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Frères de sang et de larme (PV Aiden-Nisan)

MessageSujet: Frères de sang et de larme (PV Aiden-Nisan) Ven 12 Mai - 1:06
Ce pâle reflet renvoyé par le miroir est brisé. Tu secoue la tête et fracasse ce miroir de ton poing fermé. Tu serrais les dents si seulement tu le pouvais, mais tu en est incapable bien sûr. Tu es incompétent, rien de plus qu’un déchet. Pourtant, tu essaie toujours de les défendre. N’as-tu pas encore compris qu’ils se moquent de toi et qu’ils se réjouiraient de te voir mort? Non, tu pourchasse encore cet espoir illusoire que les choses vont se placer d’elles-mêmes. Que feras-tu lorsque tu aura brisé l'entièreté de ton corps et de ton esprit? Tu ne préfères pas y penser, mais tu sais ce qui arrivera. N'es-tu rien d’autre qu’un imbécile qui fonce parmi les bêtes par soucis de conserver la façade?

Ta main laisse couler ce liquide qui te terrifie autant. Tu ne veux pas regarder et déloger les morceaux de vitre. Ce sang qui coule est celui des innocents que tu as tué sans sourciller. Tu fuis, Adalwen. Tu ne veux pas revivre la guerre n’est-ce pas? Tu te rapelle de chacun de leurs visages et ils t'empêchent bien souvent de dormir. Ces expressions de terreur pure face à ce que la machine de guerre que tu es devenu , tu ne pourras jamais les effacer de ta mémoire. Ils se superposent au visage de ces civils morts parce que tu as été trop lâche pour te battre.

Ton visage blafard te rappelle ces gens que tu as éliminé en obéissante machine. Ce sourire que tu arbore sonne si faux, comme tout ce que tu es. Imbécile, as-tu  réellement cru que les gens te pardonnerait?  Tu n'es rien d'autre qu’un chien tenu en laisse et un outil pour cette armée que tu sert fidèlement. Ces pouvoir qui sont entre tes mains tu ne les utilise que pour te cacher. N’as-tu pas honte de  te cacher derrière tes plantes ? Tu es un lâche, mais tu le nie.

Tu es dans cette chambre d'hôpital si blafarde. Tu ne peux pas parler car ces bandages immobilisent ta mâchoire. Tu regrette de ne pas avoir eu la force de tuer cet homme qui t’as agressé. Tu te sens responsable parce que ta faiblesse a causé la mort de civils. Tu n'es rien d'autre qu’un monstre qui cherche à être humain. Tu t'es enfermé dans cette chambre afin que personne ne voie ces larmes qui coulent librement. Tu fuis toujours n’est-ce pas?

Es-tu seulement certain de vouloir continuer de te faire blesser, Adalwen? Tu sais que tu n'as qu'à poser ta démission et tu seras libre. Pourquoi t’obstines-tu autant à souffrir? Est-ce parce que tu veux vivre au nom de tes amis qui rêvaient de faire de ce pays un meilleur endroit et que tu te sens mal d'avoir refusé de joindre à leur plan de fuite? Tu n’as jamais hésité depuis ce jour la, mais tu te cache. Tu veux paraître fort, alors que tu te brises toujours de plus en plus.

Tu le sais pourtant que tu es artificiel. Tu n'es rien d’autre que le résultat vivant des recherches d’un alchimiste usurpateur. Ta main gauche que tu fixe fermement porte la cicatrice de ces cercles gravés à même ta chair. Ta main droite ensanglantée et bandée porte les mêmes traces, bien qu’en général, tu préfères les dissimuler sous ces gants foncés également cernés de tes cercles. Tu es conscient que l’alchimie végétale n'est pas aussi flamboyante que celle du Colonel, mais tu économise sur la nourriture.

Tu reste silencieux à fixer ce miroir fragmenté. Ce reflet est le seul à refléter la manière dont tu te vois réellement. Tu as si froid, mais tu ne demanderas pas d'augmenter le chauffage. Tu entend la porte de l'escalier adjacent s’ouvrir et la voix enjouée de ton fils qui te rend encore visite. Il te cherche , et tu ne veux pas qu’il te voie ainsi. Tu essuie ces larmes du revers de ta manche, puis tu te laisse tomber sur ton lit. Tu jette ton regard vers le plafond, tout en remontant la couverture sur ton corps frigorifié.

Il ouvre ta porte et augmente ton chauffage, puis il s’assied à tes côtés avec un sourire chaleureux. Il te présente fièrement un livre d'alchimie pour débutants emprunté dans la bibliothèque de Central. Tu voudrais lui dire à quel point il te rend fier, mais tu en est incapable. Il te lit un passage à tes côtés. Il est la raison pour laquelle tu continue de te battre. Tu te sens si coupable de la mort de son père biologique. Si seulement tu avais eu une alchimie réellement capable de sauver sa vie, tu en serais pas la.

Il a des cheveux blancs, aussi blancs que les tiens. Tu sais qu’ils viennent de cette femme qui a donné son coeur à ton frère. Elle appartenait à ce peuple que tu as tourmenté de ton alchimie. Pourquoi tout te fait penser à ce passé? Tu cherche à chasser ces pensées avant que les larmes ne reviennent. Tu caresse ses cheveux de ta main gauche, tout en fermant les yeux. C’est ta manière de lui dire que tu es fier de lui.

Tu as surement attrapé un rhume à force de te blesser ainsi. Tu n’as pas les moyens de t'acheter un manteau chaud et ton corps est habitué au climat du sud.Tu es comme tes plantes: sensible au froid mais résistant à beaucoup de choses.  Tu as utilisé tes économies pour acheter un studio , payer les frais de scolarité de ton fils et de nouveaux vêtements pour lui.  Tu te réjouis qu’il se sente mieux en cet endroit.

