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Petites annonces

D'après les rumeurs, le Généralissime King Bradley aurait été vu dans les jardins du Q.G, tondant la pelouse avec un tablier rose.
Event Festival à Central ! Cliquez et venez donc participer à l'aventure o/

Event Festival : Requiem for a dream

Vous êtes tous invités à la fête ! Soyez prêteeeeeeeeeeeeees !
Evy S. Evans - " Recherche mon ami d'enfance : Vayn E. Draeger.
Merci de bien vouloir ramener son derrière au plus vite ! "
Solf J. Kimblee - "Recherche rapidement un Ishbal du nom de "Scar" pour le faire exploser.
Recherche aussi le Docteur Marcoh-san pour le ramener dans sa cellule et lui demander un autographe pour la conception de sa belle pierre philosophale. "
Témoin effrayé - "Faites attention à vous ! Scar n'est pas un véritable humain, c'est un Dalek déguisé... Fuyons !!!"
"EXTERMINATE"
ATTENTION ! Central (Ou la nouvelle Tapalousie ) connait une nouvelle vague d'attentats !
On raconte que le Fullmetal et le Flame Alchemist s'amusent à se déguiser en femme et à; je cite : "se dépoiler le corps". Rentrez vos enfants aussi vite que vous le pouvez... L'apocalypse est proche.


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L'appel du devoir [PV Roy Mustang]

MessageSujet: L'appel du devoir [PV Roy Mustang] Lun 7 Aoû - 19:29
Bien assis sur ma chaise en bois massif, je faisais face à ce bureau de style baroque en même matériau. Combien de fois avais-je trôné face à une montagne de documents dans ce bureau spacieux ? Je ne le comptais plus depuis le début de mon règne, un règne sans partage qui n’avait jamais connu le désordre. Malgré les menaces et les obstacles, ce bureau avait toujours été extrêmement bien rangé, chaque petit pile de documents à sa place. Ma vie était réglée comme une horloge, chaque jour je commençais très tôt à travailler, je prenais ensuite un café. J’avais ensuite rendez-vous avec mes Généraux pour faire un point sur la situation militaire. Venait ensuite le temps des rendez-vous divers à partir de 10h30 le matin, j’en profitais aussi pour recevoir les coups de téléphone des hommes de Kimblee, voire de Kimblee lui-même pour savoir où il en était dans ses missions. Pour ne pas perdre de temps, je me faisais livrer un repas préparé par un chef ici même et je faisais une pause pour déjeuner qui ne durais en général pas plus de quarante minutes, je ne mangeais pas sur le pouce, car comme je m’amusais à le dire à mes subordonnés « prendre le temps de bien manger est essentiel pour une bonne santé ». Venait ensuite l’après-midi, souvent consacrée à ratifier de nouvelles lois ou gérer les affaires courantes, le temps que cela me prenait était variable et cela finissait en général à 16h, je clôturais ma journée avec les affaires courantes avant de rentrer chez moi à 19h pile pour dîner avec ma famille. Ma femme faisait parfois préparer quelque chose par les cuisiniers du manoir, mais ce n’était pas automatique, elle aimait bien souvent cuisiner elle-même, comme pour souligner que nous étions une famille normale. Le repas terminé, j’allais en général m’entraîner une heure et demi dans une salle d’armes du manoir pour finalement revenir travailler jusqu’à minuit.

Ma vie était réglée comme du papier à musique et je contrôlais tous les aspects de ce pays. Le rituel, souvent rompu par une promenade quotidienne, était important, il en allait de ma crédibilité et surtout de l’image qu’avaient de moi mes subordonnés. Les fronts avec l’alliance conclue entre Aerugo et Drachma faisaient perdre beaucoup d’hommes. Si Drachma se heurtait à Briggs, Aerugo avait intensifié ses opérations à la frontière et cela couplé à nos menaces intérieures avait mené l’armée à commencer à douter de moi. La situation aurait pu s’enliser, j’aurais pu montrer un signe d’inquiétude ou de faiblesse -après tout, peut-être que nos ennemis me pensaient trop vieux- mais il n’en était rien. Les traîtres se dévoilent lorsqu’on montre un signe d’inquiétude, voilà ce que j’ai pu lire lorsque j’étais encore en formation. Les rats avaient déjà quitté le navire et Central n’était qu’un lieu de débauche et d’encroûtement, les Généraux que j’avais choisi étaient des hommes qui n’avaient pas une grande compétence martiale : Hakuro, Clemin et les autres...Ils n’auraient pas été capables de tenir un champ de bataille. J’avais cependant toujours un énorme problème avec ces raids incessants d’Aerugo qui devaient cesser. Le fait militaire restait un fait militaire, mais je voyais l’impact que cela avait sur la population et je savais qu’une victoire majeure pourrait faire changer cela. Si mon Père était inquiet de la tournure des événements, j’étais pour ma part extrêmement confiant, après tout, cela permettrait de purger l’armée des traîtres et des éléments dissidents. Cette pensée ne pouvait que me faire sourire car au final, je pensais là comme un humain, un misérable chef humain qui se souciait de son peuple et de sa place au sommet. Je n’avais que fais de ces balivernes, j’allais mettre un terme aux escapades d’Aerugo une fois pour toute et ensuite, ça serait le tour de ces terroristes. J’étais resté trop longtemps enfermé dans mon bureau, les rumeurs avaient d’ailleurs commencé à se propager puisqu’au final, je n’avais pris aucune décision sur les ennemis extérieurs. Dans le plus grand secret, j’avais en fait fait constituer des renforts et des divisions blindées et de l’artillerie de pointe qui étaient en train d’être acheminées vers la frontière Aerugolaise. Je prévoyais ainsi d’aller y faire une inspection et de scénariser tout cela pour montrer au peuple que l’armée réglait le problème. Cela pourrait calmer Aerugo un moment et nous pourrions nous occuper de Drachma. L’incompétence de mes Généraux me servait bien, j’allais me rendre sur le front et il fallait que quelqu’un garde Central pour éviter de nouveaux débordements, ils rempliraient ce rôle à merveille. J’avais donc décidé d’emmener avec moi un Alchimiste d’État, le Colonel Roy Mustang. Je connaissais Mustang depuis bien longtemps, c’était un Candidat au Sacrifice et surtout un officier très ambitieux. Je connaissais ses aspirations bien plus que lui-même n’aurait pu se douter. J’avais fait prendre rendez-vous avec lui dans mon bureau en fin d’après-midi et il serait mon premier rendez-vous.

La journée s’était déroulée sans encombre alors que le soleil timide de Novembre peinait à traverser une grisaille hivernale morne qui surplombait Central. Les bruines incessantes de la fin d’Automne étaient désagréables et obligeaient le personnel du QG que je pouvais voir de ma fenêtre à déplier leurs parapluies noirs. Je n’étais pas sorti de mon bureau ce jour-là, les rapports du front étaient comme à leur habitude, alarmants. Comme à mon habitude, je m’étais borné à donner des instructions très générales et j’avais gardé le sourire...Comme à mon habitude, j’avais signé de ma main tous les ordres transmis aux officiers du front. Comme d’habitude les Généraux avaient commencé à murmurer sitôt la porte fermée. Cela ne me perturbait pas, chaque chose en son temps…Ce qui était important c’était que le Jour Promis ait lieu. Alors que la luminosité avait commencée à décliner alors que la soirée approchait, on vint taper à ma porte. J’étais en train de lire une de ces lettres extrêmement ennuyeuses qui faisait état de nos réserves de céréales. Par chance, je venais de terminer ma lecture et je signais rapidement le rapport pour indiquer que je l’avais lu. Je parlais à voix haute pour demander à mon visiteur d’entrer.

Il était l’heure, l’heure exacte du rendez-vous et une de mes secrétaire -chignon tiré et tailleur impeccable- entra dans le bureau en inclinant sa tête par respect et elle annonça Mustang qui la suivait. Le Colonel était passé par plusieurs contrôles de sécurité, il aurait remarqué que cette aile du QG était gardée par de nombreux soldats et il aurait été fouillé par mes gardes-du-corps personnels -des hommes peu loquaces en costumes de luxe- avant d’entrer dans mon bureau. En cette période trouble, je ne modifiais pas mes habitudes mais je n’étais pas non plus stupide, j’avais augmenté sensiblement ma sécurité pour éviter qu’un des terroristes n’ai l’idée brillante de venir s’en prendre directement à moi. Je saluais à mon tour Mustang lorsqu’il se mit au garde-à-vous pour finalement m’approcher et lui tendre la main pour la lui serrer, je me montrais ainsi respectueux.

-Bonjour Colonel, je suis ravi que vous ayez pu vous libérer pour venir me voir. Je vous en prie, asseyez-vous.


Avec un sourire bienveillant, j’avais posé ma main sur son épaule, faisant preuve d’une familiarité que tous me connaissaient et je lui désignais la chaise face à mon bureau. J’indiquais également à la secrétaire de nous faire préparer du thé. Je rejoignais lentement ma place derrière le bureau, toujours souriant. Mustang pourrait comprendre que malgré les événements récents (échecs militaires, ennemis intérieurs et terrorisme) -et contrairement aux rumeurs qui décrivaient un Généralissime abattu et déprimé- j’étais en parfaite forme et même souriant. Je fixais de mon œil unique l’Alchimiste d’État qui me faisait face.

-Il est vrai que nous n’avons pas eu beaucoup d’occasions de parler depuis votre arrivée à Central. Alors Colonel, vous acclimatez-vous bien à votre nouveau poste ? Est-ce que tout se déroule comme vous le souhaitez ?

En voilà des questions bien étranges. Mon air débonnaire et mon sourire de grand-père sympathique, tout avait été calculé, je pesais mes mots. Mustang allait comprendre qu’il était face au Chef des Armées et que désormais, j’étais le maître de la conversation, j’attendais avec impatience ce que le jeune homme répondrait à ces questions générales, analysant désormais chaque détail dans son attitude et dans ses réactions...L’entrevue pourrait ensuite réellement commencer.
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L'appel du devoir [PV Roy Mustang]

MessageSujet: Re: L'appel du devoir [PV Roy Mustang] Lun 7 Aoû - 22:36






Ça avait mit le temps. Mais recevoir cette convocation n'avait rien d'étonnant. Le papier sous les yeux, je songeai aux événements. La cohue récente à Central City avait laissé des tâches sur la réputation du chef de l’État. J'étais bien placé pour savoir quelle pouvait être l'ampleur d'un tel pouvoir. La réputation se travaillait avec un soin tout particulier. Ça faisait un moment maintenant qu'on ne voyait plus la grande porte s'ouvrir. Les rumeurs allaient et venaient malgré et bon-gré l'Armée. Mais il fallait être dupe pour croire qu'il ne finirait pas par rebondir. Quelque chose me disait que je n'allais pas tarder à le découvrir. Ce n'était pas un homme qui gardait ses pouces bien alignés très longtemps. Je ne pouvais pas prétendre connaître ses intentions. Elles restaient injustifiables à mon sens. Depuis la Guerre. J'avais le nez en l'air pour l'observer ce jour-là. Un jour « victorieux ». Les années passants qu'est-ce qui avait changé ? Rien. Combien de temps maintenant ? Combien de temps étions-nous des assassins ? Cet homme avait signé un papier. Un arrêt de mort. Mais nous l'avions fait. Nous avions suivi. Comme de bons chiens.
Je reposai la feuille de convocation. Il était inutile de repartir sur le débat à quelques heures du rendez-vous. J'avais eu le temps entre chaque rafle pour me rentrer cette punition dans le crâne. A présent, il fallait avancer. Avec ce glaive, ou plutôt ce pistolet au-dessus de la tête.
Je me remis au boulot. Les dossiers s'entassaient. Il fallait les clore pour ne pas donner une bonne raison à mon supérieur d'élever la voix. Un sourire me traversa les lèvres. Moqueur, comme toujours. J'étais loin d'être un échec. Le retard qui me qualifiait n'était en rien diffamatoire. Surtout pas en cette période « d'après fête ». Les tensions du pays vibraient comme les cordes d'une guitare très bien accordée. Je n'avais rien d'un musicien mais l'homme, là-haut, savait comment organiser ses instruments. Et cette convocation ne voulait dire qu'une chose. Soit je faisais partie de la composition. Soit je virais de la chorale. Mais je n'en étais plus au stade de m’inquiéter pour ça. Ce qui était d'avantage perturbant, c'est qu'il allait falloir se taire. Là non plus, je n'étais pas connu pour mes talents de conteur, de flûtiste dira-t-on, mais comme toute personne en présence du Généralissime, je n'allais pas jouer des claquettes sans répéter ma danse au préalable.
L'après-midi passa à une vitesse affriolante, ne me laissant guère le temps de m'octroyer la pause café. Pourtant c'était exactement le breuvage que je me recommandais à moins de deux heures du rendez-vous. Je m'étirai sur mon fauteuil, le regard figé sur les aiguilles de la montre à gousset. Elle se laissait choir sur quelques dossiers. J'imaginais que le bureau du grand chef ne devait pas être dans un désordre si farfelu. Farfelu pour l’œil inexpérimenté, devrais-je préciser. Ce bureau était la définition même de ce que l'on appelait « un bordel organisé ». J'ignorais comment un tel mot avait pu s'associer à la manifestation désorganisée d'une pièce.
Je soupirai et remis tout en place. Demain matin, l'équipe n'aura pas de mal à deviner quelle avait été mon anxiété. Les stylos étaient alignés les uns à côté des autres. Les rapports étaient prêts à se glisser dans les doigts du Lieutenant. Je vidai même le cendrier d'Havoc en filant boire un breuvage noir et amer. Quelle ironie d'avoir l'odeur de fumée dans le nez à une demi-heure d'un face à face tardif. C'était le sarcasme de toutes ces années passées à sa solde. Ça n'avait rien de déterminant. Je ne me permis pas de souffler. Pas encore. Extérieurement, j'étais tout ce que j'avais appris à être. Une armoire. J'aurais aisément le temps de revenir sur mes ressentis dans la nuit. Le moment où les gens dorment. Mais où les assassins se souviennent.

[…]

D'un mouvement d'épaule, je réajustai l'uniforme qui me collait à la peau. Il était l'heure. Je saluai aimablement chaque personne en charge de m'inspecter de l'autre côté de la cloison. Celui qui voudrait s'attaquer au Fhürer en passant par la grande porte serait aisé de le faire en étant aussi discret qu'une souris. J'avais bien un élément qui en avait la taille. Mais pour la discrétion, il fallait repasser.
Les pensées cyniques étaient les meilleures lorsqu'il s'agissait de se faire repasser le corps au crible. Mes mains dégantées étaient loin d'être une menace. Mais le sérieux revint au galop pour appuyer mon nom qui glissa des lèvres de la secrétaire.

