de nouveau vers son sac de voyage pour chercher des vêtements de rechange. Il prit un simple tee-shirt bleu foncé et alors qu'il allait sortir un pantalon... Il se dit que cela n'en valait la peine. Vu la différence de taille entre les deux. Le haut serait bien assez. Cela lui ferait presque une robe. Hochant la tête à ses pensées, il se releva avec les affaires dans ses mains avant de revenir dans la salle de bain. Il vérifia d'un coup d'oeil que la rousse n'avait pas bougé et était encore visible avant d'entrer pour déposer le tout à côté d'elle.

« Voilà de quoi t'essuyer et t'habiller. Je vais couper l'eau et te laisser tranquille. Je ne suis pas loin. Je vais m'occuper de nettoyer la chambre et refaire le lit pour que tu puisse te reposer cette nuit. Demain, nous aurons des choses à faire et surtout, j'examinerai ce cercle en détail. »

Il n'avait rien à cacher. Oui, il voulait regarder cet étrange cercle qui l'intriguait. Il voulait comprendre ce qui était inconnu pour lui. Sa curiosité n'avait pas été piquée ainsi depuis fort longtemps. D'ailleurs son regard se posa sur ces fameux traits vagabonds et remarqua quelques détails qu'il grava dans sa mémoire. Il réfléchissait déjà à tellement de chose qu'il se perdit presque dans ses pensées. L'assassin fut ramené à la réalité par le bruit de l'eau dans la baignoire. Il se tourna vers celle-ci pour arrêter les robinets puis repartit vers la sortie de la pièce afin de la laisser prendre son bain. Refermant la porte derrière lui, il se mit ensuite à refaire le lit, mais avant tout, il lui fallait les draps dans l'espèce d'armoire dans la chambre. Il entendit des bruits venant de la rue, comme des gens qui parlaient extrêmement fort. En se dirigeant vers la fenêtre pour surveiller la rue face à l'hôtel, il se stoppa net devant les deux cercles d'elixirologie et quelque chose se passa soudainement dans sa tête. Comme les pièces d'un puzzle qu'il n'avait jamais vu auparavant dans son esprit. Les traits de son visage se durcirent alors qu'il tourna la tête vers la salle de bain pour jeter un regard froid vers celle-ci.

Et si c'était possible ?

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MessageSujet: Re: Angel of Darkness (PV Jin) Ven 11 Mai - 20:07

And memories come

J’attendais de voir ce qu’il allait faire. Je venais tout juste de le prévenir qu’il ferait bien de se soigner afin de ne pas se vider de son sang, pour ensuite expliquer avec mes mots comment je pensais que fonctionnait le cercle qui courait sur notre peau. Et le temps que je le dise, ce dernier était venu se glisser sur ma poitrine, pour remonter, m’empêchant de voir où il allait. Probablement sur ma nuque. Le xinois, de son coté, sembla se perdre quelques secondes avant de baisser les yeux sur la blessure qu’il s’était infligé pour moi. Il posa la main sur sa plaie, comme pour ralentir l’afflux de sang, avant de revenir en direction du lit à côté duquel se trouvait son sac. Là, il se remit à fouiller, comme pour moi tout à l’heure, et s’attaqua à soigner la plaie qu’il s’était faite pour me nourrir. Cependant, le silence dans lequel nous nous étions installé ne dura pas, et mon sauveur le brisa en reprenant la parole. Il disait que les choses compliquées méritaient leurs attentions. Lyl aussi disait ça, avant. Il disait aussi que les défis étaient faits pour être relevés.

Il récapitula donc que le cercle était un moyen de nous diviser durant un certain laps de temps, avant de pouvoir nous réunir, évitant que nous trépassions toutes les trois. Il semblait cependant surpris du cercle qui bougeait tout seul. Pour ma part, j’étais habituée. Ce n’était pas plus bizarre que l’alchimie, les humains ou le comportement des gens. C’était juste… Anormal selon moi, mais sans plus… Le silence revenu, le xinois s’occupe de soigner la plaie béante, nettoyant le sang et désinfectant cette dernière avec la bouteille qui sentait fort. Il se débrouille avec ses dents pour se faire un bandage, et moi, je ne dis rien. J’admets que ça me fait du bien de ne rien faire, de souffler un peu. Le silence faisait que je commençais à somnoler malgré moi, et je me détendais un peu, aussi. Si mon compagnon n’était pas là, je ne me sentais pas trop en danger non plus, moins que lorsque j’étais dans la chambre où il m’avait laissé, en tout cas. Les yeux semi-clos, j’observais le xinois s’agiter, il bougeait ses affaires, les déposant contre le mur avant de retourner vers le lit. Là, il se pencha et se saisit des draps maculés de sang qu’il tira sèchement hors du lit.