La plus grande partie de tes fonds partent sur ces plantes que tu étudie constamment. Encore une fois, tu te passe en dernier. Tu te négliges, Adalwen. N’as-tu pas peur de mourir si tu continue dans ta voie? Tu estime que tu n’a pas la moindre valeur en tant qu’humain, donc tu travailles d'arrache-pied pour devenir une machine. Pourtant, les contre-temps t’ont bien fait rencontrer des gens colorés.

Tu hésites à continuer de t’endurcir. Quelque part au fond, tout ce que tu souhaites est de montrer ta valeur. Tu veux avoir des amis comme à cette époque, non? Tu as beau les fuir, tu n'arrive pas à oublier tes compagnons d'armes. Ce sang sur tes mains fait partie de toi, maintenant. Tu dois apprendre à l'accepter, ou tu ne continueras jamais.

Ton fils ferme la porte de ta chambre et s’éclipse. Tu sais qu’il ira voir la fleuriste avec qui il s’entends bien. Tu te demande vraiment ce qui t’a rendu ainsi. Tu tousse dans ta manche, puis tu te lèves. Tu en as marre, Adalwen, de rester aussi passif. Tu entends la porte de l’escalier claquer et tu te décide à contempler la rue par ta fenêtre.Tu vois ces passants qui sourient et se parlent. Par leurs démarches, tu sais qu’ils sont stressés mais ne veulent pas le laisser paraître.

Tu repenses à ces gens que tu as rencontrés. Le sourire de cette mademoiselle Souames et l’intensité de ces sentiments t’ont touché et t’ont marqué plus que tu ne l'aurais pensé. Tu as, pour une fois, envie de revoir une personne et sociabiliser plus. Ce n'est pas l'alchimiste qui s’exprime, mais bien l’homme qui se cache derrière. Celui qui se dissimule sous sa façade et qui a peur d’être blessé. Tu fuis, et pourtant, tu veux faire face.

Tu éprouve sincèrement le désir de t'extérioriser. Tu veux montrer ce que tu vaut réellement. Cela fait si peu de temps que tu a fracturé ta mâchoire contre cette fenêtre. Tu es encore une fois séquestré dans cette pièce que tu déteste tant. Sur le mur derrière-toi est affiché de nombreux dessins, mais tu ne les trouve pas assez fiables. Ce sont des visages que tu as croisés.

Tu l’admet enfin, Adalwen, tu veux te dresser face à tes peurs et foncer. Tu as réellement été impressionné par ces gens que tu as croisés dernièrement. Cet homme que tu veux voir mort, t’a appris la peur et a installé en toi un désir de remettre en question tes actions. Cette demoiselle qui pleurait dans une maison en ruines t’a montré qu’il ne fallait pas foncer sans se préparer, sinon l’on avait des problèmes. Nora Souames t’a montré qu’il ne fallait plus que tu gardes toutes ces émotions en toi, parce qu’elles accélèrent ta chute.

Et ce Colonel qui te terrifiait tant, tu as réalisé qu’il n’était pas aussi méchant que tu ne le croyait. Tu es certain qu’il est celui qui t’a fait la plus forte impression. Tu l’admires, Adalwen, n’est-ce pas? Cet homme qui sait se montrer convivial sans entacher sa réputation. Il met immédiatement les gens plus à l'aise, en t’excluant bien sur. Tu étais terrifié et pourtant, tu as bravé cette peur et tu as réalisé que tu voudrais être un peu plus comme lui. Tu voudrais pouvoir rassurer les gens par ta simple présence.

Dans ton état bien triste, tu ne le peux pas vraiment.  Tu ne peux pas accélérer les choses, parce que sinon tu retournera dix marches en arrière.  Tu dois guérir Adalwen. Pour l'instant c’est à toi que tu dois penser. La journée ou tu réussiras à accepter ton passé, tu avanceras beaucoup plus rapidement. Tu veux récupérer ton sourire sincère, celui que tu fais si rarement. Si tu veux te débarrasser de ta mauvaise réputation, tu dois commencer par toi-même.

Cesse donc d’imiter ce meilleur ami qui n'est plus, tu es en train de devenir un pâle reflet de ce qu’il a été. Ne vois tu pas, Adalwen, que tu perds progressivement ta personnalité réelle. Il y a bien longtemps que tu ne t’étais pas défini sous un autre suffixe que il, comme si tu n’étais qu’un étranger que tu décrivais sommairement. Tu ne voulais pas admettre ce que tu étais. Tu fuyais encore et toujours. Pourtant, tu dois bien avoir quelque chose qui a fait que des gens t’ont remarqué, en bien ou en mal.

Ce que tu cherches tant en observant les autres est ta propre identité Adalwen. À force d'être confondu avec ton frère tu te demande si tu es réellement Adalwen. Tu fixes à nouveau ta main et tu te redis que la seule chose qui te définit clairement sont ces cicatrices. Tu es le reflet déformé de ton jumeau, Adalwen.  Tu as les cheveux blanchis et des cicatrices. Les gens ne te confondent plus .  Pourtant, tu peine à dormir chaque soir, parce que tu sens qu’une partie de toi ne reviendras plus.

Les jumeaux doivent être des paires n’est-ce pas? Maintenant, il ne reste plus que toi, une demie de paire. Qu’es-tu dans le fond? Tu es un reflet qui cherche la lumière vive. Tu refuses de te lamenter encore. Tu dois avancer, Adalwen, et faire la paix avec ce que tu as laissé derrière toi. Ne laisse pas cette main brisée te freiner dans ta marche. Tu dois reprendre courage et continuer. Tu as une main gauche, non? Tu peux toujours communiquer.

Les gens que tu croise comprendront ton effort d’écrire de cette main que tu n’utilise que pour ces dessins que tu trouve si maladroits. Tu cherches toujours l'approbation d’un spectre, Adalwen. Ton frère qui te méprisais tant et que tu désirais tant impressionner n'est plus là pour t'empêcher de faire ce que tu veux. Tu es libre, Adalwen, le réalises-tu?