« Colonel Mustang. Veuillez me suivre. »

Je me mis dans l'ombre de ses pas. Ils claquaient sur le sol avec une singularité qui faisait écho à l'intérieur de ma tête. Nous passâmes la grande porte quand la voix grave à l'intérieur en donna son accord. La secrétaire s'écarta pour me laisser place. Ces moments semblaient calculés au millimètre près. Je restai dans l'axe de la porte et levai la main dans un salut militaire déterminé. Cela faisait longtemps que je n'avais pas senti mon uniforme remonter aussi haut pour en suivre les coutures.
Je faillis bien perdre toute la façade que je m'étais préparé durant la journée lorsqu'il me serra la main. Mes sourcils ne purent résister à marquer mon étonnement.

"Bonjour Colonel, je suis ravi que vous ayez pu vous libérer pour venir me voir. Je vous en prie, asseyez-vous."

On lui connaissait cette amabilité, mais je fus tout de même désarçonné par la main lourde sur mon épaule. Ce geste avait différentes façons d'être interprétés. Parfois, il était la main tendue juste avant qu'un coup plus bas ne soit asséné. Il était le signe d'une amitié soupesée. Mais comme je voyais mal le Généralissime m'envoyer au tapis ou encore me raconter comment s'était passé sa dernière semaine de vacances, il ne pouvait s'agir que d'une chose. Un mur. Une autre armoire. Mais ça n'avait rien de nouveau. Être seul dans ce bureau, en revanche...

« Merci, mon Généralissime. »

Je m'assis en suivant Bradley du regard. Il contourna son bureau pour s'y asseoir. Il allait poser la balance de la justice sur la table. Et voir si son équilibre était précaire.

"Il est vrai que nous n’avons pas eu beaucoup d’occasions de parler depuis votre arrivée à Central. Alors Colonel, vous acclimatez-vous bien à votre nouveau poste ? Est-ce que tout se déroule comme vous le souhaitez ?"

J'esquissai un sourire. Il savait très bien si le climat était chaud ou froid. Visiblement, il n'avait rien à envier aux rumeurs qui faisaient leur chemin sur son dos. Je connaissais cela.

« Nous sommes parvenus à reprendre le contrôle de la situation. Il est certain que ce fut une arrivée plutôt succincte. Mais nous sommes là pour ça. »

Lui dire ce qu'il veut entendre. Et lui faire part des échecs avant qu'il ne les cite.

« Entre l'irritation des civils d'un côté et ces terroristes qui vagabondent, on ne manque pas de travail. Mais nous sommes sur des pistes. L'étau se resserre. »

Et ce n'était en rien un mensonge. Ce n'était pas une vérité absolue pour autant. Mais le Généralissime savait toutes ces choses. Ce qu'il voulait ? Je l'ignorai encore.


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L'appel du devoir [PV Roy Mustang]

MessageSujet: Re: L'appel du devoir [PV Roy Mustang] Mar 8 Aoû - 20:24
Bien assis devant mon bureau, je fixais Mustang avec toute mon attention. Je souriais de manière bienveillante à ses réponses. Les réponses n’étaient en effet pas le plus important, ce qui importait c’était l’attitude et que je puisses conclure sur la loyauté du Colonel. Je n’avais au final pas de grande inquiétude le concernant, je connaissais l’ambition des jeunes loups de son genre, quelles que soient leurs raisons, ils restaient dans les rangs. Trahir le système militaire reviendrait à remettre en cause la société ou l’ordre établi, et donc de reconnaître que les grades et les positions sociales ne valaient rien. Mustang était trop ambitieux et trop idéaliste pour faire cela, il était plutôt du genre à vouloir changer le système de l’intérieur, sans heurt. Lorsque les personnes de ce genre se retrouvaient dans une boucherie sans nom -comme ce fut le cas à Ishbal- ils en ressortaient traumatisés pour le reste de leur vie, demeurant cependant chiens de l’armée, c’était ce qui faisait tant rire Envy. Je n’avais pas le même sens de l’humour que Envy, je ne partageais pas non plus son complexe face aux humains. Pour ma part, seulement importait que le travail soit fait, et après toutes ces années, j’aurais menti si j’avais nié ne pas éprouver une certaine sympathie pour ces Alchimistes d’État et ces soldats qui risquaient leur vie pour moi. Après tout, Mustang restait un très bon élément : brillant en alchimie, dévoué et intelligent. Un subordonné comme ce Colonel se serait élevé dans n’importe quel système et n’importe quelle société, je pouvais donc m’estimer heureux qu’il se retrouve dans nos rangs.
Alors qu’il terminait sa phrase, nous fûmes interrompus par la secrétaire qui tapa brièvement à la porte pour annoncer sa venue. La jeune femme portait un plateau avec un service de thé en porcelaine. Le thé était déjà prêt lorsque je l’avais demandé, certainement avait-elle anticipé ma consommation de boissons chaudes, comme tous le personnel le faisait, afin de ne pas me faire attendre. Je la remerciais d’un sourire alors qu’elle installait et servait les tasses sur mon bureau impeccable. Je me tournais alors vers le Colonel, toujours souriant.

-Pardonnez ma négligence, j’ai oublié de vous demander ce que vous vouliez. Peut-être que le thé n’est pas à votre goût. Si vous désirez autre chose, du café par exemple, n’hésitez pas à demander.


La secrétaire attendit ce que Mustang avait à dire, selon ce qu’il dirait, elle lui servirait du thé ou repartirait avec son plateau chercher du café, car c’était comme cela que les choses fonctionnaient. Ma tasse fumait devant moi, si l’uniforme de Mustang était impeccable, le mien l’était tout autant, j’avais toujours maintenu une certaine prestance et je savais très bien que cela avait été remarqué par mes subordonnés qui s’évertuaient à se présenter eux-aussi bien propres sur eux. Mustang avait donné une réponse des plus honnêtes et son sourire, ses manières, tout montrait qu’il était sur le qui-vive. Après tout, il savait bien dans quelle position délicate je me trouvais et il n’aurait pas pu feindre de l’ignorer. Pour beaucoup de Généraux, j’étais en fin de règne, beaucoup avaient critiqué mes dernières décisions et surtout mon apparent manque de réaction. Les gens doutaient, jusqu’au sein même de mon état-major et tous se doutaient que les têtes allaient tomber tôt ou tard...Je ne laisserai pas des gens me défier. Pour le moment pourtant, j’étais resté extrêmement discret, je savais qu’une réaction violente ne servait à rien, en fait, cela n’aurait fait que me discréditer : le dictateur qui voit son régime en train de s’écrouler et qui fait fusiller les derniers traîtres supposés avant de sombrer avec son propre autoritarisme. Il n’en était rien, j’avais été formé pour régner, je connaissais bien les ficelles du pouvoir et je savais qu’il fallait me concentrer sur les problèmes réels. Si Mustang montrait bien qu’il n’avait pas réussi à aller au bout de sa mission, j’en connaissais la réalité et je savais qu’il avait voulu tout me dire. Il me fallait désamorcer cela afin que les choses soient claires et je me contentais de sourire afin de donner une dernière information consultative.

-Pour ce qui est de votre mission Colonel, je sais très bien que vous avez fait tout ce que vous pouviez. Après tout, ces terroristes se cachent parmi nous et peuvent frapper à nouveau à tout moment. Il est logique dans un tel climat que la population se trouve agitée...Nous devons à tout prix garder la population au calme afin d’éviter qu’il y ait de nouveaux blessés.

L’empathie, une arme redoutable envers les humains. Une arme qui pouvait cependant aussi nous mettre en position d’infériorité face à un homme qui n’avait pas de scrupule. Roy Mustang n’était pas de ceux-là...C’était plus l’opposé, des scrupules, c’était probablement ce qui le faisait avancer. Ce Colonel ne faisait pas partie de ceux qui avaient bien vécu l’épisode Ishbal. Pour autant, je ne pouvais pas me permettre d’apparaître faible ou impuissant et cette dernière tirade me faisait une fois de plus apparaître comme une victime des événements, situation dans laquelle je me complaisais de toute évidence. Sans autre forme de procès, je cherchais dans un des tiroirs de mon bureau et en sortait une chemise que je tendis à Mustang. Il s’agissait de rapports du front à la frontière avec Aerugo, une situation semblable à une « boucherie » d’après les paroles de soldats. On y voyait un rapport détaillé sur la situation avec des photos des tranchées, de barbelés et de paysages dévastés par les obus d’artillerie. Amestris avait perdu beaucoup durant cette guerre s’était intensifiée à cause de l’alliance entre Drachma et Aerugo. C’était un des principaux problèmes, même si tout le monde se focalisait sur les terroristes. Croisant les bras, mon sourire disparut l’espace d’un instant.

-Nous avons perdu beaucoup d’hommes sur le front Aerugolais. Les conflits avec Aerugo restaient localisés à la frontière jusqu’à présent, mais là ils ont réussi à gagner nos territoires limitrophes, cela fait bien cent ans que le front n’a jamais autant progressé chez nous. Le Conseil des Généraux m’a demandé plusieurs fois de signer une nouvelle directive pour y envoyer les Alchimistes d’État, mais comme vous vous en doutez déjà, j’ai refusé. Déployer les Alchimistes d’État signifie une nouvelle guerre totale avec tout ce que cela implique, mais aussi de laisser Central et les autres points névralgiques du pays sans défense...

Oui, cet argument faisait sens aux yeux de Mustang, je le savais puisque lui-même avait connu la guerre. Je montrais au passage de quel bois étaient fait les Généraux qui m’aidaient à gouverner...Diviser pour mieux régner, une devise qui m’avait souvent sauvé la mise, surtout sachant que ce que je disais était vrai. Les humains étaient si cupides et si mauvais entre eux qu’il n’y avait bien souvent pas besoin de déformer leurs propos. Dans le fond, je respectais bien plus Mustang que ces Généraux serviles, puisque lui au moins n’avait pas fait preuve de couardise. Je savais qu’il comprenait l’argument martial, je savais aussi que quoi qu’il pense de moi, l’idée de grosses pertes au sein de l’armée ou des civils était un argument qui pourrait le convaincre d’être très coopératif et qui sait, de l’amadouer un peu. Après tout, je n’aurais pas nécessairement eu besoin de faire appel  à lui, d’autres l’auraient très bien fait à sa place, mais je ne voulais que tout se fasse dans le plus grand secret, tout devait être parfait et synchronisé afin que la population ait un symbole fort.

-...Néanmoins cette situation a assez duré. Les Aerugolais s’en prennent une fois de plus à notre souveraineté, ils n’ont probablement pas digéré leur échec à Ishbal, lorsqu’ils armaient des rebelles afin d’attiser le conflit. Nous devons donc une bonne fois pour toute repousser leurs forces et je vous ai choisi pour cette mission...Ou plutôt pour être exact pour m’assister dans cette mission.

Les bras croisés, mon visage à demi-masqué par la lumière qui baissait, je fixait Mustang. Toujours aussi placide, je ne bougeais presque pas, mes rides accentuées par le contraste des ombres. Il n’y avait rien à dire de plus, je venais d’ordonner à Mustang de m’accompagner bien évidemment, sans lui dire en quoi consistait sa mission. Je ne lui laissais pas non plus de choix. Cette fois les choses seraient différentes pour lui, il ne le savait pas encore, mais il serait celui qui, du haut de la colline, superviserait la contre-attaque. Nous n’en étions pas encore là et il ne s’agissait que d’une contre-offensive mineure, pas d’une guerre totale. Me penchant en avant, le visage bardé d’une expression grave, mon œil unique se plongea dans le sien.

-J’ai besoin d’un homme qui a déjà une expérience dans les batailles pour cette mission, pas d’un va-t-en-guerre qui cherche à envoyer tout le monde à une mort certaine. Mais avant tout cela, j’aimerais avoir un éclaircissement sur un point, Colonel Mustang : êtes vous prêt à repartir au front pour votre pays ?


J’interrompais mon discours sur ces paroles énigmatiques. Mustang pourrait les prendre de plusieurs façons, soit comme une référence à ses sentiments par rapport à Ishbal -quoi que je n’avais pas vraiment de moyen officiel de le savoir- ou alors par une ultime demande d’allégeance. Dans les deux cas, Roy Mustang comprendrait qu’il allait retourner dans une zone de guerre et qu’il allait devoir faire des choix.
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L'appel du devoir [PV Roy Mustang]

MessageSujet: Re: L'appel du devoir [PV Roy Mustang] Mer 9 Aoû - 18:26




La porte qui s'ouvrit sous le passage de la secrétaire était un bruit de fond désagréable dans ma contemplation. Je faillis en sursauter, mais ne tressaillit pas. Je fixai le Généralissime. Jamais avec couardise, mais toujours avec un respect affluant de chacun de mes pores. Le chien connaissait sa place. Il jappait quand on le lui en donnait l'ordre. Il se taisait autrement. J'étais dans l'attente. Je voulais savoir pourquoi j'étais là. Mais je ne posais pas la question qui me taraudait les lèvres. Ce serait un manque assez évident de politesse. Et quand bien même les rumeurs le disaient amaigri, vaincu et au bord de l'insuffisance, l'homme qui se tenait devant moi n'avait rien de tout cela. Il resserrait un peu plus le collier autour de mon cou sous ses airs généreux. C'était démontrer de sa force que se comporter ainsi. A moins que ce ne soit là sa véritable nature ? Le doute m'asséna une pichenette histoire de me rappeler qu'il n'était pas temps de conclure des hypothèses hâtives. Je devrais le savoir après avoir consacré ma jeunesse à l'alchimie. Toujours établir une réponse à partir de la pratique et non de la théorique. Dans les règles de l'art et sans jamais lâcher l'impatience qui nous enserre la gorge, menaçant d'encombrer nos esprits de différentes sensations de pouvoir. Se sentir comme léger et envahit d'un don divin. Il fallait se montrer imperturbable. Effectuer différents tests. Tout comme cet homme qui me faisait face.

Il était donc le maître. Et j'étais le chien. Mais j'étais un talentueux alchimiste. Modeste, en plus de cela. C'était ironique si on prenait le temps d'y songer. Je portais le même nom qu'un équidé, mais j'étais à l'image d'un canidé. J'aurais pu être ce cheval. Il serait alors en train de brosser mon poil dans le bon sens avant de resserrer les sangles de ma selle autour de mon ventre. Mais il paraît que ce cheval était réputé pour son invulnérabilité. Il était imprévisible et indomptable. Alors, il était important de ne pas être ce cheval à ses yeux.

J'avais tout mon temps de penser, devenu maître dans l'art des songes éphémères. Ils m’imprégnaient en quelques secondes pour disparaître dans une flopée d'étincelles. Toutes ces inutiles pensées ne furent que concises et la secrétaire entamait à peine sa rotation sur moi. On me proposait de boire à ma gamelle. J'offris un sourire à la jeune femme en lui demandant aimablement du thé. Je la remerciais aussitôt. Le café, je me le réservais pour plus tard. C'était une boisson tantôt chaleureuse, tantôt amère. Faite pour la bataille de l'esprit et du corps. Le thé avait aussi ses facultés excitantes, mais il n'en restait pas moins plus doux à son contact. Ce qui rendrait l'échange nettement moins irritable. Car je l'étais. Mais aucun de mes mouvements ne le laissait croire. Ce masque que je portais était le plus solide. Il faudrait que le système tout entier s'écroule, qu'une bombe nous explose dessus pour que j'en cesse d'y jouer. Je n'étais pas en face du plus simplet des généraux. Aucune miette de ma coquille ne devait s'effriter.