Ce geste eut pour effet de me faire rouvrir les yeux instantanément. Je ne comprenais pas trop ce qu’il faisait, mais cela avait eu le mérite de me couper dans ma somnolence. Un bruit attira mon attention, et je vrillais le xinois et ses activités. Il venait de retourner le matelas du lit, et le reposer sur le sommier, pour ensuite replacer les coussins à leurs tours. Et puis, un regard vers moi, ponctué d’un soupir, avant de prendre la parole. Il disait que je devais me changer et nettoyer les traces de sang sur mon corps… Edward m’avait dit pareil, et j’ai senti un pincement dans mon cœur. Il me manquait. Mais avant même d’avoir pu réagir, il avait tracé droit dans ma direction, pour me saisir et m’entrainer dans une autre pièce. D’un coup de pied, il enfonça la porte sans trop de problème, et dévoila une petite salle de bain, à peine plus grande que celle qu’il y avait dans l’autre bâtiment. Là, il me posa sur une commode blanche, et me dit que je devais attendre sagement. Je ne dis donc rien, acquiesçant juste d’un hochement de tête fatigué, tandis qu’il partait en quête de vêtements après s’être occupé de la grande bassine d’eau.

De l’autre côté, je l’entendais s’agiter, fouillant probablement dans son sac, et l’armoire. Il revint ensuite avec plusieurs choses, une sorte de serviette grise, et un haut qui sentait l’homme, mais qui serait parfait à ma taille. Il m’expliqua ensuite qu’il allait couper l’eau et me laisser tranquille le temps que je me lave. Qu’il s’occuperait de refaire le lit pour que je me repose ensuite, et que demain, nous aurions des choses à faire. Etrangement, j’avais une totale confiance en lui, comme avec les autres membres de la meute. Je sentais qu’il était une bonne personne. Alors qu’il veuille examiner le cercle qui nous séparait m’inquiétait un peu, oui mais moins que si c’était quelqu’un d’autres. Il sembla se perdre un instant, avant de reprendre conscience des lieux, et arrêter l’eau, pour finalement quitter la pièce, me laissant seule. Je pouvais toujours entendre les battements de son cœur de l’autre côté de la porte, mais il m’avait dit de faire quelque chose, alors j’allais m’acquitter de ma tâche. Et puis, elle n’était pas trop compliquée, Edward m’avait appris par deux fois.

Lentement, parce que j’étais encore somnolente malgré moi, je glissais de l’armoire sur laquelle il m’avait posé, et reproduis ensuite tous les gestes enseignés par mon compagnon. D’abord, se dévêtir, puis, se glisser dans l’eau chaude. Je manquais de glisser cependant au fond de la baignoire, et l’eau chanta en dansant autour de moi, avant de se stabiliser. J’avais gardé mes mains serrées sur les rebords pour ne pas tomber pour de vrai. J’ai poussé un soupir de soulagement, avant de m’asseoir au fond de l’eau, observant cette dernière se teinter de rouge vivement. J’ai fait la moue, l’eau était propre, puis elle ne l’était plus. Attrapant les savons, comme Edward m’avait montré, je me frottais avec pour faire partir toutes les traces de sang et de lutte de sur moi. Je fis pareil avec mes cheveux, ce fut plus long, parce que c’était pleins de nœuds. L’odeur du savon n’était pas très agréable, mais en même temps, me rendait un peu nostalgique. Le renard sentait un peu ça, aussi, et il passait de longues minutes à coiffer ma chevelure lorsque j’étais à la maison.

Ma meute me manquait beaucoup, et l’impression de les avoir presque perdu tout à l’heure est encore là. Je sais que je dois rester en vie, pas juste pour moi, même si la douleur est insupportable. Non, pour eux, pour eux qui m’ont soutenu et qui sont restés à mes côtés malgré tout ce qui nous est arrivé à nous, et à Lyl. J’ai secoué la tête pour me reprendre, et j’ai quitté l’eau du bain désormais savonneuse au possible et rouge de sang. Il y avait un peu de terre sur le fond, et des brindilles, mais j’étais propre. Je retirais le bouchon et vidais l’eau, comme me l’avait appris Edward, puis sorti de l’eau. Nue sur le tapis, je dégoulinais d’eau tout en me saisissant de la serviette grise qu’avait laissé le xinois pour moi. Je me séchais au possible, mais mes cheveux, bien trop longs – j’aimais me dire qu’ils étaient la continuation de les plumes – ne voulaient pas être secs. Je les ais frottés du mieux que j’ai pu, mais de l’eau gouttait toujours, alors j’ai renoncé, et lesté la masse rousse derrière moi.