Tu refuses de renoncer à ton titre, même s’il traîne un lourd secret derrière lui. Tu sais que tu devras faire face à la violence éventuellement, mais tu ne comptes plus fuir lâchement.
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Frères de sang et de larme (PV Aiden-Nisan)

MessageSujet: Re: Frères de sang et de larme (PV Aiden-Nisan) Ven 9 Juin - 13:14
Bon… Je viens d’arriver devant le lieu de ma mission si on peut appeler ça comme une mission… Je dois surveiller quelqu’un dans un hôpital pour pas qu’il se sauve à nouveau… Je ne comprends pas pourquoi ils ont fait appel a moi pour cette situation, mais bon… Je prends ce qu’on me donne, je crois qu’ils mont envoyer ici parce que j’ai trop causé de problème à East city… Enfin ça reste une supposition, mais il est fort probable que ce soit ça… Mais il faut avouer que réglé les problèmes à ma façon, c’est toujours marrant et je ne peux rien y changer.

Bon, je rentre dans l’hôpital et mon attention tombe sur la poitrine plutôt généreuse de l’infirmière… Je m’approche de celle-ci et j’essaie de ne pas seulement regarder sa poitrine. Elle me dit que la personne que je dois surveiller est à la porte sept et que je ne dois pas être surpris par le fait qu’il a une chambre plutôt spacieuse pour lui seul, c’est un très haut gradé… Elle a surement dit d’autre chose, mais je ne m’en souvient pas : j’étais trop déconcentré par les nichons de cette infirmière… Je dois vraiment arrêter de regarder là, un jour, mais… c’est plus fort que moi !

L’infirmière me conduit vers la porte sept… Je me demande simplement pourquoi ils ont besoin d’un alchimiste d’état pour surveiller un patient… Il est si pire que ça ? De toute façon, je vais voir ce qu’il m’attend quand je franchirait cette porte. Pour une raison inconnue, je suis un peu nerveux, ce qui fait changement a l’habitude. J’ouvre doucement la porte et j’observe autour de moi. Je n’arrête pas mon regard sur l’homme se trouvant dans la pièce immédiatement. Je regarde plutôt la pièce en tant que tel, puisque je vais être ‘’enfermé’’ ici pour un bon bout de temps… Il n’y a rien d’extraordinaire, excepté le fait que la chambre est plutôt grande. Le patient doit être plutôt haut gradé… J’aperçois aussi des croquis sur un bureau ainsi que des dessins sur un des murs, plus précisément des visages de personnes... Je ne m’attarde pas trop a ca mais je dois avouer que l’homme a un talent en dessin. Un détail qui me perturbe un peu est surtout ce miroir brisé... Je me demande simplement comment il a pu se retrouver dans cet état. A part ça, la chambre semble normale… Pourtant, il y a quelque chose qui me rend nerveux… Cet homme peut-être ? Mais pourquoi ? Pour le moment, je ne vois que son dos et il regarde par la fenêtre… Pourtant, sa présence me semble familière… Je ne sais pas vraiment comment l’expliquer, mais je pense connaitre ce garçon… Je le saurai en voyant son visage.

Bon… il est temps que je lui adresse la parole, enfin je crois… je n’ai même pas regarder le dossier que … évidement j’ai oublié de demander ! Bon pas grave, je vais lui demander… ca sera plus simple ainsi je suppose. Je cogne sur le cadre de porte afin de le prévenir de ma présence. Évidement il se retourne pour voir qui ose le déranger, enfin je crois que c’est pour ca… mais le moment que j’ai vu son visage, ce fut un choc… ce fut un des rare moment ou je ne put pas cacher mes émotions sous cette façade qui me donne toujours cet air sérieux et hautin… cet air que je lui ai toujours montrer, sous peine de me faire gronder par celui qui voulais que je l’appel père. Je ne réussis pas à le regarder directement dans les yeux, je me sens trop mal pour ce qu’il semble avoir vécu… il se ressemble sans se ressembler… je le reconnais, mais quelque chose manque chez lui. Je ne parle pas du fait qu’il a maintenant les cheveux blancs, malgré que je ne savais pas que ses cheveux avait changer de couleur en cours de route, les seules images que je voyais de lui était toutes en noir et blanc puisqu’elle était en provenance de journaux, mais bien de cette volonté de vivre que je percevais dans ses yeux auparavant… six ans ont passé depuis notre dernière rencontre… et tout semble avoir changer. Je le regarde toujours sans rien dire, un peu honteux de certaine chose que je lui ai fait subir, ou même pour tous ces moments où il appelait silencieusement à l’aide et que je ne suis pas venu a son secours… je me sens mal de me tenir a nouveau dans la même pièce que lui en sachant tout ce qu’il a dû subir… il est très blessé et j’ai presque mal a le regarder… Je jure que je vais retrouver celui qui a fait ça et que je vais lui régler son compte. Personne ne peut faire ça a mon petit frère et s’en ressortir idem. Il va le payer!


- A-Adal'… c-c’est bien toi ?

Je n’ai rien trouvé d’autre à dire… Je suis beaucoup trop nerveux et je crains que cela se voie sur mon visage. Si j’avais pu me préparer à cette rencontre, je n’aurais pas été si nerveux… Mais sur le coup, c’est très difficile à gérer. Je n’étais pas encore prêt à le revoir, mais apparemment le destin a décider de précipiter les choses… Qu’est-ce que je dois lui dire ? Dois-je m’excuser ? Ou il me prendra pour un cinglé si je le fais ? Tout ce que je sais, c’est que les secondes passent comme une éternité et je ne sais toujours pas comment réagir… La chose qui me fait le plus peur est sa réaction… Comment va-t-il réagir face a ca? Il y a toujours eut cette barrière entre nous deux qui nous a forcé à nous penser si différant un de l’autre, pendant que nous ne sommes pas si différents… Nous n’avons simplement pas eut la même éducation… Mais en quoi cela nous différencie-t-il ? Nous restons frères après tout…
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Frères de sang et de larme (PV Aiden-Nisan)