Le Généralissime parla. Je l'écoutai attentivement sans toucher à ma tasse. Il semblait conciliant. Affecté. Je me gardais de répondre en le voyant chercher dans son tiroir. Il n'avait pas fini de parler. Alors il était inutile de chercher à dire quelque chose. Le Généralissime tendit une chemise et je levai la patte pour m'en emparer.

Jambes croisées, je les utilisai en guise de support pour faire face au contenu. Une guerre. Ni plus. Ni moins. Il était encore plus futile de vouloir placer des mots, des détails, des images pleines de redondances et d'adjectifs sur ces quelques photographies.

Lorsqu'il se remit à parler, je relevai les yeux dans le sien pour me confronter à plus terrible que son aimable façade. Le cœur du sujet.

"-Nous avons perdu beaucoup d’hommes sur le front Aerugolais. Les conflits avec Aerugo restaient localisés à la frontière jusqu’à présent, mais là ils ont réussi à gagner nos territoires limitrophes, cela fait bien cent ans que le front n’a jamais autant progressé chez nous. Le Conseil des Généraux m’a demandé plusieurs fois de signer une nouvelle directive pour y envoyer les Alchimistes d’État, mais comme vous vous en doutez déjà, j’ai refusé. Déployer les Alchimistes d’État signifie une nouvelle guerre totale avec tout ce que cela implique, mais aussi de laisser Central et les autres points névralgiques du pays sans défense..."

Si cet homme n'était point en charge de ma présence bien gardée dans cet emploi, j'aurais pu être tenté de répliquer par une question qui me rongeait depuis très longtemps. Une nouvelle guerre totale ? Pourquoi n'a-t-il donc pas refuser la précédente à juste titre ? Si cela faisait bien cent années que le « front » n'avait jamais autant progressé ?

Mais c'était lui. Et pas un autre. Aussi, je n'ouvris pas la bouche, ayant remarqué que la fin de sa phrase n'était qu'un interlude entre deux pensées qui se bousculent. Lesquelles ? Je n'allais pas tarder à le savoir. Je me focalisai d'avantage sur le fond du problème. Aerugo. Tout ce qu'il disait était juste. Qu'est-ce qui n'allait donc pas à l'époque ? Sept années de guerre suite au sang versée par une petite fille au main d'un militaire. Ce qui n'allait pas avec cette phrase, c'est bien qu'elle sonnait faux quelque part. Car si la faute impliquait réellement un homme de l’État, pourquoi n'était-il pas simplement le seul a en avoir subit les conséquences ? Je pouvais tout à fait comprendre qu'un peuple se soulève au nom d'un crime. Mais dans ce cas... Pourquoi le coupable doit-il s'en défendre ? Des compromis, il aurait dû y en avoir. Il y aurait dû y avoir plus que ça. De l'humilité. Un procès. De la justice. Mais une guerre ? Ce n'était pas celle-là qu'ils avaient attendus. Les Ishvals. Ils avaient voulus quelque chose. Du sang. Il aurait suffi d'avoir la patience. Comme un bon alchimiste. Pratique. Pas théorique. Tout reposait sur un seul et même dicton. Ce n'était pas la première fois que je me faisais cette réflexion. Loin de là. Mais le moment était foutrement mal choisi.

J'inspirai doucement afin de faire taire mes incessants cauchemars. Ce n'était point des souvenirs. Je n’appelais pas ça comme ça. Juste des images plus horribles les unes que les autres. Je n'en avais jamais vomit pour autant tout comme je n'avais jamais fracassé ma tête contre un mur pour me les faire sortir. Il fallait qu'elles restent là où elles étaient. Dans ma tête. Les garder précieusement pour me rappeler pourquoi j'étais si analyste, méthodique. Pourquoi je me battais. A son sens, heureusement, ce besoin d'inspirer n'était rien d'autre qu'un commun réflexe que nous avions tous. Respirer. Je soufflerais ce soir. J'avais la sensation que mes poumons étaient des montgolfières. Il aurait suffi d'une coup de couteau pour qu'ils explosent.

Plus à même de reposer chacun de ses mots dans ma tête, je finis par sentir pourquoi j'étais là. Chaque argument était louable. Il répondait au besoin du peuple par nécessité. Son ton était très sérieux et avec l'amabilité dont il avait fait preuve juste avant, cela semblait faire un panache indénouable. Un homme fort et juste. En totale contradiction avec celui qu'il avait été jadis, sur le piédestal duquel je l'avais vu. Où était donc la limite ? La chose qui me passait entre les doigts ? L'élément que je ne saisissais pas ?

"-...Néanmoins cette situation a assez duré. Les Aerugolais s’en prennent une fois de plus à notre souveraineté, ils n’ont probablement pas digéré leur échec à Ishbal, lorsqu’ils armaient des rebelles afin d’attiser le conflit. Nous devons donc une bonne fois pour toute repousser leurs forces et je vous ai choisi pour cette mission...Ou plutôt pour être exact pour m’assister dans cette mission."

Comme toute bonne armoire qui se respecte, je réagissais enfin. Car un homme qui ne réagis pas est alors coupable d'être en train de jouer à un jeu de facette. Je n'eus pas bien besoin de mes talents d'acteur étant donné la véritable surprise qui m'assaillit.

Le ton était donné. La situation était claire. Mais l'ordre en lui-même n'était pas sortit de sa bouche. Pas encore. Ou bien simplement qu'il choisissait ces mots pour les faire paraître plus doux à l'entente. J'étais rarement de ceux qui se demandaient « Pourquoi moi ? », mais la question avait émergée d'elle-même alors que je songeai au fait qu'il y avait bien des Alchimistes d’État capables d'être assis au fond de ce fauteuil à ma place. Evy Evans était Colonel et son alchimie du vent était quasiment imparable. Armstrong était le roc. Kimblee avait refait surface. Il y avait l'eau, il y avait la foudre. Il y avait, pour ainsi dire, l'embarras du choix. Mais cette opportunité m'allait bien. J'en fus satisfais, intérieurement.

Le Généralissime se redressa de la pénombre qui le masquait. Son visage marqué par le temps et l'expérience me devint plus limpide.

"- J’ai besoin d’un homme qui a déjà une expérience dans les batailles pour cette mission, pas d’un va-t-en-guerre qui cherche à envoyer tout le monde à une mort certaine. Mais avant tout cela, j’aimerais avoir un éclaircissement sur un point, Colonel Mustang : êtes vous prêt à repartir au front pour votre pays ?" 

Ainsi la réponse à ma question précédente venait de mettre donnée. J'étais choisi pour différentes raisons qui parurent toutes plus claires les unes que les autres. Nous connaissions tous la raison qui avait emmené Kimblee faire un séjour derrière des barreaux et pourquoi des rumeurs circulaient aisément dans le dos du fort, mais néanmoins bienveillant Armstrong. Je n'avais pas eu la main aussi lourde que le premier, ni les épaules aussi basses que le second. Et j'étais un des ressortissants de cette maudite guerre. Si j'étais prêt à me battre ? Il voulait une juste mesure. Et sans doute que toutes ces années à forger un masque ne furent pas futiles. Je rebaissai les yeux sur les photographies avant de refermer la chemise. Il y a quelques années, j'aurais bondi du fauteuil en pinçant ma tempe de mes doigts dans un salut militaire prodigieux. Quel naïf. Mais je savais qu'il comprendrait que mon engouement ne soit pas de ceux-là après la guerre d'Ishval. Il attendait quelqu'un d'intelligent et de censé. Un chien bien éduqué. Cela paraîtrait bien trop étrange d'être si enjouée à l'idée de partir au front. Je ne l'étais pas. Plus. Si des années en arrière, j'avais réussi – je ne sais comment – à me persuader que c'était un honneur, ce n'était plus le cas. Sans doute quand j'avais fini par comprendre ce qu'était le prix du sang.

Mieux qu'à mon habitude, je restai étroitement relaxé. Cette fausse détente dans mes gestes me convainquait de toute bonne foi et je pus presque le croire moi-même. En toute confiance.
Je reposai le dossier sur la table en relevant les yeux sur son visage. Je pouvais voir mes pupilles briller dans son regard, de la détermination dans laquelle je les avais taillés. Pour mon pays. Avec un visage fuselé dans du marbre et de cette vigueur à protéger nos citoyens, je lui répondis, ni trop bas, ni trop fort :

« Bien-sûr, mon Généralissime. »

Ma propre voix m'apparut comme plus grave qu'à mon habitude. Un vrai chien de défense prêt à bondir quand s’élève la voix de son maître. Je comprenais ceux qui me cisaillaient le dos avec leur murmure. Ceux qui me pensaient si à même de lécher une croupe dès qu'elle était un peu trop tendue.

J'aurais tout le temps nécessaire pour revenir sur mes propres mots plus tard et me rappeler pourquoi une femme gardait son arme en très bon état chaque fois qu'elle rentrait dans mon bureau. Les sacrifices étaient nombreux avant de s’élever. Ce que je n'avais pas prémédité à l'époque, c'était ce genre de bassesse. Celles qui incluaient de devoir se salir d'avantage les mains à tel point qu'on n'est à peine capable de se souvenir pourquoi nous sommes encore là. A bien y réfléchir, sans doute que je l'avais anticipé. Après tout, Hawkeye ne me gardait pas seulement de ma colère, mais aussi de la simple et plus futile des faiblesses. Et eux aussi. Toute cette équipe.

Mais avec le temps, on finit par ne plus savoir quoi ressentir de ceux qui subissent nos coups. Le premier homme que j'avais brûlé avait-il été un remord plus intense que les suivants ? M'étais-je demandé si sa vie ne méritait pas d'être meilleure ? S'il avait des enfants ou des animaux ? La première fois que j'avais tué une chimère, mettais-je demandé quel genre d'animal était-ce ? Si elle broutait dans un pré avant de se faire analyser comme l'on éventre une viande saignante dans son assiette ? Il y en avait eu d’autre. Car une première fois se nomme ainsi pour une raison. Sinon ce serait « la dernière fois ». Il y a très longtemps que je n'étais plus affecté par l'idée d'enfoncer mes gants sur mes doigts pour brûler un homme qui ne fera que suivre les ordres. Mais ceux-là sont les pires. J'en savais quelque chose. C'étaient toutes ces choses qui les unes après les autres m'avaient poussé à regarder dans le fond du regard d'un gamin en fauteuil roulant. L'armure dans son dos était le poids de tous nos échecs. Et la flamme dans ses yeux était la naissance d'une bataille téméraire et audacieuse pour rattraper toutes ses erreurs. Je mettais fait avoir. Pas cette semblable sensation. Et je m’étais ramolli par la même occasion. Car au fond je l'avais aidé. Mais au mieux, il vivait chaque jour une terreur plus saisissante que la précédente. Alors que je m’évertuais à vouloir grimper pour les réduire à néant. En revanche, il n'était jamais trop tôt pour lui jeter le manteau de pierre sur les épaules. Celui que l'on gardait chaque jour depuis cette foutue signature. La vérité.

Contradiction monumentale depuis qu'un jour, nous avions décidés de protéger ceux qui se trouvaient en dessous. Car nous en revenions toujours à ses jeux de regard, de mot. À ces prouesses de force et d'endurance. C'était la guerre tous les jours. Autant contre moi-même. Combien de fois m'étais-je demandé ce que j'avais fait du gars qui s’appelait Roy Mustang ? Lui ou un autre. Ils n'étaient que des barrières brisées, recollées par transmutation. Déchiré en deux. L'espoir. Et l'espoir. Car il y avait le pur. Et l'impur. Car avant d'entrevoir la lumière, il fallait d'abord serrer les dents et continuer de n'être que le pion d'une démarche. Nous ne jouions pas avec le même jeu d'échec. Le roi devant moi avait clairement plus de mouvements que la reine. J'étais disposé en cavalier.

Mais quoi d'autre ? Ne venais-je pas de me dire que j'allais ressasser ça tout à l'heure ? Et ce foutu thé qui était froid, maintenant. Il aurait un goût aussi exécrable que celui d'un café trop chargé. Parfait !

Bien-sûr que ça ne m'enchantait pas de retourner sur le front pour casser des bouches à tour de bras. Ou dirais-je, de doigt. Mais c'était une nécessité pour rester dans le bon angle de son œil. C'était la basse besogne a laquelle il fallait se résoudre pour gravir une marche de plus. Tout se jouait sur ce mince escalier. Soit j'échouais sur place et je dégringolais. Soit je ressortais vainqueur et je montais. Dans les deux cas, il y a une exigence.
Vint la question existentielle :

« Quand partons-nous ? »


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MessageSujet: Re: L'appel du devoir [PV Roy Mustang] Jeu 10 Aoû - 18:23
L’officier marqua d’abord sa surprise. Je pouvais le comprendre, Roy Mustang n’avait pas été dans mes petits papiers depuis qu’il était à Central. En fait, je passais le plus clair de mon temps enfermé avec mes Conseillers afin de régler les affaires courantes qui étaient devenues de plus en plus sérieuses, au point de compromettre mon mandat éternel. Pourtant, en y réfléchissant, le Colonel avait fait plus pour moi que je n’aurais pu espérer : il avait mené l’enquête, une enquête contre les terroristes tout en cherchant à calmer la population. Il faisait partie des rares qui ne doutaient pas et qui restaient fidèles à leur poste, je ne pouvais qu’apprécier cela. Au fond, je ne pouvais pas en dire autant de ces Généraux flatteurs et opportunistes qui pensaient être arrivé au sommet. Hakuro, Gärtner, Gardner, Clemin et même Raven, ils n’étaient au final que des pantins corrompus. Les pantins sont utiles lorsque tout est sous contrôle mais ils se révèlent totalement inutiles lorsque le régime se trouve en danger. Les idéalistes en revanche  devenaient bien plus utiles et gardaient leur compétence. Je ne pouvais m’empêcher de sourire lorsqu’il m’annonça qu’il était prêt à repartir au front. Levant lentement la sous-tasse de thé et buvant une gorgée, je savais désormais que nous étions prêts pour partir.