J’ai mis du temps avant de parvenir à enfiler le vêtement masculin, notamment à cause de mes cheveux trop lourds, qui s’enroulaient autour de ma nuque. Ensuite, le tissu glissa sur ma peau, recouvrant même mes genoux. C’était grand, mais bien plus confortable que le vêtement du bas qu’Edward m’avait donné. Je ne me sentais pas gênée dans mes mouvements, je pouvais bouger les jambes, plier les genoux rapidement. Un soupir, et c’était repartit. Je suis donc sortie de la pièce, l’eau s’écoulant de mes cheveux jusque dans mon dos et gouttant sur le sol malgré mes tentatives de sécher ces derniers.

« C’est bon, je suis propre » Annonçais-je, cherchant des yeux le xinois à qui je devais la vie.


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MessageSujet: Re: Angel of Darkness (PV Jin) Dim 8 Juil - 20:05
  • Jin-Wan Han
  • Angelica

Angel of Darkness.
La demoiselle maintenant dans la salle de bain, le docteur avait du temps devant lui pour nettoyer la chambre. Mais avant même de commencer, son attention fut attirée par le bruit d'hommes dans les rues. Il ne devait guère oublier que le danger rôdait toujours en ces lieux et qu'il lui fallait rester prudent. Il serait fort dommage de devoir quitter l'Est avant même que les attentats ne commencent. Il n'avait pas le droit à l'erreur dans les préparatifs de cette guerre contre l'armée d'Amestris. En s'avançant donc vers la fenêtre de la chambre pour observer les alentours, il se stoppa devant les traits qu'il avait tracé un peu avant et se mit à les regarder en silence. Une drôle d'idée venait de germer dans son esprit et il ne tarda pas à se remettre à bouger pour regarder dans la direction de la salle de bain. Une idée qu'il ferait certainement part à la chimère un peu plus tard et quand il aura le temps d'y songer plus longuement. Pas la peine de s'affoler sur une pseudo découverte.

Secouant vivement la tête pour sortir de sa rêverie, il continua vers la fenêtre pour zieuter à l'extérieur. Il ne voyait presque rien, mais il pouvait sentir les auras de ces hommes. Pour le moment, les deux ne craignaient rien. Ils étaient tout même bien loin du lieu des meurtres et il faudrait un certain temps avant que les forces de police ne daignent venir fouiner dans les rues éloignées. Jin allait prendre ses précautions pour éviter que la demoiselle ne sorte seule de l’hôtel. Par contre, il devait encore réfléchir à certains détails. La nourrir et combien de temps il resterait avec elle... La chimère avait besoin de sang pour survivre et on ne pouvait pas en trouver si facilement, sauf si... Un étrange sourire se dessina sur les lèvres du xinois à cette pensée avant qu'il ne se décide de revenir vers le centre de la chambre. Il se dirigea vers le lit après être passé devant la fameuse armoire avec les draps. Draps qu'il attrapa pour venir couvrir le lit dont le matelas était retourné pour cacher le sang. Une fois cela fait, il alla effacer les marques au sol puis rangea son matériel qui était hors de son sac. Il prendrait le temps de les nettoyer le lendemain, pour le moment, la salle d'eau était occupée par la chouette aux cheveux roux.

Poussant un soupir, il zieuta le tas d'affaire ensanglanté sur le sol et garda en mémoire qu'il devrait s'en débarrasser aussi. Finalement, notre xinois se dirigea vers le canapé, dos à la porte de la salle de bain et retira son chapeau qu'il déposa devant lui avant de retirer son haut bleu sombre, dévoilant tous les tatouages sur sa peau. Des marques qui avait de l'importance pour lui. Cela était un rappel à l'ordre constant de ses objectifs et de son passé. Toutefois, personne n'avait jamais eu l'occasion de les voir assez longtemps pour comprendre les secrets de ces dessins. Dans son dos, une sorte de tête de mort souriante. Devant, une tête plus petite au milieu de son torse, encerclé par un immense coeur. Au niveau de ses épaules, deux autres coeurs dessinés d'une autre manière et qui n'avaient pas la même signification. Sur le dessus de ses avant bras encore des tatouages, sur le dos de ses mains et pour finir les fameux "Death" sur ses phalanges. La mort... Elle était présente dans toutes ces marques sur son corps. Elle avait une place importante dans sa vie, étant inévitable. Il vivrait avec ces souvenirs, il continuerait à se rappeler, jusqu'à ce que la mort, elle-même, vienne le prendre. Mais pour le moment, le xinois restait son instrument.