MessageSujet: Re: Frères de sang et de larme (PV Aiden-Nisan) Ven 9 Juin - 13:19
Tu fais des allers-retours entre la fenêtre et ce lit. Tu tend l’oreille à l'affût du moindre bruit en ta direction et tu écoute le son si familier de ton sang qui coule sur le sol goutte à goutte. Actuellement, cette couleur que tu fuis est la seule que tu peux laisser pour détonner de ce blanc qui te rend fou. Tu te remet à fixer ce qui se passe entre les barreaux et tu soupire silencieusement. Cette prison au verre brisé reflète parfaitement ce que tu ressent. Ce froid, cette absence de vie, c’est ce qui te consume de plus en plus. Cela fait six années que tu vis dans cette période de non-vie et d’artificiel. Tu en as oublié le goût d’un sourire sincère sur tes traits. Tu calcules et te cache derrière des façades pour dissimuler ce trou qui remplace ta nature réelle.

Tu es une coquille vide, rien de plus que l'ombre de ce que ton frère aurait pu devenir si tu n’avait pas si lamentablement échoué. Chaque éclat de vitre te renvoie son reflet accusateur. Comment peux-tu te prétendre sauveur du peuple, si tu es incapable de protéger les gens de ton propre sang? Dans un recoin de ce vide que tu es, tu as peur de souffrir à nouveau. Tu as beau avoir rencontré des gens à la gentillesse surprenante, tu es terrorisé et tu cherche à fuir comme un animal enfermé dans une cage. Tu ne veux plus voir des gens auquel tu tiens mourir, et tu te sais incapable d'encaisser davantage. Tout ce sang que tu as vu couler a emporté les derniers lambeaux de ton innocence.

Il te hante, ton propre reflet. Et ce sourire qui t’empêche de dormir, tu n’arrive plus à le chasser de ton esprit. Tu regarde ton poignet droit et tu y reconnaît une certaine cicatrice qui date de quatre ans. Cette fois ou tu as tenté de fuir définitivement, mais la réalité t’avait rattrapé. Tu garde des vêtements amples pour cacher à quel point tu es tombé en miettes. Tu es réellement le reflet de ce miroir que tu as brisé, comme tu as brisé ton propre corps jusqu’à épuisement. Greentomb, tu porte trop bien ce titre, toi qui as tué tant de gens avec tes plantes. Tu sais la douleur que tes ronces peuvent causer, il ne te suffit que d’un coup d’oeil sur tes poignets pour t'en rappeler. Cette femme qui t’a vendu son studio t’a sauvé ce jour la. Elle aurait pu tout aussi bien te laisser mourir comme un chien errant, mais non, elle s'est occupé de toi.

Cette femme, Leila , conserve toujours un doux sourire en te voyant et ne te juge pas. Elle est une dame aux cheveux gris ridée, mais elle est toujours la pour te remonter le moral. Tu n'a pas besoin de feindre avec elle, elle le sait, sans que tu lui adresse un mot. Bien qu’elle t'ai vu dans tes pires jours, elle n'a jamais divulgué ton secret au grand public. Actuellement c’est elle qui s’occupe de ton fils, puisque tu es hospitalisé. Cela ne te surprend pas que cette vieille fleuriste ait été la seule à percer ton masque à jour, elle sait si bien dorloter ses fleurs. Tu t’es perdu dans tes pensées, Adalwen, ressaisis-toi. Tu dois guetter les pas dans le couloir.

Puis, le silence se brise, rompu par des pas. Ils te sont familiers, mais tu n’arrive pas à leur associer un visage. Tu y vois une certaine nonchalance, un ennui et une exaspération à la simple manière dont les pieds de cet homme martèlent le sol. Tu ne peux te tromper, il s’agit d’un militaire qui veut paraître arrogant mais qui n'aime pas sa mission. Cela te revient, soudainement. Tu as entendu les infirmières le chuchoter dans le couloir. Un soldat a été envoyé pour te protéger et t'empêcher de fuguer à nouveau. Étrangement tu connais la personne, mais c’est sans doute une autre illusion. À force de ne voir que du blanc, tu en perds ta rationalité.

Déjà que tu as perdu connaissance en pleine rue le seul jour ou tu as fugué, tu comprend ces barreaux qui t'empêche d'avoir du vent sur tes longs cheveux blancs. Tu regarde cette neige qui commence à tomber et tu tousses. Ta gorge te brûle et te torture, mais tu encaisse tout, comme une bonne et obéissante machine. Tu dois penser à fortifier les barricades autour de ton coeur si fragile. Tu ne veux pas finir éclaté en morceaux contre le sol. Tu es terrifié en fait, et ton coeur bat plus rapidement que le normale. Les pas s'arrêtent vis à vis de ta porte, mais tu n’ose pas te retourner. Tu préfère observer ce couple en contrebas qui se regardent les yeux dans les yeux, mais ils te font penser à Rowan et ton souffle cesse un instant. Tu ne dois pas penser à lui, tu ne veux pas que les larmes reviennent, pas devant un militaire.Tu offres déjà un spectacle suffisamment pathétique pour ne pas en plus le gratifier de tes larmes.

Puis, tu entends ce cognement contre le cadre de ta porte et tu te retourne machinalement, tout en restant le plus formel possible. Totalement droit, même si ton automail crochi ne t’obéit plus totalement, tu veux garder un minimum de dignité, malgré ton état. Tu ne pose pas immédiatement ton regard sur lui, tu es concentré à dissimuler ces tremblements qui t'envahissent. Tu souffres, mais tu veux le dissimuler sous ta façade. Tu es impénétrable, jusqu’à ce que tu croise son regard. Et c'est la fin.

- A-Adal… c-c’est bien toi ?