Je la vis alors...L’espace d’un instant...Cette lueur fugace et vive dans son regard. Une détermination sans faille, quelque chose de pur et de spontané. Roy Mustang n’était pas un homme qui aimait aller au front, il ne le ferait pas par gaieté de cœur mais il comprenait sans doute la nécessité de cette opération. L’élimination d’Ishbal avait été un carnage, quelque chose d’injustifiable, au fond je ne pouvais que me réjouir que nous ayons réussi à l’imposer puisque lorsque j’avais fait signer l’ordre, j’avais moi-même douté l’espace d’un instant que cela donne lieu à des rébellions. Mais rien, j’avais pu constater -non sans une certaine fascination- à quel point un être humain bien encadré dans une société pouvait se soumettre à l’autorité. L’individu face au dilemme de l’opposition de ses sentiments face à ce que lui ordonne la hiérarchie sociale. J’avais ordonné et tous avaient suivi...Certains de bon cœur, d’autres avec un dégoût total. Il était ironique de constater que des années après, ceux qui avaient été dégoûtés étaient bien souvent encore au sein de l’armée, luttant pour la sauvegarde de ce régime qui les avait amené dans le sentier d’une guerre sale. Je me surpris à tenter d’analyser cela avec mon esprit d’Homonculus...Qu’aurais-je fait à leur place ? Je ne pouvais pas le savoir, les sentiments étaient pour moi des choses étrangères, j’avais ma mission, je faisais ce pour quoi j’avais été formé. En gagnant cet immense pouvoir de la pierre, j’avais perdu mes sentiments et d’une certaine manière mon libre-arbitre. Tout était calculé et je devais faire les meilleurs choix afin que mon Père puisse accéder au jour promis, toute ma vie n’était régie que par un pragmatisme sauvage. L’arrivée des perturbateurs me permettait de prendre des décisions nouvelles, après tout, Père n’avait pas anticipé que nous en serions là et je me réjouissais de cette conversation avec Roy Mustang puisqu’elle me permettait de me plonger un peu plus dans mon rôle humain que je n’avais jamais quitté. Être le Généralissime d’Amestris me coupait souvent du peuple et j’étais sous haute surveillante -tant par mes garde-du-corps que par les autres Homonculi- en permanence. Grâce à tout cela, j’allais pouvoir mener ma propre bataille pour sauvegarder Amestris, une bataille que je mènerai en compagnie du Colonel Mustang avec qui j’avais encore beaucoup de sujets à traiter.

-Très bien Colonel. Votre promptitude et votre détermination vous honorent. En fait, nous partirons dans deux jours.

Pourquoi deux jours ? Pour des raisons pratiques que je me gardais bien de lui exposer. En fait, il me vint une nouvelle idée, une de ces idées loufoques que je me plaisais à mettre en place avec un sens de l’humour dont seul moi avais le secret. Je m’amusais de cette tension dans notre rencontre, cet homme était bien trop formel et moi, avec l’âge, j’avais commencé à me jouer de ces situations. Celle-ci était parfaite et mon État-Major se prêtait peu à mes jeux autrement qu’en répondant de manière cordiale et servile. Je les méprisais, j’aurais aimé pouvoir vous dire que c’était à cause de leur nature humaine...Mais non, ce n’était pas ça. En fait, je méprisais leur goût pour le pouvoir, leurs manœuvres politiques et la capacité qu’ils avaient à détruire leurs semblables pour leur propre survie. J’avais évoqué ce sujet indirectement au jeune Xingois que j’avais combattu avec sa subordonnée, ce dernier m’avait parlé du « véritable roi ». Ce bref débat m’avait donné à réfléchir et m’avait foncièrement amusé : peut-être finalement que de tels êtres altruistes et fondamentalement bons existaient...Peut-être même que j’en avais un face à moi. Il était trop tôt pour le dire et encore trop tôt pour savoir si ce type d’être pourrait survivre et emporter quelques batailles avant l’inévitable Jour Promis. J’en venais à penser comme Kimblee, probablement sans son nihilisme pédant, car au fond, je n’avais pas besoin d’être nihiliste, moi qui n’était que néant.

Je bus encore un peu de thé, reprenant la chemise puis fouillant dans les documents afin de sélectionner quelques feuilles que je mettais au-dessus de la pile. Cela servirait un peu plus tard mais pour le moment, je me contentais de fixer Roy Mustang avec insistance et toujours plus de sérieux, mon visage était grave, cela ajoutait à l’atmosphère pesante de cette fin d’Automne. Je me repris pourtant la parole avec un air presque inquisiteur.

-Grâce à cette offensive, nous avons la possibilité de rassurer le peuple. Une fois que cela sera fait, nous n’aurons plus à nous soucier de la progression des ennemis extérieurs, nous nous occuperons ensuite des ennemis intérieurs et des terroristes comme Scar ou ces « Illuminés ». Nous allons avoir beaucoup de travail et j’ai décidé de vous donner plus de responsabilités, considérez cela comme la voie vers une promotion à long-terme...Car c’est ce que vous voulez non ? Gravir les échelons et monter en grade.

Petit à petit j’amenais la conversation vers un sujet gênant pour lui, cette obsession de la promotion. Je connaissais Mustang depuis longtemps, tout du moins je suivais son dossier car il était un Candidat au Sacrifice. Son souhait de prendre ma place n’était un secret pour personne...En fait, il avait plusieurs fois évoqué cela dans les QG à haute voix et cela en dépit de sa subordonnée, le Lieutenant Hawkeye, qui se voulait beaucoup plus discrète. Mon visage était toujours impassible, le regard fixe et braqué dans celui de mon subordonné. Je faisais mine d’attendre sa réponse, pourtant mon ma phrase se terminant de manière vague et mon attitude laissaient entendre que je n’avais pas fini. Non je n’avais pas fini, je me plaisais à apprécier la gêne et les effets de telles affirmations. Mustang n’avait pas à se défendre, il était face à une vérité et cela faisait partie de ma stratégie, je voulais évoquer ce sujet depuis longtemps avec cet Alchimiste d’État et les récents événements tout comme la surprise du Père face à leur ampleur et à leur caractère inattendu me permettait de parler de tout cela afin de servir nos projets bien sûr. Mon visage ne se détendit pas mais je bus à nouveau une gorgée de thé, comme pour marquer la fin de cet épisode de tension.

-N’ayez crainte, je n’ai rien contre le fait que vous ayez l’ambition de devenir un jour Généralissime. Je commence à prendre de l’âge après tout et je sais qu’un jour ou l’autre, je devrai laisser ma place pour le bien de ce pays. Si je peux d’ailleurs vous faire une confidence, je préférerais savoir le pays entre vos mains qu’entre celles d’un de ces incompétents ambitieux et opportuniste qui me servent de Conseiller. Vous êtes encore jeune et il vous reste encore beaucoup à apprendre, mais sachez que je suis confiant, vous avez l’envergure pour faire de grandes choses et éviter de certaines erreurs que j’ai moi-même commises.

Feignais-je la complaisance ? Oui mais pas seulement, au fond, c’était vrai, j’aurais sans doute pu choisir Mustang pour me succéder, ses idéaux étaient bien meilleurs que ceux des Généraux du Conseil à qui je n’avais jamais fait aucune promesse à part celle de l’immortalité (tout du moins était-ce Père qui leur avait faite). Donc ma confidence était sincère, mais je savais qu’elle n’aurait aucun poids sur la suite des événements : je serai l’unique Généralissime d’Amestris car le pays cesserait d’exister sous mon règne. Quant à Mustang, il pourrait prendre ma confidence comme elle venait, elle était sincère et je n’étais de toute manière pas le genre d’homme à flatter. Le Colonel n’était pas idiot et il savait -en homme éclairé- tout autant que moi qu’Ishbal était une erreur politique. En fait, la seule chose qu’il ignorait dans cet énigmatique puzzle, c’était pourquoi j’avais fait cette erreur, moi qui avait pris des décisions extrêmement bénéfiques à l’économie du pays et même à mon peuple. Donc autant lui sous-entendre que j’avais moi-même conscience de certaines erreurs, il ne pourrait pas ainsi me prendre pour un homme stupide ou malhonnête, bien que ma réserve me poussait à ne pas évoquer ces « erreurs » qui seraient laissées à sa sagacité.

Je bus une dernière fois dans ma tasse qui était vide et je tendais à nouveau des documents à Mustang tout en lui laissant quelques dizaines de secondes pour les examiner. Il s’agissait d’une carte d’État-Major avec les effectifs et le positionnement des soldats Amestriens et Aerugolais. Il pourrait voir qu’il  s’agissait d’une situation hautement défavorable pour nous en terme d’effectifs, les Aerugolais étaient plus nombreux, avaient de l’artillerie et lançaient des assauts sur nos tranchées depuis des jours. En fait, une telle situation ne tiendrait encore que quelques jours tout au plus. Je ne lui laissais pas plus de temps pour l’examiner, mon visage revêtait à nouveau une expression très grave, presque menaçante.

-Voici le rapport de l’État-Major Colonel, le Conseil des Généraux se dit confiant sur la situation et me promet une contre-attaque d’ici deux jours. Projetez-vous à ma place, qu’auriez-vous dit au Conseil des Généraux concernant une telle situation ? Quelle est votre analyse ?

Je le laissais désormais répondre, laissant à nouveau la tension augmenter. La situation était catastrophique et je ne lui avais donné aucune indication sur la suite des événements. En fait, il aurait été complètement fou de vouloir contre-attaquer ou faire quoi que ce soit avec un tel déséquilibre des forces. Mais si Mustang disait cela aussi franchement, cela pouvait revenir à critiquer sèchement mon plan (si celui-ci était de combattre avec ces effectifs, ce qui aurait été pure folie). D’un autre côté, approuver le Conseil des Généraux aurait pu être une bonne chose, en tout cas un choix beaucoup plus raisonnable pour un officier du rang de Colonel, le choix qui aurait pu se justifier par la hiérarchie militaire et qui aurait, en toute logique, laissé Mustang dans une bonne situation politique. Mais est-ce que je n’attendais pas autre chose de lui ? Après tout j’avais subrepticement dit ce que je pensais des Généraux. Mon attitude était volontairement illisible, il était temps de savoir si Roy Mustang avait réellement l’envergure de ses ambitions et s’il était capable de faire la différence parmi la masse cupide et égoïste que constituaient les humains...Il était désormais temps de savoir ce que valait le Cavalier, s'il était -comme la pièce éponyme- capable de frapper là où on ne l'attendait pas...
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L'appel du devoir [PV Roy Mustang]

MessageSujet: Re: L'appel du devoir [PV Roy Mustang] Dim 20 Aoû - 11:24





-Très bien Colonel. Votre promptitude et votre détermination vous honorent. En fait, nous partirons dans deux jours.

Deux jours. Le Généralissime avait sans doute passé ces derniers instants à planifier ce départ qui d'apparence sonnait comme une urgence précipitée. Mais si lui-même sortait de la capitale, alors il avait dû se montrer ingénieux jusqu’au bout des ongles. Quelqu'un à Central qui saurait gérer la situation actuelle. Que son absence ne signe pas le début de nouvelles hostilités de la part des terroristes. Surtout que j'ignorai combien de temps ça allait durer.
C'était une sacrée aubaine. Depuis notre descente au laboratoire et cette sensation de courir après un gros poisson sans en connaître les motivations m'animait d'autant plus. Il fallait tirer toutes ces affaires au clair. Moi qui me demandais si Bradley pouvait être considéré comme un allié, être à ses côtés me permettrait de me faire une idée plus précise. Juste parfait. Peut-être même extorquer quelques informations. Il allait falloir être patient et détourné. Tout ce que j'aime...
Ce serait intéressant de réussir à lui parler de l'homonculus Greed. Alphonse et Edward m'avaient dit  que c'était lui qu'il l'avait tué. Il avait fait une descente en personne pour cet individu. Bradley connaissait-il l'existence des homonculus ? Allié ou Ennemi ?

-Grâce à cette offensive, nous avons la possibilité de rassurer le peuple. Une fois que cela sera fait, nous n’aurons plus à nous soucier de la progression des ennemis extérieurs, nous nous occuperons ensuite des ennemis intérieurs et des terroristes comme Scar ou ces « Illuminés ». Nous allons avoir beaucoup de travail et j’ai décidé de vous donner plus de responsabilités, considérez cela comme la voie vers une promotion à long-terme...Car c’est ce que vous voulez non ? Gravir les échelons et monter en grade.

Ses mots étaient justes. Isoler le problème extérieur pour concentrer les forces à combattre de l'intérieur. D'autant qu'une victoire sur Crêta motiverait les troupes. Mais pas seulement. Elle ramènerait un peu de cet espoir sur la ville de Central et ses habitants. Elle remonterait l'estime blessée du Généralissime. Il avait tout prévu, de cela j'en étais certain. Je faisais partie d'un calcul très précis. Pas trop d'effluve d'agressivité, avait-il sous-entendu. Il ne fallait pas que la situation dégénère et mette le feu aux poudres. Mais de toute manière, c'était d'une évidence. Après tout, c'est lui qui menait le jeu.

Plus de responsabilités ? J'en aurais sourit comme devant une pucelle effarouchée. Naturellement, ce ne fus pas le cas. Cette personne-ci n'avait ni une poitrine protubérante et certainement pas les traits suffisamment délicats. Ce genre de phrase avait le don de me questionner. Celles-ci même qui m'empoignaient de l'intérieur pour que je puisse les poser librement. Mais il n'avait pas fini. Il n'avait pas fini. Mais n'était-il pas en train de me poser la pierre dans les mains ? Plus de responsabilités ? Cela pouvait tout dire comme ça pouvait ne rien dire. Il me faudrait l'évoquer. D'une manière ou d'une autre.
Mais après la pseudo-arrestation d'un criminel au laboratoire (qui s’est terminé en barbecue), cela n'avait rien d'étonnant a ce qu'il m'est choisi, au final. J'avais fais du grabuge. L’improvisation restait parfois le meilleur moyen de gravir les échelons tant qu'on n'en restait à protéger ses subordonnés. Havoc avait faillit y passer... Ce genre de choses ne devait plus se reproduire.

Pour le reste.. Avais-je bougé ? Non, naturellement. Mais il dû lire mon tressaillement dans mon regard. Nous savions tout deux à quoi il faisait allusion. Ce n'était pas seulement une simple promotion. Après tout, il est vrai que je me plaisais à l'évoquer dans les couloirs d'East City. Ici, je ne me serais pas permis. En réalité, je n'avais pas pensé à ressortir l'une de ces boutades sur le port obligatoire des minis-jupes depuis une éternité. Un mois. Moins. Depuis que ma colère avait dépassé des limites que je ne me serais pas soupçonné. Depuis Hughes.

Le Généralissime n'attendait aucune réponse. Là encore, je n'aurais pas été assez stupide pour nier ou défendre ce fait. L'atmosphère était si tendue qu'un rasoir aurait suffit à la trancher en deux. Pourquoi tant de fermeté après m'avoir fait sagement asseoir devant lui ? C'était à se demander s'il ne m'avait pas tendu un os pour me l'arracher dans la su...

-N’ayez crainte, je n’ai rien contre le fait que vous ayez l’ambition de devenir un jour Généralissime. Je commence à prendre de l’âge après tout et je sais qu’un jour ou l’autre, je devrai laisser ma place pour le bien de ce pays. Si je peux d’ailleurs vous faire une confidence, je préférerais savoir le pays entre vos mains qu’entre celles d’un de ces incompétents ambitieux et opportuniste qui me servent de Conseiller. Vous êtes encore jeune et il vous reste encore beaucoup à apprendre, mais sachez que je suis confiant, vous avez l’envergure pour faire de grandes choses et éviter de certaines erreurs que j’ai moi-même commises. 