En déposant son haut sur le canapé, il entendit du bruit venant de la salle se trouvant pas loin. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit et il tourna la tête pour y apercevoir la rouquine, les cheveux encore bien trempés et portant le haut que l'homme lui avait donné avant qu'elle ne prenne son bain. Il se permit de l'observer longuement et en détail avant lui adresser un signe de tête. Maintenant qu'elle était propre et que la chambre était rangée. Il était temps de se détendre un peu. Il se tourna alors vers elle et lui montra de son index droit le lit préparé.

«  Il est temps de dormir un peu. Demain, nous devrons parler de certaines choses et j'ai quelque chose à te proposer. »

Toujours torse nu, il alla chercher son sabre rangé dans son fourreau et le prit dans sa main. Kikoku était grand, mais cette grandeur n'était pas un obstacle à son utilisateur. Revenant vers le canapé, Jin-Wan le déposa à coté de celui-ci, histoire d'avoir son arme à porté de main. Il finit par écarter les vêtements qu'il avait déposé et s'installa assit sur la droite avant de reporter son attention vers la demoiselle.

«  Tu peux te reposer sans crainte. Je vais monter la garde pour une bonne partie de la nuit. Je ne pense pas que les militaires viendront, mais je ne veux pas de mauvaise surprise. »

En disant cela, il venait de croiser les jambes. Il lâcha un autre soupir avant de venir masser son bras qu'il s'était entaillé pour lui donner son sang. Cela le démangeait un peu.

« Demain, on tentera de te trouver de la "nourriture"-ya. Je ne pense pas que ce que tu as eu ce soir soit suffisant, non ? Il serait d'ailleurs sage que tu ne sorte pas de cette chambre pendant un temps. Si quelqu'un venait à te questionner et à te demander tes papiers, je ne pense pas que tu serais capable de lui fournir. »

Il n'avait pas vu d'affaires autre que ce qu'elle portait. Alors, il ne valait mieux ne pas prendre de risque inconsidéré. Elle savait peut-être pas comment le humains fonctionnaient, du moins en profondeur. Cela ne voulait pas dire qu'il prenait cette fille pour une incapable ou autre.... Il aimait simplement que les choses soient claires et que tout se passe le mieux pour eux. Comme annoncé auparavant, Jin n'aimait pas les mauvaises surprises et il était du genre à tout calculer avant de faire quoique ce soit. Il serait dommage qu'elle soit de nouveau blessée. Étrange de se dire que l'assassin devait s'assurer de la survie de quelqu'un et non le contraire...

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MessageSujet: Re: Angel of Darkness (PV Jin) Lun 1 Oct - 1:18

It's time to sleep



J’ai trouvé celui que je cherchais des yeux assez rapidement. Il se trouvait devant le canapé de la pièce, avait retiré le truc qu’il avait sur la tête, et son haut, dévoilant son torse avec pleins de dessins dessus. Ce n’était pas de l’alchimie, plus des symboles autres, des images, comme sur les livres d’Angelica, mais ceux-là semblaient plus lourds, ils ressemblaient aux squelettes des humains après que le temps et les intempéries se soient chargés d’eux. Mon sauveur se tourna alors vers moi, et me zieuta comme je l’avais fait avec lui. Surement devait-il vérifier que j’étais bien propre, un peu comme Edward, parce que c’était nouveau pour moi… Mais savait-il que c’était nouveau pour moi ? Je ne sais pas… En tout cas, il sembla approuver mon état d’un signe de tête, avant de montrer le lit du doigt. Je suivais la direction des yeux et écoutais ses indications. C’était rare que j’écoutes les gens qui n’étaient pas dans ma meute, encore plus les humains, mais lui, ça allait.