Il est venu pour se venger de toi. Tu es si terrorisé que tu n'arrive plus à respirer. Aiden est revenu te hanter de plein fouet et tu suffoques. Est-ce ta fin? Tu t’effondres sur tes genoux, les larmes coulent de tes yeux, tandis que le flou t’envahit progressivement. Est-ce cela affronter la fin? Tu tente de respirer, mais l'air ne passe plus. Tu veux le supplier de te pardonner de l'avoir tué, mais seul un cri étouffé de terreur sort de ta gorge douloureuse, tandis que tes yeux se ferment. Et tu replonge dans ce gouffre dans lequel tu es enlisé. Le sang, les morts, ils reviennent et tourbillonnent autour de toi. Tu ne veux pas mourir, pas maintenant. Et pourtant… pourtant, s’il est revenu c’est bien pour t’emporter avec lui...
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Frères de sang et de larme (PV Aiden-Nisan)

MessageSujet: Re: Frères de sang et de larme (PV Aiden-Nisan) Ven 9 Juin - 13:21
Je vois Adal’, qui était debout devant moi, tombé subitement sur les genoux, au sol, les yeux pleins d’eau. Il me semble avoir plus peur que d’autre chose… Je me suis absenté six ans… Peut-être croyait-il que j’étais mort ? Il est vrai que je ne lui ai pas donné de signe de vie durant ces six longues années… Six années qui me parurent comme une éternité… Je ne peux pas le blâmer de croire que j’étais mort. Je ne lui ai jamais écrit pour lui dire de ne pas s’inquiéter pour moi et que j’allais bien... Le blâme va sur moi et seulement moi. Je suis le seul responsable de l’état de mon petit frère et je le sais… Mais en ce moment, il est au sol et ne va pas bien du tout si je peux le dire comme ça.
- On a besoin d’une infirmière a la chambre sept ! C’est urgent !

Je pense avoir crié assez fort, car une infirmière arriva presque immédiatement. Vu l’expression sur le visage de celle-ci, ça devait être grave. Je dois l’avouer que je m’inquiète beaucoup pour lui en ce moment… Je ne peux pas m’empêcher de regarder discrètement le décoté de l’infirmière… Elle en avait des moins gros que celle de ce matin, mais elle en a une bonne paire ! Je me déplace la fenêtre pour regarder à l’extérieur afin de ne pas déranger l’infirmière durant son travail. Je me demande vraiment pourquoi il a réagi comme ça. Il pense surement que je n’ai rien à foutre de lui… Il est vrai que je n’ai jamais eu l’occasion de lui prouver le contraire. Il est la seule famille qu’il me reste et il semble avoir peur de moi… Je ne suis qu’un monstre après tout, je la méprise depuis toujours sans raison… Je fais pitié n’est-ce pas ? Je retrouve le seul membre de ma famille qu’il me reste et il suffoque quand il me voit… J’aimerais pouvoir changer le passé afin de réparer toutes mes erreurs… Ne pas faire subir à Adal’ ce qu’il a subi par ma faute… Et l’aider dans les moments de crise… Il tient a moi et je ne l’ai jamais réalisé quand j’étais jeune et stupide. C’était pourtant évidant. Mais j’étais aveugle face à ses efforts pour se faire remarquer par moi… J’étais un modèle pour lui avant… Je suis son grand frère après tout… Mais est-ce qu’un petit frère mérite ça de la part de son ainé ?

Un bruit me fait sortir de mes pensées : un oiseau venait de percuter la fenêtre. Comment un être doté d’un minimum d’intelligence peu foncé dans une fenêtre ? Il pense vraiment que le trou est vide s’il y a un mur de briques tout autour ? Bon, je ne vais pas partir un débat intérieur sur l’intelligence des oiseaux, ce n’est pas le moment. Je regarde en direction du lit et Adal’ est encore inconscient, mais il respire maintenant normalement. Juste de l’entendre respirer normalement me rassure… Je ne veux pas qu’il meure, surtout pas à cause de moi... Il a tout fait pour me protéger, c’est à mon tour de faire de même.

L’infirmière sort de la chambre et me laisse seul avec mon frère. Il est toujours inconscient dans son lit. Il semble tellement innocent… Pourquoi est-il dans cet état ? Il ne mérite pas ça… Je m’en veux de ne pas avoir pu être là pour le protéger… Pourquoi je ne peux jamais être là au bon moment ? Si je pouvais prendre ça place en ce moment, je le ferai… Mais je ne peux pas… Je dois me contenter de rester à ses côtés… tel on m’a dit de le faire. Mon attitude envers cette mission a complètement changé depuis que je sais que c’est mon frère que je dois surveiller… Je m’en veux pour tout… Même si beaucoup de choses ne sont surement pas ma faute… J’aurais dû être là pour l’aider… Je m’en veux d’avoir été séparer de lui… Je m’en veux pour tout…
Je m’assis sur un coin du lit et je passe ma main dans ses longs cheveux blancs. J’espère simplement qu’il ira mieux bientôt.
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Frères de sang et de larme (PV Aiden-Nisan)

MessageSujet: Re: Frères de sang et de larme (PV Aiden-Nisan) Ven 9 Juin - 13:23
Tu es prisonnier de ton passé, le réalise-tu? Tu as beau tenter de fuir ces images, elles te cernent. Cet endroit gris fissuré entaché de rouge est ta nature réelle. Cette sensation, tu l’a déja ressenti en plusieurs occasions. Tu t’approches du point de non retour n’est-ce pas? Le sol derrière toi s’effondre et tu as peur d’avancer. Si tu recule, tu va disparaître dans le néant et tu va laisser ton fils seul. Le raz de marée de ces visages te submerge et tu suffoques sous ta culpabilité. Tous morts de ta main et pourtant, tu as été incapable de tuer ce meurtrier qui t’a rendu aussi inutile. Tu es pathétique n'est ce pas, Adalwen? Tu es si enlisé dans ce vide que tu as créé au fil des années que tu peine à désirer survivre.