Il ne me reprochait donc aucune bavure. A bien le regarder cela semblait faire son affaire. Et si je restais là-dessus, il était aisé de se dire qu'elle faisait aussi la mienne.
Et qu'était-ce une erreur sur des années de royauté ? De souveraineté ?
Sauf qu'il n'y en avait pas eu qu'une. Ce n'était pas la seule. Ce n'était pas seulement de son fait non plus. Après tout, n'étais-ce pas trop naïf de se dire que tenir tout un pays sans quelques bavures était d'une utopie assez cocasse ? Sauf quand cette « bavure » avait l'aspect d'une petite fille devant un flingue...  Mais trêve de jugeote.
J'étais quelque peu inquiet pour toute l'équipe. Ils sauraient faire en mon absence. Mais qui gardera un œil sur Edward ? Ils étaient au moins tous au courant de l'alliance entre Evy Evans et nous. Espérons qu'elle continue à nous fournir quelques informations. Tout ce remue-ménage... Les homonculus, les terroristes, les quelques infiltrés dans les hautes-sphères.... Quel était le lien ?
Pourquoi cette femme homonculus s'était-elle acharnée à nous descendre si derrière plus personne ne cherchait à nous faire taire ? Je m'étais déjà fais la réflexion à l’hôpital, mais curieusement toutes ces questions sans réponses me revinrent en mémoire.

Bradley me tendit de nouveau un dossier. Je l'examinais rapidement en laissant mes pensées de côté. Il ne fallait pas non plus oublier pourquoi j'étais là, de souche. La situation était catastrophique... Clairement, les quelques forces sur le terrain n'en avaient plus pour longtemps.

-Voici le rapport de l’État-Major Colonel, le Conseil des Généraux se dit confiant sur la situation et me promet une contre-attaque d’ici deux jours. Projetez-vous à ma place, qu’auriez-vous dit au Conseil des Généraux concernant une telle situation ? Quelle est votre analyse ?

Confiant ? Je haussai un sourcil, absorbé par le dossier. Comment pouvaient-ils être confiants avec un tel déséquilibre des forces ? L'Armée tentait-elle vraiment de tous nous faire tuer de quelques manières ou bien ? Bradley n'avait cité aucun nom, mais il serait facile de remonter vers le genre d'individus qui cherche à gagner un avantage à cette situation. Ce qu'il manquait... C'était le pourquoi. Tss. A moins d'avoir un lien avec les terroristes qui ne cessaient de vouloir démanteler l'Armée. Je commençais furieusement à m'échauffer de toutes ces informations de second ordre. Il nous fallait des noms. Et plus encore, des raisons. C'était peut-être le moment de jouer « cartes sur table. »

« Hé bien, je leur aurait sûrement demandé lequel est en lien avec eux pour vouloir nous inciter à commettre l'irréparable. Il est évident que la situation est défavorable et qu'envoyer plus de troupes réduiraient la surveillance à Central. Avec tous ces terroristes, nous sommes quasiment encerclés. Je trouve ça plutôt étrange qu’ils aient cautionnés cela. L'attaque des terroristes donne effectivement une occasion aux pays ennemis comme Crêta et Drachma d'essayer de prendre l'avantage. Le chaos qui règne en Amestris n'aide pas à la surveillance des frontières qui sont délaissées pour la sécurité du pays. Une contre-attaque contre Crêta ne servirait à rien avec les effectifs actuels. Renforcer ces effectifs est compliqué puisque le territoire sera moins protégé. Toutefois, marquer un grand coup avec une chance quasi certaine de gagner cette contre-attaque pourrait à la fois motiver nos troupes et aussi effrayer nos ennemis. Il faut s'organiser et prendre en compte tous les éléments à la disposition afin de ne pas rater cette opportunité. »

Un lien. Mais lequel....


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MessageSujet: Re: L'appel du devoir [PV Roy Mustang] Lun 21 Aoû - 23:14
J’observais Mustang avec circonspection, les sourcils à demi froncés alors qu’il parlait d’une voix claire. Avait-il conscience que j’étais en train de le piéger ? Se rendait-il compte que tout cela n’était que pour tester ses réactions ? Sans doute, je voulais voir si le Colonel avait mûri depuis Ishbal. Avait-il réussi à surmonter ses démons et à devenir un militaire prêt à gravir les échelons ? Bien évidemment, je savais en mon for intérieur que Roy Mustang n’aurait jamais rien à voir avec cette assemblée de Généraux cyniques qui me flattaient pour garder leur place d’ « élus » au sein du programme de Père mais préparait aussi une issue politique à ma chute. Ironiquement, Mustang était plus fougueux, plus idéaliste et en ce sens, je devais reconnaître que si j’avais été un humain, j’aurais aimé lui ressembler. A quoi bon mener des guerres futiles depuis un bureau ? Ces Généraux corrompus que nous avions mis à la tête d’Amestris n’étaient que des pions dociles, certes certains se détachaient du lot, Raven avait sa personnalité, mais ils étaient capables de sacrifier père et mère pour réussir à compléter le plan et obtenir la vie éternelle. Cela n’aurait jamais dû me toucher, puisque j’étais tout simplement un Homonculus, dégagé de toute émotion et de tout sentiment, je ne connaissais que le péché que mon Père avait éliminé dans sa quête de perfection à ma création : une incommensurable Colère. Pourtant…Pourtant j’avais choisi ma femme et je m’étais attaché à Pride qui avait adopté son rôle de petit garçon, je comprenais en ce sens ce que signifiait une famille. Je comprenais donc comment un humain pouvait être touché par la perte des siens. Je divaguais en écoutant Mustang parler…Quel lien entre l’amour familial et l’empathie fantasmée et idéalisée de ce petit Colonel ? Il y en avait un, je le savais, tout simplement car j’étais resté très longtemps parmi les humains, pourtant même si je pouvais le concevoir rationnellement, je n’arrivais pas à le ressentir. Je ne pouvais que jouer mon rôle, là était ma limite et donc –comme le disais les philosophes antiques oubliés- j’étais cantonné et borné par les limites de mon être…De mon essence. Mais je n’étais pas humain et ce corps me permettait d’accepter plus facilement ma condition puisqu’au final, il était plus facile d’accepter sa part d’ignorance lorsqu’on ne ressentait rien à part une incommensurable colère.
J’étais donc face à Mustang, le regard attentif, écoutant ce qu’il disait. Je me lissais lentement la moustache alors qu’il développait son opinion, cela me donnait sans doute un air professoral. Car oui, cette entrevue prenait peu à peu des allures d’interrogation orale et Roy Mustang se prêtait au jeu. Intérieurement, je constatais avec délectation que Mustang faisait le choix de la franchise. Il faisait donc le choix de contredire poliment mes Généraux…Des hommes très influents à Central qu’on disait être mes conseillers. Des Conseillers pourtant controversés mais qui faisaient autorité. Les temps agités et tumultueux avaient ouvert la brèche du doute mais la hiérarchie militaire était pour le moment toujours de mise. Le peuple avait beau douter pour certains, l’ordre serait bientôt rétabli et nous allions poser la première pierre à cette édifice. Je posais délicatement la tasse de porcelaine sur sa sous-tasse puis sur mon bureau. Mon visage se raidit, il devint grave, presque menaçant, une expression analogue à ce qu’on peut ressentir face au ciel qui s’assombrit, dans les instants qui précèdent le coup de tonnerre fatidique qui donne le signal à une tempête terrifiante.

-Quelle impertinence ! Vous osez venir ici, dans mon bureau et contredire vos aînés. Vous critiquez l’Etat-Major qui dirige ce pays ? C’est de la haute-trahison et je devrais vous faire punir sur le champ pour cela !

Les propos étaient amers, acerbes et particulièrement violents. Je les laissais infuser dans ma bouche, assénés avec une voix grave et pourtant extrêmement placide. Mon regard impitoyable transperçait Mustang avec une détermination et une autorité naturelles que j’avais développé au prix d’années d’entraînement. Je laissais plusieurs secondes Mustang se déconfire. Lorsque je vis que l’effet de mes paroles sur lui, mon visage se déconfit, un léger ricanement se fit entendre, puis ce fut un fou-rire de bon cœur. Je riais à gorge déployée dans mon bureau.

-Ahaha…Vous auriez dû voir vôtre tête ! Voyons Colonel, détendez-vous…AHAHA…Ne soyez pas si sérieux…Je plaisante !

Ce genre de comportements loufoques déconcertait souvent mes subordonnés et je le savais. Ils contrastaient avec mes moments de sérieux et de sang-froid qui pouvaient terrifier. En fait, même si cela pouvait paraître anodin, tout cela était calculé, je signifiais à Mustang que je demeurais le maître du jeu, j’édictais les règles et il jouerait à son tour, dans le cadre de sa fonction. Le Maître ordonne et le chien obéit, il donne la patte, va chercher la balle…Ou dans le cas présent s’apprête à l’attaque. Je finissais de rire mes mains croisées sur le ventre. Mon visage était devenu rouge et une larme coulait de mon œil unique, je l’essuyais rapidement du revers de la manche de mon uniforme. En fait, je venais aussi de tester les nerfs du Colonel et contrairement à ce qu’on pouvait penser, cela était très utile. Cet homme avait prouvé plus d’une fois qu’il ne ramperait pas devant moi sans réfléchir, il était capable de prendre les bonnes décisions et de se maîtriser même s’il était mis sous pression. Je redevenais sérieux, chassant toute trace de cette petite parenthèse comique. Cette fois mon sang-froid était revenu.

-Bien évidemment, vous avez raison et votre analyse est la bonne. Les Généraux de Central sont devenus trop confiants et ils craignent pour leur place, leur réaction n’est dictée que par la peur, c’est ce qui arrive lorsqu’on fait la guerre derrière un bureau. Il serait suicidaire de mener une contre-attaque avec ces effectifs et j’ai jusqu’à présent repoussé les ordres d’assaut massif qui étaient pourtant la recommandation de l’Etat-Major de Central. En fait, nous allons effectivement mener une contre-attaque, mais avec des renforts blindés, un groupe d’assaut constitué dans le plus grand secret.

D’un mouvement adroit et décidé –seulement permis à ceux qui connaissent par cœur les dossiers- je sortais un document d’une de mes pochettes et je le tendais à Mustang. Il s’agissait d’un document qui faisait état de la réception de trente chars d’assaut dernier cri et de la constitution d’un groupe motorisé de 500 soldats. Il y avait également de l’artillerie et des mortiers. Je dévoilais à Mustang ce que je préparais depuis un mois mais que j’avais décidé de déclencher plusieurs jours auparavant : un plan afin de disposer de renforts cachés. Cela en dirait probablement long à Mustang sur les doutes que j’avais sur mon état-major rapproché.

-Il y a deux mois j’ai commandé dans le plus grand secret la fabrication de ces engins et de pièces d’artillerie légère. Pour les effectifs j’ai moi-même réorganisé des renforts pour la protection de Central qui n’étaient pas nécessaires, principalement des vétérans qui devaient être réaffectés. Cet effectif est purement superflu et personne n’est au courant de sa constitution autrement que comme un renfort pour la protection de Central. Initialement, j'avais prévu d'utiliser ces hommes en cas d'attaque de Central, ils auraient permis de disposer d'une réelle puissance offensive et pas simplement de défenses. Il y a dans ces effectifs des artilleurs et des conducteurs de char, nous les acheminerons par train blindé au front avec Creta d’ici deux jours et ils ont déjà été informés de leur mission ce matin. Cela ne laissera aucune possibilité à d’éventuels traîtres ou espions d’informer nos ennemis. Vous allez participer à une opération de grande envergure Colonel Mustang. Cela vous semble-t-il plus raisonnable ?  Nous superviserons nous-mêmes les actions de ces effectifs sur place afin d’assurer une percée décisive et rapide qui provoquera le repli des troupes de Creta. Il faudra peut-être intervenir directement et pour cela, je compte sur vos compétences d’Alchimiste d’Etat, mais nous essaierons de faire cela de manière à éviter les bains de sang.

Une stratégie que j’exposais sans réelle crainte ou exaltation. J’étais dans mon élément, je planifiais et j’organisais, démontrant une fois de plus à Mustang que j’avais un coup d’avance. Bien évidemment, ce qu’il ne savait pas c’était que toute cette influence sur l’Armée était facilitée par mon statut d’Homonculus et par mon Père, mais il était tout à fait possible que j’ai réussi à faire cela. Désormais, Mustang était face à ses responsabilités, il connaissait la mission et j’attendais sa réaction avec impatience. Il serait mon aide-de-camp pour cette mission cruciale. Il était désormais clair que je n'étais pas aussi abattu et impotent qu'on le disait.
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MessageSujet: Re: L'appel du devoir [PV Roy Mustang] Mar 22 Aoû - 8:32






Un chien docile sait rester à sa place, mais pour autant il ne peut se permettre de dire des inepties. Aussi, aurais-je dû songer à jouer les bêtes idiotes et remuer la queue ?
Mais je savais à quoi je jouais. Pour autant, ça ne rendait pas le moment plus agréable. Si je savais qui j'insultais et ce que mes propos condamnaient, je ne m'étais pas attendu à ce qu'il hausse le ton avec promptitude. Effronté ? Ahuri ? Blessé ? Mais pas colérique. Et pourtant... A chaque mot, une fissure. Ma propre fureur qui refit surface avec une facilité déconcertante. Elle n'était jamais bien loin. Avant même que je ne puisse songer à me traiter d'imbécile pour prendre le risque de me faire radier ainsi, mes pensées s’évertuaient à me crier qu'aucune autre parole n'aurait pu être aussi satisfaisante.

« Impertinence. »

Avais-je été méprisant ? Je me connaissais la faiblesse d'un quelconque orgueil, mais dans mes récents propos j'avais pris soin à ne pas l'étaler. Surtout devant cette personne. Pour autant, j'en restais soudain le cou bas devant le visage colérique du Généralissime. C'était un peu comme retirer le masque pour le remplacer par une boule en fusion. Sauf que l'explosion n'était pas permit. Il fallait tout contenir. Tout retenir. Et encaisser le feu tempétueux qui me faisait face.

« … Vous osez venir ici et contredire vos aînés... ».

Bon Dieu, oui ! Ne se rendait-il compte de rien ? Cette offensive serait du suicide ! La plupart des soldats déjà sur le terrain devait souffrir un martyr au-delà de l'imagination ! Leur envoyer un peu plus de chair à canon ?! Ces individus ne méritaient pas qu'on les laisse pourrir ainsi. Le pays était une vraie plaie béante depuis des années. Et il voulait rajouter du sel par-dessus le marché ?! Il m’entraînait dedans en me demandant mon avis, me plaçant à ses côtés de surcroît. J'étais obéissant, mais je ne cherchais pas à mourir bêtement. Cette vie, bien la seule que j'ai en ma possession, devait servir à réparer les torts qui avaient été causés. Pas à finir la tête enterrée dans une tranchée. C'était sans doute tout aussi arrogant et c'était bien la seule fois depuis ce début d'entretien. Non ?