Il disait qu’il était temps de dormir, et que demain, il serait temps de parler, parce qu’il avait quelque chose à me proposer. Je ne voyais pas trop de quoi il parlait, mais j’acquiesçais, encore fatiguée. Il vint récupérer l’arme qu’il avait utilisé pour me sauver, et le déposa près du canapé, sur lequel il s’assit alors, ayant poussé ses affaires sur le côté. Il m’affirma ensuite que je pouvais me reposer sans crainte, car il allait monter la garde durant la nuit. Il poursuivait, disant qu’il ne pensait pas que les militaires viendraient, mais que rien n’était sûr. Il frotta le bras qu’il avait blessé pour me nourrir, soupirant, avant de reprendre d’une voix toujours assurée, et avec un mot bizarre au milieu que je ne comprenais pas, mais qui semblait clairement être normal vu le son placé dessus. En tout cas, j’avais compris le principal.

Demain, nous allions chercher de quoi me nourrir, parce qu’il pensait que je n’en avais pas eus assez, et il avait raison. Il disait ensuite que je ne devrais pas sortir de cette chambre un temps, car si on venait me questionner ou me demander mes papiers, je ne serais surement pas capable de les fournir. Comment lui dire que je n’avais absolument pas compris cette partie-là ? J’ai cependant hoché la tête, avant de demander « Pourquoi j’aurais dû avoir des papiers ? Je ne sais ni écrire ni lire… » Constat dont je me fichais pas mal au naturel, Angelica et Chiara se débrouillaient très bien, et les autres membres de la meute aussi. Moi, je ne voyais pas pourquoi j’en avais besoin, je n’étais pas vraiment comme les humains. Et puis, transporter du papier quand on ne sait rien en faire, c’est inutile et encombrant… Je secouais la tête, perplexe quant à la question, et finissais par obéir.

Ainsi, je vins m’allonger sur le lit qu’il avait fait, dans le but de dormir. Au début, je pris les draps, comme j’avais dû le faire lorsque j’avais dormis avec mon compagnon. Comme les humains devaient tous faire, je suppose. Mais je n’étais pas humaine, et c’était probablement le plus gros défaut que je puisse posséder à leurs yeux. Je me suis donc couverte, et j’ai fermé les yeux. Mais… Mais quelque chose me dérangeait. Je n’étais pas avec mon compagnon, et sa respiration paisible ne me berçait pas. Il y avait un manque quelque part, être ainsi seule, ça me gênait dans ce grand lit. Ou bien était-ce la position ? Je ne sais pas… Résultat, je me tournais dans un sens… Puis l’autre, je bougeais mes jambes, les remontait contre moi, me plaçais sur le dos. J’essayais toutes les positions possibles pour me mettre à l’aise, mais rien ne fonctionnait. Ce manège dura bien une heure

« Ce que c’est agaçant ! » Dis-je sans même faire attention que ce fut à haute voix.

J’étais désormais à genoux sur le lit, j’avais défait les draps de ce dernier en gigotant sans cesse, et je fixais l’oreiller avec une certaine rancœur. Pourquoi tout allait bien avec Edward, et pas là ? J’étais fatiguée, je manquais de sang, j’avais besoin de dormir, pourquoi ça ne voulait pas ? Je poussais un grognement de frustration et frappait le coussin de mon poing faible. Evidemment, rien ne bougea vraiment, hormis le cousin, qui s’enfonça quelques secondes dans le matelas, avant de reprendre sa forme initiale. Et puis, j’ai renoncé. J’ai poussé un long soupir, avant de déployer mes ailes dans des éclairs bleutés, me rouler en boule sur le matelas et me recouvrir de ces dernières. Là, le visage au creux de mon duvet de plume, je me sentais à l’aise, au chaud et en sécurité. J’ai fermé les yeux, je me suis détendue, et tout fut noir.

10 Novembre 1914

Je pouvais sentir à travers mes plumes les rayons du soleil traversant les rideaux et apportant un très léger niveau de chaleur supplémentaire. Pourtant, j’étais bien ainsi, j’avais soif, certes, et mal aussi, mais au chaud, je me sentais protégée. En revanche, le rappel de la soirée passée me crispa, et je m’étirais doucement, évitant de rouvrir les blessures récentes, pour observer les alentours. Je papillonnais des yeux, cherchant à me rappeler de chaque détail de la pièce, jusqu’à l’odeur encore forte du produit que le xinois avait utilisé sur moi pour me soigner un peu et se soigner lui. Il n’était pas là. Je sentais encore son odeur dans la pièce, probablement parce qu’il y avait été un moment, et que je portais son vêtement depuis que je m’étais couchée. Mais le seul cœur qui battait dans la pièce, c’était le mien. Était-il parti ? Un coup d’œil suffit pour constater la présence de ses affaires, et je me rassurais.