Ton meilleur ami, les gens qui m'ont fait confiance et ton frère, tu les revois clairement et pourtant.. quelque chose te pousse à poursuivre cette voix floue que tu entend du monde extérieur. Tu es si égoïste de considérer l'abandon des rêves de tes compagnons d’armes. Tu n'a pas le droit de laisser ton fils seul. Tu ne voudrais pas qu’il devienne tout aussi brisé que tu l’est. Tu devra faire face et te libérer de cette culpabilité collante qui te détruit progressivement. Si tu ne vis pas pour toi, fais-le pour cet enfant qui voit quelque chose en toi. Tu ne voudrais pas le décevoir, non. Ta voix qui hurle dans le silence, tu es le seul à l’entendre. Ce cri est celui de ta détermination que tu croyais éteinte sous la cendre de ce que tu aurais pu devenir.

Tu ferme les yeux et tu cesses de réfléchir. Le sol se craquelles sous tes pieds, presque de verre, mais tu entame une course contre ta fin. Au bout du flou de ton inconscience, il y a des gens qui ont espoir en toi. Tu ne veux pas leur prouver que tu n'es rien d’autre qu’un lâche pitoyable, comme tu en es venu à le croire toi-même. Tu visualises déjà le colonel riant de toi si jamais tu succomberais à tes ténèbres. Il t’a bien dit de prouver aux gens que tu étais en mesure de les aider. Ce n'est pas en baissant les bras que tu réussiras! Ce soldat qui t’a gentiment acheté des vêtements que tu refuses de porter parce qu’ils ont une valeur serait bien déçu de voir que ses efforts n'auront servi à rien.

Ces voix qui te sussures de renoncer, tu ne les écoutes plus, tandis que tu fonces. Tu dois retrouver cette flamme qui s’est éteinte et la raviver. Tu ne peux plus te laisser aller et te mépriser. Mort, tu ne vaudras plus rien, Adalwen. Tu ne veux pas prouver à ton frère que ce qu’il pense de toi est ce que tu es réellement. Tu as une valeur, tu n’es pas juste un objet que l’on peut jeter après l'avoir cassé! Si tu as survécu à Ishbal, il doit y avoir une raison et tu dois la trouver. Quitte à ce que cela devienne ta raison d’avancer en subissant les moqueries, tu dois continuer. Tu fais un pas de plus sur les éclats du miroir que tu es. Ce que tu convoites ainsi est ce toi qui a cessé de se battre.

Et au bout de ce couloir, tu les voit te sourire. Tes amis, ceux qui te disent au-revoir de la main, ils te font des sourires d’encouragement avant de disparaître dans le blanc. Rowan, Evelyn, Gerald, Angela et Anshel te font leurs adieux et ne t’en veulent pas pour leurs morts. Ils disparaissent avec des sourires calmes et cela te rassure. Tu es pardonné de ne pas avoir pu tenir ta promesse , mais tu dois vivre pour tenir ta part du marché. Puis tu le voit, ton frère, celui que tu as toujours voulu égaler bien que tu as toujours eu une grande marge derrière lui. Il marche loin de toi et tu le poursuis. Tu dois savoir s’il est réellement venu te hanter pour que tu meurs ou tout simplement pour te réprimander de t’être négligé à ce point.Tu tend la main et hurle son nom, mais, au moment ou il tourne la tête, tu ouvre brutalement les yeux et tu réalises que le blanc du plafond de l'hôpital te fait face.
Ton souffle est haletant, puis tu sent cette douleur dans ta mâchoire fracturée. As-tu réellement encore hurlé son nom? Tu baisses ta main droite puis tu sens cette main qui frottes tes cheveux. Tu ne vois pas cette personne à ta gauche et tu as trop mal pour bouger. Ton bras cassé tremble suite à l’effort inconscient que tu as fait. Tu es nerveux, mais tu ne sais pas pourquoi. Tu ne te sens pas en danger pourtant.

Tu tourne la tête après un instant qui t’a semblé une éternité et tu croise son regard. Celui de ton frère. Tu ne comprend pas, mais ces larmes salées qui coulent sur tes joues sont tout aussi réelles que cette main dans tes cheveux. Comment peut-il être la? Si cela est le fruit de ton imagination, tu ne va pas lutter contre, tu en as pas la force. Après tout, cette solitude t’a rendu sans doute fou Adalwen. Tu en as renoncé à ta propre identité afin de te conformer à une image. Et cette image que tu voulais pâlement imiter te fait face.
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Frères de sang et de larme (PV Aiden-Nisan)

MessageSujet: Re: Frères de sang et de larme (PV Aiden-Nisan) Lun 19 Juin - 5:43
Je me perds peu à peu dans mes pensées… Beaucoup de reproches, beaucoup de regret. Peu de positif, que du négatif… Nous sommes seul dans la chambre donc je ne fais même pas l’effort de cacher comment je me sens, comme je l’aurais normalement fait. Ma main est toujours dans ses longs cheveux blancs…

Soudain, quelque chose me fit sortit de mes pensées. C’est surement mieux comme ça pour des raisons quel qu’onques. Ce qui me fit sortir de mes pensées, c’est un cri qu'Adal’ poussa. Ce cri n’était nul autre que mon nom qu’il hurla, une main tendue devant lui, comme s’il cherchait à attraper quelque chose ou même quelqu’un devant lui. Mais il n’y a rien… Je suppose que c’était lorsqu’il était inconscient. Il a surement vue des choses qui l’ont sollicité. S’il m’en veut, je peux le comprendre. Je n’ai rien fait pour l’aider depuis toujours…
Je finis par croiser son regard. Le sien était plein d’eau. Je fais mon possible pour retenir mes larmes… Je veux le rassurer et je sais qu'en ce moment… Retenir mes larmes était très difficile pour 2 raisons, qui firent que j’ai versé des larmes… Premièrement, juste le fait que je revois enfin mon frère après 6 ans que nous sommes séparées en est déjà une bonne raison pour verser quelques larmes de joie, mais, mais mes larmes qui coulent sans que je le veuille sont plutôt liée à la tristesse que j’éprouve en le voyant souffrir dans ce lit, enfermer dans cette salle d’un blanc immaculé a ne pouvoir rien faire d’autre que survivre. Je me retourne afin d’essuyer mes larmes. Il ne m'a probablement jamais vu dans cet état, je pense…