« Haute-trahison. »

Je serrais les poings. Plutôt m'étouffer avec ce fichu thé que de considérer un mot de plus. Ainsi, je savais à qui j'avais à faire et c'était pire que ce que je croyais. Je comprenais le tournant de cette entrevue et j'avais foncé les deux pieds dedans. Un visage et des mots mielleux pour une explosion de saveurs cyniques dans la suite. Le cassage de crâne contre un mur n'était pas si loin que ça, à bien y songer.

« Je devrais vous punir sur le champ. »

Inutile. J'étais déjà tombé bien-bas. Incliner l'échine face à de telles personnes me faisait bien mal. Mes mâchoires étaient scellées comme la boîte de Pandore. J'en avais les épaules si raides que l'arthrose ferait son apparition dès le lendemain. Un coup de vent et je cassais en deux. C'était bien la peine de vouloir découvrir à qui on avait à faire... Ce n'était plus le cas. Une supercherie à l'échelle du pays. Le chef de l’État lui-m...

[…]

Un ricanement. Je relevai la tête. Le Généralissime explosa de rire.

-Ahaha…Vous auriez dû voir vôtre tête ! Voyons Colonel, détendez-vous…AHAHA…Ne soyez pas si sérieux…Je plaisante !

[…]

Je bloquai. Déconfis. Une gelée de tofu battue dans la semoule. Un frisson glacial m'essuya du feu qui grondait dans mon corps. Une chair-de-poule vint relever mon amertume. Je suai. La tension ne me quittait pas, mais je sentis mes dents se desserrer et la douleur dans mes joues me confirma ce que je savais déjà. J'avais mordu si fort pour ne pas me décomposer comme neige au soleil que je fus surpris d'être encore en mesure de remettre mon masque. Le plus dur, disais-je. Le contre-coup sera de taille...
L'Armée était un vrai bal. Et le Généralissime me faisait danser comme une poupée de chiffon. J'en étais un peu plus irrité, mais ne gardait que la surprise au visage. J'avais compris. Et c'était le principal. La parole n'était plus permise.
N'importe quelle réaction ne serait pas la bonne. Et en rire ? Certainement pas. C'était bien assez ridicule comme ça. Je restai ébahi jusqu'à ce qu'il reprenne définitivement son sérieux, chassant une larme de sa joue. Je l'imitai, droit comme une colonne. Je me laverai de ce salissant passage à tabac quand il sera terminé. Car rien ne me signifiait que s'en était fini. Je venais de recevoir un rappel assez peu subtil.
Bon Dieu, que cherchait-il ? La prudence était de mise. Comme toujours. Le collier était serré. C'était à se demander si je n'allais pas en perdre mes vocalises et couiner comme un chien tiré en arrière. Il m'avait lancé la balle pour me rappeler à ses pieds dans la foulée. Si je ne couinais pas (de grâce pour mon humble fierté), je ne pipai mot.

-Bien évidemment, vous avez raison et votre analyse est la bonne. Les Généraux de Central sont devenus trop confiants et ils craignent pour leur place, leur réaction n’est dictée que par la peur, c’est ce qui arrive lorsqu’on fait la guerre derrière un bureau. Il serait suicidaire de mener une contre-attaque avec ces effectifs et j’ai jusqu’à présent repoussé les ordres d’assaut massif qui étaient pourtant la recommandation de l’Etat-Major de Central. En fait, nous allons effectivement mener une contre-attaque, mais avec des renforts blindés, un groupe d’assaut constitué dans le plus grand secret.

Je pouvais presque sentir sa main me tapoter le crâne alors qu'il récupérait la balle. La flatterie ne tombait pas dans l'oreille d'un sourd, pas plus que la remontrance et sa capacité à changer de visages. Je ne bougeai pas, attendant le mot d'ordre. Le Généralissime me tendit un nouveau dossier.  Tendre le bras ne m'avait pas parut si dur jusqu'ici. J'étais rouillé de ses mois d'absence. J'avais la gorge en feu tant le collier tirait ma nuque. Et ma montre ne me parut que plus lourde dans la poche de mon pantalon alors que je sillonnai du regard les projets mis en place.

-Il y a deux mois j’ai commandé dans le plus grand secret la fabrication de ces engins et de pièces d’artillerie légère. Pour les effectifs j’ai moi-même réorganisé des renforts pour la protection de Central qui n’étaient pas nécessaires, principalement des vétérans qui devaient être réaffectés. Cet effectif est purement superflu et personne n’est au courant de sa constitution autrement que comme un renfort pour la protection de Central. Initialement, j'avais prévu d'utiliser ces hommes en cas d'attaque de Central, ils auraient permis de disposer d'une réelle puissance offensive et pas simplement de défenses. Il y a dans ces effectifs des artilleurs et des conducteurs de char, nous les acheminerons par train blindé au front avec Creta d’ici deux jours et ils ont déjà été informés de leur mission ce matin. Cela ne laissera aucune possibilité à d’éventuels traîtres ou espions d’informer nos ennemis. Vous allez participer à une opération de grande envergure Colonel Mustang. Cela vous semble-t-il plus raisonnable ?  Nous superviserons nous-mêmes les actions de ces effectifs sur place afin d’assurer une percée décisive et rapide qui provoquera le repli des troupes de Creta. Il faudra peut-être intervenir directement et pour cela, je compte sur vos compétences d’Alchimiste d’Etat, mais nous essaierons de faire cela de manière à éviter les bains de sang.

Il me prévenait en dernier, en somme. Devais-je en déduire qu'il avait quelques soupçons sur ma personne ? Rien de bien étonnant après ce qu'il venait de se passer. J'aimais ne pas être discret dans certains domaines, pour mieux éteindre quelques méfiances dans d'autres...  Bizarrement, c'était éloquent et à la fois satisfaisant. Et comme toujours, il fallait rester sur ses gardes.
Wouf.

« Bien entendu, mon Généralissime. »

Au moins, j'aboyai correctement. Mon maître avait planifié son coup avec génie. Le boulot n'attendait pas, comme toujours. Un défi dans tous les sens du terme. Et la polyvalence allait être implorée. Le Généralissime savait comment réveiller le canidé qui sommeille en chacun de nous. Mais il avait réveillé bien plus que cela.
Il allait me mettre dans un cargo avec lui. Il faisait main basse sur ma personne plus qu'il ne considérait mes talents à l'alchimie. Cet homme surveillait quelque chose.



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MessageSujet: Re: L'appel du devoir [PV Roy Mustang] Mar 22 Aoû - 10:23
J’acquiesçais lentement. Mustang redevenais le chien docile de l’armée, en dépit des apparences, il avait très bien géré la situation. Pour ma part, j’avais repris mon rôle du dirigeant charismatique, celui qui serait capable de prendre des décisions. Seul le résultat comptait, je le savais et nous compterions les points à la fin. Mon âge n’avait finalement pas que des désavantages, si mon corps déclinait lentement, mon expérience était bien plus grande et je gérais de mieux en mieux des situations politiques pourtant parfois décrites comme perdues. J’étais très fier de ce que je venais de voir avec Mustang, ce dernier allait se révéler d’une efficacité redoutable pour régler la crise actuelle. Chaque chose en son temps, pour le moment je devais régler les problèmes séquentiellement et même si nous nous apprêtions à bouger une pièce, je devais préparer mes prochains mouvements, avoir toujours un coup d’avance et finalement être toujours dans la réflexion, telles étaient les recommandations aux chefs d’état en devenir que nous étions à l’instruction. Il ne servait à rien de vouloir être constamment en mouvement, les mouvements devaient être décisifs et ne jamais trahir une quelconque hésitation, c’était la base du charisme. Ma main ne tremblait jamais –si ce n’était de Colère- et mon sabre avait de mainte fois, tout comme mes ordres et mes décisions, eu à trancher dans le vif. Ce fut le cas à Ishbal et ce serait le cas dans une mesure différente à Creta. Le pouvoir avait un prix et Mustang le saurait bien assez tôt. Reprenant mes documents, je les rangeais soigneusement dans les différentes pochettes cartonnées toutes très ordonnées avant de les placer à nouveau sur une des piles.

-C’est parfait, Colonel Mustang, nous travaillerons donc ensemble à la résolution de cette crise. Si vous souhaitez un jour pouvoir me succéder, vous devez rester droit et sûr de vous dans n’importe quelle situation. Ne vous méprenez pas, le pouvoir n’est pas un privilège, c’est une charge et c’est précisément à cause de cette confusion qu’aucun des Généraux du Conseil n’aura l’étoffe nécessaire pour me succéder. Restez droit et ne cédez jamais aux pressions extérieures ou aux affaires d’ego, n’ayez pas peur de me contredire comme vous l’avez fait, je n’attends pas simplement de votre part une obéissance aveugle aux ordres, mais bel et bien d’être capable de prendre des décisions parfois difficiles. Cela sera mon premier conseil, ma première leçon en quelque sorte.


Je me replaçais dans le rôle du formateur, confirmant ainsi à Mustang qu’il était dans les candidats potentiels à ma succession. En fait, ce petit jeu d’acteur m’amusait, plus que cela, Mustang était une fois encore quelqu’un que j’aurais pu choisir si j’avais été destiné à avoir un successeur. Les temps troubles venaient perturber les plans de mon Père et je pouvais bien me permettre quelques fantaisies et quelques décisions propres, je devais régler la crise après tout. Mustang serait donc mon dauphin de circonstance, j’allais ainsi lui apprendre une partie de ce que je savais. Cela ne pourrait que motiver davantage l’officier qui peut-être et comme d’autres avait douté de moi. Je connaissais ses ambitions depuis Ishbal mais il avait été trop jeune pour que je puisse m’intéresser à lui sérieusement, il était désormais un héros décoré. Son dossier était épais et il avait un grade important dans l’armée pour son âge, ce qui ne manquait pas de lui attirer les foudres de certains de ses supérieurs envieux : le Général Hakuro par exemple. Mon adoubement officieux était bien sûr à double-tranchant et il était évident que Mustang aurait à jouer un jeu politique pour éviter que ses ennemis ne l’éliminent : l’avoir choisi pour venir avec moi au front allait sans doute en vexer plus d’un…Notamment parmi ses ennemis politiques qui étaient bien souvent plus gradés et plus puissants que lui. J’étais curieux de savoir comment il allait s’en sortir.

Tout semblait indiquer que l’entrevue touchait à sa fin. C’était vrai pour le sujet de Creta et la bienséance et le protocole auraient voulu que je le congédie après l’avoir remercié pour son temps. Il n’en était rien, j’étais loin d’en avoir fini avec lui, il y avait encore un sujet que j’allais devoir aborder avec lui. Alors que je terminais ma tasse de thé en la reposant, je marquais une longue pause alors que ma secrétaire refit son apparition, apportant quelques gâteaux secs. Ces gâteaux n’avaient rien de particulier, ils n’étaient pas des gâteaux de pâtissier, de simples financiers et des sablés fait maison. Ils étaient représentatifs de la frugalité de mes désirs : incorruptible, je me contentais du luxe de ma maison de fonction mais j’avais renoncé à toute fortune personnelle autre que mon salaire ; insensible aux tentations de la chair j’étais avec ma femme depuis plusieurs dizaines d’années et je lui vouais une fidélité indéfectible. Une fois la jeune femme partie, je saisissais un financier dans lequel je croquais avant de reprendre la parole en désignant les gâteaux.

-Je vous en prie, servez-vous, c’est la femme du cuisinier qui les fait et Selim en raffole. Je ne peux m’empêcher d’en manger moi-aussi. Vous savez à mon âge, on a du mal à résister à la tentation des sucreries !

Je souriais de bon cœur, redevenu je gentil grand-père inoffensif en apparence. Si Mustang savait être un officier adaptable et parfaitement compétent, je savais jongler entre les styles, alternant avec ma collection de masques. Un nombre incalculable de subordonnés avaient un mal fou à me lire et à réagir. Beaucoup se seraient effondrés durant un tel entretien et pourtant Mustang restait droit…J’appréciais cela.

-Maintenant que j’y pense, j’ai entendu dire que vous enquêtiez à titre personnel sur l’assassinat du Brigadier-Général Hughes. Avez-vous progressé dans vos investigations ?

La discussion était informelle et Mustang n’était pas obligé de répondre. Une fois encore, au détour d’une conversation, je lui montrais que je le connaissais très bien. Un homme de mon rang avait sans doute d’autres préoccupations mais en dirigeant proche de mes hommes, je me montrais attentionné. Je voulais pousser Mustang à donner ses théories, aussi loufoques et dangereuses soient-elles. Pour l’instant, je ne lui dévoilais pas que j’avais moi-même ma propre théorie sur l’affaire…Une seule question me taraudait l’esprit : oserait-il une fois de plus parler librement devant moi ? C’était ce que j’attendais de lui en tout cas.
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MessageSujet: Re: L'appel du devoir [PV Roy Mustang] Jeu 31 Aoû - 14:21





"- C’est parfait, Colonel Mustang, nous travaillerons donc ensemble à la résolution de cette crise. Si vous souhaitez un jour pouvoir me succéder, vous devez rester droit et sûr de vous dans n’importe quelle situation. Ne vous méprenez pas, le pouvoir n’est pas un privilège, c’est une charge et c’est précisément à cause de cette confusion qu’aucun des Généraux du Conseil n’aura l’étoffe nécessaire pour me succéder. Restez droit et ne cédez jamais aux pressions extérieures ou aux affaires d’ego, n’ayez pas peur de me contredire comme vous l’avez fait, je n’attends pas simplement de votre part une obéissance aveugle aux ordres, mais bel et bien d’être capable de prendre des décisions parfois difficiles. Cela sera mon premier conseil, ma première leçon en quelque sorte."

Décisions difficiles. Le conseil était bon à prendre, même s'il revêtait une forme évasive. Après ce qu'il venait de se produire, ces quelques paroles relevaient presque d'un ton comminatoire. Au moment où il prononça ces mots, je sentis comme une enclume sur mes épaules. Une question me taraudait.

« Dans quoi me suis-je fourré ? »

Je l'avais souhaité. Dans le cas contraire, il n'y aurait rien eu de plus facile que de lui paraître présomptueux et exécrable au point de me faire renvoyer, mais ce n'était pas ce que je voulais. J'avais très peu de pouvoir dans cette situation et cet homme pouvait me retirer l’infime que je possédais. Il avait raison. C'était une charge. Si tout cela n'avait été qu'une partie d'échec, j'en serais encore à me demander à quoi je jouais. Si ce n'était à une sorte de... Ce n'était pas un test. C'était éliminatoire. À l'entendre, rien n'était fini. Tout commençait.

Le Généralissime s'affaira au rangement des dossiers et je les regardai filer dans les tiroirs. Bientôt, nous allions faire partie des petits papiers dans ces serviettes. Des chiffres de plus. Ou de moins. Ce qui m’inquiétait sur le court-terme comme la possibilité d'un échec était bien plus virulent que sur le long-terme, les messes-basses qui n'allaient pas tarder à faire leurs effusions. Le départ était prévu dans deux jours mais d'ici là, j'étais persuadé d'avoir le temps d'en entendre parler. Je n'avais pas fini de rester droit en faisant semblant de ne pas entendre les murmures venimeux qui chercheront à me faire perdre mine. Ce « jeu »-là m'indifférait et m'amusait plus que ce qui se déroulait maintenant. Au moins, tout portait à croire que cette entrevue était terminée. Si ce n'est que...