Il ne m’avait pas laissée toute seule pour de bon. Mais alors, où était-il ? Perplexe quant à la conduite à tenir, je m’assis sur le lit, en tailleurs, et posais mon menton sur mes mains, en attente de quelque chose. J’avais faim, et un vertige me saisit l’espace d’une seconde, brouillant ma vue, avant de me la rendre. Heureusement, je n’entendais aucun militaire en approche cette fois. Et, docile, je tendais l’oreille, à l’affut des battements de cœur de Jin. Vu sa réaction d’hier, je pense qu’il ne va pas le laisser seule trop longtemps… Et je préfère quand il est là… C’est plus rassurant… Je lui dois ma vie, après tout. Résultat, je guette la porte, et j’attends son retour… Mais où est-il parti, au juste ? Et pour faire quoi ?


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MessageSujet: Re: Angel of Darkness (PV Jin) Mar 13 Nov - 16:47
Angel of Darkness.

Anjuu

Jin



“Seuls le sang, la famille, l'histoire, le temps, identifient un être humain.”  

Le docteur était assit tout à la droite, dans le canapé. Il venait de s'installer pour son tour de garde. La chouette venait de prendre place dans le lit. Cette dernière avait besoin de repos pour récupérer son énergie. Après toutes les blessures qu'elle venait de subir, elle devait tomber de fatigue. L'homme allait rester éveiller pratiquement toute la nuit pour veiller sur la chimère. Il éviterait ainsi les mauvaises surprises qui perturberait la demoiselle. Ce soir, la mort ne laisserait pas sa protégée êtr attaquée par des hommes armés. Il allait guettait le moindre mouvement dans les couloirs de cet hôtel, écouter les bruits provenant de l'extérieur. Son sabre se trouvant à ses côté, Jin était prêt à bondir et à défendre la rousse.

Les minutes défilèrent, le xinois était toujours assit, les bras croisés contre son torse et les yeux fermés à demi. Il ne sombrait pas encore dans le sommeil... Il se concentrait sur son environnement, tout en repensant à cette chimère qui était dans la chambre avec lui. Elle était spéciale et si son groupe venait à apprendre son existence... Il était certain que son chef voudrait la voir et l'étudier. Devrait-il faire part de sa découverte et lui ramener la demoiselle au repaire ? Cela était une mauvaise idée. Si cette chouette avait réellement quelque chose de spécial, il ne devait pas en parler. Il se devait de garder le secret de son existence. Si la chimère tombait entre les mains des infiltrés dans le pays de l'alchimie, elle serait certainement disséquée et étudiée pour créer une nouvelle arme contre Bradley. Amestris trouverait une autre arme à utiliser contre eux et cela n'aurait plus de fin. Cette guerre pourrait détruire bien plus qu'un seul pays. Cela signerait la fin du monde et de cette paix recherchée à tout prix.

La jeune fille se trouvait dans le lit commença à bouger dans tous les sens. Ne trouvant pas le sommeil. Elle se mit à genoux et à frapper l'oreiller. Jin-Wan l'observait en silence pendant tout ce temps. La voyant ainsi, il eut une pensée envers son passé. Sa frangine se comportait de la même manière... Elles se ressemblaient un peu. Ce qui ne manqua pas de le faire discrètement sourire. Après quelques minutes de bataille, la rouquine déploya ses ailes pour se créer un petit cocon, l’enveloppant entièrement. Plus rien n'était visible, sauf les ailes. Le calme reprit sa place dans la chambre et le temps continua à défiler lentement.  

L'ancien assassin du clan Han se redressa lentement... Il pouvait entendre des bruits de pas dans le couloir. Il tendit une main vers la poignée de Kikoku, mais se ravisa l'instant d'après. Une fausse alerte. Juste un homme un peu ivre qui n'arrivait à rejoindre sa propre chambre. Il s'était même mit à chanter. Notre xinois émit un long soupir avant de se détendre de nouveau. Dehors, tout semblait calme. Il se permit enfin de fermer les yeux pour trouver un peu de repos. Un sommeil très léger, mais bien assez pour lui redonner un peu de force pour le lendemain. Il le savait... Les jours prochains ne se seraient pas de tout repos.