- Je suis de retour Adal’… Je sais que ça fait six ans qu’on ne s’est pas vu… Je regrette de ne pas t’avoir donné de mes nouvelles… Si je suis encore en vie, c’est seulement grâce a toi et à tes connaissances... Et je n’ai pas encore pu t’en remercier… J’aurais dû trouver un moyen de venir te voir plus tôt… Je m’en excuse…

J’essaie de retenir mes larmes, mais je n’en suis plus capable après une minute ou deux. Par réflexe, je détourne mon regard du sien lorsque je sens une larme couler sur ma joue. Il ne m’a jamais vu pleurer, je crois. Je ne sais pas pourquoi j’ai retourné le regard en fait. Je n’aime vraiment pas le voir dans cet état. Il ne peut même pas parler. Je reste assis auprès de lui un bon moment sans dire un mot. Je ne sais pas quoi lui dire, même si ça fait six ans qu’on ne s’est pas vus. Je n’arrive pas à croire que je suis dans cette situation en ce moment. Je suis un peu en état de choc, mais ça va passer, enfin, j’espère. Je me demande bien pourquoi il a crié mon nom tout à l’heure… Il semblait en panique à ce moment-là. Pourquoi c'est-il réveillé si brusquement ? Un mauvais rêve peut-être ? Je ne vais même pas lui demander. J’ai trop peur de la réponse qu’il pourrait me donner… Je lui ai fait mal psychologiquement depuis toujours… Et ce, sans le vouloir… Je réalise tout ce que je lui ai fait subir et je me sens de plus en plus mal à cause de ça, mais tout cela n’est que le passer et s’arrêter là-dessus ne servira a rien… Ce qui est fait est fait… Je vais faire mon possible pour pas que ça se reproduise… Je me demande s’il m’en veut en fait… Il a toutes les raisons du monde de m’en vouloir. Je ne suis qu’un imbécile qui lui sert de frère.

Je jette un œil au mur pour voir les portait qui y sont dessiner. Évidemment, ils sont dessinés par Adalwen lui-même. Je réalise que là plus part sont des portraits de moi maintenant que j’y prête un peu plus attention. La plupart de ceux qui me représentent ont un air moqueur ou méprisant… Je me demande juste pourquoi ils sont affichés là. Les autres, je les reconnais aussi. Ce sont les visages de nos amis morts sur le champ de bataille il y a six ans. Le fait qu’ils sont affichés au mur m’intrigue vraiment. Connaissant Adal’, il n’est pas du genre à exposer ce qu’il fait. Je vais surement demander à une infirmière tout à l’heure pour clarifier les choses. Demander à mon frère ne servirait à rien. Il est en état de choc donc…

Je remarque que l’infirmière à déposer le dossier, que j’avais oublié de prendre lors de mon arrivée à l’hôpital, sur le bureau. Je me lève pour aller le prendre et pour enfin savoir ce qu’il y a d’écrit à l’intérieur concernant l’état de mon frère. Je viens de commencer à lire et on peut directement un changement d’expression dans mon visage. Deux fractures à la mâchoire, un œil en moins, le nez cassé, sa main droite est inutilisable… Pour le moment, ça va plus ou moins, mais la suite me détruit de l’intérieur. Tentative de suicide. Pourquoi a-t-il pensé à ça ? Pourquoi a-t-il pensé que la mort était une option au point de… Vouloir le faire lui-même ? Je m’inquiète de plus en plus pour lui… Je vais le surveiller pour pas qu’il tente de recommencer… Je ne sais pas, je vais faire quoi s’il meurt… Je ne veux même pas y penser. Je continue à regarder le dossier attentivement. Il parle d’une agression au couteau… Si je tombe sur celui qui a fait ça, il va voir de quel bois je me chauffe ! Il y a aussi son suivis psychologique… Et il n’y a rien de très rassurant là-dedans… Ce n’est jamais rassurant quand tu y lis : stress post-traumatique grave… Je lis aussi qu’il a une phobie du sang quand c’est sur lui... Mais un détail m’a perturbé plus que les autres… Il se sent coupable de m’avoir… Tuer ? Je ne comprends vraiment pas pourquoi… Je ne suis pas mort… Alors pourquoi se sent-il coupable de mon meurtre ? Je suis très inquiet à propos de l’état de mon frère et je crois que j’ai de bonnes raisons de l’être.
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Frères de sang et de larme (PV Aiden-Nisan)

MessageSujet: Re: Frères de sang et de larme (PV Aiden-Nisan) Lun 19 Juin - 23:45
- Je suis de retour Adal’… je sais que ça fait six ans qu’on ne s’est pas vu… je regrette de ne pas t’avoir donné de mes nouvelles…si je suis encore en vie, c’est seulement grâce a toi et à tes connaissances... et je n’ai pas encore pu t’en remercier… j’aurais du trouver un moyen de venir te voir plus tôt… je m’en excuse…

La voix de ton hallucination teintée de tristesse résonne clairement. Tu figes au mot remercier, mais avant que tu n’ait pu réagir, ce reflet de ton frère détourne la tête, mais tu y voit bien des larmes perler aux coins de ses joues. Pourquoi est-il triste? Est-ce parce qu’il a honte de t’avoir eu comme frère au point de ne plus vouloir supporter ta simple vue? Ces larmes qui montent à tes joues, elles sont brûlantes sur ton corps glacé. Tu es pathétique au point de te faire renier par le spectre vengeur de ton frère.