« La première sensation est toujours la bonne. »

Bradley ne semblait pas enclin à détacher ma laisse. Il termina sa tasse. Je baissai les yeux sur la mienne. Une gorgée de plus et il en serait enfin fini de cette théine nauséabonde. Elle avait un mauvais goût. Ou bien simplement que j'avais du mal à l’apprécier avec tous les nuages qui s'amplifiaient à l'horizon.

La porte s'ouvrit et la secrétaire vint déposer quelques gourmandises. Elle repartit dans la suite et j'observai mon supérieur se délecter dans ma sage attente. Il me proposa aimablement de me servir dans le plateau où financiers et sablés se battaient la place. Je déclinai poliment en lui offrant un sourire contrit. C'était rassurant de l'entendre parler de son fils. Ça lui rendait cette once d'humanité qu'on avait tendance à oublier lors de ces entrevues.
J'ignorais encore à quel point j'avais fais le bon choix de refuser en le regardant avaler son biscuit. J'attrapai ma tasse. La porcelaine au bout des lèvres, je l'entendis me demander :

"-Maintenant que j’y pense, j’ai entendu dire que vous enquêtiez à titre personnel sur l’assassinat du Brigadier-Général Hughes. Avez-vous progressé dans vos investigations ? "

Le thé glacial contre la bouche, je relevai les yeux sur lui. Décidément, ce breuvage était infâme. Je reposai la tasse sur le bureau en essayant de ne pas y mettre toute précaution. Il aurait été si aisé et tentant de ne fixer qu'elle pendant des heures. Mais je connaissais l'importance de cette question.

« Effectivement, affirmai-je. »

Je pris énormément sur moi pour ne pas réagir. Pas de trop. Un juste dosage. Suffisamment de contrariété, mais pas trop. Un peu de mon chagrin pour la mort d'un compagnon d'arme. Avec tout cela, une pichenette de douleur. Une vraie recette de grand-mère.
Ce nom... Il suffisait que j'y pense pour que cela me mette en colère. L'entendre était douloureux. Son véritable meurtrier courait toujours, mais je jurais que j'allais le retrouver et lui faire subir plus encore que la souffrance ! Oh non, pas d'étalage. Pas maintenant. Il me fallait rajouter une dose de satisfaction à ma recette préparatoire pour ce que j'allais répondre :

« Mais c'était il y a quelques mois. Nous avons retrouvé son assassin. "Elle", du moins. Il aurait été satisfaisant qu'elle passe par la véritable justice si elle n'avait pas tenté de s'interposer à son arrestation de manière forte. Regrettable.  »

Regrettable que de devoir mentir sans arrêt à ce sujet. Mais je n'avais pas l'attention d'en dire plus ou moins. J'avais opéré l'évasion de Maria Ross alors qu'officiellement j'étais celui qui avait géré sa poursuite et qui l'avait tué car elle avait refusé de coopérer. C'était inutile de contredire cet état de fait devant le chef de l’État et encore moins judicieux Il manquait tant d'éléments...

Je terminai cette foutue tasse et la reposai tranquillement.

… Oui, tant d'éléments. Pourquoi faire taire Hughes ? Que savait-il ? Un gros pion se jouait sur cette partie. Et me faire liquider pour traîtrise et extorsion du suspect offert sur un plateau d'argent n'arrangerait rien. Ce que j'ignorais d'avantage, c'était cette manière d'avoir posé la question. Au présent. Je l'avais vu très affligé lors de l'enterrement. Était-ce ça ? Une question me tarauda d'avantage.
A quoi jouait-il, lui aussi ?
Il avait "entendu dire". Par qui ? Quand ? Raven ? Evans ?


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MessageSujet: Re: L'appel du devoir [PV Roy Mustang] Dim 10 Sep - 17:52
Je terminai moi aussi mon thé. Le Colonel semblait particulièrement préoccupé voire alerte lorsque je posai la question sur le Brigadier-Général Hughes. Je ne m’attendais de toute façon pas à ce qu’il acquiesce et me fasse confiance directement, il restait sur ses gardes tout en citant l’arrestation de Maria Ross. C’était aussi quelque chose que j’avais potentiellement prévu et mon visage demeurait impassible, je me contentais d’acquiescer lentement tout en m’appuyant un peu plus sur le dossier de ma chaise. Si la nuit venait de commencer directement à tomber, j’avais fermé mon œil unique et je me massais les tempes, comme si je réfléchissais. C’était le cas, tout du moins mon personnage réfléchissais. Je jouais un rôle qui me plaisait et je ne pouvais que louer ces instants où -malgré la chape de plomb que m’imposait mon rôle et mes obligations par rapport au plan conçu par mon Père.

Je laissais cette ambiance d’intense réflexion pendant quelques secondes avant de rouvrir mon œil et de fixer intensément son visage. Cette fois nous nous apprêtions à évoquer un sujet personnel et sérieux sur lequel il aurait été de mauvais goût de faire une blague. Je me serais d’ailleurs bien gardé d’en faire une. Je souhaitais juste en savoir un petit plus sur les intentions de Mustang et même lui montrer mon apparent soutien dans une enquête qu’il n’avait probablement pas abandonné et dont j’étais sûr qu’il ne m’avait pas tout dit. Qu’importait finalement ce qu’il me dirait ou pas de cette affaire, l’important était qu’il écoute et se rappelle ce que j’avais à dire. Je m’apprêtais à parler et cette fois encore je devais choisir mes mots et bien justifier mes propos.

-Oui vous avez raison, cette affaire a déjà été classée. En dépit de cela, nous traversons une période extrêmement difficile et le meurtre du Brigadier-Général est survenu peu avant tous nos déboires, vous en conviendrez.


Je laissais à un nouveau un temps de pause, comme si mes propos étaient une question oratoire et que j’attendais sa validation. En réalité je n’avais pas terminé de parler mais je m’apprêtais à lui faire une confidence comme pour qu’il me parle un peu plus et lui demander de dévoiler un peu plus ses intentions sur cette affaire.

-Vous êtes un homme intelligent, Colonel Mustang, et je crois que simplement acquiescer à vos propos aurait été une insulte à votre intelligence. J’aimerais cependant que ces propos restent dans l’enceinte de ce bureau. Je ne crois pas que vous êtes suffisamment borné pour penser que l’assassinat du Brigadier-Général Hughes qui enquêtait sur les émeutes de Lior aurait pu être fomenté par un simple officier subalterne qui aurait agi seul. Je crois que si vous êtes comme moi, vous avez une lecture tout à fait différente des faits. Est-ce que je me trompe ?


Je venais de laisser une porte entrouverte à Mustang. Restait à savoir comment il lirait mes propos et surtout qu’est-ce qu’il me dirait. Je venais de croiser les bras afin de lui laisser désormais la parole.
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MessageSujet: Re: L'appel du devoir [PV Roy Mustang] Mar 12 Sep - 16:48






Il parlait. Mes tripes se serraient. Hughes était un sujet sensible. Un soleil éblouissant. Plus sa lumière était vive, plus mon irritation allait en grandissant. Elle était à l'image de la Symphonie n°7 de Beethoven. Le deuxième mouvement. Un grand compositeur pour d'émotions diverses. Mais ce n'était que colère et vengeance. Le cran montait. Comme ses cordes vibrantes. Frottées contre l'archet. Plus aiguës. Mais il ne fallait faire aucune fausse note.
Il fit silence. A quoi s'attendait-il ? Que voulait-il entendre ? Je fronçai les sourcils pour appuyer ma curiosité. Il venait de me « révéler » sur quoi Hughes travaillait. La moindre des choses était de faire semblant que je ne connaissais pas cette information. Je n'aurais ainsi plus besoin de cacher cet engouement. Puis il reprit la parole. La musique avait à peine eut le temps de se calmer que le mouvement s’enchaînant devint de plus en plus violent. Malgré les compliments qui sortaient de sa bouche, je ne relevais que son intention de me faire avouer mon tort. Ma motivation. Ma rage.
Cette affaire resterait dans mon ombre jusqu'à ce que je trouve le coupable et que je lui fasse avouer son crime. Je le mettrai à genoux et je lui ferais cracher sa culpabilité. Je le tuerais. Ce n'était pas une option, un choix. C'était une certitude. Malgré toutes les lois qui me l’interdisaient. Maes méritait qu'on fasse cette entorse au règlement.
Si j'avais une lecture différente des faits ? Bien-sûr que oui. Mais ce sujet, ce débat devait prendre fin ici. La nervosité amassée depuis le début de cet entretien m'aida d'une façon inattendue. Elle me permit d'esquisser un sourire.

« Vous croyez beaucoup aux théories du complot. »

Il se transforma en rire. C'était assez communicatif.

« Nous avons eu une conversation similaire avec le Lieutenant-Général Raven. Il n'était pas question de l'assassinat du Brigadier-Général, mais d'une autre personne. »

Effectivement. Mais quel défilement. Rien ne me garantissait que la confiance de Bradley soit la bonne. A Central City, nous ne pouvions faire confiance à personne. Pas même à nous-même. Ma conversation précédente avec Raven en était un exemple conséquent. En ce moment, je croisais souvent les hauts-gradés au détour d'une tasse de thé. Est-ce que cela allait m'amener à les côtoyer plus souvent ?
Ne valait mieux pas irriter le Généralissime si je terminais au front avec lui. Une balle perdue était si vite arrivé.

« C'est un homme charmant. »


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MessageSujet: Re: L'appel du devoir [PV Roy Mustang] Jeu 14 Sep - 7:14
Je souriais de la même manière que mon interlocuteur, avec le même détachement et la même légèreté. Roy Mustang était plus intelligent que ne l’auraient laissé penser ses prétendues frasques. Le petit Colonel s’était fait une myriade d’ennemis, certains puissants, mais je ne faisais pas partie de ceux-là. Pour moi il pouvait servir et cette attitude qu’il me montrait aujourd’hui ne faisait que renforcer mon opinion à son égard. Il servirait comme pièce-maîtresse pour détruire les terroristes qui menaçaient le pouvoir sans même se rendre compte qu’il serait lui-même utilisé pour les buts de mon Père. Il y avait dans l’humanité quelque chose de tragique, ces humains aux profils divers avaient finalement beaucoup d’espoir, jusqu’au dernier instant et même dos au mur ils cherchaient encore à s’en sortir dans une pulsion de survie. Leurs sentiments s’opposaient à la logique et pourtant bien souvent ils préféraient les suivre. Qu’est-ce qui aurait empêché le Colonel de m’informer au sujet de Hughes ? Cela lui aurait permis de gagner un peu plus ma confiance et peut-être même d’avoir des informations qui auraient pu faire avancer son enquête personnelle. Pourtant il faisait le choix de ne rien dire, par fidélité envers son ami peut-être ou tout simplement car il avait d’autres plans. Un homme aussi ouvertement attaché à ses subordonnés était fascinant à mes yeux.

En fait, ce n’est pas tant sa première élucubration que son évocation de Raven qui me faisait sourire. Le Colonel devait être un bon joueur d’échec, il tentait tout du moins de me mettre dans une position délicate. Même si j’ignorais ce qu’il voulait me faire dire sur Raven, je savais qu’il garderait cela en mémoire et pourrait tenter de faire des recoupements par la suite. Savait-il quelque chose sur les enquêtes de Raven à son encontre ? Peut-être, mais toute réaction de ma part n’aurait fait que lui mettre la puce à l’oreille et ma stratégie était de le rapprocher de moi pas de le rendre méfiant. Je maintenais donc mon sourire léger avant de reprendre la parole.

-J’espère que le Général Raven a réussi ou réussira à résoudre son enquête alors. Je crois que les événements exceptionnels qui touchent le pays actuellement nécessitent un vigilance et un soin tout particulier en matière d’enquête…

Je n’avais pas réagi à son compliment sur le Lieutenant-Général Raven, laissant donc le doute sur ce que j’en pensais. Je ne voulais pas être associé à Raven qui pourrait être un leurre dans ce vaste complot qui pourrait être utilisé pour finalement dévoiler un complot plus grand. En effet si Raven était ciblé par Mustang, rien n’empêcherait de lui demander de dévoiler une opération plus vaste qu’il aurait mené en sous-terrain au nom de la sécurité étatique, et par la même de faire tomber quelques dissidents que j’aurais dû purger tôt ou tard de mon administration. Oui je croyais à la théorie du complot, et Mustang n’avait pas idée à quel point...Puisque j’étais moi-même un point central dudit complot. En tout cas je n’affichais aucun signe de panique ou de préoccupation malgré la gravité du sujet, d’un point de vue extérieur cela ne semblait être qu’un badinage. En fait, Mustang me faisait part de manière très subtile de ses doutes et je faisais de même.

-Quant aux théories du complot, je n’y accorde pas plus d’importance que cela, mais dans la situation actuelle, toute information est bonne à prendre. Il faudrait être fou pour penser que tous ces gens qui s’en prennent à nous sont des militants sans aucune connexion entre eux...De la même manière l’assassinat d’officiers supérieurs ou de militaire n’est pas un projet qui peut être mené sans cohérence ni organisation préalable, vous en conviendrez.

Je souriais toujours, avec la même douceur dans mes propos. Mustang pourrait comprendre un seul message de tout cela, que je n’étais pas aussi faible ni aussi naïf qu’on l’avait dit dans les bruits de couloir. Au contraire, j’étais décidé à agir avec fermeté et à reprendre les commandes de ce pays qui était en train de céder à la panique. Mes manœuvres politiques allaient d’abord devoir restaurer ma position de figure d’autorité, notamment au front, pour le reste, j’avais foi en Mustang pour s’en occuper.

-Lorsque j’étais enfant, je me livrais très souvent à l’observation naturaliste. À sept ans, je me suis pris de passion pour les cloportes, ne me demandez pas pourquoi mais j’affectionnais leur observation,
je souris avec malice. Nous avions une petite dalle en pierre chez mes parents et ce qui est fascinant avec les cloportes, c’est cette capacité à se cacher dans le moindre interstice. J’en voyais un, parfois deux et pourtant dès que je regardais sous la dalle, j’en découvrais des centaines qui étaient là, à grouiller. Vous voyez Colonel Mustang, je suis de ceux qui pensent qu’il ne faut pas se fier à ce qu’on voit ou ce qu’on croit voir. Continuez votre travail sans faire de vague mais si vous découvrez quelque chose de suspect dans vos investigations, n’hésitez pas à m’en faire part, s’il vous faut des hommes ou une équipe supplémentaire, vous les aurez. Si d’aventure vous réussissez à trouver le nid des cloportes, je compte sur vous pour brûler la vermine jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un tas de cendres fumantes. Ai-je été clair Colonel Roy Mustang ?