Le soleil commença à peine à se lever quand l'envoyé de la mort ouvrit les paupières. Il avait dormi peut-être deux bonnes heures, mais cela suffisait. Sans aucun bruit, il se leva du canapé et jeta un coup d'oeil vers le lit. Elle était toujours cachée dans ses ailes. Il se permit de plisser un peu les yeux avant de prendre quelques affaires avant de rejoindre la salle de bain. Une douche rapide, bien chaude avant de s'habiller. Un jean délavé, une chemise noire, des manches courtes qui ne cachaient pas entièrement ses tatouages. Un fois prêt, il refit irruption discrètement dans la chambre pour prendre son long manteau et son drôle de chapeau. Il dirigea ses iris gris vers le lit, avant de se diriger vers la porte d'entrée. Il prit grand soin de ne pas faire de bruit en sortant. Espérant que la demoiselle n'y verrait pas un abandon de sa part. Jin-Wan allait revenir. Il avait simplement besoin d'aller à l'extérieur pour faire quelque chose pour elle, mais aussi de tâter un peu le terrain. L'armée devait toujours rechercher le meurtrier de la veille.

Quand il descendit les marches menant au hall, il fit un signe de tête au propriétaire avant de lui signaler qu'il sortait pour un moment. Lui faisant comprendre qu'il n'avait pas intérêt à pénétrer dans sa chambre pendant son absence. Dans les rues, tout était calme. Les magasins n'étaient pas encore ouverts et personne ne semblait sillonner les routes. Cela arrangerait bien l'infiltré du pays de l'alchimie qui se mit en route avec les mains dans les poches de son manteau, son chapeau couvrant une bonne partie de son visage. Il marcha pendant un long moment avant d'atteindre un petit bâtiment un peu délabré. L'adresse d'un homme que Jin connaissait. Il était déjà venu lui demander un service par le passé. Il entra à l'intérieur et monta au dernier étage pour atteindre la porte ayant le numéro le plus haut. Il frappa quatre coups, puis deux et enfin trois. Il patienta quelques instants avant qu'un petit homme avec une belle barbe bien taillée aussi sombre que sa chevelure, vienne lui ouvrir avec un grand sourire. Il était d'origine drachmanne et cela se voyait.

- Jin Lau. Cela faisait longtemps... Ne restes pas sur le palier.
«Vladimir-ya... »

Le petit homme le laissa passer, vérifiant que personne ne se trouvait dans le coin avant de refermer la porte derrière lui. Devant Jin, un appartement reconvertit en grand bureau. Des papiers administratifs empilés un peu partout, une grande table de travail avec de nombreuses tasses de cafés qui ne dataient pas de la veille, mais plus anciennes. Vladimir s'avança vers le xinois et passa à côté de lui avec un grand sourire. Il s'installa sur la chaise de son espace de travail et remit les lunettes qui lui servait à lire, mais aussi à voir de plus près certaines choses. Il se mit à pouffer de rire en se frottant les mains.

- Alors ! Que puis-je pour toi ? Ta couverture est compromise ?
« Non, ce n'est point pour moi. C'est pour une future recrue de notre organisation-ya. »
- Oh... Et bien, voyons ce que je peux faire pour cette personne. Homme ou femme pour commencer ?
« Une jeune femme. Elle n'a pas l'air d'avoir la majorité. »
- Vous recrutez de plus en plus jeune. Niky devrait faire plus attention... Il va finir par recruter des nouveaux-nés ! Hahaha

L'homme se mit à rire avec sa voix grasse et ce qui fit soupirer intérieurement le xinois, qui restait tout de même impassible à l'extérieur. Le petit homme commença à chercher dans une pile et attrapa une feuille vierge.

- La nationalité ?
« Double. Amestris et xing. Elle est surement née ici, mais ses traits de visage peuvent facilement être confondus avec ceux de mon peuple-ya. »
- Je vois... Elle doit être jolie. J'aurai peut-être le plaisir de la croisée, héhéhé.
« Certainement pas. Restes concentré sur ton travail. »
- Il me faut son âge, la couleur de ses yeux, ses cheveux et sa taille.  
« Seize ans. Verts. Rousse. Environ un mètre cinquante-cinq. »
- Sa nouvelle identité ?

Le xinois prit le temps de plisser les yeux à cette demande. Un nom... Quelque chose qui pourrait lui servir pour ses prochaines rencontres avec les autorités et qui pourrait lui servir en cas de danger. L'homme alla caresser sa barbiche pour réfléchir avant d'annoncer ce nouveau nom. Elle s'appelait Anjuu...