Tu te redresses droit et ton souffle en est temporairement coupé. Tes cotés n’aiment pas cela lorsque tu fais des mouvements trop brusques. Tu tousses un peu, puis tu remarques cette expression choquée sur le visage de ce spectre. Tu te demandes réellement ce qu’il est en train de penser. T’en veut t’il encore d’avoir été un frère aussi grotesque au talent moindre que le sien? C’est pour cela cet air, n’est-ce pas? Il réalise qu’il n'a pas besoin de te hanter pour te briser, puisque tu le fais par toi-même. Puis, il est choqué, puisqu’il avait dû s'imaginer de nouveaux moyens pour te tourmenter. Il semblerait que tu l'ai pris de court pour une fois. Quelle décevante victoire tout de même…

Il fait tout pour ne pas croiser ton regard. S’est-il excusé pour te donner un faux espoir ou parce qu’il te juge trop misérable pour te hanter? Cette voix avec laquelle il s'est exprimée n’était sans doute que ton imagination qui voulait te redonner un peu d’espoir. Tu t’excuses mentalement à ton subconscient puisque cette bien piètre tentative n’a pas fonctionné. Il n’y a plus grand chose qui peut te redonner un semblant de sourire, mais tu sais encore être ému par des témoignages de gentillesse envers ce déchet inutile que tu as toujours été, bien que tu as longtemps voulu croire le contraire.

Tu vois son regard se porter vers ce murs bombardé de ces portraits accusateurs qui te rappellent constamment ces atrocités que tu as commises. Ils comptaient sur toi pour les couvrir et tu les as tous tués. Tu n'es qu’un monstre égoïste qui a perdu sa sanité d'esprit Adalwen. Tu envie ces gens heureux, mais tu te complais dans ta misère. Crois-tu réellement que cela te rende spécial? Des soldats traumatisés par la guerre il y en a beaucoup. Tu es juste beaucoup plus ridicule qu,eux, rien de plus qu’une caricature d’alchimiste d’État. Tu comprend pourquoi les gens se moquent de toi. Le nombre de fois ou tu trébuches ou te fait mal est hallucinant. C’est comme si cela te collait aux pores de la peau. Cela, c’est cette poisse et ces phobies illogiques que tu as.

Tu observe ton ‘’frère’’ et il te semble un peu plus vieux que celui de ton souvenir. Cet air intrigué et cette vie dans son regard contraste nettement avec ton regard terne et ton absence d’émotions excluant cette culpabilité qui te broie dans un étau. Il s’attarde sur ces dessins de lui que tu as dû dessiner durant l’une de tes crises. Ils ne lui rendent pas justice, tu en es conscient, tu n’a absolument aucun talent, et tu as horreur de les voir ainsi étalés à t’accuser de les avoir si mal représentés. Rien de plus que des esquisses frêles et maladroites. Ton fils dessine déjà mieux que toi, et il ne dessine que des bonhomme allumettes.
Il se lève d’un coup et va s'emparer de ton dossier sur la commode. Non, tu refuse qu’il voit à quel point tu n’est qu’une honte comparé à ce qu’il aurait pu devenir. Dans votre duo c’était lui qui avait du potentiel, tu n’étais qu’un maladroit prototype. Il feuillette les pages et son expression devient de plus en plus sombre. Il approche de la section que tu ne veux absolument pas qu’il lise. Il ne doit pas apprendre que tu as essayé de mettre fins à tes jours toi-même et que tu te sens coupable de ta propre faiblesse.

Tu te lève donc sur tes deux jambes flageolantes et le moindre pas mords la chair de ton moignon. Tu avance sûrement jusqu’à atteindre ce spectre au regard teintée d’un mélange de mépris tristesse et de colère. Tu discerne aussi une certaine inquiétude. Il y a quelque chose qui cloche avec ce spectre, il semble trop vivant, mais c’est impossible. Il est mort dans tes bras alors que tu as tenté de le sauver. Son sang sur tes mains, tu le voit en permanence et le revoir physiquement te fais sombrer dans ta folie. Ca y est, Adalwen, tu as officiellement pété un cable. Tu es devenu comme ce monstre presque animal qui t’a gravé le visage de son couteau et réduit au silence.

Tu saisit brutalement un bout de dossier et tu tires de toutes tes forces. Ton corps te lâche et tu retombes sur ses genoux qui te font souffrir. Tu te retiens d’hurler de douleur tandis que tu voudrais serrer des dents. Dans tes mains se trouve une moitié de ton dossier et du sang. Et soudainement, tu réalises. Tu as entaillé la main de ton frère. Tu l’as blessé dans ta folie. Un spectre ne peut pas saigner. De ta gorge endolori surgit un rire teinté de désespoir tandis que tu fixes le plafond au-dessus de ta tête. Quel imbécile tu as été, Adalwen! Tu en es venu à te convaincre que ton propre instinct te trompait alors que tu le savais n’est-ce pas?

Tu es si dénué d’intelligence que tu as assumé que tu avais tué ton frère alors, qu’il n’était juste pas comme toi, habitué à encaisser la douleur. Ce que tu as pu être stupide… Reste que tu te demande vraiment pourquoi il n'a réapparu que lorsque tu étais au fond de ton baril. ces larmes qui coulent , tu ne les retiens pas. Une honte, voilà ce que tu es. Tu n'a pas besoin qu’il reviennes te mépriser, tu te méprises suffisamment ainsi par toi-même. Tu sais déjà qu’il fera mine de t’ignorer , et qu’il repartira rapidement. Cela a toujours été ainsi.

Il ne voudra pas avouer qu’il a un petit frère aussi pathétique que ce que tu es devenu. Au final, il semblerait que tu sois tout juste bon à servir de défouloir. Cet usurpateur que tu as un jour voulu appeler papa te l'avais bien dit que tu serais incapable de réaliser quoi que ce soit par toi-même. Toi qui n'a pas voulu le croire, te voilà réduit à l'état de larve ridicule qui se fait broyer aux moindres insultes en ton égard. Non, il vaut mieux pour lui qu’il te laisse sombrer dans tes ténèbres avant que sa réputation en soit également entachée.
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