Mes dernières phrases avaient vu s’éteindre mon sourire au profit d’une expression très dure, grave, presque menaçante. J’avais également mis l’accent sur le prénom et le nom du Colonel, comme pour souligner que je m’adressais bien à lui. Je voulais qu’il comprenne quelle était sa mission et surtout qu’il comprenne également qu’il aurait carte blanche pour démanteler n’importe quelle intrigue et à n’importe quel coût.
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MessageSujet: Re: L'appel du devoir [PV Roy Mustang] Lun 18 Sep - 9:40





Une chose était si évidente ; je laissais passer une chance.
Le président devait sans doute connaître énormément d'ombres et savoir les éclaircir. J'avais perçu cette porte entre-ouverte concernant l'affaire de Maes. Mais il ne m'aurait jamais été permis de mener cette enquête légalement. Cette opportunité aurait été trop risqué. J'étais déçu. Mais je n'avais pas eu le choix.
C'était de la torture que de songer au fait que je n'étais pas inconscient que ce besoin de vengeance était en contradiction avec tous mes idéaux. Si je prenais le temps d'y songer plus que de raison, j'étais capable durant quelques minutes de me remettre en question. Mais une fois la morale inculquée, cette sensation revenait au galop. Celle qui me rongeait de l'intérieur. Celle de sa perte. Celle de son absence. Celle d'une femme et d'une enfant ayant perdues un mari et un père. Celui-ci même qui n'inspirait qu'à une chose ; protéger les siens, même de lui et de la guerre.
Il voulait juste vivre et aimer. Il était cet homme qui ne rêvait qu'à peu de choses. Mais au final, ses rêves étaient les plus grands de tous.
Un beau monde. Une belle femme. Une belle fille. Une belle vie.
Et du jour au lendemain, tout à changer. Tout ce qu'il avait créé avait été détruit. Sa femme pleurait. Sa fille pleurait... Sa vie saignait. Tout ce qu'il avait espéré était anéanti.
Sa famille brisée se relèvera. Elle n'aura d'autre choix. Mais un jour, j'irais peut-être les voir pour leur dire qu'ils sont vengés. Je ferais peut-être autre chose que de passer devant leur maison pour m'assurer qu'ils vont bien. Peut-être que j'arriverais à leur parler.
Peut-être...
Ils comptaient tous à mes yeux. Toute cette équipe. Ils étaient tous importants. Sans eux, je n'irais pas loin. Mais sans moi, ils continueraient de vivre. Ils poursuivraient leurs rêves. C'était une belle image. C'était important de l'imaginer pour m'assurer que même après ma vengeance, quelqu'un assurera la suite de ce que nous avions commencé à créer.

Je n'étais que ça, donc. Une vendetta. Rien de plus. Rien de moins. C'était si personnel et immoral que ça ne devait pas être révélé à voix haute. Ça ne devait pas dépasser les fondements de mes pensées. En étais-je véritablement capable ? Je ne cessais de me dire que si j'avais pu brûler des personnes vives, je devais bien être capable de faire de même avec quelqu'un qui l'aura amplement mérité. La question ne se posait même pas. Quand ce meurtrier verra mon visage, ce sera le dernier.

Et je riais. Je riais donc pour effacer cette conversation. Je riais parce que c'était véritablement cocasse. Cette situation était absurde. Nerveuse. Fatigante. Méritée. Motivante. Frustrante. Intéressante. Elle était beaucoup de choses et j'en étais peu face à lui. Mais j'avais su qu'un moment tel que celui-là allait arriver. Ce à quoi je ne m'étais pas attendu était de devoir le suivre sur un front nouveau.

-J’espère que le Général Raven a réussi ou réussira à résoudre son enquête alors. Je crois que les événements exceptionnels qui touchent le pays actuellement nécessitent un vigilance et un soin tout particulier en matière d’enquête…

Très cocasse, en effet. Raven m'avait mit sous surveillance. Pour ma part, j’espérais que son enquête s'enliserait. C'était suffisant de devoir jouer sur divers tableaux en fonction de la personne qu'on côtoyait. De changer de masque encore et encore sans plus se souvenir de quel visage nous appartenait. Hawkeye avait fait la promesse de se souvenir à ma place. De me le rappeler. Pas de la manière la plus tendre. Mais c'est bien pour cela que ce rôle était entre ses mains. Elle était à même de pouvoir le faire. Même si ce n'était pas de gaieté de cœur. Mais pour elle, ne serait-ce pas vengeance ? Espérait-elle pouvoir un jour le faire ? Je me plaisais, dans mes sombres jours, à croire que ce serait elle qui le fera. Pour son père. Pour les recherches alchimiques de Berthold. Tout le travail qu'on lui avait volé. Que je lui avais volé et bousillé.

-Quant aux théories du complot, je n’y accorde pas plus d’importance que cela, mais dans la situation actuelle, toute information est bonne à prendre. Il faudrait être fou pour penser que tous ces gens qui s’en prennent à nous sont des militants sans aucune connexion entre eux...De la même manière l’assassinat d’officiers supérieurs ou de militaire n’est pas un projet qui peut être mené sans cohérence ni organisation préalable, vous en conviendrez. 

Cette tirade m'apaisa d'une manière surprenante. Elle me replaça dans le contexte. Je laissais ma colère dans un petit coin de ma tête. J'en revenais peu à peu à mon interlocuteur. Un homme qui s'était fait très discret ces derniers temps. Qu'est-ce qui avait bien pu le motiver à garder le silence ? Et qu'est-ce qui faisait la différence aujourd'hui ?

A présent, je me souvins. Toutes ses grandes figures d'autorités que j'avais côtoyé. Lui-même. Mais pas seulement. Effectivement, son absence avait laissé des trous libres. Et peu à peu, il les rebouchait. Je me souvenais de cette sensation d'écrasement. Elle ne m'oppressait pas. J'avais l'habitude. Elle me poursuivait sans cesse depuis que je montais les échelons. Tous les hauts-gradés m'avaient, un jour, croisé. Chacun à leur manière, ils avaient eut des mots. Tantôt froids. Tantôt encourageants. Chacun réagissait comme il le voulait, mais je n'étais pas dupe. Mon ascension ne plaisait pas. Si on prenait le temps de se demander pourquoi en mettant l'ego de côté, j'avais l'impression que ma vision des choses mettaient pas mal de monde en colère. Et il n'y avait qu'une raison à ça. La corruption. Qu'est-ce qui les empêchaient donc de tenter quoi que ce soit pendant l'absence de Bradley ?

Tant de questions qui pourraient me mener droit à l'échafaud. Mais pour comprendre les grands de ce monde, il faut savoir penser comme eux. Qu'ils soient bons… Ou mauvais.

J'avais entendu dire que le président était allé rendre visite au FullMetal quand il avait été hospitalisé, une fois. C'était.. Hughes qui me l'avait dit. Bien après que Edward Elric soit repartit. Il disait que je m'inquiétais trop. Je ne pensais pas lui avoir jamais fais part d'une telle sensation. Je ne pensais même pas que ça se voyait...

Bradley était très surprenant. Plusieurs masques. Un seul qui lui appartenait. L'avait-il perdu ? Ou le cachait-il si bien ?

Car entre le sévère meneur de guerre, l'aimable gentleman ou encore l'affectueux vieil homme... Qui était le vrai ? Peut-être qu'il était les trois à la fois. Peut-être était-il un homme bien. Avec des erreurs de parcours. Comme il me l'avait dit. Un homme bien qui se démène pour son pays. Qui se bat pour son titre et pour empêcher les corrompus de voler sa place. Et tant craint que personne n'ose la lui prendre de force. Pas même lorsqu'il laisse son siège vide et vacant.
Peut-être était-il un homme mauvais. Dont les erreurs devenaient des péchés. Des aveux incorrigibles. Peut-être que personne ne lui prenait sa place car tous se contentaient de sa sévérité magnanime. Peut-être dirigeait-il plus que ce pays ? Des complots ? N'était-ce pas ce dont nous étions en train de parler ? En train de rire ?

Au final, j'ignorais qui était King Bradley. Mais une chose était certaine. Nous n'étions pas tout blanc, ni tout noir. Peut-être était-il tout ça à la fois ?

-Lorsque j’étais enfant, je me livrais très souvent à l’observation naturaliste. À sept ans, je me suis pris de passion pour les cloportes, ne me demandez pas pourquoi mais j’affectionnais leur observation, je souris avec malice. Nous avions une petite dalle en pierre chez mes parents et ce qui est fascinant avec les cloportes, c’est cette capacité à se cacher dans le moindre interstice. J’en voyais un, parfois deux et pourtant dès que je regardais sous la dalle, j’en découvrais des centaines qui étaient là, à grouiller. Vous voyez Colonel Mustang, je suis de ceux qui pensent qu’il ne faut pas se fier à ce qu’on voit ou ce qu’on croit voir. Continuez votre travail sans faire de vague mais si vous découvrez quelque chose de suspect dans vos investigations, n’hésitez pas à m’en faire part, s’il vous faut des hommes ou une équipe supplémentaire, vous les aurez. Si d’aventure vous réussissez à trouver le nid des cloportes, je compte sur vous pour brûler la vermine jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un tas de cendres fumantes. Ai-je été clair Colonel Roy Mustang ?

Je me levai et m'inclinai avant que ma main ne rejoigne le bord de ma tempe dans un salut militaire :

« Très clair, mon Généralissime. Votre confiance m’honore. »

Ne pas se fier à ce qu'on voit ou ce qu'on croit voir. Il était la troisième personne à me le dire. Et pas des moindres. Mais j'étais sincère. Sincèrement méfiant et intrigué. Sincèrement honoré et résigné. Honoré de m’élever à ses côtés. Résigné de devoir aboyé et attaqué. Mais de ça, je l'étais depuis que j'étais rentré d'Ishval. Ce n'était pas une nouveauté. En revanche, cette mission allait rouvrir des plaies. Il allait falloir se battre contre ce sentiment de destruction. Ne pas revenir aussi vide qu'un fantôme. Mais plus déterminé qu'avant.

« Soyez sûr, mon Généralissime, que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour les arrêter. »

Et ce n'était en rien un mensonge. S'il y avait une chose pour laquelle j'étais plus que jamais prêt, c'était rendre la justice et remettre les criminels à leur place.
Et je n'oubliais jamais... Que j'en faisais partie.



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MessageSujet: Re: L'appel du devoir [PV Roy Mustang] Mar 26 Sep - 21:35
Le brave chien donnait à nouveau la patte. C’était rassurant et finalement sans surprise que je pouvais voir Mustang se relever et effectuer un garde-à-vous parfait. L’officier se soumettait à mon autorité, ne se lançant pas dans une nouvelle discussion sur ma vision des choses. Il obéissait, restait à savoir s’il ferait ce que je lui avais demandé. Je ne me formalisai pas là-dessus, je savais que j’avais semé dans l’esprit de Mustang une graine qui -même si sa germination serait ralentie par la méfiance- finirait par germer. Le Colonel était un chevalier blanc, même s’il avait fait Ishbal et qu’il avait finalement tout fait pour suivre les ordres à contre-cœur, ses idéaux primaient. Dans un contexte aussi trouble, il était difficile d’imaginer comment il justifierait rationnellement de se soustraire à l’ordre établi. Après tout, pour être Généralissime, il fallait maintenir les étiquettes, ces mêmes étiquettes et grades qui avaient maintenues Mustang à sa place durant toutes ces années. Ce bel uniforme bleu et les étoiles dorées qui étaient brodées dessus exerçaient donc toujours le même pouvoir de fascination sur les humains. Même acculés, ils ne lâchaient pas leurs idéaux, fascinantes créatures que voilà. Je me relevai à mon tour, saluant Mustang d’un salut martial.

-Très bien Colonel Mustang, dans ce cas-là, cet entretien est terminé.

J’avais tendu une poignée de main à Roy Mustang, affichant un sourire bienveillant et paternel. Un sourire qui était mis-en-valeur par mon grand âge, celui qui flatte les ego et fait naître en ces précieux subordonnés un sentiment de devoir accompli. Après la patte venait le sucre, cette indéniable séquence. Le diptyque quasi religieux que formaient la récompense et la baguette prenait ainsi tout son sens. J’avais montré au Colonel quelle était ma position et il savait désormais que je n’étais pas aussi affaibli qu’on le disait dans les discussions de comptoir.

Ma secrétaire apparut dans entrebâillement de la porte, prête à raccompagner l’officier. Je lui fis un signe de le tête pour lui indiquer que c’était bel et bien le cas et je raccompagnais moi-même Mustang à la porte, toujours aussi amical. Mon attitude était passée durant cet entretien à travers tous les masques que je maîtrisais et j’étais convaincu d’avoir pu faire mon effet. Mustang saurait désormais qu’un œil unique situé au sommet de l’État le surveillait.

-Cet entretien fut instructif Colonel Roy Mustang. Merci d’être passé me voir, ce n’est pas souvent que j’ai de la visite en ce moment et j’ai été très heureux de converser avec vous. Nous nous verrons donc très bientôt. À bientôt et encore merci.


Une voix cotonneuse de vieil homme bienveillant qui aurait pu être un grand-père aimant, un registre que je maniais à la perfection. Un registre qui ne ferait que rajouter de l’ironie et du cynisme à une situation que Mustang comprenait parfaitement car il était loin d’être dupe. Si je lui laissais le choix de manière rhétorique, lui comme moi savions ce qu’il devait en résulter. Si j’étais en apparence un vieil homme fatigué, j’étais prêt à passer sur le fil de mon épée quiconque se dresserait entre mes objectifs et moi. Sitôt la porte fermée, mes traits se raidirent dans une expression dure de rage profonde, pourtant contenue. Je venais de bouger une de mes pièces et si ces terroristes pensaient être sur le sentier de la victoire, ils se mettaient le doigt dans l’œil.  

Lentement, je m’étais avancé vers la fenêtre, le crépuscule était désormais tombé. J’aimais la nuit, cette entité sombre et mystérieuse qui enveloppait le monde de son manteau noir comme l’encre de Xing. Au final, le monde c’était ainsi que j’aimais le monde : silencieux et pudique. Au fond, je n’éprouvais ni le besoin de m’émerveiller, ni celui de répondre aux questions fatidiques inhérentes au sens de cette existence...J’existais, ni plus ni moins. Contrairement à Mustang et aux autres, je n’avais que faire des étoiles qui ornaient mon uniforme et je n’étais absolument pas sensible à ces étiquettes qui gouvernaient le monde. Les lampions et les lampadaires avaient été allumés dans la cours du QG et je voyais de mon bureau ces humains qui se hâtaient sous la pluie et semblaient si petit de là où j’étais. Finalement, l’humanité n’était que bien peu de choses et si ma comparaison avec les cloportes pouvait paraître injurieuse pour ces terroristes, il n’en était rien, à défaut de comparer l’humanité toute entière à ces crustacés, je pouvais aisément la comparer à des fourmis. De toutes petites fourmis qui s’agitaient sous mes yeux et qui pourtant sans le savoir, installaient un dispositif qui les conduiraient à leur propre extinction. Alors et seulement alors, ma mission serait terminée et j’aurais accompli ce pour quoi j’avais été créé...Puisque c’était en cela que résidait le sens de ma vie...Ni plus, ni moins.
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