« Anjuu Howling Lau. »
- Tu es sérieux ? Lau ? Mais c'est comme...
« Je ne t'ai point demandé de discuter de mes choix-ya. »
- D'accord ! Laisses-moi une heure ou deux pour créer ses papiers et une fois terminé, j'irai faire un tour au Q.G de l'Est pour aller voir mon complice. Histoire que cela soit officiel. Je suppose que pour son adresse, je donne la tienne.
« Tu as tout compris, Vladimir-ya.»

Deux bonnes heures passèrent avant que le drachman lui donna enfin les documents. Jin avait attendu, assit dans un petit canapé dans un coin. Une fois l'affaire terminée, le xinois tendit une carte avec des informations sur un des nombreux compte qu'il détenait.

« Sers-toi comme d'habitude. Je compte sur ta discrétion-ya. »
- Bien sûr ! Il n'y a jamais personne au courant, hormis moi. Niky ne veut pas perdre son temps avec ça et je peux le comprendre. Merci pour ta visite Jin-Wan et à bientôt. C'est toujours un plaisir de te rendre service.

Le xinois quitta l'appartement après avoir salué le faussaire et rangea les documents dans sa poche avant de sortir du bâtiment. Avant de rentrer à l’hôtel, il fit un détour par les rues commerçantes, mais aussi par la fameuse rues où les cadavres jonchaient encore le sol dans la nuit. La police avait bloqué l'accès à la ruelle, mais personne ne semblait être là pour enquêter. Jin se décida à passer par un magasin de vêtement pour faire quelques achats, ressortant avec des sacs, puis dans une boulangerie pour s'acheter à manger et à boire. La journée était déjà bien entamée. Midi était passé depuis quelques heures déjà. Il avait perdu beaucoup de son temps dans le magasin de vêtement et chez son ami le faussaire. Il refit le chemin vers l'hôtel et repassa devant le propriétaire, qui lui adressa un sourire avant de retourner à ses affaires. Jin monta les marches pour rejoindre le couloir et s'arrêta devant la porte de sa chambre. Il tourna simplement la poignée avant de pénétrer à l'intérieur, là où attendait la chouette. Elle était assise sur le lit, regardant la porte avec un grand intérêt. Il ferma la porte avec soin avant de déposer les sacs sur le canapé.

« Tu as l'air d'aller beaucoup mieux. Navré pour d'être parti ce matin sans t'en toucher un mot, mais tu n'aurais pas pu m'accompagner à l'extérieur-ya. Je devais d'abord vérifier si les rues étaient plus sûres. Ce soir, nous irons en quête de nourriture pour toi. En attendant, je t'ai ramené des petites choses qui t'aideront à ne pas te faire remarquer. »

Jin attrapa les sacs avec les vêtements pour sortir deux robes. L'une était noire et assez large au niveau des hanches, l'autre était presque opaline, mais plus courte. Il ne s'y connaissait guère en tissu, alors il avait fait confiance à la vendeuse qui lui avait conseillé ces deux-là. Pensant que c'était des cadeaux pour une amoureuse. Cette femme n'avait pas arrêté de lui poser des questions. Elle parlait beaucoup trop au goût de notre infiltré. Ce dernier déposa les deux vêtements sur le lit avant de sortir une petite veste duveteuse de la même couleur que la première robe, histoire de ne pas sortir trop découverte. Dans le dernier sac, il y avait deux paires de chaussures, l'une était des bottes à talon et l'autre plate, plus légère. Finalement, il lui fit signe du doigt de se rapprocher pour voir les achats et attrapa les papiers dans sa poche pour les lui tendre.

« Voici les papiers avec ta nouvelle identité. Tu seras Anjuu Howling Lau. Ton adresse est la même que la mienne. Si jamais on te contrôle à Central, je serais certainement avertis en premier et je pourrais venir te chercher si je ne suis pas loin. C'est important dans ce monde d'avoir ces documents-ya, tu ne dois pas les perdre ou les oublier. Tu as compris ? Voilà pourquoi j'ai pris beaucoup de temps avant de revenir. Est-ce que tu as des questions-ya ?»

Il se tourna ensuite vers le sac provenant de la boulangerie et plissa les yeux. A l'intérieur, des pâtisseries.... Beaucoup de pâtisseries. Il raffolait des choses sucrées et cela l'aidait à tenir toute la journée en énergie. Il avait un peu hâte d'y goûter, mais comme à son habitude, il ne laissa rien transparaître sur son visage. Il n'était pas vraiment très expressif, ce qui pouvait intriguait pas mal de monde.

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